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Full text of "Le livre des jeunes mères: la nourrice et le nourrisson"

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OF THE 
UNIVICRSITY 

n ^^ '^ 



r 




9 



vvt 



LEJJVRE 

EUNES MERES 

LA NOURRICF, EI LE NOURRISSON 




PARIS 

.mRAIBIE AGRICOLE DE LA MAISON EUSriQUE 

26, RUE JACOB, 26. 



LE LIVRE 



DES 



JEUNES MfiRES 



PARIS. — L. MARETHEUX, IMPRIMEUR, 1, RUB CASSETTE. — 10268. 



LE LIVRE 

DES 



EUNES MERES 

LA NOURRICE ET LE NOURRISSON 



PAR 

M'^^ MILLET-ROBINET 

Auteur de la Maison rustique des Dames 

ET 

Le Docteur £MILE ALLIX 

^I^decin-inspecteur du service de la protection des enfants 

et des crdches k Paris. 

« Je treuye que nos plus ern^ndB yices prennent 
leur ply dez notre plus tendre enfance, et que notre 
principal gouvemement est entre les mains del 
nourrices. — L'^ucation des premieres anntes est 
« done le moale qui prepare et fagonne I'homme, et 

cette premiere fa^on int^rasae la soci4t6 toute en- 
ti^ro et chaqne famille en partioulier. » 

MONTAiaNB. 



OUVRAGE ORN^ DE 48 FIGURES 

A'VEC UNE PLANCHE DE PATRONS POUR LA LAYETTE 

I, 
'I 

! 



t 



CINQUIEME EDITION 



s 



PARIS 

IIAIRIE AGRICOLE DE LA MAISON RUSTIQUE 

26, RUE JACOB, 26 

1897 

Droits de traduction et de reproduction rdservds. 



NOTE DE L'EDITEUR UA ^ • 



Une femme d'un esprit sup^rieur, M"« Millet-Robi- 
Qet, Tauteur de la Maison Rustique des DameSy aimant 
beaucoup les enfants, sachant observer et mettre k 
profit son experience, avail ^crit un veritable guide 
de la premifere Education physique et morale de Ten- 
fant; et la Lihrairie agiHcole de la Maison Rustique^ 
bien que le sujet pari]lt quelque peu stranger k ses pu- 
blications ordinaires, avait eu la bonne fortune d'^di- 
ter sous le titre de Conseils aux jeunes femmes sur 
leur condition et leurs devoirs de mires, cette remar- 
quable ^tude due k Tun de ses auteurs les plus jus- 
tement appr^i^s. 

Plusieurs ^itions successivement epuisdes ont attest^ 
la valeur de Touvrage de M"»« Millet-Robinet : c'est 
que tons ses pr^ceptes ^talent bons, et tous ses con- 
seils pouvaient ^tre suivis sans crainte. 
I Mais dans un ouvrage destine k servir de guide aux 

unes m6res, il y a toute une s^rie de questions sp^- 

ales qui ne peuvent 6tre complfetement trait^es sans la 
bllaboration du mMecin : nous cilerons en particulicr 
Iji grossesse et raccouchement d'une part, d'autre 



I 



^9i{308804 



Ti NOTE DE L'fiDITEUR 

part rallaitement et I'liygi&ne du nourrisson, les t 
ract^res de la aant^ de renfant et les symptdmes 
ses maladies. C'est pourquoi la nouvelle Edition | 
I'ouvrage de M"' Millet-Robinet que nous publia 
aujourd'hui, enti^rement refoodue sur ua plan iiJ 
veau, a 6t6 faite ayec le concours de M. le D' Eoi 
Allix, niddecin-inspecteur du service de la protecH 
des ent'aats et des creches k Paris, dont la compt- 
tcnce toute sp^ciale devait Mre si pr^ieuse. 

C'est avec une entt^re confiance que dous pr^senlM 
au public I'ouvrage de M"° Millet- Robi net et de M.ij 
D'' Allix, car uous pouvons affirmer qu'il est impotf 
bio de muttre dans ua livre plus de soins minulieniJ 
plus de conscience et plus de travail ; nous pourrions « 
qu'il ii'y a pas tine phrase, pas uu mot qui i 
pi&i et mesurS. M^thodique et complet, ce nouvel o 
vrage renferme tout ce qui concerne la noum 
nourrisson ; icnt avec la d^licatesse de la fenmie ell 
science du mMedn, U sera vraiment, nous Tesp^oj 
ce que dit son nouveau titre, le Livre des jeum 
meres. 

h. BoURGUIGNOn, 

DIrecteor d» h Librairle agricole dt la MaUon Rusti I 



TABLE DES CHAPITRES 



E DEVOIR MATERNEL. 



• • e • I 



GHAPITRE PREMIER 
Le Berceau et la Layette. 

• — Lb Berceau 

Le Berceaa en osier 

Berceau en fer 

Paillassons, Piqute, Oreiller et Gonyertures . 

I- — La Latette proprbhsnt ditb ...... 

Inconvenient des maillots serr6s . . 

M^thode anglaise 

Description de la layette. 



. • • • 



7 

7 

10 
13 

16 

16 
17 

20 



Bandes 2i 

Chemises as 

Brassieres 24 

Couches 26 

Bavettes 29 

Composition de la layette 



Bonnets 30 

Langes 3i 

Robes de maillot ... 35 

Pelisse 36 

ChaussoDS 38 



II. — Robes, Corset, Tabuers, Chaussures. . . 
nr. — Entrbtien de la latette 



Blanchissage 

Sayonnage da linge 

Nettoyage de la flanelle et des lahiages 



• * 



3& 
40 

44 

44 

45 
46 



f • — Objbts diyers de toilette • • • • . 47 



GHAPITRE 11 

La Grossesse. 

Duthe de la grossesse 

Signed de la grossesse 

Hygiene de la femme enceinte 

Troubles de la sant^ pendant la grossesse. 
Choix de Taccoacheur ou de la sage-femme 
Choix de la garde-malade. 



53 

54 
56 
61 
64 
65^ 



TABLE DES CHAPITRES 



L'Aooonohemeiit. 

Lei aTantconreurB de la d6liTranc« 

Disposilion des lits 

Di9(io3Jtloa de la ehambra 

PrHparsllb poor renrsnt 

Derniferea pr^cautiona tyant raccoucbement 

L'acfoacbeoieat 

Ctiaagement de lit ....i 

La tabre auuiUt apr^ la dilivrance > 

CHAPITRE IV 

AprdB raooonohement. i 

Premiire Utto 9 

Premien solas I donner au nonreaa-DS 91 ' 

CbQie du cordoD > 

La diclaralioD da uai&sanee i la malrle IM . 

Soini & donner k racconcbee jnaqu'a sod rfitabUueuMit lOt 

CHAPITRE V ' 

Zies Uaiuc de seln. 

luQatnmatlaaa localise IW 

Abcea au aeia 110 

Gerjurei et crerasses lit 

EngorgemeDt dei geina US 

CHAPITRE VI 

L'Allaitement. 

Importaara de raUaiiemeut maternel 

L'allaltemeat mine 

L'sllaiUmenI mereenaire 

Uallaitement ortiflclel 

Le latt doii Hn la aeulo nonrrilare da Doaveaa-n6. . 

— ALLA1TB■K^T ■ATIRNBL 

Commencement de rallaitameDt 

Maniere de donner le leln 

Qntntiti de Ult nteewtlre t reaCant 



TABLE DES CHAPITRES IZ 

Frequence des t^t^s 132 

Le lait maternel 135 

Hygiene de la noarrice • 140 

— Allaitbhbnt hbrcenairb. ...•.• 143 

Noarrjces sur lieu et noariices de campagne 143 

Chojxdela nourrice 145 

Les bareanx de placement 146 

Sunreillance de rallaitement mercenaire 148 

Rapports de la m^re ayec la noarrice 149 

— Aluutbmbnt artificibl 152 

Gas odi 11 fa at accepter Tallaitement artiflciel 152 

Laits employ^ 154 

Modes d'allaitement artificiel 157 

fiiberons 158 

R^Iement de rallaitement artificiel 168 

— ALUkimoDiT Hizn 167 

CHAPITRE VII 

Sevragd et dentition. 

Preparation aa sevrage • • • . 171 

Les noaveaox aliments de Teniant 172 

R^glementation de la noavelle alimentation de Tenfiint. 174 

Sevrage d6finitif 175 

Pr^caatjons k prendre par la noarrice 177 

OentitioD 178 

CHAPITRE Vm 
Hygidne da nourrisson. 

L'enfant dans son berceau • • • . • 181 

La toilette et les soins de propret^ 184 

Les bains 187 

Habitudes de propret^ k donner k Tenfant .•••.. 189 

Les sorties et les promenades 192 

Ueniknt sar an tapis et k qnatre pattes 194 

La vaccine 197 

Premiers pas 198 

Les hoehets. •••*••• 200 



S TABLE DES CHAPtTRES 

CHAPITRE IX 
L'eulant en 6tsA de sanU. 

Comment it vit, agil el k diveUipp«. 
I, — Rbspihation 

Respifotion pulmonaire 21 

Bespi rati kill supplimeotaire 

D, — CmCULATION 

flabiiesemenl de la circulation du gang 

Nombre des battemenls dn ccear 

Quanlit^ dc sang qui circule chez I'eafant Sfl 

m. — DlGBSnOM 

Orgaaei digestirs dn naurrlssoD !''' 

La lUie 

DigSjiioD du lait 

Les selles de renCant - 

L'urine de Tealant 

IT. — Sensations et moutbkints 

Les premieres senHtimu de reafani 

Le loucher 

L'odorat !" 



Tt — DeTELCiPPEUIMT PBTSIQUB DR L'SHFANT 

laille. 

PoidB « 



Maladies de Tenlant. 

~ Maladies ues organbs de la digestion 3 



Slomalite. 
Aphtes. . 

AnKints . 
hidlge^tioi 
Enlb-lta . 



Diarrb«« 339 

Cbol^ra In&nlile . . 241 

Constipation .... 242 

Vers intestinanx . . S44 

Jannisae £45 

Heiuiei 246 



TABLE DBS CHAPITRES It 

— MaLADIBB DBS OROANES DB LA RESPIRATION ...... 247 



Coryza 247 

Saignement de nez. !248 

Laryngite 249 

Croup 250 

Faux croup. . . . 252 



BroDchite simple . . 255 

Grippe 256 

Broncliite capilaire . 256 

Broncho-pneumonie . 257 

Goqueluche 259 



II - 



Maladies dbs organbs ob la qrculation. (Maladies 
centrales) 263 



Syncope 263 

Scarlatine .... 263 

Rougeole 268 

Ros^ole 271 

Variole 272 

Yarioloide .... 274 

YariceUe 274 

Vaccine 275 



Oreillons 277 

Fi^vre intermittente. 278 

Fifevre typhoide. . . 279 

Rhumatisme .... 281 

Radiitisme 283 

Serofulose 286 

Tnberculose 288 



f . — Maladies du STSTiHB neryeux 290 

Convulsions. ... 290 M^ningite 297 

Spasme de la glotte 295 Paralysie spinale . . 299 

— Maladies dbs oroanbs dbs sens 300 

Maladies de la peau 300 



Erythfeme 301 

Gei^ures 302 

Ei^sip^ 302 

Eczema.— Impetigo 303 

S^borrhde .... 305 



Teignes 305 

Prurigo. — Lichen. 307 

Gale 308 

Pemphigus 306 

r Ecthyma 309 



Maladies des oreilks 310 

Otite. — Otorrh6e 310 



Maladies des yeux, . . • 311 

CoDjectiyit6 catar- | Ophlhalmie puni- 
rhale 312 | lente 312 

I. — Accidents 313 



Contusions. • • . 314 

Plaies 315 

BriUnres 317 



Engelures 319 

Entorses 320 

Fractures • 321 



1 



ni TABLE DES GHAPITREa 

CHAPITRE XI 
£dacation morale de Tenfant. 

Commencement de I'Mucation 

Habitudes et manies 

Colore 

Bouderie 3 

Flatterie 3 

Peur 

Langage des enfants 

Divers conseils pour I'^ducation des eafunls .... 

CHAPITRE XII 
La protection de renfauce. 

1* — LeS CRi^CHBS ••«.• 



Bat et utility des creches 

Comment on fonde une cr^cbe 

Emplacement et local d'une creche. . . . 

Personnel 

Le m^decin 

Senrice de la creche et r^glement int^rieur 

Le sSjour k la creche 

Gomptabilit6 

Les crfecbes approuv^es « 



• ••••• 



Q. — Lu Soaixis os protection de l'enfance 



Socl6t6 protectrice de I'enfance de Paris . 

So€i6t6 pour la propagation de rallaitement matemel • 



in. — Lbs Soai&T^s haternelles, 



Association des meres de famille « « 

Soci6t6s de charity maternelle approuyto 



LE LIVRE 

DES JEUNES MfiRES 



LE DEVOIR HATERNEL 

Jeunes femmes^ c'est pour vous que ce livre a ^t^ 
icTit ; pour vous qui allez devenir meres, sans avoir 
jong6 peut-fitre a tous les devoirs de votre nou- 
relle condition , et qui avez cependant ressenti dds 
te commencement de votre grossesse les puissantes 
smotions de la maternity ; c^est de vos enfants que 
lous allons vous parler , de vos enfants qui seront la 
source de vos joies les plus pures , et la meilleure 
consolation de vos chagrins. 

Jusqu'a ces demieres ann^es, on ne s'^tait pas 
Eissez occupy des soins que reclame la premiere en- 
fance. H semblait que Texistence de Fenfant ne d(it 
interesser que ses parents. La mortality si efifrajante 
jui frappe les nouveau-n6s (pr^s d'un quart des en- 
tants succombent avant la fin de leur premiere an- 
nee, est un fait des plus graves et des plus inqui^- 
^ts. Nous chercherons d'ou vient ce mal, et nous 
irous dirons les soins. (lu'il faut prendre pour lo 
sombattre. 



S L£ LIYRE DES JEUNES Al£RES 

D'une part, Tenfant est trop souvent mal soign^ 
parce qu'il est confi6 soit a des nourrices imbues d 
pr6jug6s, soit a des bonnes ignorantes et d^poui 
vues m^me de ce sentiment aflfectueux que Tallaite- 
ment fait naitre entre la nourrice et le nournssoii 
D'autre part, les jeunes meres qui nourrissent leuf 
enfant sont naturellement sans experience, et rien 
dans leur education no les a preparees aux devoin 
qu'elles ont a remplir. Elles n'ont d'autre guide que 
leur tendresso, et les conscils de leur mere, on 
d'autres femmes qui ont certainement de Texpe- 
rience, raais qui trop souvent n'ont pas eu elles- 
mSmes, pour ^clairer et contr61er leur experience, 
los connaissances sp6ciales n6cessaires. 

Nous avons voulu faire connaltre Tenfant a sa 
mere, et indiquer la m6thode a suivre pour com- 
mencer son education physique et morale. L'homnie 
sait quels sont ses besoins, a quel endroit du corps 11 
souffre et de quelle nature est la douleur qu'il 
eprouve. L'enfant Tignore, et n'a pour se plaindre 
que ses cris. C'est a sa m^re a deviner ce qu'il res- 
ftent. Ce livre lui expliquera son nourrisson. Qu'elle 
suive les conseils qu'il renferme ; tous sont le r^sultat 
d'une longue observation, et nous affirmons qu'en 
aucuncas on n' aura a se repentir de les avoir suivis. 

Nous voudrions aussi inspirer aux jeunes femmes 
le desir de nourrir, en leur montrant que rallaitement 
maternel, pour quelques fatigues qu'il cause, aura 
your leur nourrisson les plus grands avantages , et 
leur procurera a elles-m-emes les plus deuces satis- 
factions. 



I . 



LE DEVOIR MATERNEL 8 

En fin, si pour une raison sSrieuse, la mire ne peut 
Dourrir elle-m^me son enfant, nous Toudrions lai 
tnontrer qu'elle ne doit jamais se s6parer de lui. 

Quelle est la femme qui confierait, je ne dis pas 
safortune, mais ses bijoux k une 6trang&re? Et pour- 
tant c'est a une nourrice dont elle sait i peine le nom, 
dont elle ignore la situation, les antecedents, la 
moralite, qu'une mere abandonne trop souvent son 
teor le plus pr^cieux. L'enfant ainsi elev^ est 
expose k un danger de tons les instants; il est 
soigne, quand il Test, sans cctte tendresse qui lui 
est si necessaire. Ses besoins ne sont pas pr^vus, 
ses maladies ne sont pas deyin^es. Nous ne voudrions 
pas entrer dans trop de details sur le sort des en- 
fants mis en nourrice : un tableau veridique serait 
irop sombre. Que Ton sache seulement que leur 
uortalite est aussi grande que si une epidemie per- 
p^tuelle sevissait sur eux. 

Sans doute, les mdres ne peuvent nourrir et eie- 
f%r leurs enfants sans fatigues et sans inquie- 
tudes, mais elles trouveront, dans Taccomplissement 
le ce devoir, des satisfactions qui les paieront de 
outes leurs peines. Elles trouveront un plaisir infini 
i suivre, de jour en jour, les progres de leur nour- 
isson, a se dire que tout en lui est leur ouvrage et 
[u'elles ont seules le droit d'etre fibres de sa beaute I 
jOs joies matemelles sont les plus douces; elles 
lent paisibles, mais inepuisables. A tout instant on 
es eprouve aussi vives, parce qu'elles sont sans 
l^sillusions ; quand on les a connues une seule 
m, on ne regrette plus les plaisirs du monde qu'on 



■i 



4 LE LIYRE DBS JEUNES M£RSS 

leur a sacrifi^s. De combien de peines et de douleui 
paie lo sourire d'un enfant que sa m^re viej 
d'allaiter. 1 

Qte la crainte de manquer de lait ne vous arrete 
pas; tant de mojens sinaples et bons vous soat 
oflFerts pour y subvenir ! Aussi nous ne saurions tropi 
insister sur ce point : k moins qu^une f emme ne porU 
en elle les principes d^une maladie qui pourrait nuiw 
a son enfant, ou qu'elle en soit empech^e par dea 
conditions exceptionnelles, elle peuttoujours remplir 
ce grand devoir avec plus de succes, ou autant de 
succ^s, qu'une nourrice 6trangere; car, si la nature 
ne lui a pas donn6 toute la force physique en appa- 
rence n^cessaire, cet avantage sera compens^ par 
mille soins minutieux qui, sagement dirig6s, vau- 
dront bien les quelques gouttes de lait de plus que 
donnerait un sein mercenaire. 

Nourrissez vos enfants, jeunes femmeSi c'est U 
le premier conseil que nous vous donnerons ; mais 
en mSme temps nourrissez-les avec intelligence et 
discemement. 

Depuis uncertain temps, de grandes amSlioratioBS 
out 6t^ introduites dans la premiere education k 
Tenfance; mais, a c6t^ du progres, nous devons s* 
gnaler un abus dans lequel on semble vouloir tomber. 

Onvoudrait aujourd'hui epargneraux enfants,noiis 
ne dironspas la moindre souffrance, mais la plus petite 
gSne ; on est sans cesse occupy a prdvenir non sett- 
lement leurs besoins, mais lemrs caprices; et, loinie 
chercher a fortifier leur corps par une hygiene 
simple et bien entendue, qui promet a la soci^ 



LE DEVOIR MATERNEL S 

r^nergiques citoyens, et a la famUle des femmes 
lapables d'accomplir les devoirs auxquels elles sont 
ppel^es, on les habitue trop volon tiers a redouter la 
ilus petite fatigue et la plus l^gere privation. II faut 
lien le dire, combien d^enfants deviennent aujour- 
rhui les mattres absolus de leurs parents, des do- 
aestiques et mSme des amis de la maison ! Ce sont 
le v6ritables petits despotes; et il faut bien Tavouer, 
XL lieu de songer a faire de nos enfants des hommes 
igoureux etraisonnables et des femmes courageuses 
t d6vou6es, nous faisons trop souvent aujourd'hui 
les poup^es de nos filles, et des petits maitres de 
los flls. 

Jeunes femmes, entourez vos enfants de soins 
clair^s et de tendresse, mais n'en faites pas, par 
tn exces de sensiblerie et de douilletteries, des 
tres d^licats et d^biles, incapables d'accomplir leur 
lission ici-bas. 

Nous commencerons par preparer ensemble la 
ayette et le berceau de Fenfant que vous allez 
aettre au monde ; nous vous aiderons de nos con- 
eils pendant la dur^e de votre grossesse, et nous 
ous indiquerons les precautions a prendre pour 
ivlter tout accident ; nous vous dirons que Taccou- 
ihement n'a rien qui doive vous effrayer, et nous 
lasserons ensuite aux soins a donner a votre nour- 
isson. Et alors les plus menus d6tails vous int6- 
•©sseront ; vous voudrez apprendre a connaitre tout 
jntier votre enfant ; vous voudrez savoir comment 
I respire, comment il se nourrit, comment il grandit, 
comment il agit , et assister jour par jour au d6ve- 



6 L£ LIVRE DES JEUNES H£:RES 

loppement de son petit corps et de sa jeune intelt 
gence. Enfin , si pat moments, sa sant6 faiblit, a 
quelque indisposition se manifesto, vous serez heO' 
reuse, n'estrce pas, d'apprendre a en reconnattre 
bien vite les symptomes. 

Mais nous devons tout de suite faire k ce sujel 
une importante remarque sur lacjuelle nous appe- 
lons des maintenant votre attention : en donnant an 
chapitre des maleulies de I'enfant tout le d6veIop- 
pement qui nous a paru utile, notre but n*est pai 
d'apprendre a la mere a soigner elle-mSme le petit 
malade, excepte peut-Stro s'il s'agit des premiers 
soins n^cessaires dans les cas d'urgence heureuse- 
ment fort rares. Nous voulons seulement que It 
mere vigilante et pr^venue soit capable de recon 
naitre, des le debut, que la sant6 de son enfant 
s'altere ; nous voulons qu'elle puisse 6tre attentive 
au moindre sjmptome de maladie, et qu^elle n'at' 
tende pas, pour appeler le medecin, que le mal ait 
fait d6ja des progres inqui^tants. 

Quand vous aurez 6tudi6 avec nous les conditions 
les plus capables d'assurer le bien-Stre physique de 
votre enfant, vous nous permettrez bien de vous 
dire en quelques mots ce que nous pensons de sod 
education morale ; et enfin, apres cet examen de* 
taille de tons les soins dont Tenfance a besoin d'etre 
entouree, nous avons cru qu'il serait utile de vous 
faire connaitre Forganisation des diverses societes 
qui ont pour but sa protection, et qui des lors sonl 
dignesde tout votre interet 



ij. 



CHAPITRE PREMIER 



LE BERGEAU ST LA LAYETTE 

I. — Lb Bkrcbau. 

Depuis le panier d^osier des paysans, jusqu'aux 
couchettes les plus somptueuses, il y a une vari6te 
tres grande de berceaux. G'est le plus souvent afifaire 
d'el6gance, et non d'hygiene. 

H faut proscrire les berceaux pleins, encore si 
communs dans les campagnes, v^ritables caisses 
dans lesquelles les eniants sent comme ei^prisonnes, 
et ou ils sent empoisonn^s par les miasmes des de- 
jections. Nous desapprouvons aussi les berceaux 
rembourr^s difflciles a tenir propres, et qui font du 
lit de Fenfant, lorsque les rideaux sent fermes, une 
sorte de boite trop bien close, oi Tair circule a 
peine. 

Nous leur pr^ferons et nous recommandons sur- 
tout les treillis d'osier, ou le berceau en fer. 

Le beroeau en osier. 

Le berceau d'osier (fig. 1) est propre, commode 
t peu coftteux. II est tres l^ger et cette quality 
st souvent fort appr6ciable dans les petits menages, 
car elle permet a la mere de transporter sans fa- 



^ 



11 

1 



8 LE LIYBE DES JEUME3 M&RES 

tigue dans la piece oii I'appellent ses occupations, le 

berceau de son enfant, qu'elle peut ainsi toujours 

surveiller. 

On place ce berceaa sur un pied compost de 
quatre monfants solides et relies entre eux par des 




Fig. 1. — Berceou 



traverses. Cesmontants sontplus4cart6s eabas qu'en 
haut, afin de donner plus de stability au berceau. 

On recouvre le berceau d'une housse blanche 
(fig. 2), qui, a I'inWrieur, est retenue a moiti6 de la 
liauteur des cotes, et rctombe flottante en dehors, 
afin de permettre a I'air de circuler, tout en empS- 
chant son action trop directe sur Tenfant. 

Pour que cette housse puisse s'enlever et se re- 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE Q 

mettre facilement, on I'attachej a I'aide de petits 
cordons, au cercle de bois ou de fer qui entoure le 
berceau. II faut qu'elle soit fendue dans la partie 
ou sont places les cercles, qui forment la t^te da 
berceau d' osier. On rapproche les deux c6t^s de la 




fente au moj&a de boutonni^res et de boutons. On 
obtient ainsi une partie tombante a I'int^rieur, I'autre 
a rext6rieur, Cette demiere forme une sorte de 
baldaquin qu'on festonne au bord, ou qu'on garnit 
dune broderie. 
Nous coQseillons pour I'^t^ un ndeau de mous- 



10 LE LIVRE DES JEUNES M£RES 

seline unie ou brod^e, assez long etassez ample pour 
envelopper tout le berceau, et croiser par devant. 
Les rideaux^ dans cette saison, garantissent les 
enfants des mouches, qui les tourmentent cruelle- 
ment pendant leur sommeil. 

L'hiver, on emploie le mSme rideau de mousse- 
line qu'on doublera d*une ^tcffe unie bleue ou rose, 
en satinette ou en percaline legere. 

Ce rideau pent Stre fait avec autant d'^l^gance 
ou autant de simplicity qu'on voudra. On doit en 
avoir plusieurs afin de tenir le berceau dans un 
^tat de propretS parfaite. 

Beroeau en fer. 

Nous ne decrirons pas ici les petites gondoles ou 
bercelonnettes en fer qui sent aujourd'hui si r6pan- 
dues, et que tout le monde connatt; on les vend avec 
ou sans parachute. Nous donnons (fig. 3) le modele 
d'un berceau en fer avec parachute ; ce parachute 
(fig. 5) qui pent se fermer ou se rabattre a volenti, 
est assez commode pour empecher les enfants de 
tomber de leur berceau ; c'est une bonne precau- 
tion a prendre, au moment oil les enfants commen- 
cent a se mouvoir dans leur lit. Les diametres du 
cercle sup6rieur du berceau sont ordinairement de 
1 metre delongueursur0°.52 de large. On garnitle 
berceau int6rieurement d'un tour, ou enveloppe en 
piqu^, ayant 0".80 de hauteur et 2'".52 de d^velop- 
pement (quand il s'agit de berceaux de 1 metre sur 
0°*.52). Au bas du tour, une large coulisse permet 
d'y passer un cordon et d'en resserrer le fond. 



LK BERCEAU ET LA LAYETTE II 

Le haut repose sur le cerde sup6rieur et forme 
une garniture ext^rieure festonnee ajant 0".I8- 
Les dents de ce feston peuvent avoir 0".18de lar- 
geur sur 0".ll de hauteur, soit quatorze festons 




pour le pourtour du berceau. Un cordon double, placfi 
en dessous, et de distance eu distance, retlent I'enve- 
loppe sur le fer. On pratique aussi, auxideux extr6- 
mit^soppos^es, deuxlargesboutonnieres.horizontale* 
pour laisser passer les crochets de support. Loi squ'il 



13 LE LIVBE DES JEUNEb H£RES | 

J a, en tfite du berceau, une vis destinee a empficher 
le balfuicement, U faut de ce c6t^ une deuxieme 
boutonniere ronde, a trois centimetres et demi plus 
bas que la premiere. Si Ton veut un berceau plus 




Fig. 4. — Berceau arec paracbate rabatto. 

6I6gant, on peut garnir le bord ext^rieur du tour 
avec une deutelle. 
Le rideau de mousseline destin^ a garantJr reufanti 




Fig. 5. — ParachuW du berceau. 

pendant I'ete, de la trop grande lumi^re et des mou- 
ches, aura 3"'.25 de longueur sur I'.SO entiron de 
largeur. On le plie en deux et on le pose a cheval 
sur la flSche. En hiver, on double la mousseline 
avec une satinette bleue ou rose. 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE 13 

II sera utile aussi de coudre les deux bords de ce 
rideau derriere la fleche sur una certaine longueur ; 
de la sorte, lorsqu'on le ram^ne devant le berceau, 
la partie de tSte ne se s6pare pas et ne laisse pas 
arriver, par derriere, Tair froid sur Tenfant. 

PaiUassons, piques, orelller et oouvertures. 

Le coucher se composera de deux paillassons et 
d'un oreiller, en toile ou en calicot. Le premier 
paillasson sera de la grandeur du berceau, on en 
rentrera les coins en dedans, comme on le fait aux 
matelas. On lui donnera une ^paisseur de 20 a 25 
centimetres environ. Ce paillasson sera la base du 
lit. On le remplira de balle d'avoine, de varech, de 
bruyere, ou de feuilles de fougere, dont on retirera 
les grosses tiges et que Ton aura fait s^cher a Tair 
au soleil ou devant le feu. 

Le second paillasson sera un peu plus petit que 
le premier ; on le fera carr^, de la largeur du ber- 
ceau, eton le garnira, comme le premier, de balle 
d'avoine, de varech ou de fougere sans trop le 
remplir. 

Pour faire le lit de Fenfant, on placera d'abord 
le grand paiUasson qu'on arrangera de maniere a 
former un creux vers le milieu du lit. Ce creux sera 
rempli par le petit paillasson qui rendra le lit par- 
faitement plat. 

Le petit paillasson est destin6 a preserver le 
grand. Generalement lui seul est sali. H faut en 
avoir plusieurs, afin que Fenfant repose toujours sur 






14 LE LIVRE IJES JEUNE3 M£:RES 

un paillasson bien sec. On devra changer souvent la 
balle d'avoine ou le varech, et laver la toile, pour 
que les paillassons n'aient jamais de mauvaise odeur. 

On ne doit pas employer la plume pour les pail- 
lassons d' enfant ; d'abord elle est trop douillette et 
trop chaude, puis son prix de revient ^tant assez 
eleve, onne la renouvellerait probablementpas aussi 
souvent que la balle d'avoine, et le berceau aurait 
bientot une mauvaise odeur tres nuisible a la sant6 
de Tenfant. 

Comme il n'est pas toujours facile de faire s6cher 
les paillassons, et que d'aiUeurs ils prennent tm 
vitc une mauvaise odeur, lorsqu'ils sont souvent 
mouill6s, on fera bien de les preserver au moyen de 
piques faits avec de la finette pliee en double et 
formant un carre long de 60 centimetres sur 40. 

Entre les deux doubles d'etoffe on place une 
couche de ouate qu'on retient au moyen d'une 
piqftre a grands carreaux. 

Le piqu6 se place sur le petit paillasson. Quelques 
personnes mettent, sous le pique, un morceau de 
taffetas cire ou de toile impermeable qui garantit 
absolument le paillasson ; cette pratique a un incon- 
venient : Turine ne pouvant etre completement ab- 
sorbee, Tenfant reste dans une sorte de cuvette 
humide et malsaine. Le taffetas cir6 est mieux a 
sa place entre les deux paillassons, lorsque Tenfant 
mouille beaucoup son berceau, et si Ton craint que 
le grand paillasson ne soit sali. 

On pent remplacer les piques par des f eutres qui 
absorbent completement Thumidite et se lavent faci- 



IE BERCEAU ET LA LAVETTE 15 

lement. On trouve maintenant ces feutres k uq 
prix moiier6 dans presque toutes les maisons qui 
vendent des objets de layette. II faut les laver trSs 
aouvent, car Us prennent tres facilement une mau- 
vaise odeur. 

L'oreiller aura 40 centimetres de large. On le fera 
en coutil blanc, et on I'arrondira a I'une de ses 
extremit^s. Onle garnira de crin sans trop le rem- 




plir, de fagon que I'enfant soit presque couch^ k 
plat. 

Les taies d'oreiller seront en toile, afin de ne pas 
6chauflfer la tfite de I'enfant. On les fermera an 
mojen de boutons et de boutonnieres, en ayant soin 
de faire les boutonnieres en travers de I'ourlet, 
conune on le voit (fig. 6) ; autrement elles se debou- 
tooneraient sans cesse. On garnit les taies d'oreiller 
ii volont^. 

On couvre le berceau avec un drap et deux cou- 
Tertuiei Le drap de dessous est inutile, I'enfant 



t6 LE LIYRE DES JEUNES M^RES 

etant toujours plac6 habill4 dans son lit. line con- 
verture de laine et une couverture de coton seront 
sufflsantes a moins d'un froid exceptionnel. La cou- 
verture de laine, tricot6e a la main^ ou faite an cro- 
chet tnnisien, est moelleuse et fort douillette. Nous 
la pr^f^rons a une couyerture tissue. 

Voila tout ce qui doit composer le lit d'un enfant. 
On pourra y apporter plus ou moms d*eUgance, mais 
nous engagerons toujours a conserver la plus grande 
simplicite ; Tessentiel ici est une propret^ parfaite et 
continuelle. 

II. — La layette proprement dite. 

Arriv6e a mi-terme, une jeune femme doit com- 
mencer a confectionner sa layette. Quelquefois ime 
couche devance son terme ; il ne f aut pas £tre pris 
au d^pourvu. 

La jeune femme trouvera, dansles details de cette 
douce occupation, un plaisir infini qui Taidera a sup- 
porter les ennuis de la grossesse ; et c'est pour fa- 
ciliter sa tS.che, que passant de la th^oriea la pra- 
tique, nous lui donnerons a la fin de notre Uvre 
une planche comprenant les patrons mSmes de la 
layette. 

Inconv^nients des xnaiUots serr^s. 

Nous commengons par declarer que nous d&sap- 
prouvonsavec energie les maillots serres et attaches 
avec des epingles. Ces maillots, qui sent encore en 
usage dans presque toutes les campagnes, sont a 



LS BERCEAU ET LA LAYETTE 17 

pou pres abandonn^s dans les villes. Cependant, il 
y a encore bon nombre d'enfants qui sont livr^s k 
ce supplice ; mais comme on les met en robe beau- 
coup plus jeunes qu'autrefois, ils en souffrent 
moins longtemps. 

Les femmes qui persistent dans Tusage des mail- 
lots serres, pretextent qu'il leur serait impossible 
de tenir leurs enfants, et surtout de les confler a 
leurs a!nes, s'ils n'etaient pas ainsi garrottes. Cette 
raison n'est pas bonne : il ne faut confler les enfants 
qu'aux personnes capables de les bien tenir. 

Les maillots serres causent beaucoup de differ- 
mites ; les membres inf^rieurs des enfants y sont 
emprisonn^s, sans pouvoir remuer pour ainsi dire, 
ce qui est contraire a leur developpement. De plus, 
ces maillots gSnent la circulation du sang en com- 
primant les poumons et le coeur. Si on pouvait con- 
suiter ces pauvres petits, assurement ils demande- 
raient bien vite qu'on leur rendit la liberte de leurs 
mouvements. 

Cette coutume est si deplorable, que nos lectrices 
devront faire tons leurs efforts pour ramener a une 
pratique plus saine les m^res moins ^clair^es qu'elles. 

M^thode anglaise. 

n y a plusieurs manieres d'habiller les enfants 
naissants pour leur* conserver cette liberte de 
mouvement, cette aisance que nous consid^rons 
conmie indispensable a leur d6veloppement et a leur 
bien-fetre^ Nous dirons seulement quelques mots de 
la methode anglaise, parce que nous ne la recom- 



/" 



18 LE LIVRE DES JEUNES &1£RES 

mandons pas completement ; nous donnerons d*ail* 
leurs une description detaillee de la layette qui nous 
parait reunir le plus d'avantages. 

Dans la m^thode anglaise on met d*abord a 
Tenfant une petite chemise semblable a celle que 
nous d^crirons plus loin, et on le soutient par un 
petit corset de pique ; on passe ensuite a Tenfant 
une grande robe de laine blanche , qui depasse 
sa longueur de 50 centimetres environ ; sur cette 
robe, on en met une secondede la meme grandeur, 
mais d'une 6toflfe plus l^gere. Toutes deux sont 
fendues dans leur longueur par derriere, et servent 
a la fois de langes et de brassieres. 

Pour empficher ces deux robes d'etre mouill^es 
par Tenfant, et pouvoir le changer facilement sans 
6ter les robes, on se sert de petits triangles en 
laine^ portant des boutonnieres a deux des angles, 
et un bouton a Tautre angle. Les deux pointes su- 
p^rieures viennent se boutonner sur le ventre de 
I'enfant et forment ceinture. 

On place sur ce triangle en laine une couche 
egalement pliee en triangle, et on la fixe an triangle 
en laine au moyen d'epingles angiaises. Apres avoir 
place I'enfant sur la couche, on ramene par devant 
les deux pointes superieures du triangle, comme 
nous Tavons dit ; on tourne les deux pointes supe- 
rieures de la couche. Tune • autour d'une jambe, 
Tautre autour de I'autre jambe de Tenfant, on 
releve ensuite la pointe du milieu de la couche 
entre les jambes de Tenfant, ainsi que la pointe 
tombante du triangle de laine, qui vient se bou- 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE 19 

toDDer sur le ventre de I'enfant {fig. 7). L' enfant 
peut done £tre chang^ sans ^tre deshabille. 

On lui met aux pieds des bas, ou simplement de 
petits chaussons longs de jambes, comme ceux que 
nous empIoyoQS quand nous meltons les enfants en 
robe. On ouvre les robes par derriere pour poser 
renfant dans son berceau, afin qu'elles ne soient pas 
mouUl^es. 

Les enfants ainsi v^tus ont les mouvements par- 




Pig. 7 — TiiangU'CH 



faitement libres, et sent tenus chaudement. Ces 
robes, ^tant fort larges, et seulement attachees a la 
tailie et au cou au mojen de coulisses, n'exigent 
point I'emploi des ^pingles et soiit jolies par leur 
ampleur et leur simplicity. Mais, a c5te de ces avan- 
tages, nous trouyons a ce y^tement quelques incon- 
v6nients. 

D'abord ces longues et larges robes flottantes se 
salissent et se chiffonnent si facilement que, pour 
tenir un enfant propre, il en faut un grand nombre. 



1 



90 " LE LIVRE DES JEUNES MfiRES 

EUes sont assez cofiteuses, surtout celles de fla- 
nolle, qui, de plus, deviennent promptement jaunes 
et prennent un air sale qu*on leur enleye difflci- 
lement. 

D'un autre c6t6, le blanchissage et le repassage 
en sont fort dispendieux ; les petits triangles de laine 
et les couches ne les garantissent pas toujours 
sufflsamment. 

Ces robes sont embarrassantes pour la personne 
qui tient Tenfant, et le buste d'un enfant est tene- 
ment faible a sa naissance que , s^il n'a pas besoin 
d'etre serre,il a aumoinsbesoin d^Stre un pen sou- 
tenu par ses vStements. 

n nous semble bon de placer Tenfant, pendant les 
deux premiers mois, sur un oreiller, lorsqu'il est vfitu 
a Tanglaise ; cependant, nous avons vu des bonnes 
anglaises tenir avec beaucoup d'adresse des enfants 
ainsi yStus. Elles formaient une espece de siege 
dont leur bras faisait le dossier. 

En r^sum^ cette maniere d'habiller les enfants 
a du bon, on ne peut le nier ; mais elle n^cessite des 
soins particuliers et des precautions qu*on peut 
Writer ayec la methode suivante, plus usit^e en 
France, et dont nous aliens donner la description. 

Descriptloa de la layette. 

La layette dont nous aliens parler, tout en con- 
servant les avantages de la methode anglaise, est 
plus rapprochee de nos habitudes ; elle nous semble 
^viter une partie des inconv^nients que nous avons 
Bignal^s. 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE 21 

Nous decrirons dans tous ses details cette mi- 
thode d'habillement et nous donnerons la liste des 
objets qui composent cette layette. 

L'habillement d'un enfant se compose de deux 
parties : Tune couvre le buste et consiste en une 
chemise et des brassieres ; Tautre couvre le reste 
du corps, et est composee de langes de diverses 
especes, et de couches. Cette seconde partie, qui 
est la plus exposee a ^tre salie, doit pouvoir se 
changer sans qu'on soit oblige de deranger Tautre. 
Nous commencerons par le vStement du buste. 

Pour qu'un enfant soit bien habiU^, ses vStements 
doivent toe proportionnes a sa taille ; il faudra 
done en avoir de plusieurs grandeurs. 

Dans une layette, il faut trois &ges ou trois gran- 
deurs pour les chemises et pour les brassieres, ainsi 
partages : de la naissance a deux mois ; de deux 
mois a six mois ; de six mois jusqu'au moment ou 
on cessera de mettre Tenfant en langes pendant 
la nuit, ce qui varie selon la saison et le plus ou 
moins de proprete qu'on aura pu obtenir de lui. 

• Bandts. 

Le premier objet de la layette de Tenfant est la 
bande destin6e a entourer le corps du nouveau-n6, 
a soutenir la ligature du cordon et a maintenir le 
nombril. 

Ces bandes se font avec de la toile douce, elles 
out environ 50 centimetres de longueur sur 8 de 
tauteur. On tafille ces bandes en pointe avec une 



32 LE LIVRE DES JEUNES MERES 

ouverture transversale sur Tun des cflt^s. On fmf 
passer Textr^mite de labanda dans i'ouverture pra- 
tiquee de I'autre cote, de facjon a croiser lea deux 
bouts qui viennents'attacher Tuna I'autre an moyen 
de cordons. La figure 8 montre d'une part com- 
ment I'une des extremit^s passe dans rouvortnre 
pratiqu^e de I'autra e6t6,et d'autre part comment 
les cordons viennent s'attacher sur le ventre de 
I'enfant. 




Fig, 8. — Bande en flanelle poor le nouTetu-n^. 



II faut avoir aussi des bandes de flanelle, pr6pa- | 
r6es de la mfime fa§on, qu'on mettra par-dessus la ' 
bande de toile. Ces bandes de ilanelle seront m^me 
utilement conservfies apres renl^vement de la bande i 
de toile, c'est-i-dire apres la formation complete I 
du Qombiil ; elles ont I'avantage ^e tenir bien chand j 
le ventre du petit enfant, trds sensible au froid. | 

Chemises. 

Les chemises se foot en toile ou en percale. Les 
manches seront un pea plus longues que celles des 
brassieres, de maniere a pouvoir Hre relevees sur 
la brasaiire de dessous, et k garantir celle-ci, qu'oo 



L£ BEBCEAU ET LA. LATETTE 23 

lave moins souvent que les autres, parce qu'elle 
3st en flanelle. On peut gamir les chemises i I'en- 
wlure et aux manches d'un feston ou mSme d'une 
jetite dentelle fort basse si Ton veut une layette 
ID peu Elegante. 

En confectionnant les v^tements qui doivent se 
ilacer sur la peau de I'enfant, 11 faut avec soin 
iviter toutes les epaisseurs qui pouiraient blesser 
M petit corps si tendre. Pour cela on fait toutes 
es couturea d I'endroit. Dans les chemises les cou- 



<^: 




Fig. 9. — Chemi! 



tures sont piqn^es, dans les brassieres de flanelle 
et dans celles de flnette, on les fait au point de 
chausson. 

II faudra proportionner la longueur de la che- 
mise a la taille de renfant ; elle doit tomber au- 
deasoua des hanches d'enviroo 15 centimetres. 

Nous devons faire remarquer tout de suite que lea 
enfants ont la poitrine plus ^troite que le dos ; il faut 
done que chaque cflt^ du dos soit plus large que la 
moiti^ du devant, d'autant plus que ces cAt^s du 
dos doivent se croiser. 



3i L£ LIVRE DES JEUNES MERES 

Brassieres. 

n faut deux sortes de brassieres : les brassieres 
de dessus, et les brassieres de dessous. 

Celles de dessous pourront 6tre en finette velue 
d^un c6t6 et lisse de Tautre, ou bien en flanelle plus 
ou moins ^paisse selon la saison. EUes auront abso- 
lument la mSme forme que les chemises, seulement 
elles seront un peu plus larges, puisqu'elles doivent 
se mettre dessus, et les manches n^auront que la 
longueur du bras de Tenfant. Lorsque le froid est 
rigoureux, on met deux brassieres de dessous. 

Les brassieres de dessus se font ordinairement en 
basin a petites raies, ou en jaconas fagonne a petits 
dessins, ou en piqu^. II faut qu'elles soient un peu 
plus larges que celles de finette, puisqu'elles se 
mettent par dessus. Lorsque les brassieres et la 
chemise, qui se mettent ensemble, sont passc^es les 
unes dans les autres, elles ne doivent pas former 
de pli int6rieurement. 

Aux brassieres, on pose, a la moiti^ de la largeur 
du dos, trois rubans de fil d'un centimetre de lar- 
geur, le premier a un centimetre environ au-des- 
sous de I'encolure; le second, a trois centimetres 
environ du premier, et le troisieme a la mSme dis- 
tance du second. Ces cordons remplacent avanta- 
geusement les epingles que Ton met souvent a cet 
endroit pour tenir les brassieres. II faut les placer 
de telle sorte que la brassiere se recouvre elle-m^me 
dans le dos de Tenfant, pour 6viter le froid. On 
adoptela disposition que nous figurerons plu^ loin 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE 25 

pour leslanges. Sur Tun des c&t^s les cordons se 
jlacent au bord mfime de la brassiere et sur I'autre, 
es cordons correspondants se placent a une certaine 
iisUnce du bord, de sorte que la brassiero ^tant 
niseareofant, les points d'attache des deux cordons 
wirespondants arrivent a se joindre a peu pria. 
K mesure que I'enfant grossit, ces points d'attache 
i'Scartent et le reeouvrement de la brassiere di- 
ninue. On ne met de cordons qu'a la brassiere de 
lessus, et on croise celle de dessous, ainsi que la 




fig 10— Urass 



1 — Lidiiiii^rc •! ]H,lit& iilis. 



jhemise. Pour la nuit, si on ne Toulait pas mettre la 
)rassiere de dessus, I'^t^ par exemple, on placerait 
ies cordons a celle de dessous. 

L'enfant ^tant presque constamment couch£ sur 
.e dos, il faut proscrire absolument, pour la chemise 
it les brassieres, I'usage des ^pingles, des agrafes 
3U des boutons, qui ne manquersuent pasde le 
»lesser;ilfaut n'employer que des cordons, et encore 
se bomer au strict n^cessaire, a cause des attaches 
et des noeuds dont le frottement pourrait causer 



•26 LE LIVRE DES JEUNES MfiRES 

quelque douleur a Tenfant. C'est pour cela que nous 
n'en mettons qu'a la brassiere de dessus. Qa'on 
n'oublie jamais que dans rhabillement de Tenfant, 
il faut ^viter avec soin la moindre gSne : c'est une 
condition essentielle de son repos, et par consequent 
de sa sant^. 

On vend des brassieres en tricot de laine ou de 
coton qui peuvent remplacer celles de finette ; mais 
«lles ne vont jamais aussi bien que les brassieres 
que Ton a faites soi-m6me. 

Pendant Thiver, il faudra de petits flchus en 
jaconas ou en mousseline; une pointe seulement 
sufflt. 

Couches. 

On a souvent I'habitude de faire les couches des 
enfants avec de vieux draps. A moins que la n^ces- 
sit^ d'une ^conomie severe n'y force, il vaudrait 
mieux employer ce linge a tout autre usage. La toile 
des vieux draps n'est plus blanche ; il est impossible 
de lui rendre son premier 6clat. EUe est toujours 
fort serree, et, quoique us6e, trop ferme ; elle se 
lave difflcilement. Enfin elle ne donne que de vilaines 
touches, qui sont trop ^troites, si on coupe la toile 
■en deux, comme on le fait habituellement. 

Nous pr^ferons beaucoup pour cet usage la toile 
de Bretagne en deux tiers (80 centimetres). Elle est 
d'une blancheur admirable, qu'elle conserve jusqu'a 
la fin, se lave tres facilement, est souple, douce, 
bonne et d'un prix tres moder6. Quatre-vingt-dix 



LE BEBCEAU ET LA LAYETTE «" 

centimetres de cette toile font une couche parfaite 
de tous points. 

On fait encore pour les couches una toile d'une 
fabrication speciale qu' on appelle toile a oeilsanglai$. 
Kile est plus cliere que la toile de Bretagne, mais 
elle a sur celle-ci I'avantage de devenir souple au 
premier blanchissage et d'etre un peu spongieuse. 

II est convenable de ne pas mettre de chemises 
longuea aux enfants dans les premiers temps, et 




Fig 12 — Goaebe-culotte 

mdme tant qu'Js ne sont pas propres. Comme leur 
petite chemise et leurs brassieres a'arrivent qu'au 
bas des kinches, on y supplee au mojen d'une cou- 
che pUee en pointe qu'on place du cdte du biais 
sous les reins de I'enfant, et qu'on attache par der- 
riSrf! a la brassiere au moyen d'une 6pingle denour- 
rice ou mieux de deux cordons, fixes Tun i la couche, 
I'autre a la brassiere; on enroule les deux pointes- 
sup^rieures de la couche autour des jambes, ou elles- 



28 LE LIVRE DES JEUNES MCRES 

sont retenues par les bas, qu'on remonte par dessus 
et on releve entre les jambes de Tenfant la pointe 
inf^rieure de la couche. EniSn on nose sur cette 
couche la culotte anglaise ou couche-culotte dent 
nous aliens parler, qui est retenue a la brassiere 
au moyen de deux boutonnieres, et qui empSche la 
couche de se detacher ; elle se serre a la taille de 
Tenfant k I'aide de deux cordons formant coulisse 
par derriere. 

Les couches-culottes (fig. 12) se font en flanelle 
ou en tissu de coton. La flanelle est pr6f Arable 
parce qu'elle ne se refroidit pas lorsque I'enfant est 
mouill6. L'emploi de ces petites culottes estd'une tres 
grande commodite ; non seulement il devient alors 
tres facile de changer la couche quand elle est 
mouill^e, mais onpourramSme, gr^cea ce systeme, 
chercher de bonne heure a rendrfi ies enfants 
propres ; car il suffit de d^boutonner les boutons et 
de tirer la pointe de la couche pour placer Tenfant 
sur son vase a la maison, ou Tengager a satisfaire 
ses petits besoins a terre, pendant la promenade 
(si le temps le permet, bien entendu). Tons ces de- 
tails, sur lesquels les meres nous pardonneront d'in- 
sister, ont plus d'importance qu'on ne pourrait le 
croire. Une des premieres conditions de la sante 
des enfants est que leur petit corps soit toujours a 
sec, et il ne faut rien n^gliger pour arriver a ce 
r^sultat. Beaucoup d'enfants ont la peau si tendre, 
si sensible, que le moindre contact avec Turme, 
amene aussit6t des rongeurs, et par suite des d6- 
mans:eaisons parfois tres douloureuses. 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE 



Bavettes. 



Les ettfants bavent ordinairement beaucoup, et 11 
«st manvais de leur laisser la poitrine mouiUee ; os 
^Tite cet incoQT^nieQt au moyen de bavettes faites 
«ii piqu6 ou en tissa de cotoa fa^oime et double de 
finette. 




13, 14 et 15. —Bavettes. 



Les bavettes sent fort peu cofiteuses, se lavent 
facilement, et rempUssent parfaitement leur but ; 
on peut, pour habiUer I'eDfant, en avoir quelques- 
unes gamies en dentelle ou en broderie. Les mo- 
dules de bavettes varient a I'infini ; c'eat affaire de 
goftt et d'dlegance ; les figures 13, 14 et 15 n- 
pr6sentent les modules les plus usit^s. 



M LB UVEIE DE3 JEUNES M ' RES 

Bonnets. 

II faut avoir des bonnets de differentes gran- 
deurs, car la tSte dfi Teofant grossit tres rapide- 




f ig. 16. — Calot ou beguiii. 

Disnt, flt I'enfant serait mal coiffe avec un bonnet trop 
grand ou trop petit. 




I La coiffure de I'enfant se compose: 

1* d'un petit calot, ou b^guin, a trois pi^c< 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE 3f 

(fig. 16} de toile tres fine ou de percale, taill^ de 
majDiere qu'il descende $ur les oreiUes ; on pent le 
gamir d*ime tres petite dentelle, cousue a plat ; cela. 
ya fort blen aux enfants ; 

2<> d'un bonnet de dessus, dontla forme et T^tofl'e' 
yarient selon la mode et le go&t. 

Le bonnet de dessus portera des coulisses pour 
le serrer derriere et des cordons pour Tattacher sous^ 
le menton ; les beguins n'en out pas besoin ; il est 
bon de faufller les bonnets ensemble sur le devant 
pour le premier dge. 

On vend chez les bonnetiers de petits calots en^ 
tricot de laine ou de coton, qui, au premier aspect, 
paraissent tres convenables; mais ils sent trop 
^pais, et ne sent pas commodes : ils ne descendent 
pas sur les oreilles, et, si on veut les j faire 
descendre, ils couvrent tout le front des enfants,. 
parce q;u'ils ne sont pas evidSs en avant. 

Langes. 

n convient d'avoir des langes de dessous, et des 
langes de dessus. Les langes de dessous se font en 
moUeton de laine ou de coton, et en finette. Si on 
adopte le moUeton de laine, un seullange de dessous 
suffira. Si au contraire on choisit le molleton de 
coton, que nous prefer ons a cause de la facility avec 
laquelle il se lave, on devra par les grands froids 
mettre a T enfant un second lange de dessous en 
finette. On borde les langes d cheval avec un ruban 
de fil qu'on aura eu le soin de mouiller avant de- 



:32 LE LIVRE DES JEUNES M£RES 

I'employer, afin que plus tard il ne se retire pas au 
lavage. Les langes de dessous auront una largeur 
-de 60 a 65 centimetres, et une longueur de 75 a 
80 centimetres, 

Les langes de dessus doivent avoir 15 centi- 
metres de largeur de plus que ceux de dessous; 
lis se font avec du basin, du jaconas fagonn^, ou 
mieux encore avec dupiqu^. On les borde 6galement 




Fig. 19. — Lange avec cordoDS. 

a plat avec du ruban de fil. On pent les omer de 
broderies ou de garnitures. 

Les langes doivent ^tre, comme les brassieres, 
munis de cordons (fig. 19). Le premier cordon est 
plac^ a 2 ou 3 centimetres au-dessous du bord sur 
le c6te gauche, a Vendroitdu lange, a la lisi^re; le 
second, a 15 centimetres environ plus bas. Les deux 
autres, qui doivent y correspondre, se placent 6gale- 
ment a Tendroit, mais a 30 centimetres environ de 
distance de la lisiere, afin que le lange enveloppant 
Tenfant se recouvre pr^cis6ment de ces 30 centi- 
metres. L'enfant sera plac^ sur le lange, de faQon 



L& BERCEAU BT LA LAYETTE 33 

que les attaches des cordons viennent se rencontrer 
sur le c6t6 (fig. 20). A mesure que I'enfant gro-sit, 
ces points d'attache des cordons s'eloignent I'un de 
I'autre, et le recouvrement du lange diminue. 

On peut mettre des cordous aux laages de dessous, 
comme nous avons dit qu'on le faisait quelquefois 




Pig. SO. — EnfoDt emmaillolU 

pour les brassieres, par cette raison qne !a nuit on 
ne met pas toujours les langes de dessus. 

Nous croyons devoir insister encore sor la n&~ 
cessit^ de bannir absolument de la toilette des 
eafants les 6pingles ordinaires, aussi dangereuses 
qu' incommodes. Les seules ^pingles que nous ad- 
raettions sent les ^pingles anglaises (fig. 21 et 2 



34 LB LIYRE DBS JBUNES MOIRES 

dites jingles de norirrices^ qui sont d'ailleurs au- 
jourd'hui connues de tout le monle, et qu'on peutse 
procurer partout. Elles ont Favantage de s'ouviir 
difficilement et de ne pas pouvoir piquer Tenfant 
tant qu'elles sont ferm^es (fig. 22). 
Mais nous pr^f^rons encore les cordons a ces 




Fig. %\, — £piDgle de nourrice ouverte. 

^pingles. Quand on aura pris Thabitude de Temploi 
des cordons, on verra combien ils sont pref arables 
aux epingles, que Ton perd, dont on manque sou- 
rent au moment mSme ou Ton en a besoin, aux- 
quelles on se pique sans cesse, qui dechirent la 




Fig. 22. — fipingle de nourrice fermee. 

partie de Tetofie ou elles sont plac^es, et, enfin, 
avec lesquelles on pent faire malgr^ toute Tatten- 
tion possible de fortes ^gratignures et m^me des 
blessures graves a Tenfant. 

Un autre modele de lange assez pen repandu, 
mais qui nous a paru tres commode et tres simple, 
c'est le lange a ceinture avec agrafes et oeillete 



LE BEBCEAU ET LA LAl'ETTE 3S 

(fig. 23). A I'undes bouts de la ceinture, faite (ie 
m^me etoffe que le lange et pli^e en double d'uae 
largeur de O^-OS, sont fix^s deux petits crochets 
faisant I'office d'agrafes. A. I'autre bout, une s^rie 
(lceillets,place3 trespr^s les uns de3 autres, paral- 
lelement sur deux rangs, permet de maintenir 
Venfant coiivenablemeut serr^ a mesure qu'il se 
d^veloppe. 




Hobes de maillot. 

Pour habiller les enfaots arec ua pau d'^^gance, 
on peut mettre, a la place du lange de dessus, ce 
qu'on appelle une rohe de maillot. C'est une robe 
longue (fig. 24) qui peut fetre fiute de diff^rentes 
formes, soit ayec un corsage montant et a man- 
«hes, soit plus siinplemeat avec une sorte de ceiuture 



36 LE LIVRE DES JEUNES M&RES 

abretelle. Cette demiere robe selave et se repassa 
tres facilement ; elle a aussi Tavantage de pouvoir 
servir longtemps k Tenfant, parce qu'on recule les 
boutons de la ceinture a mesure que la taille d» 

'enfant grossit. 

Cette robe se festonne ou se gamit avec plus ou 
moins d*^ldgance. Elle sert jusqu'au moment ou 

*on commence 4 placer Tenfant sur ses pieds. 

Pelisse. 

Pour sortir Tenfant pendant T^t^, on TenTeloppera 
dans une pelisse blanche, en ^tofie l^g^re, ayant un 
capuchon ou une pelerine, et dont la jupe aura 120 
centimetres de longueur. G'est ordinairement le yS- 
tement de luxe. On en fait de tres om^es, en mous- 
seline brod^e, doublees de sole rose pour les filles^ 
bleue pour les gargons ; nous n'y pouvons evidem- 
ment trouver rien a redire, tout en pr6ferant tou- 
jours une grande simplicity pour Tliabillement des 
eufants. 

Pour rhiver, on fait la pelisse en etoffe de laine, 
doublee de sole et ouat^e. On pent la garnir de four- 
rures et y mettre des manchesqui, dans les premiers 
temps, ne servent pas ; mais, lorsque Tenfant est en 
robe, ces longues pelisses ferment une bonne douil- 
lette bien chaude . On y met une ceinture pour les 
attacher a la taille. 

On pent mettre a Tenfant, pour la promenade, 
une petite capote omie d'un voile de tuUe ou de 
mousseline : T^t^ elle garantira du solell, Fhiyer 



1.E ItERCEAU ET LA LAYETTE 




Fig. 24. — Robe de mailtot 



3a LE LIVRE UES iZV^ES Sl&RES 

elle coHvrira un peu la tete de Tenfant. S'il fait | 
tres froid, on y joint une capeline en laine tricotee. 
puis on met le petit capucbon de la pelisse pai • des- 
sus la capote. I 

Chaassons. I 

Pour qne les enfaots aient toujours les pieds 
ohauds, on leurmot '^'t petits bas en laine; un peu , 
plus tard, on ajoute des cbaussons. On fait tres fa- 
cilement a la main ces petits chaussons tricot6s. 




Fig. £5. — OiaussoD. 

Composition do la layetto. 

Voila tout ce qui constitue la layette proprement 
dite, c'est-a-dire tout ce qui est necessaire a I'enfani 
jusqu'a I'age ou on le met en robe. Quant au nombre 
de chacun des objets que nous veoons dedecrire et 
t\\d doivent composer une layette , nous ferons tout 
d'abord observer que oe sera pliit6t sur la quality 
que sur la quantity qu'on pourra faire des economies; 
pourtant il serait possible de reduire les quantites 
que nous aliens indiquer, et de tenir I'enfant tm 
^,ropre, si Von pouvait faire blancbir facilement. 
II faut d'ailleurs songer, en faisant une layette pour 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE 99 

on premier enfant, que c'est un fonds qui servira 
our les autres. 

BBROEAU 

Housses ou tours de berceau 2 

Rideaux 2 

Grands paillassons 2 

Petits paiilassons 4 k 6 

Piques 6k8 

Petitsdraps 6 ^ 10 

LATETTB 

Petites baades de toile at de flaaelle . . 4^6 

Couches 50 ^ 100 

Langes de dessus 8 ^ 12 

Langes de molleton 8 & 12 

Langes de finette S k 12 

Premier dge, jmqu'd 2 mois. 

Chemises 6^8 

Brassi&res de dossus 6^8 

Brassieres do dessous 4 a 6 

B^guins 4a6 

Bonnets . • 4^6 

Deuxiime dge^ de 2 mois d 6 mois. 

Chemises 6 k S 

Brassieres de dessus 6^8 

Brassieres de dessous 4 k 6 

Bonnets 4 & 6 

Bavettes 12 ^ 18 

Troisi4me dge^ de 6 mois d 15 mois. 

Chemises 8 k 12 

Brassieres de dessus 6 k S 

Brassieres de dessous 4^6 

Una layette, compos6e comme nous Tindiquons, 



40 LE LtVRE DES JEUNES MfiRES 

n'entrafnera pas une depense tres elev^e, si la jeuni 
femme fait elle-m^me une partie des objets qui 
constituent; elle trouvera d'ailleurs dans ce tra 
vail une occupation qui lui causera de Yeritabl< 
plaisirs; il lui semblera d^ja voir tons ces petil 
vetements port6s par VHre ch^ri qui vit en elle, e{ 
qui lui rappelle si souvent, par ses mouvemenl 
r^p^t^s, qu'il faut deja s'occuper de lui. 

ID. — Robes, corsbt, tabliers, ghaussurbs. 

Nous n*aTons pas besoin de faire remarquer que h 
layette du premier kge doit £tre toute pr^te a rece* 
vou* I'enfant a sa naissance. On s^occupera pb 
tard, tout a loisir, des robes, des tabliers, etc., 
qu'il faudra faire pour Fenfant de un a deux ans 
nous donnerons cependant dds maintenant, afin d( 
ne pas j revenir, toutes les indications n6cessair< 
sur ce sujet. 

G*est lorsque les enfants commencdnt k marchei 
qu'il faut s*occuper de les mettre en robe. Avanl 
cette ^poque, ils sont bien faibles et se soutienneni 
mal; d'aiUeurs, la maniSre dont nous conseillons 
de les habUler rend le besoin de les mettre en robe 
moins pressant, que lorsqu'ils ne peuvent bouger 
dans un maillot. 

La premiere condition, nous ne saurions trop le 
rdp^ter, est que les enfants soient k I'aise dans 
leurs vetements et que leur diveloppement, qui est 
raplde et continu, ne soit pas entrav^. n faut done 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE 41 

que ces vStements soient larges, faciles a mettre et 
a oter. 

Par dessus les brassieres, on mettra un petit 
corset, lac^, et retenu sur les epaules par de pe- 
tites bretelles en ruban ^lastique. A ce corset seront 
attaches trois boutons destines a soutenir les con- 
shes-culottes et les jupons. Sur !e corset, on mettra 
une petite robs de dessous en coton, en flanelle, ea 
Gnette ou en calicot, selon la saison ; puis un petit 
jupon et une robe de dessus non doubUe. 




Fig. S3, — Cirsjt d'enfant. 

Si lea robes de dessous sont en flanelle, on devra 
bieu en avoir quatre ou cinq; et, si elles sont en 
calicot, huit a dix. Quant aus robes de dessus, leur 
ttombre peut varier beaucoup ; il est superflu de le 
determiner,' encore plus superflu d'en fixer la forme, 
qui change avec la mode. 

Nous pensons qu'il est toujours plus convenable 
de faire porter en dessus, meme en hiver, aux petits 
enfants des robes non doublees et qui puissent se 
laver facilement, Les robes de couleur ou de laine 
doublees contractent et r^pandent souvent une mau- 



At L£ LIYRE DES JEUNES ll£R£S 

vaise odeur. La difflcultd de les faire s^cher ei 
hiver determine souvent aussi a les faire porter plui 
loDgtemps qu*il ne convieadrait. Ges sortes de robes, 
d'ailleurs, perdent promptement leur fraicheur par 
un lavage r^it^r^, taadis que les robes blanches oii 
fond blanc se lavent et se sechent tres facilement e< 
i peu de frais, ce qui permet de les changer fr^- 
quemment. 

Les ^tofies fond blanc sent presque aussi salis- 
santes que le blanc, et ont rinconvenient de passer 
et de devenir fort laides. II n'y a pas d'^conomie 
r^elle a emplojer des ^tofifes de couleurs plJes. 

De p'etits tabliers sent nScessaires pour garantir 
les robes des enfants, et m£me, lorsque celle qu'ils 
ont sur eux a perdu sa fraicheur, un petit tablier bien 
blanc sufflt quelquefois a rendre a leur toilette un 
air de propret6 qu'elle n'avait plus. 

II est convenable de placer de petites poches 
aux tabliers ; les enfants y serrent ce qu*ils ont 
dans les mains, au lieu de le jeter ga et la. Cela 
leur fait grand plaisir ; toutes les meres le remar- 
queront, et c'est d^ja un acheminement aux habi- 
tudes d'ordre qu'il faut leur donner de bonne heure. 

Quelques personnes font des manches a ces ta- 
bliers, ce sont alors de v^ritables robes. Nous ne 
les approuvons que si les enfants portent des robes 
de laine qui se lavent difficilement. Un tablier a 
manches, queTonnomme sarrau, coftte presque aussi 
cher qu'une robe non doubl6e, est aussi long a laver 
et a repasser, et sied fort mal, tandife qu'un petit 
tablier blanc, sans manches, va bien, est joli, pent 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE 43 

se renouTeler souvent, et epargne les taches i la 
robe. 

Lorsque I'enfant commence a marcher, on le 
chausss avec des souliers couverts ou avec des 




ig. 37. — Robe de deasus. 



bottines. Les souliers decouverts et a agrafes sa 
deferment promptement et ne maiDtiennent pas Is 
pied ; inconvenient tres grave, parce que le pied et 
la cheville, n'^tant pas ra^ntenus, toument tr^s fa- 

cilement. 



U L£ LIYRE D£S J£UNES M£RES 

IV. — Entretien db la layette. 

La propret^ est une condition si indispensable de la 
sant^ des enfants, que nous crojons utile de donner 
ici quelques indications pour le blanchissage ^cono- 
mique de la layette. H faut donner si souv^ent a 
blanchir, ou blanchir soi-m£me, qu'on se laisse aller 
quelquefois a regarder a la d^pense ou a la peine; 
tout ce qui diminue Tune et Tautre'a done une 
grande importance. 

Blanohissags. 

n serait i d6sirer qu'on introduislt dans tons les 
menagesun mode de blanchissage tresbon, tres ^co- 
nomique et d'une pratique facile, qui rend de v^ri- 
tables services auxm6nageres qui Tout adopts : c'est 
le blanchissage 4 la vapeur. On vend toutes sortes 
d^appareils pour ce mode de lessives. Nous signa- 
lerons parmi les meilleurs les appareils Ghauveau et 
les appareils Charles. Nous n^en donnerons pas ici 
la description, parce que, en achetant Tappareil, on 
recevra une instruction complete sur la maniere de 
s'en servir. 

Les plus petits appareUs contiennent 5 kilogr. de 
Unge sec et content de 10 4 15 francs. lis peuvent 
se placer sur tons les foumeaux de cuisine, a charbon 
de terre, a bois, a gaz, etc. On emploie 50 grammes 
de cristaux de sonde et un litre d'eau par kilogramme 
de linge^pes^ sec. La lessive se fait en deux ou trois 
heures 



LE BERCEAU ET LA l.AYETTE 45 

On peuty a a rigueur, proc6der tout de suite au 
lavage, mais il est infiniment mieux d'attendre quel- 
ques heures, ou mieux encore jusqu'au lendemain, 
si Ton a chauff6 la lessive le soir, ce que Ton doit 
faire ordinairement. 

Pourlaver le linge au sortir de la lessive, on pro- 
cede comme pour les savonnages ordinaires, en obser* 
vant qu*il faut employer une tres petite quantity de 
savon. Puis on rince et Ton met au bleu. 

Avec certains autres appareils tels que les appa- 
reilsBeaume ou les appareils aro^ricains la lessive 
se fait a Teau bouillante et non a la vapeur. Nous 
avons entendu faire T^loge des uns et des autres, et 
mfime constats souvent, pour le mfime systeme, des 
appreciations tr^s diverses; ce qui semblerait d6- 
montrcr que le choix m^me de Tappareil a peut-etre 
moins d*importance que lamaniere de s'en servir, et 
le soin qu'on apporte a Toperation. 

Bien que nous indiquions le blanchissage a la 
vapeur conmiele plus commode, le meilleur et le plus 
economique, on pent cependant obtenir avec les sa- 
vonnages ordinaires un blanchissage tres convenable. 

Certaines personnes croient qu'il ne serait pas 
sain de blanchir le linge des enfants sans lessive : 
c'est un pr6jug^ ; ce qui n'est pas sain, c'est de 
mettre aux enfants du linge mal blanchi et mal s^che. 

Savonnage du linge. 

Void comment on doit proc^der pour faire un 
bon savonnage : 
Apres avoir bien d^crass^ le linge en employant 

3. 



46 LE LIVRE DES JEUNES llfiRES 

dii savon dans de Teau plus que tiede, et en le frot- 
tant sur une planche a savonner et entre les mains, 
on faitdissoudre dans un baquetou dans une terrine 
200 grammes de cristaux de sonde dans 10 litres 
d'eau bienchaude, que Fon verse sur le linge place 
dans un autre baquet. On couvre d'une toile et on 
laisse tremper le linge plusieurs heures dans cette 
dissolution. Pour achever le savonnage, on prend 
une partie de cette eau qu'on remet a chauflfer, et 
on la verse sur le linge qu'on frotte de nouveau; 
11 acquiert une grande blancheur. On le rince a 
plusieurs eaux, on le met au bleu et on le fait 
s6cher. 

Pour laver les vfitements de couleur, petites robes, 
bas et chaussettes, on remplace les cristaux de 
sonde pardu savon coup^ en morceaux. 

Nattoyaga da la flanalla at daa lainagas. 

Pour nettoyer les langes de laine ainsi que les 
brassieres et les jupons de flanelle des enfants, on 
les lave dans une solution chaude de cristaux de 
sonde, dans la proportion de 200 grammes de cristaux 
pour lOlitresd'eau.Onpeuty ajouterunpeu de savon, 
avec lequel on frotte les vfitements a nettoyer, i 
Vaide d'une brosse de crin ou de chiendentj sur une 
planche a savonner. Si Ton frottait T^toffe avec les 
mains, on foulerait la laine et par consequent les 
v^tements se r6tr6ciraient beaucoup. On rince a 
deux reprises et Ton repasse, encore huraides, les 
lainages. II faut bien se garder de les faire secher 
au soleil. 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE 47 

On se sert aussi trSs utilement d'eau de son pour 
ie nettoyage de la flanelle et des lainages. 

V. — Objets divers et de toilette. 

Nous terminerons ce chapitre par I'Snum^ration 
de divers objets dont on aura certainement besoin, 
soit le jour mSme de raccouchement, soit un peu 
plus tard, et que nous engageons vivement & se 
procurer a Tavaace. Rien n'est plus d^sagr6able que 
de se trouverprisaud6pourvu ; siTonhabite la ville, 
Ie mal n*est pas tres grand, parce qu'on pent faci- 
lement r^parer Toubli; a la campagne, la chose 
pourrait avoir plus d'inconvSnient. 
^Deux Sponges sent nScessaires: une tr^s fine 
pour la figure, une autre plus grosse pour le reste 
du corps. II faut aussi une brosse de chiendent, ayant 
un c6td dur et un cot^ mou ; une botte contenant 
de la poudre d'amidon avec une petite houppe pour 
la r6pandre. 

On devra auss^ avoir un tablier d*une ^toff'e im- 
permeable ou de caoutchouc, pour placer sous une 
couche, sur les genoux de la personne qui fait la 
toilette de Tenfant ou sur ceux de la mere, lors- 
qu'elle donne a t6ter. Nous engageons a ne re- 
chercher aucune economie dans cette acquisition ; 
un bon tablier pent durer tout un allaitement; un 
mauvais dure huit jours. U faut, si on le prend au 
metre, le border avec soin tout autour; sans cette 
precaution, il se d^chirerait promptement. 

Le petit collier qu'on met aux enfants, sans raelle 



48 LE LIVRE DES JEUNES M£RES 

atjlite, pour 6viter le contact des chairs dans les plii; 
que forme leur embonpoint, pent Streen perlesd'ani- 
bre ou de corail, ou tout simplement en os ou en ivoire. 
D est ridicule de lui attribuer la vertu d'un pr^ser- 
TaUf coatre les convu 




Fig. 28. — Bassin 



Comme il faudra laver I'enfant des sa nfussance, 
on 36 procurera un petit bassin en zinc (fig. 28) ; a 
Ron ddfaut, la cuvette d'un bidet suffirait pour les 




Fig. 29. — Baignoire. 

premiers jours. Plus tard, il faudra avoir une petit© 
bfugnoire (fig. 29), ^galementen zinc. 

Pour la toilette de I'aceoucliee, il est indispen- 
loife de prosCTtre -igoureiisement Vuiage des vate$ 
en poreelaine, sujcts a se casser et pouvant causes 



LE BERCEAU ET LA LAYETTE 49 

a la mere des blessures graves. On trouve dan^ le 
commerce des vases en 6tain tres plats {fig. 30), al- 
longes et a rebords assez larges. Sur la moiti^ du 
pourtour, ua certaiQ nombre da petits Irons permet- 
tent d'j fixer un coussin en varech ou en crin ordi- 
naire, reconvert de cuir on de raoleskine. Ces vases 
coutent assez cher, mais c'est une d^pense quinons 
paralt absolument nficessaire. Les soLs de propret6 
sent si indispensables, et doiveot Stre si souvent r6- 
p^tes, que les chances d'accident sont nombreuses ; 
et comma la situation m^n"". de I'accouchee readratt 




Pig. 3J. — V. 



difficile le traitement des blessures qui ponrraient en 
r^sulter, il faut eviter ces blessures a tout piix. 

Pour s^cher les langes mouilles par 1' enfant, car 
11 est r^Uement impossible de ne pas en faire 
5^cht>r, et il en est de mSme des couches qiiand etles 
Q'ont 6t6 qu*" l^g^rement mouilI6es, un s^choir 
est utile. On en fait de plusieurs sortes ; la figure 
31 repr^sente I'un des modules les plus usites; 
tous d'ailleurs se tronvent chez tous les marchands 
de meublea. 

Les paniers a "ihauffer le linge (fig. 32) rendront 
des services ; Us sont en paiUe ronl^e et relive par 
de petites lanidres de chMaignier, comme on fait 




^ LE LIVRE DES JEUNES M£HES 

les ruches ; ils n'ont pas de fond, et sont renfl^s 
vers le haut, qui est ferm^ par un couvercle ; celui-ci 
ne tient pas au panier, il s'ajuste seulement sur le 
dessus. Au milieu du renflement, a la partie A, se 
trouve un grillage int^rieur en bois sur lequel on 
d6pose les objets a chauffer, apres Tavoir garni tou- 
tefois d'un mauvais morceau de linge dont le sort 
est de roussir. On pose par terre un petit foumeau 




Fig. 31. — S6choir. 

de charbon allume, et le panier par dessus ; conune 
le panier est sans fond, le foumeau n'y louche 
4'aucune part. Son tissu 6tant ^pais et trSs serre, 
il conserve parfaitement la chaleur. j 

Les fourneaux qui conviennent le mieux sont de i 
petits fourneaux en fer, semblables a ceux sur les* 
quels on brule le caf6 ; comme ils ont une porte^ 
on pent mod^rer le feu a volonte. 

Nous engageons les femmes qui nourrissent 4 
conserver une veilleuse allum^e pendant la nuit, tant 



J 



LK BERCEAU ET LA LAYETTE 



que les enfaats soot tres jeunes ; cela est peu cofl- 
teuz et facUite beaucoup les soins que demande uu 




enfant. La figure 33 donne le module le plus ordi- 
naire et en meme tern psle plus commode. 




Fig. 33. — Veilleuse. 

La veillease porte un vase dans lequel on entre- 
tidct de I'eau chaude ; I'eau conserve ainsi trfes 
bien sa chaleur, et pent servir a faire chauffer an 



53 



LE LIYRE DES JEUNES M£R£S 



bain-marie, dans une timbale, des boissons pour la 
mere ou pour Tenfant. Cette veilleuse, pos^e sur la 
table de nuit, permet a la maman de prendre la 
timbale sans derangement. 

Enfin, pendant Tallaitement, une mSre a souTent 
besoin de faire chauffer rapidement un peu d'eau, on 
pen de lait, alors qu'il n'y a aucun feu allum^ : il est 
utile d^avoir une bonne lampe a esprit-de-vin et un 
tripled sur lequel on pent poser une casserole. II 
faudra prendre garde de ne jamais remplir la lampe 
a esprit-de-vin prds d'une bougie allum^e. Nous 
ayons connu de graves accidents, dus a Toubli de 
cette precaution: si Ton s'approche d'une lumiere 
pour verser Talcool dans la lampe, TalcDol peut s'en- 
flammer, la bouteille et la lampe delator ; il en vi- 
suite des brulures toujours dangereusea. 



GHAPITRE II 

LA GROSSESSB 
Dnr^a da la grossassa 

La grossesse a une durSe ordinaire de 270 k 
280 jours, c'est-a-dire de neuf mois. 

L'enfant qui nait avant ce terme normal exigera 
des soins encore plus attentifs, mais il est viable 
des le septieme mois, c'est-a-dire qu'on peut lui 
conserver Texistence k partir de ce moment. On 
cite mSme des exemples d'enfants n^s entre le 
sixifeme et le septiAme mois qui ont v6cu, etse sent 
d6velopp6s. Ces faits d6montrent qu'il ne faut 
jamais d6sesp^rer de Tavenir des pauvres petits 
Stres n6s pr^maturement, et qu'on doit leur pro- 
dijiaerles plus grands soins, quelque faibles que 
soient les chances de vie qu'ils apportent en nais- 
sant. 

Les naissances pr6matur^es sent relativement 
communes ; les naissances tardives, infiniment plus 
rares, ont 6t6 quelquefois constat6es. Mais la dur^e 
ordinaire de la grossesse normale est de 270 jours; 
a la fin de ces neuf mois, le nouveau-n6 peut d6- 
sormais vivre d'une vie ind^pendante de celle de 
sa mere. 



U LE LIVRE DES JEUNES MflRES 

Signes de la grosBeBoe 

La grossesse se r6vSle par des signes dont Tim- 
portance varie et qu'il importe de connaitre. 

Avant le troisieme mois, les signes de la gros- 
sesse sont incertains ; on ne saurait positivement 
affirmer son existence , on pent seulement la pr^ 
sumer. 

Parmi les signes de pr^somption de la grossesse, 
au debut, on observe des ph6nomenes fugitifs, in- 
constants, tels que de la douleur derriere la tfite, de 
I'abattement, de la fatigue, un leger trouble de la 
vue, des maux de dents, des nausees et des vomis- 
sements, surtoutle matin a jeun; le d^goM de cer- 
tains aliments et de certaines boissons, notamment 
de la viande et du vin, une salivation souvent abon- 
dante, etc. 

Si, en m^me temps, une fonction habituellement 
T^eriodique, 1» menstruation, vient » s'interrompre 
la grossesse est alors fort probable. 

Le d6faut d'app6tit, Tirregularit^ ou les troilBles 
des fonctions digestives, amenent chez la femme 
enceinte une nutrition incomplete. Aussi la voit-on 
d'abord maigrir, on lui trouve mauvaise mine, ses 
yeux se cavent et se cernent; sur sa figure appa- 
raissent quelquefois de petites taches roussatres 
qu peuvent, plus tard, par leur agglomeration, 
foimer ce qu'on a appele le masque de la femme 
nceinte. 

r 

Dans le troisieme mois, tous ces ph6nomenes per- 



LA GROSSESSB M 

Bistent et souvent s'accentuent. lis diminuent en- 
suite. 

Du quatri^me au cinquieme mois, de nouveaux 
signes viennent affirmer Texistence de la grossesse. 

Une femme qui est grosse pour la premiere fois 
sent g6ii6ralement a mi-terme, c'est-a-dire a quatre 
mois etdemijles premiers mouvements de son enfant; 
apres nne premiere grossesse, elle sent d' ordinaire 
remuer beaucoup plus tot, a quatre etm^me a trois 
mois et demi. Le foetus manifesto sa pr6sence par de 
petits mouvements actifs pergus par la mere; ils pren- 
nent ensuite plus de force, et peuvent ^tre constates 
en palpant Fabdomen. 

Enfln, a mi-terme, les battements du coeur de 
Tenfant peuvent 6tre entendus, et c'est la, a vrai 
dire, le seul signe de certitude absolm de la gros- 
sesse. Ces battements diflFerent des battements du 
pouls de la m^re ; ils sent beaucoup plus frequents ; 
leur nombre, par minute, est de 130 sL 140, tandis 
que le pouls maternel bat de 75 a 80 fois. II est 
done impossible de les confonare. 

Les bruits que Ton pent entendre en auscultant 
Tabdomen d'une femme enceinte, au cinquieme mois, 
sent de deux sortes : Tun ressemble a un souffle et 
correspond par son rythme aux pulsations de la 
mere ; Tautre est un battement redouble et frequent, 
11 provient des pulsations du coeur de Tenfant. Aussi 
longtemps que ce dernier n'a pas pris de position fixe, 
la place. oA les battements de son coeur s'entendent 
le mieux est variable. Durant les derniers mois, 
ils acquierent de la force et de la stability. 



56 L£ LIVRE D£S JEUJNES M£ll£3 



Hygiene de la femino onoeinto 

Pour conserver leur sant^, supporter sans trop 
de peine les changements que la grossesse amene dans 
tout leur Stre et arriver heureusement a terme, les 
femmes enceintes doivent prendre des precautions 
sp^ciales et modifier dans une certaine mesure leurs 
habitudes deVie. Autant que possible, elles habite- 
ront un milieu bien a^r^, exempt d'emanations nui- 
sibles et d^humidit^, ou le soleil penetre largement. 
Celles qui vivent a la campagne sent souvent, sous 
ce rapport, les mieux partagees. 

La vie active est, en general, favorable au pro- 
gres de la grossesse. Au debut, les malaises que la 
femme 6prouve remp^chent souvent de prendre 
assez d'exercice et, a la fin, elle n'est plus assez in- 
gambe pour se mouvoir beaucoup. II ne faut pas trop 
exiger d'elle, mais il convient de Fengager k sortirf 
a marcher, a travailler quand elle pent le faire, sans 
grands efforts, en ayant soin de ne pas prolonger ces 
exercices au-dela du moment oi!l le besoin de repos 
se fait sentir. Tout mouvement violent ou prolong^ 
pent causer des accidents et doit Stre d^fendu, 
particulierement aux 6poques de la grossesse ou 
les himorragies, Tavortement, Taccouchement pre- 
matura, etc., se produisent le plus facilement, c'est- 
ii-dire au troisUme et au septiime mois. 

Beaucoup d^Anglaises montent a cheval a une 
^poque mSme avanc^e de leur grossesse. Elles en 
ont pris Fbabitude et ne semblent pas en souffrir. 



LA GROSSESSE 57 

N^anmoins, il est sage de ne pas les imiter, et il 
convient de s'abstenir de cet exercice, comme de 
tous ceux qui secouent fortement les organes ab- 
dominaux. 

Ilestraisonnable qu'une femme enceinte s'abstienne 
de courir et surtout de danser ; elle fera bien de ne 
pas voyager. Si un diplacement est utile ou n^ces- 
saire, il faudra s'arranger de fa^on a 4viter Tex- 
trSme fatigue, les secousses du corps dans une 
Yoiture mal suspendue, et en chemin de fer le mou- 
vement de va-et-vient lateral (mouvement de lacei) 
qui disloque les reins, — et pour cela ne pas 
s'^tendre en voiture et en chemin de fer, mais s'as- 
seoir de cAti afin que le mouvement, au lieu d'agir 
de droite a gauche, se fasse surtout sentir d'avant 
en arridre et soit ainsi supports sans trop d'incon- 
venient. H faudra 6viter les voyages sur mer, s'ils 
causent d'habitude un malaise ou donnent le mal de 
mer. 

Une femme enceinte est extrSmement impression- 
nable, ses sensations sent exalt^es; elle peut deve- 
nir ais^ment irritable ; il convient encore, sous ce 
ranport, de la manager beaucoup. 

Les foules, le spectacle, le bal, sent les lieux 
qu'elle doit le moins frequenter; si elle y va, qu'elle 
remarque V6iai du petit Stre qui vit en elle : il est. 
dans une continuelle agitation, qui d^montre bien 
le trouble qu'il ressent. 

Les grandes Amotions peuvent aussi amener de 
l^cheux risultats : elles troublent le systeme ner- 
veux et nuisent k la mere et k Tenfant On doit 



58 LE LIYRE DES JEUNES M&RE3 

done chercher a les eviter, et tout au moins t&cher 
de les mod^rer. 

La femme enceinte ne doit pas cependant rester 
inactive; au contraire,il faut qu'elle cherche a s'oc- 
cuper d'une maniere utile et agreable, a se distraire, 
et, tout en vaquant aux soins de son manage, qu'elle 
commence a pr6parer la layette de son fulur Wbe. 
Une couche devance parfois son terme et Ton pour- 
rait 6tre pris au depourvu. II convient aussi de pr^ 
voir ce qu'on devra '•hanger et ajouter aux v^te- 
ments usuels pour la p^riode de Tallaitement. Une 
jeune femme bien resolue a prendre au s6rieux ses 
devoirs de mere trouvera dans tons ces aetails un 
plaisir iniSni. 

II faudra Eviter de se coucher tard, et ne rester 
au lit que le temps necessaire au repos. Le s^jour 
prolonge au lit ou sur une chaise longue n'est bon 
que si la femme souflfre du bas- ventre et des reins, 
si elle a d^ja fait une fausse couche, ou si elle parait 
menac^e d'un semblable accident. Autrement, et 
surtout si elle habite la campagne, elle sera mati- 
nale afln de profiter de Tair pur du matin, qui est 
vivifiant. 

Quant a Talimentation, nous pourrions nous bor- 
ner a dire qu'elle doit £tre saine et abondante. Mais, 
au d6but de la grossesse, Tappfitit est souvent capri* 
cieux, trouble par les d^goftts et les naus^es. Dans 
ce cas, tant que la depravation du go&t ne va pas 
jusqu'a Tenvie d'avaler des substances nuisibles, et 
tant que Testomac digere bien, le mieux est de 
laisser les femmes prendre ce qu'elles d6sirent, tout 



LA GROSSESSE yy 

enlesengageant ane pas faire un usage exclusif des 
aliments qu'elles preferent; elles devront manger 
de la viande et des legumes, et pourront se permettre 
parfaitement , si elles en ont envie, la salade et les- 
fruits. 

Plus tard, Tapp^tit se regularise et devient tres 
actif. II n'y a pas lieu non plus d'emp6cher la satis-- 
faction de ces besoins parfois frequents et pressants^ 
de manger et de boire,, pourvu que Ton ^vite avea 
grand soin les indigestions, et que Ton n'use qu'avec 
moderation des aliments fortement 6pices et des- 
liquides trop excitants, qui accelerent la circulation, 
d'une maniere dangereuse, Usez ei rCabusez poBy 
cette regie de Thygi^ne est ici plus utile que jamais. 

Si une femme enceinte a ce qu'on nomme vulgai- 
rement des envies^ qui sent souvent des fantaisies 
tres-r6primables plutot qu'invincibles, elle doit cher- 
cher a les surmonter, sans n6anmoins y mettre une- 
grande obstination. II n'y a pas plus d*inconv6nient 
a les Teprimer qu'a les satisf aire ; c'est une erreur 
grossiere de croire qu'un enfant pent porter les 
marques d'une envie ou d'une mapression quel- 
conque qu'aurait roQue sa mere ; toutes les histoires 
qu'on debite a ce sujet sent de veritables contts 
ie bonnes femmei et de ridicules ricits du vieux 
temps. 

La nature a ses caprices ou ses accidents ; ils se 
manifestent sur la peau, sur les membres ou les 
autres organes des enfants, et comme on n'en re- 
connait pas toujours la cause, on a voulu la trouver 
dans les envies des femmes enceintes. Que Ton- 



r 



60 UC UTR£ DES JELI>IES MERES 

sache bien que ce pr^jug^ ne repose sur rien de s^- 
rieux et ^cartons-le absolument. 

Est-il n^cessaire de dire que les vStements, pen- 
dant la grossesse, doivent Stre assez larges pour ne 
pas g^nerle d^veloppement du ventre? A cet 6gard,a 
n*y a pas de conseil k donner a la femrae de la cam- 
pagne, qui porte g^n^ralement des v^tements assez 
souples, et qui ne serre pas sa taille dans un corset. 
Aux femmes de la ville, lL faut conseiller un corset 
sans baleines, a ^lastiques, pen serr6, devant sou- 
tenir les seins et Fabdomen sans les comprimer. 

A mesure que la taille grossit, il devient n^ces- 
saire d'^largir la ceinture de la robe. Le meilleur 
moyen, sans d^faire le corsage, est de d^coudre 
seulement le dessous du bras et de rapporter de 
chaque cdt6 une petite bandelette k laquelle on fait 
des oeillets. On lace avec un lacet de la mSme cou- 
ieur que la robe ; on fronce la jupe au bas des 
bandelettes de telle sorte qu'elle s'^tend k mesure 
qu'on serre moins le lacet. 

On pent aussi placer un gilet de mSme ^toffe ou 
d*une ^toffe de sole assortie, si la robe est en laine. 
Ce gilet permet d'61argir autant qu'on le veut le 
corsage et les basques. Pour la jupe, on place une 
coulisse par derriere, de fagon a pouvoir serrer et 
desserrer la ceinture a volenti. 

La femme enceinte devra se tenir la poitrine 
couverte, et 6viter avec soin les refroidissements. 

Tons les soins de propreti sent aussi nicessaires 
pendant qu'avant la grossesse. Seulement les bains 
et les ablutions devront Stre prepares avec de I'eau 



LA 6R0SSESSE 61 

degourdie, ni froide ni trop chaude. Dans les pre- 
miers moiSf les bains tiedes seront rarement em- 
ployes, et ne devront avoir qu'une courte dur6e, 
10 a 15 minutes; on pourra mettre dans I'eau 
du bainun sachet de son, ou 500 grammes d'amidon, 
on 200 grammes de carbonate de sonde du com- 
merce , sel qui nettoie la peau rapidement. AprSs le 
quatrieme mois, les bains peuvent £tre pris plus sou- 
vent et, a la fin, ils sent une excellente preparation 
a une heiireuse d^livrance. Mais la femme devra 
itre surveillde pendant le batn parce que son ^tat de 
grossesse la dispose, plus qu'a Tordinaire , aux 
syncopes. 

Troubles de la aantd pendant la groBsesse. 

La grossesse cause dans tout Torganisme une 
perturbation dont les effets varient d'une personne 
a Tautre, et quelquefois aussi chez la mSme per- 
sonne d'une grossesse a Fautre. 

Au debut, on observe souvent des symptdmes plus 
ou moins prononc^s i^andmie ou de diminution des 
globules rouges du sang : d'oi!l la pMeur si frequente 
pendant les premiers mois de la grossesse. Les 
troubles dela digestion {manqiAe d'appiiiiy namies, 
vomissements) J les douleurs de t^te, les vertiges, les 
palpitations de coeur, la constipation et Tamaigris- 
sement accompagnent d'ordinaire cette modification 
du sang. 

Plus tard, du cinquiSme au huitieme mois, quand 
les troubles digestifs ont cess6, TappStit revient, 



LE LIVRE DES JEUNES MtRES 

et la femme enceinte se nourrit plus abondamment 
qu'a r ordinaire, la proportion des globules sanguins 
augmente, la circulation est active, le pouls fort et 
frequent, et Ton observe parfois un veritable etat de 
pUlhore qui pourrait, s'il devenait excessif, occa- 
sionner des accidents locaux de congestion et 
d'h^morragie du c6t6 du poumon, du cerveau, et 
parti culierement de la matrice. 

Les troubles des organes digestifs ne sent pour 
la plupart que des incommodttSs passageres. Nous 
ne saurions parler ici des accidents qui, compro- 
mettant gravement la sant6 de la mere et de son en- 
fant, exigent Tintervention d'un m6decin. Nous 
devons nous borner a donner quelques conseils pra- 
tiques a propos des indispositions les plus communes 
et les moins serieuses. 

Les naus^es au sortir du lit, le matin a jeun, 
peuvent ^tre combattues en ayant la pr6cautioD 
d^avaler une tasse de caf^, de chocolat, delait oude 
bouillon, ime heure ou deux avant de se lever. Si le 
malaise se produit de nouveau , quelques gorg^es 
d'eau gazeuse ou d'eau glac6e auront chance de le 
faire cesser. 

Les vomissements ne commencent ordinairement 
que vers la fin du premier mois de la grossesse et 
durent pendant deux, trois ou quatre mois. D est 
rare de les voir persister plus longtemps. Quelque- 
fois, par leur frequence et leur dur^e, ils deviennent 
une cause d'affaiblissement excessif et appellent 
rintervention du medecin. Le plus souvent les 
vomissements faciles et non douloureux seront 



LA GROSSESSE d3 

att^nu^s, diminuSs ou emp^ches par Tusage d'une 
boisson aromatique l^gere, rinfusion do feuilles 
d'oranger, de tilleul, de th^, un peu d'eau de 
m^lisse, etc. Mais s^ils se font avec secousses et 
efforts, s'ils ont lieu aprAs les repas et amenent le 
rejet des aliments, on se trouvera bien des aliments 
froids et des boissons glac^es, de Teau de Seltz, da 
vin moussenx; on pent aussi prendre quelques gout- 
tes d'ether sur du sucre. 

La constipation est une incommodit^ trAs ordi- 
naire pendant la grossesse. II convient de la com- 
battre d'abord par les moyens les moins actif s et d'un 
emploi facile. Si les plus simples, les lavements 
d'eau tiede, ne suffisent pas, on ne craindra pas de 
recourir aux legeres purgations. 

La constipation, en mS^e temps que la pression 
exerc6e sur les vaisseaux internes par la matrice, 
cause souvent la formation de grosseurs li6mor- 
roidales plus ou moins douloureuses, et la di- 
latation des veines superficielles des jambes (va- 
rices). 

Centre les h^morro'ides, il faut faire usage 
de lavements, de lotions 6mollientes, de com- 
presses d'eau froide, de suppositoires au beurre 
de cacao. 

Les varices doivent Stre l^gerement maintenues 
par un bas ^lastique peu serr^. On 6vitera de rester 
longtemps debout a la mfime place , de se couvrir 
trop chaudement la nuit; on supprimera les corsets 
serrds et les jarretieres. II est utile que la femme 
qui a des varices un peu grosses et douloureuses se 



64 LE LIVBE DES JELNES M£RES 

couche plusieuTS fois dans la journee. Le matin, au 
r6veil, la dilatation des veines est moins considerable, 
et Tenflure des pieds et des jambes, qui se produit 
aussi dans la journ6e, chez certaines femmes en- 
ceintes, disparait pendant la nuit. 

Les membres inf^rieurs peuvent aussi fitre le 
si^ge de crampes trSs p^nibles. Dans ce cas, des 
frictions imm^diates, etle massage pratiqu6 aussit6t, 
soulageront beaucoup. 

Ghoix de I'aooouoheur ou de la sage-fexnxne. 

Une femme enceinte doit faire k Favance le choix 
de son accoucheur ou de sa sage-femme, et voir 
Tun ou Tautre plusieurs fois avant ses couches. 

A moins qu*elle n'ait a sa disposition une sage- 
femme d'un merite reconnu, nous pr6f6rons un ac- 
coucheur. Tout d'abord, g6n6ralement il a plus de 
savoir, et il garde au milieu de cette crise natu- 
relle un calme que pourrait ne pas conserver une 
femme; mais de plus, un accoucheur est aussi 
medecin, et il peutrem6dier aux accidents quirecla- 
ment les secours de Tart. 

Cependant, aujourd'hui, on exige que les sages- 
femmes aient toutes les connaissances n^cessaires a 
leur profession; elles font de sirieuses etudes dans les 
facult6s de m6decine, et ne peuvent exercer que lors- 
qu'elles ont 6te dipl6m6es. D y en a m6me de tres 
capables dans de petites localit6s, ou elles sont re- 
tenues par leurs interets personnels ou leurfamille. 
Elles ont quelquefois un defaut, que nous ne pou- 



LA GROSSESSE 65 

Tons passer sous silence, mais centre lequel il est 
facile de se mettre en garde: il arrive que, m^me 
dans un cas difficile ou exceptionneU elles hdsitent 
a fairevenir le m^decin, et courent ainsi le risque 
d*exposer la mSre a des accidents que le savoir plus 
itendu d'un docteur aurait pu iviter. 

Ghoix do la gardo-xnalade. 

Si les soins qu'exigeront, apr^s raccouchement, 
la mire et Tenfant, ne peuvent 6tre donn6s par une 
personne de la famille, il faut songer, quand la 
grossesse est avancee, a s'assurer au moment n^- 
cessaire le concours d'une garde. 

Nous nous bornerons a appeler Tattention de nos 

lectrices sur la n^cessite de s y prendre a Tavance, 

et sur Timportance du choix qu'elles feront. II y 

aurait beaucoup a dire sur cette question des gardes- 

malades, mais tout ce qu'on pourrait dire serait 

plus th6orique que v^ritablement utile. Ce qu'il faut 

avant tout, c'est que, d'unepart, la garde ait I'habi- 

tude de soigner les femmes en couches et les en- 

fants, et que d'autre part elle suive ponctuelle- 

lement les indications du m^decin. Et pour arriver 

^ce r^sultat, si Ton n'a pasasa disposition une 

garde qu*on connaisse tout particuliirement, le 

mieux sera de charger de ce choix Taccoucheur lui- 

meme ou la sagc-femme. 



CHAPITRE III 

L'ACCOUCHEMENT 

La maniere dont se passe un accouchement n'a 
rien qui doive eflfaroucher la pudeur d'une jeune 
ferame. II faut done rejeter bien loin ces craintes et 
ces timidit^s dont quelques jeunes femmes ont peine 
i se d6fendre, a la fin do leur premibre grossesse, 
et qui sont cependant bien deplac^es en de pareils 
moments. 

II ne faut pas non plus qu'une jeune femme s'ef- 
frsye de son accouchement ; sans doute, ce moment 
est p^nible, douloureux, mais c'estune epreuve na- 
turelle, et presque toutes les femmes la subissent 
sans accident. Quelques heures de souffrances sont 
bient6t pass^es; les douleurs cessent au moment 
m^me ou Tenfant nalt,' et s'oublient des lors avec 
une bienheureuse facility. 

Une jeune femme doit penser qu'en devenant 
mere, elle acquiert un titre de plus a la tendresse 
de son mari, un droit a la consideration des hommes, 
et qu'elle se prepare une source intarissable de 
jouissances qui lui 6taient inconnues. L'impression 
de bonheur qu'elle ^prouvera au premier cri de son 
enfant est inexprimable, comme celle qu'ellea deja 
eprouvee la premiere fois qu'elle Ta senti remuer 
en elle. 



L'ACCOUCHEMENT 67 

Les avant-ooureurs do la ddlivranoa. 

Lorsqu'une femme sent les avant-coureurs de la 
d^livrance, il convient de faire preparer a Tinstant 
tout ce qui est n^cessaire pour elle et pour son 
enfant. 

Nous avons d*ailleurs une observation a faire a 
ce sujet. Ordinairement, pour une premiere couche, 
la jeune femme commence a ressentir de petites 
douleurs (qu'on appelle vulgairement des mouche$) 
plusieurs jours avant la d6livranc3. Ce sont de 
petits frissons quelquefois assez douloureux, mais de 
courte dur^e, et ne ressemblant en rien aux viri- 
tables douleurs de Taccouchement. Si nous en par- 
Ions ici, c'est simplement pour rassurer la jeune 
femme, qui souvent, si elle n'est pas pr^venue, craint 
d'accoucher aux premiers frissons qu'elle ressent. 
Qu'elle sache qu'elle ne sera pas ainsi prise a I'im- 
proviste et qu'elle a tout le temps, surtout pour 
une premiere couche, de faire tout k loisir ses 
preparatifs. 

II n'en est pas de mSme de la seconde ou de la 
troisieme couche. Les veritables douleurs viennent 
assez vite, quelquefois sans avant-coureur, et comme 
la delivrance est alors souvent tres prompte, il faut 
se tenir sur ses gardes. 

Disposition des lits. 

H faut disposer d'une fagon toute sp^ciale le lit 
sur lequel I'accouchement doit avoir lieu, et celui 



68 LE LIVRE DES JEUNES MfiRES 

qui est destine a recevoir raccouch6e apris sa ii- 
livrance. 

H n'est pas n^cessaire d'ailleurs d'avoir deux lits 
k sa disposition ; si Ton n'a qu'un seul lit, ou si Ton 
veut 6pargner a la m^re la fatigue d'un changement 
de lit, il faudra preparer un lit tout a la fois pour 
Taccouchement lui-m^me, et pour le repos de Tac- 
couch^e. 

Nous indiquerons les dispositions sp^ciales a 
prendre dans ces deux cas ; elles ont pour but unique 
la propret^, mais elles sont par cela m£me tr^s im- 
portantes. 

Cas ou I' on a deux liU. 

Le lit le plus convenable pour Taccouchement est 
un lit de fer garni d'un sommier et d'un matelas. 
On se sort souvent d'un lit de sangle, mais il a 
Tinconvenient de ne pas oflfrir toujours toute la 
stabilite n^cessaire. On pent aussi se servir d'un lit 
en bois ordinaire, mais il est important que le bois 
de lit ne depasse guere, aux pieds, la hauteur de la 
literie. 

On adoptera les dispositions suivantes pour le lit 
que nous appellerons lit n* 1 : 

UT N* 1. 

!• Sons le matelas, et aa miheu, on met nne petite plancbe, 
oil un rcgistre, afin que le si&ge de la femme ne s'enfonce pas. 

2<* Sur le matelas, on ^tend dans la longueur du lit un drap 
pli^ en deux, et Ton met entre les deux doubles de ce drap une 
pi^ce de toile impermeable cir^e, ou en caoutchouc, destinee i 
garantir le matelas. Cette pi^ce de toile doit avoir environ 1 mitre 
de largeur sur l™,iO dc longueur. 



L'ACCOUCHEMENT 68 

3® Par dessus, on met le drap qu'on borde et le traversin au- 
toar duquel on roule le drap, comme pour un lit ordinaire. 

40 On plie nn drap en quatre ou en six, selon ses dimensions, 
de manidre it lui donner une largeur d' environ 1 mdtre. On a 
ainsi ce qu'on appelle une aleze qu'on pose en travers du lit, an 
milieu de sa longeur, un peu plus pr^s cependant de la t^te que 
des pieds 

b^ On ^tend ensuite, sur toute la longueur et la largeur du lit, 
on drap qui monte jusqu*au traversin (sans s'y enrouler) et 
qui descend jusqu'auz pieds ; c'est sur ce drap que se placera la 
femme. 

6<* On termine le lit par le drap do dessus et la couverture ; 
seulement le drap ni la couverture ne seront hordes aux pieds. 

Ainsi dispose, ce lit qui est spdcialement destin6 
a raccouchement, sera plac6 de manibre que la i^te 
soit appuy6e centre le mur, et qu'on puisse circuler 
tout autour. 

Le second lit (que nous appellerons lit n® 2) et qui 
est destin6 arecevoirraccouchee apres sa delivrance, 
devra aussi ^tre prepare avec des soins particuliers, 
parce que la mere devant j rester plusieurs jours 
sans qu*on puisse le modifier, il importe de pouvoir 
facilement et sans fatigue pour raccouchee, main- 
tenir la literie dans un itat constant de propreti. 

Les precautions a prendre sent a peu de chose 
pres les mSmes que pour le lit n® 1 ; on supprime 
la toile impermeable, et Ton ajoute une al^ze ; et le 
lit n* 2 se trouvera par consequent prepare confor- 
moment aux indications pr6cedentes, que nous 
croyons devoir resumer ci-desous : 

LIT RO 2. 

1* Sous le matclas, une petite planche ou un registre, comme 
pour le lit n" 1. 

^ Sur le matelas, un drap et un trarersin comme poui le lit 
Ordinaire . 



70 LE LIVRE DES JEUNES MERES 

3<* Une premiere al6ze de 1 m^tre de largeur environ, comme 
pour le lit n^ 1 ; on pourra border cette aleze des deux cdtes du 
lit. 

4<> Une seconde Mze, mise sur la premiere, et un pcu moios 
^arge que la premiere. 

b^ On termine lo lit comme k Tordinaire par un drap de dessus 
et une couverture. 

Cos oil Von ria qu'un seul lit. 

Nous pourrions nous borner a dire que pour le lit 
destine tout alafois a Taccouchement et au repos 
le Taccouchee, il faudra combiner, ou, pour Stre plus 
precis, super poser les deux dispositions que nous 
venons de decrire, en commengant, bien entendu, 
par le lit n® 2, qui doit raster apres Fenlevement du 
litnM. 

Pour plus de clarte, nous r^sumerons sommaire- 
mentren?emble de ces dispositions, dans Tordre 
mSme ou elles sent execut^es : 

lo Sous le matelas, une petite planche ou un registre. 

20 Sur le matelas, un drap et un traversin, comme pour un 
lit ordinaire. 

30 Al^ze de 1 mfttre de largeur environ. 

40 Une seconde aleze un peu moins large. 

50 Toile impermeable ciree ou en caoutchouc plac^ elle-m^me 
dans un drap plid cu deux. 

(U sera bon de fautiler in larges points le drap dans lequel sera 
place la toile impermeable, afin de faciliter, apr^s I'accouehement, 
Tenl^vement de cctte toile et du drap). 

60 Al^ze de 1 metre environ de large. 

7* Un drap dans toute la longueur et la largeur du lit, montanl 

jusqu'd la tete du lit (mais non roule avec le traversin) et des- 
cendant aux pfeds. 

80 Enfin on tcrmine le lit par le drap do dessus et la couverture 
qm ne devront pas etre bordes aux pieds. 

Apr^s la delivrance, il sufflra de retirer avec 
attention, ensoulevant I'accouchee, tons les objets 
sur lesquels a eu lieu Taccouchement, c'est-a-dire 



L'ACCOUCHEMENT 71 

la toile impermeable, ainsi que Taleze et le drap, 
qui la recouvrent; et la jeune mere pourra aussitot 
38 reposer sur une literie propre composee du drap 
roule avec le traversin et des deux aiezes super^ 
posees. 

En suivant ponctueliement toutes les indications 
que nous avons donnees, on aura bien des chances 
fie garantir la literie sur laquelle la mere doit re- 
poser, et on lui ^pargnera la fatigue, toujours desa- 
gr^able^ d*un changement de lit, a un moment oik 
elle a un si grand besoin de repos. 

Nous aurions presque le desir de demander par- 
don a nos lectrices de tons ces minutieux details 
dans lesquels nous avons cru devoir entrer. EUes 
n'en comprendront peut-6tre pas toute Timpor- 
tance, si elles ont aupr^s d*elles pour preparer 
leur lit leur sage-femme ou leur accoucheur, ou 
une garde exp6rimentee ; mais il pent survenir tel 
incident qui oblige la jeune femme ou les personnes 
qui Tentourent a faire elles-memes tons ces prepa- 
ratifs et dans ce cas nous sommes convaincus qu*on 
pref^rera des details precis a des indications vagues 
et insuffisantes. 

Disposition de la ohambre. 

La ohambre oii devra se faire ra<i(couchement 
sera, autant que possible, spacieuse, 'iranquille et 
bien aeree; on n'y laissera p6netrer qu'un demi- 
jour et on la tiendra a une temperature moder6e. 

II est bon d'avoir du feu dnjis la chambre de 



72 LE LIYRE DES JEUNES M£R£S 

Taccouchfee ; si la chaleur de la saison s'y oppose, 
on en fait dans une chambre voisine , afin d'avoir 
de I'eau chaude et du linge chaud a sa disposition. 
n est d'ailleurs indispensable de se mettre devant le 
feu pour habiller le nouveau-n6. 

On 61oignera de cette chambre toutes les per- 
sonnes dont la presence est inutile, ou pourrait d^- 
plaire a la jeune femme. 

Pr^paratifs poor renfant. 

Pour Tenfant, on pr^parera les bandes desiin^es 
i entourer son corps et i soutenir la ligature du 
nombril. II faudra, de plus, une petite compresse 
pli^e en quatre, un morceau de linge carr^ de 
15 centimetres etune aiguill6e compos6e deplusieurs 
fils riunis ensemble et cir^s. Ce sont les premieres 
choses n^cessaires au nouveau-n6, pourlier, bander 
et entourer le nombril. 

On s'occupera du vStement ; on enfilera les man- 
ches de la chemise et des brassieres les unes dans 
les autres avec soin, de fagon qu'elles puissent se 
mettre d'un seul coup. II sera bon d'ailleurs de con- 
server cette habitude tant que Tenfant sera petit; 
U est fort difficile de Thabiller; souvent on y met 
beaucoup de temps, lorsque les brassieres ne sont 
pas pass^es Tune dans Tautre. 

On disposera ^galement, les uns sur les autres, la 
couclie et les langes qui serviront a I'emmaillotter et 
on faufilera ensemble sur le devant, le bonnet et 



L'ACCOUCHEMENT 73 

le petit beguin qui doivent lui couvrir la Ute ; sans 
cela il sera difficile et long de le coiflfer. 

D faut enfla se procurer du cold-cream ou de 
I'huile d' olives, pour enduire le corps de Tenfant 
avant de le laver, et afin de le d^barrasser plus faci- 
iement de la matiere visqueuse qui le couvre; on 
fera chauffer de Teau, qu'ontiendra tiede pour laver 
I'enfant apres sa naissance. 

A cela se r6duit tout ce qui est necessaire pour 
recevoir le nouveau-n6. 

Dernidres precautions avant Taocouohement. 

La jeune femme se d6shabillera et se vStira de 
maniere a pouvoir 6ter facilement et sans gSne ce 
qu*elle aura sur elle. 

Pendant le cours des premieres douleurs, elle con- 
servera quelques v^tements amples, et des bas sans 
jarretieres ; et, si la saison estfroide, elle fera sage- 
ment de mettre, par-dessus ses bas, des chaussettes 
ou des bas de laine. Le froid aux pieds est quelque- 
fois insupportable en couches, et pent mSme Hre 
pernicieux. 

Comme la mere doit rester plusieurs jours sans 
se peigner, il faut arranger ses cheveux de fagon 
qu'ils se m^lent le moms possible, et pour cela les 
natter et les relever sur la t^te en les plagant dans 
nn filet de nuit, de maniere qu*ils ne la g^nent pas 
lorsqu'elle sera couchee. 

D est convenable, au moment ou la mere com- 
iiaenee a ressentir quelques douleurs, qu'elle prenn^ 
un lavement, parce que si la derniere portion du 



74 LE LIVRE DES JEUNES M£:RES 

gros intestin n'6tait pas completement d^barrass^e, 
le passage de Tenfant en serait gen6, at la pression 
de sa tete pourrait produire une evacuation invo- 
lontaire fort desagr^able. L'administration d'un 
lavement ne pent donner lieu a aucun accident, et 
agit de la maniere la plus utile. 

De mSme, 11 est utile d'engager la mere a 
uriner. 

Enfin ilfaudra preparer le linge necessaire pour 
changer raccouch6e: chemise, camisole, mouchoir 
de cou en mousseline; avoir a sa disposition de 
Teau chaude, une bassinoire, et tous les objets que 
I'accoucheur aurait a Favance demand^s. 

L'aooouohemeni. 

Nous n'aurions pas a parler de Taccouchement 
proprement dit, — car on doit s'en remettre entiere- 
ment aux soins de la sage-femme ou du medecin 
auquel on s'est confle, — s'il ne pouvait se faire 
qu'un retard survenu dans leur arriv^e, surtout a la 
campagne , ou la promptitude de la couche, plag&t 
les personnes qui entourent la jeune femme dans la 
necessity de les suppleer. 

Nous dirons done conmient il faudrait se comporter 
dans une semblable circonstance, et nous engageons 
vivement les personnes qui peuvent se trouver obli- 
gees de venir en aide a un accouchement, a lire avec 
la plus grande attention les conseiLs suivants et a les 
suivre exactement. 

Tant qu'une femme en couche ne ressent que fai- 
blement les douleurs de la d^livrance, elle peut in- 



L'AGGOUCUEMENT 7S 

diffi^remment se tenir debout, marcher lentement, 
s'asseoir par moments, s'^tendre sur mi canap^ on 
8ur mi lit, selon qu'elle en sent le besoin ; mais il 
n'est pas necessaire qu'elle se place smr le lit destini 
a raccoucliement. 

Les douleurs utiles a la d^liyrance coincident avee 
les contractions de la matrice. Elles partent ordi- 
Qairement des reins et entourent le ventre comme 
una ceinture pour venir s'^teindre en avant et en 
bas. Elles reviennent k des intervaUes assez r^gu-* 
liers et sent s^par^es par un temps de repos complet. 

A un certain moment, ces contractions amenent 
la rupture de la poche des eaux, et a la suite de 
cette rupture s'6coule a plusieurs reprises une plus 
ou moins grande quantity d'une eau jaun&tre, c'est- 
a-dire da liquide sdreux dans lequel Tenfant a yecu 
jusque-la. 

Lorsque les douleurs deviennent fortes, et qu'elles 
se rapprochent, la femme doit se mettre sur le lit. 
La personne qui Tassiste se placera a sa droite ; 
elle n*aura k lui donner que des encouragements 
«t a la faire boire si elle a soif , mais en petite quan- 
tit6. Elle deyra lui r^chauffer les pieds, si elle se 
plaint du froid. 

Beaucoup de femmes^ des le commencement de 
Taccouchement, font des efforts de contraction dans 
I'intention d'activer Texpulsion de Tenfant ; elles 
se fatiguent ainsi sans proiit. On fera bien de leur 
recommander de ne faire ces efforts, de ne poussevj 
qtf 4 une p6riode plus avanc6e du travail, et toujours 
^Q temps utile, c'est-i-dire pendant la douleur. 



76 LE LiVRE DES JEUNES M^RES 

Aussitot que la tSte de Tenfant se presente et 
est prete a sortir, il faut placer la main droite de 
maniere a la contenir doucement, pour que la sortie 
de la tete no se fasse pas trop brusquement. 

Pour cela, on pose les cinq doigts reunis et 
allonges, a Tendroit ou la tSte fait saillie, et, ame- 
sure qu'on la sent avancer, on les ^carte peu a peu, 
de maniere k la saisir dans tout son entier, en la 
retenant doucement, si elle se pr^cipitait avec trop 
de violence. 

En m^me temps, on engagera la mere a moderer 
les efforts d'expulsion auxquels elle se livre ei) 
quelque sorte d*une fagon instinctive au moment de;: 
plus fortes et dernieres douleurs. 

n faut bien se garder, si la cot lie est lente, d'es- 
say er de la Mter en cherchant a faire sortir la Ute ; 
onpourraitainsi causer de serieux accidents. On doit 
toujours laisser faire la nature, quandon nepossede 
pas Tart de la seconder. 

Une fois la t^te sortie, on la soutient seulement 
en la relevant un peu, de maniere que Tenfant puisse 
respirer^ et on attend avec patience que le travail 
8*acheve, ce qui se fait ordinairement assez vite. 

L'usage d'accoucher a genoux, encore fr^quem- 
ment adopts dans les campagnes, est tres mauvais, 
et peut causer de graves accidents, conmie la morl 
de Tenfant, ou chez la mere le renversement com- 
plet de la matrice. II faut done le combattre de 
lafagon la plus absolue. 

Quand la sortie de Tenfant sera compldtement 
termin^e, on s*0ccupera de sparer de sa mere le 



L'ACCOUCHEMEOT Tl 

Douveau-n^ ; celui-ci tient encore k sa mire par le 
cordon. II faut lier ce cordon avec soin et le couper 
ensuite. 

On commence par op^rer nne Wgire pression 
sur le cordon, pour deplacer la s^rosit^ qu'il pent 
contenir; puis on fait une ligature avec I'aiguiU^e 
de fll dont nous avons parle, a quatre travers de 
doigt, c'est-a-dire a 6 centimetres environ de Tori- 
gine du cordon sur le ventre de I'enfant. On toume 
cinq ou six fois le fil autour du cordon avant de 
faire le noeud et en serrant assez fort ; ceci fait, on 
coupe le cordon avec des ciseaux k 4 centimetres 
au-dessus de la ligature (c'est-a-dire a 10 centime- 
tres du nombril de Tenfant) et on enleve Tenfant. 

Pour plus de surety et de propret^, on peut faire 
deux ligatures ; la premiere, comme nous venons de 
le dire, a 6 centimetres environ de Torigine du cor- 
doQ sur le ventre de Tenfant, et la seconde a 6 cen- 
timetres de la premiere ; on coupe alors le cordon 
entre les deu3 ligatures. 

Avant de lier le cordon, il est bon de s'assurer 
que la respiration de I'enfant s'6tablit bien. S'il 
avait le visage violet et ne criait paSj s'il paraissait 
suffoqu^, on pourrait couper le cordon avant de le 
Ker, et laisser couler une ou deux petites cuiller^es 
de sang ; mais on ne doit agir ainsi que lorsque les 
signes d'apoplexie du nouveau-n6 sent tres mar- 
^u6s. Immediatement on d^barrasse, avec les doigts, 
labouche et les narines des mucosites qui pourraient 
^^s obstruer et empScher la respiration de s'^ta- 
Wir ; on exerce des frictions sur la poitrine avec la 



78 LE LITRE DES lEUNES M£RES 

main, ou avec un linge imbibe de vinaigre ou d'eao- 
de-vie. La projection brusque d'un pen d'eau froide 
sur le corps du nouveau-n^ pent aussi agir utilement 
dans ce cas. 

Quoique nous n'ayons pas I'intention de noiu 
occuper de Tenfant avant d'avoir achev^ de dire ce 
qui reste k faire pour la mdre, il est bon d'indiquer 
ici comment on doit le prendre sur le lit oii il est ne, 
pour ne pas s'exposer a le laisser tomber, accident 
assez frequent, caus^ par la matidre visqueiise dont 
Tenfant est enduit et qui a facility sa sortie. 

n faut le saisir d^une main par la nuque, de fagon 
que le dessous de la tSte se trouve dans le creux de 
la main, les doigts ^tant allonges sous les ^paules; on 
passe Tautre main sous ses petites fesses, en ajant 
soin de mettre le pawe entre sesjambes; on Tenleye 
et on le depose dans un tablier attach^ avec soin 
a la personne charg^e de le recevoir. 

Enfin^ dds que Tenfant commence k faire quel- 
ques mouvements respiratoires, on le plonge dans un 
bain tiede. 

Revenons a la mere, dont les douleurs ont cessi, 
mais qui n*est pas encore compUtement d^livr^e. 

£ll6 doit rester immobile sur son lit, ne pas psu^ 
ler, ne s'occuper de rien: lerepos lui est absolument 
n^cessaire apr^s la crise qu'elle vient de subir. Trop 
souvent elle s'agite pour voir son enfant et s'inf ormer 
de tout ce qui le conceme. Si elle ayait une prefe- 
rence connue pour une fllle ou un gargoui et que son 
esp^rance fftt degue, il faudrait tacher de gagner 
un peu de temps, lui dire qu'on n'a pas v^rifid, aue 



L'ACCOUCHEMENT 19 

I'enfant est enveIopp6, etc., et ne lui faire connaitre 
la vMti qu*avec management. 

La personne qui doit s'occuper de Taccouchfee ne 
s'eloignera pas. Elle s'assurera qu'elle n*a pas froid 
aux pieds, et lorsque de nouvelles douleurs, sem- 
blables a de petites coliques, se feront sentir, elle 
prendra le cordon, Tenveloppera avec un linge, 
afin d'eviter qu'il ne glisse dans la main, exercera 
sur lui des tractions lentes et soutenues, sans eflfort, 
pendant que, de Tautre main, plac6e sur le bas- 
ventre, elle pressera doucement, en le frictionnant, 
le fond de la matrice. 

Ces nouvelles douleurs, qui annoncent et accom- 
pagnent Texpulsion du placenta ou delivre^ ne sont 
pas comparables k celles de Taccouchement, et n'ont 
pas une longue dur^e. 

A mesure que la sortie du d61ivre s'eflFectuera, 
on tirera tr^s doucement le cordon, obliquement, en 
bas et en avant. 

Aussit&t que TaccoucMe est d61ivr^e, il faut 
prendre le placenta, s'assurer qu'il na pas Hi di- 
chiri et qu'il est bien sorti tout entier, le rouler 
plusieurs fois dans les deux mains avec le cordon 
et les membranes^ et s'en d^barrasser. 

Apr^s la d^livrance, on laissera Taccouch^e se 
reposer un pen. 

On s'assurera seulement qu'elle ne perd pas trop 
de sang. Au premier moment, le sang s*^coule tou- 
jours avec quelque abondance ; mais on pourra 6tre 
rassur6 Iprsque la main, par une legere pression sur 
le bas-ventre, sentira un corps rond et dur, lorsque 



80 LE LIVRE DES JEUNES MERES 

Taccoueh^e ne pllira pas, ne perdra pas ses forces, 
et que I'^coulement cessera assez vite. 

Dans le cas contraire, il faut au plus t6t appeler 
un m^decin, dont les soins sont indispensables en 
pareille circcnstance. En attendant son arrivee, on 
baissera la Uie du lit en retirant les oreillers, on d6- 
couvrira les pieds au lieu de les r^chauffer, on fera 
observer un repos absolu, on appliquera sur le bas- 
ventre une serviette pliee toute froide, qu*on imbi- 
bera mSme d'eau froide vinaigree, et on posera 
la main dessus en exergant une pression. 

Mais, s'il ne survient pas d'accident, il ne faut 
rien faire a la petite maman ; on se bomera a 
lui donner a boire, si elle le demande; il n*est 
point n6cessaire de la gorger de tisane, comme on 
le fait trop souvent, sans se rendre compte du .pour- 
quoi, mais seulement parce que c'est Tusage. La 
boisson sera tiede ; froide, elle ne serait pas sans 
inconvenient. 

On doit iviter les sirops, tels que Forgeat, le 
sirop de groseille ou de vinaigre. L'eau sucr^e, ou 
la tisane d'orge et de chieadent, une infusion de 
tilleul, de mauve ou de violettes, sont les boissons les 
plus convenables. 

Si raccouchement en se prolongeant ne paraissait 
pas devoir suivre son cours naturel, on devrait at- 
tendre les secours de Fart, qui auront bien le temps 
d'arriver, a moins de circonstances extraordinaire^ 
et exceptionnelles. 

Une couche difjScile est toujours fort lente, et il 
y a mille fois moins d'inconvenients a laisser souf- 



L'AGGOUCHEMENT 81 

tir la jeune femme, quelque envie qu^on ait de la 
soulager, et a attendre Taccoucheur, qu'i vouloir 
le remplacer : on s'exposerait ainsi aux plus graves 
accidents. 

Dans ce cas, on devra laisser la mere marcher, 
s'asseoir, se coucher ; on t&chera seulement qu*elle 
eyite les mouvements violents, et on Tengagera k 
moderer ses oris qui T^puiseraient. 

Si ello ^tait tres alterSe, on lui donnerait quelque 
boisson calmante, de Tinfusion de tilleul ou de 
feuilles d'oranger, de Teau sucr6e avec de I'eau 
de fleur d'oranger, mais en tres petite quantity. 

Si le travail ^tait tr^s long et qu'elle sentit le be- 

soin d'aliments, on pourrait lui en donner un pen ; 

il ne faut pas qu'elle perde ses forces; du vin 

sucri prig a petite dose serait convenable. Puis 

ilfaut soutenir son courage, la consoler, Tentourer 

d'aflfection, lui donner de Tesperance en ^cartant, 

le plus possible, la crainte du danger; lui parlor de 

I'enfant auquel elle va donner le jour, qui lui sera 

d'autant plus pr6cieux qu'il Faura plus fait souflfrir 

et, pendant ce temps, rechercher bien vite les seuls 

secours efficaces en de telles cir Constances, — 

ceux que donnent seules la science et Texp^rience 

d'un accoucheur. 

Heureusement il est fort rare que I'accouche- 
ment ne suive pas Fordre naturel, dans un pen plus 
ou un peu mdins de temps, avec un peu plus ou un 
P©u moins de douleurs. Si nous voulions comparer 
fe petit nombre d'accidents k T^norme population 
^ui couvre la terre, nous verrions Fimmense quan- 

5. 



83 LE LIYRB uiss JEUNES MERES 

tit^ de chances heureuses que nous avons contra 
une f&cheuse, et, loin de craindre, nous en tire- 
rions les plus douces esperances. 

Ne Yous effrajez done pas, jeunes femmeSf vous 
deviendrez meres sans accidents, et vous oublierez 
COS violentes douleurs, comme nous vous ravens 
d^ja dit, aussitdt qu'elles seront pass^es. La nature 
pr^voyante Ta voulu ainsi^ pour que, k rapproche 
de vos autres couches, vous n'ayez ni inquietude, 
ni apprehension, quoique vous connaissiez les souf- 
frances de Taccouchement. 

Voila des details bien longs et bien circonstanci^s. 
Les personnes qui les liront sans avoir a en fsdre 
Tapplication pourront les trouver fastidieux ; nous 
croyons qu*il en sera autrement de celles qui auront 
besoin d'y avoir recours. II ne faut pas arriver i ce 
moment qui dispose deja trop parlui-mSme au trouble 
et au d^sordre, en ignorant absolument ce qu'il faut 
faire, ou, ce qui est pis encore,en restant imbu des 
pr^jug^s les plus dangereux. 

Nous recommandons particuli^rement aux per* 
sonnes qui assistent raccouchee de rSunir tous leurs 
efforts pour conserver leur sang-froid, de ne rien 
faire avec precipitation^ de se hdier lentement et 
surtout de eacher avec soin leurs emotions viyes, 
ou les craintes qu'elles pourraient eprouver ; car, 
nous le rep^tons, pour une femme en couches les 
fortes emotions sontaredouter. 



L'ACCOUGUEMENT 63 

CShangexn^nt de lit. 

Le besoin de sommeU vient souvent assaillir une 
femme aussit6t apres qu'elle est accouchee. II ne faut 
pas qu'elle s'y livre tout de suite, dans la crainte sur- 
tout que ce calme apparent n'empSche de recon- 
naitre une h6morragie ; il vaut mieux qu'elle attende 
d'avoir et^ chang^e de lit, si le lit n*a pas ^t^ dispose 
pour que Taccouch^e y reste apres sa delivrance. 

Avant de mettre Taccouch^e dans son lit, si elle 
n'est pas trop fatiguee ou abatlue, on pourra, en 
la remnant le moins possible, la changer de linge. 

On preparera du linge bien sec et chaud. II faut 
passer la chemise nouvelle par-dessus la t^te et 
tirer I'autre par les pieds ; puis on met le grand 
mouchoir de mousseline double qui a ^t^ pre- 
pare, et pardessus, une camisole, — egalement 
chauff^e, car il faut d^ja songer a iviter les maux 
de sein si frequents : la chaleur est un des meilleurs 
preservatif 3 . 

On retire par le bas du lit tons les linges salis, et 
on fait la toilette de Taccouch^e ; c'est-a-dire qu'on 
lave avec une Sponge et de Teau tiede les surfaces 
tachees de sang. On essuie doucement et on recou- 
vre la jeune mere d'un drap chaud et d'une cou- 
verture. On la change alors de lit, ce qu'on peut 
faire en general une heure apres Taccouchement ter- 
mini, s'il n'est pas survenu d'accident. 

Pour eflfectuer la translation, I'accoucheur passe 
le bras droit sous les jarrets de Taccouchee, et le bras 



n LG LIVRE DES JEL'KES u£R£S 

gauche sins lea reins ; de son c6te, I'accoucye 
passe ses bras autour du cou del'accouclieur ; celui- 
ci la soulave alors facilement, et la pose sans 
aecousses sur le nouveau lit. qui a 614 bien bassine. 

Si la femme ne pouv^t etre unsi transport^e, on 
mettrait les deux lits I'un pres de I'aiitre, et I'ac- 
couch^e pourrait se glisser elle-mfime avec uq peu 
d'aido, dans son nouveau lit; mm elle doit eviter 
le moindre effort, et surtout na pas marcher, ne pas 
se mettre debout. 

La translation s'effectue aussi tres commod^ment 
de la mani^re suivante, a la condition que les deux 
lits soient a peu pr^s de la mfinie hauteur: on met 
les deux lits I'un pres de I'autre; on passe sous les 
reins de I'accoucbee un drap pli6 en six ; une personne 
se tient au pied du lit pour soutenir les jambes, 
une autre au haut du lit pour soutenir la t^te, pen- 
dant que deux autres personnes, en soulevant tres- 
l^g^rement le drap sur lequel repose I'accouch^e, 
op^rent la translation du premier lit dans le second. 
On retire ensuite le drap. 

Lorsque la mere sera bien couch^e dans son nou- 
veau lit bien propre, on glissera sous elle une ser- 
viette phee en quatre, de ta-Qoa qu'elle puisse rele- 
vcr I'un des coins entre ses cuisses ; on changera 
cette serviette toutes les fois qu'il sera n^cessaire, 
d'autant plus souvent que I'^coulement des liquJdes 
aanguinolents, qui persistent apres la delivrance et 
qu'on appelle lochies, est plus abondant. 

II est egalement convenable de passer sous les 
reins de I'accovch^e une serviette longue, pliSe en 



L'AGCOUGHEMENT 85 

trois dans sa longueur, dont on ramdne les bouts 
sur le ventre en les croisant et qu'on attache, en 
serrant modirSment, au moyen de trois ^pingles 
posees avec soin. 

Ce serait une erreur de croire qu'en serrant for- 
tement cette espece de ceinture on empScherait le 
ventre de conserver un trop gros volume ; on g^ne- 
rait le travail qui doit s'operer, et on risquerait d'ob- 
tenir un resultat contraire k celui qu'on chcr- 
chait. 

La iii6re aussitot apr6a la d^UTranod. 

n n'est pas indispensable que Taccouch^e reste 
dans une position absolument immobile ; bien qu'elle 
ne doive pas faire de mouvements trop brusques 
ni trop frfeqnents, elle peut prendre dans son lit la 
position qui lui convient le mieux, et fl^chir les 
cuisses si cela lui plait. 

n ne fant pas la couvrir de mani^re a exciter une 
transpiration factice, lors mSme qu'elle ^prouverait 
un pen de tremblement. Ce tremblement qui n'est 
pas dft au froid ; il est nerveux, et trfis frequent 
apr^s une couche ; il cSde bient&t au repos et au 
<^lme dans un lit propre et chaud. 

Ainsi bien proprement et ccmmod^ment couch^e, 
lajeune mamanpourra se livrer au sommeil, qui lui 
fera un bien infini. 

Si elle se sentait un peu agit6e, eUe prendrait 
une petite cuiller6e d'eau de fleur d'oranger avec 
du Sucre ou une infusion de tiUeul. 

Si, comme il arrive quelquefoit , elle ^prouvait des 



86 LI LIVRE DES JEUNES MERES 

coliques, une serviette chaude ou une legire jbiction 
sur le bas-ventre les adoucirait ; mais le temps les 
dissipera. 

II est essentiel de faire uriaer Taccouchee quel- 
que temps apres Tavoir laiss6e se reposer ; souvent 
ce besoin ne se fait pas sentir, bien qu'il existe, sur- 
tout si le travail a ^t^ long, on fera usage du vase 
en etain dont nous avons parle. Quelquef oisla vessie 
ne se contracte pas, quoiqu'elle soit pleine ; il peut 
en r^sulter du malaise et de la douleur, dont on 
chercherait la cause ailleurs si on n^^tait prevenu. 

Mais notre accouchee a surtout besoin de repos, et 
on ne laisse pas toujours assez le loisir d'en gouter 
aux femmes en couches ; on les accable de visites, de 
questions, de felicitations, qui, tres agreables pour 
les personnes qui les font, sent tr^s fatigantes et 
m^me souvent prejudiciables pour celle qui les reQoit. 

Nous engageons fortement a ne pas suivre cat 
usage, a ^carter rigoureusement de Taccouchee, pen- 
dant quelques jours, tout ce qui peut lui causer de 
Temotion, de I'agitation, de la fatigue, et a ne laisser 
pr^s d'elle que les personnes chargees de la soigner. 
Nous le rep6tons, Taccoucnee a besoin de repos, et 
son repos sera deja bien assez trouble par le petit 
marmot, qui va tout a Theure lui demander a teter. 

On continuera les boissons dont nous avons parl6, 
et, si raccouch6e a faim, on lui donnera un bouillon 
chaud, et mSme un potage, mais peu copieux. fl 
faut 6tre prudent, il vaut mieux ne pas satisfaire 
completement I'app^tit, que de courir le risque 
de produire de la fievre. 



L'ACCOUCUEMEOT 8T 

On a, dans certains pays, surtout a la campagne, 
I'habitude de donner a Taccouch^e la rdlie au vin, 
qui consiste en vin chaud sucre dans leqael on fait 
tremper du pain grille. Gette alimentation excitante 
est tout a fait inutile, et pourrait ^tre mauvaise. 
II faut done s'en abstenir. Gependant il pourrait ar- 
river que , apres Taccouchement, il survlnt une pro- 
stration des forces, un abattement, qui nicessiterait 
des toniques ; mais, dans ce cas, il est plus rationnel 
de recourir aux lumieres du m^decin et de suivre 
ses conseils. 

H est sage de veiller une femme en couches au 
moins pendant les trois ou quatre premieres nuits qui 
suivent sa d^livrance ; ensuite il suffira qu'une per- 
Sonne zti6e, et n'ayant pas le sommeil prof end, 
demeure pr^s d'elle et se leve chaque fois qu'il est 
n6cessaire pour elle et son enfant. On se servira de 
la veilleuse dont nous avons parl^ ; elle permettra 
d'avoir toujours a sa disposition un peu d'eau tiede» 



\, 



CHAPITRE IV 

APR2S L'ACCOUCHEHENT 
Premiere t6t6e, 

Notre jeune m^re, aussit&t apres sa d^livrance 
et les premiers soins qu'elle a regus, a bien vite 
cherch^ un peu de repos dans un sommeil ripara- 
teur : il va falloir bientdt la d6ranger pour qu'elle 
commence a allaiter son nouveau-n^. 

Beaucoup de personnes attendent trop tard pour 
presenter I'enfant au sein, et lui donnent a boire 
fr6quemment de I'eau sucr6e, ce qid lui dte Tap- 
petit, lui remplit Testomac et augmente la difflcultt 
qu'on trouve quelquefois a lui faire prendre le sein. 

Ce serait une erreur de croire qu'une femme 
dont les seins ne sent pas remplis de lait d^s la 
naissance de son enfant n'en a pas assez pour suffire 
aux premiers besoins de celui-ci. II est rare que le 
premier lait foumi par la mere, bien qu'il soit en tres 
petite quantity, ne sufiSse pas. 

Le premier lait de la mSre est d'une nature par- 
ticuliere et convient parfaitement au nouveau-ni '. 
il facilite rSvacuation des matiSres contenues dans 
les intestins, mati^res auxquelles on a donnS le nom 
de meconium. 

n sera le plus souvent inutile de donner i un 



APRBS L'AGCOUGHEMENT 89 

enfant nourri par sa mere du sirop de chicor^e, 
ou d'autres 16gers purgatifs qui ne sont pas toujours 
anodins ; mais pour faciliter T^vacuation des ma- 
tieres contenues dans rintestin, il sera bon que 
Tenfant tette peu de temps aprSs sa naissance. 

Lorsqu'on tarde trop a faire t^ter Tenfant, les 
seins s'engorgent, les bouts s'aplatissent et devien- 
nent durs, et Tenfant les prend tr^s difflcilement ; 
de la nalssent les gergures qui font si cruellement 
souflfrir un grand nombre de femmes, et sur les- 
quelles nous reviendrons plus loin. Les paysannes 
commettent presque toutes cette faute ; elles atten- 
dent la montee du lait pour donner le sein. Aussi 
sont-elles bien souvent victimes de douleurs qu'elles 
auraient Svit^es en donnant le sein plus tdt. 

De plus, si Tenfant ne tette pas des les premieres 

heures de sa naissance, le lait qu'il trouve plus tard 

a perdu une partie des qualites n^cessaires k ses 

premieres digestions. 

n ne faudrait pas cependant tomber dans TexcSs 

contraire et donner a t6ter trop tdt; Tenfant ordi- 
nairement n'a pas tr^s vite faim et soif , il se rebute, 

et on a fatigu6 la mere pour rien. 
Nous pensons que quatre k six heures aprSs la 

delivrance sont le terme convenable. 
On aidera la mere a se soulever un peu sur le lit, 

et on la soutiendra avec un ou plusieurs oreiUers, 

pour qu'elle commence a allaiter son enfant. 
Elle donnera le sein gauche, d'abord. On lui 

presentera son enfant plac^ sur un petit oreiUer ; 

elle le posera sur son bras gauche ; elle ^cartera 



90 Lfi LIYRE DES JEUNES MERES 

doucement le bras droit du petit qui se trouve sur 
ton sein, etle placera derriere elle, c'est-a-dire sous 
son aisselle. 

Elle ouvrira sa camisole, la reculera a gauche, 
et tirera a droite le mouchoir dont nous avons parle, 
de sorte que le sein sera entierement convert, 
excepte le mamelon. 

Si elle a besoin de diriger son sein pour mettre 
le bout dans la bouche de Tenfant, elle le fera avec 
pr6caution. Pour cela, elle ^cartera Tindex et le 
doigt du milieu et les posera de chaque c&t^ da 
bout du sein ; alors elle approchera le mamelon do 
la bouche de Tenfant et attendra avec patience. 

L'enfant h^sitera, cherchera quelquefois long- 
temps, mais finira par saisir le sein; ce que la 
mere reconnattra bien, car cette pression pardt 
excessive et cause mSme un pen de douleur la 
premiere fois qu'on la ressent. 

Quelquefois, la conformation arrondie du sein, 
sa fermet6, le pen de longueur du mamelon, font 
que le nez de Tenfant se trouve bouch^ par le con- 
tact. II faut, alors d6gager le nez du nourrisson, 
en appuyant doucement sur le sein avec Tindex. 
L'enfant obtient le lait par succion en faisant le 
vide. S'il ne pent respirer par le nez, il sera oblige 
de cesser souvent de t^ter, pour respirer par la 
bouche, ce qui le fatiguerait beaucoup et ferait 
mal a la nourrice. 

Dans les premiers temps, Tenfant tette lente- 
ment et longuement, se repose, s'endort mfime 
quelquefois, ce qu'il faut emp^chei la mere se 



APR£S L'AGCOUGHEMENT 91 

fatiguerait a rester trop longtemps assise sur soa 
Ut. 

Pour emp^cher le sommeil, lorsqu'on aura observe 
que renfant fait une pose plus longue que les autres, 
on cognera ISgerement avec le doigt sur le derri^re 
de sa tSte, pres de Toreille ; cela sufflra pour I'^veil- 
ler et Tengager a continuer son repas. On reconnatt 
facilement que 1' enfant tettebien et r^guli^rement : 
en ^coutant, on Tentend avaler le lait. Aussitdt 
qu'il a fini, il fant le prendre avec son petit oreiller 
et le poser dans son berceau. 

Si Tenfant ne prenait pas le sein k cette pre- 
miere tentative, il faudrait attendre un pen avant 
de faire un nouvel essai, une ou deux heures par 
exemple ; mais ne rien M donner k boire en atten- 
dant, mSme s'il criait; recommencer alors, et ne 
pas se rebuter jusqu'a ce qu'on ait r^ussi, ce qui 
anivera in^vitablement. 

La seconde fois qu'on donnera k t6ter, il faudra 
presenter le sein droit et ne jamais manquer d'al- 
temer ainsi ; et mfime, lorsque Tenfant devient plus 
fort et tette davantage k la fois, on doit Tinter- 
rompre au milieu de son repas, dans un moment 
ou il se repose, et lui donner Tautre sein. 

Cette maniere d'allaiter est inflniment pr^f^rable 
i toute autre : elle maintient une 6galit6 parfaite 
ontre les deux sems, et Tenfant, trouvant plus faci- 
lement k se satisfaire, tettera moins longtemps et 
moins souvent ; puis on ^vitera la perte du lait, 
quelquefois assez considerable, qui aurait lieu par 1» 
sein non vidi. 



n LE LIYRE DBS JEUNES m£:RES 

Nous ferons tout do suite quelques observations 
sur une conformation assez fr6quente du sein chez 
certaines femmes, conformation qui oflfre iin obsta- 
cle a Fallaitement, obstacle difficile a yaincre, mais 
qui cependant, a bien peu d'exceptions prSs^ peut 
dtre surmont^. 

Quelques femmes n*ont pas le bout du sein, le 
mamelon, assez saillant. II faut, dans ce cas, que 
Tenfant le d^veloppe par la succion. 

Beaucoup de personnes se flgurent que, lorsqna 
cette conformation imparfaite est tres prononc6e, 
elle devient un obstacle invincible, et emploient 
pour la corriger des moyens artificiels qui peuvent 
n'^tre pas sans danger. Ordinairement, il suffit de 
quelques jours, ou tout au plus de quelques se- 
maines, pour former le mamelon. II faut done 
avoir un peu de patience : beaucoup de nos paysan- 
nes ont ce vice de conformation, mais comme Tidee 
de donner une nourrice a leur enfant ne leur vient 
m^me pas, elles continuent a vouloir allaiter, et 
r^ussissent. 

N6anmoins,il faut parfois aider la nature, lorsqu'il 
existe une difficult6 a Taccomplissement de ses 
voeux; mais on ne doit le faire qu'avec une grande 
prudence. 

Ainsi on peut essayer du moyen suivant : 

On prend une flole dont le goulot, portant on 
rebord aplati, est interieurement de la grossenr 
d'un doigt. On y verse doucement de Teau chaude, 
en ayant soin de remuer a mesure pour ^chsiuSer 
graduellement le verre. Lorsque la fiole est pleine 



APR£:S L'ACCOICHEMENT 93 

et que le verre est bien chaud, on la vide promp- 
tement. Pendant ce temps, la femme qui doit s'en 
servir se sera pr6par6e a donner le sein a son enfant 
et Taura plac^ sur elle. Des que la bouteille est 
vide, on essuie le goulot, qui ne doit pas ^tre trop 
chaud et on le pose sur le bout du sein en ap- 
puyant l^geremeat. Bientdt un vide partiel se fait, 
parce que Tair qui dtait contenu dans la bouteille, 
et qui avalt StS dilate par la chaleur, se condense 
par le refroidissement. Alors on voit sortir le bout 
du sein et mSme quelquefois le lait jaiUir. Aussit6t 
que le mamelon est bien saillant on fait p6n^- 
trer Tair avec precaution, en soulevant la fiole d'un 
c6te, puis de Tautre ; on retire la flole et on pr6- 
sente le sein a Tenfant, qui le prend alors facile- 
ment. 

Mais ce moyen, comme tous les moyens artifi- 
ciels analogues, pent irriter le sein et j causer des 
gepQures; on ne doit done y avoir recours que si les 
tentatives r6it6ries de Tei^ant n'ont pas suffl 

Enfin, comme moyen pr^ventif, nous indiquerons 
le suivant a la jeune maman, soucieuse de pouvoir 
nourrir son enfant, et qui craindrait d'en ^tre em- 
p&chie par cette conformation vicieuse : preparer 
le bout du sein, mfime avant Taccouchement, par 
i^ succions r^p^tees, sans attendre que le nou- 
veau-^n^ puisse se charger lui-m^me de ce soin. 



M ^ UYBE DES JBUNKS M£RB8 

Premiers soine & donner au noaTeea-n6 

Nous avons laisse le noaveau-n^ apres la ligature 
da cordon sans qu'il ait encore refu aucun soin. 
Revenons a lui, pour Taider a entxer dans cette vie 
qu'il conunence par des cris presque continuels. Ces 
cris facilitent d'aiUeurs la dilatation des poumons, 
et sont en mSme temps la preuve que la respiration 
pulmonaire, acte caract^ristique et essentiel de sa 
nouvelle vie, s'est bien ^tablie. 

Le corps du nouveau-ne est plus ou moins salipar 
le sang, et convert d'un enduit blanch&tre, onc- 
tueux, qui le rend glissant et peu ais^ a maintenir. 
La conche de oette matidre grasse, insoluble dans 
Teau, est plus ^paisse aux aines, aux aisselles, an 
coUf derridre les oreQles. n faut en d^barrasser la 
peau; pour cela, le meilleur moyen consists a 
plonger I'enfant dans un bain d'eau ti^de a 35 degris 
centigrades. Une grande cuyette longue, ou mieui 
le petit bassin en nnc dont nous avons parle, et 
qu'on remplit a moiti^, est ce qu'il j a de plus com- 
mode. La peau du hiib6 sera nettoj6e assez facile- 
ment en la frottant l^gdrement avec la main enduite 
de c^rat ou de beurre, d'huile d'olive, ou d'un jaune 
d*(Buf , qui a Favantage de se m^ler a Teau. On peut 
aussi se serrir d*une Sponge fine qui penetre mieux 
dans tons les angles et qu*on prom&nera sur tout le 
corps dans le bain, doucement et rapidement. 

Gertaines personnes, sous prdtexte de fortifier 
Tenfant, conseillent de le larer, pour la premiere 
fois, dans de Teau froide. Ce conseil est mauvais. 



APft£S L'AGCOUCHEMENT 95 

es petits enfant s sont tres sensibles au froid, et 
[le supportent mal. L'eau froide pourrait causer une 
ammation des yeux ou des poumons, du corjza, ou 
'm derangement d'entrailles, maladies toujours fort 
serieuses d cet &ge. 

En le sortant du bain, on enveloppera tout de 
suite I'enfant dans du linge chaud, et on le prendra 
8ur les genoux pour le bien essuyer ; on le placera 
devant le feu pour Thabiller, m^me si la tempe- 
rature de la chambre et la saison semblaient per- 
mettre de se passer de feu. 

Avant de vfitir I'enfant, on entourera le bout du 
cordon ombilical avec un petit morceau de linge 
echancrd au milieu, et fendu a Tun de ses bords. Ge 
petit linge applique sur le ventre isole le cordon. 
On posera par dessus une compresse ; puis avec une 
bande on entourera le corps de Tenfant sans trop 
serrer, mais assez n^anmoins pour que la compresse 
ne glisse pas ; et on flxera la bande sur le c6t6 en 
la serrant l^g^rement. Ce pansement sera renou- 
vel^ plusieurs fois les jours suivants, jusqu'a la 
chute du cordon et la formation du nombril qui en 
r6sulte. 

La per Sonne qui habille T enfant le couche sur un 
petit oreiller plac^ sur ses genoux 

On lui met d'abord ses brassieres, pr6par^es 
comme nous Tavons dit ; avant de passer le bras 
dans les manches, il faudra faire rentrer le pouce 
dans la main, que Tenfant ti^nt ferm^e, pour ^viter 
que le pouce ne se rebrousse, ce qui pourrait le 
blesser. 



J 
•i 



96 LE LIVRE DES JEUKES M£RES 

Les bras passes, on retournerenfantsurle ventre, 
en plagant la figure de c6t6, afln qu'il puisse respirer 
librement ; puis on attache la chemise et les 
brassieres. On le retourne de nouveau et on Ten- 
leve sur le bras gauche en Tappuyant contre sol. 
On etend sur les genoux, avec la main droite, les 
langes 6galement pr6par6s et dont le nombre et 
Tepaisseur varieront suivant la saison ; on pose 
r enfant au milieu, de maniere que le lange arrive 
sous les aisselles ; on prend la couche qui tombe du 
c6t6 gauche de Tenfant, on la releve sur lui, puis 
on en fait autant de Tautre c6t6, en serrant un pen. 
On precede ainsi pour chaque lange, et, arrive au 
dernier, on retourne encore Tenfant pour attacher 
le lange avec les cordons. 

On se gardera bien de forcer le pauvre petit a 
allonger les jambes ; il le fera seul plus tard. On se 
bomera a relever la couche en la pliant en dessous 
de ses pieds ; on en fait autant du lange de dessous, 
en laissant libre celui de dessus. 

Ce n'est que plus tard, quand on mettra des bas 
k I'enfant, qu'on ne relevera plus ni la couche ni les 
langes. 

Toutes les femmes de la campagne ont Thabitude 
de mettre la couche et le lange de dessous sous la 
chemise, afln d'eviter que celle-ci ne soit mouillee : 
c'estune mauvaise methode, parce que le frottement 
des ourlets, qui se trouventsous les aisselles, blesse 
les enfants ; ils ne le sent que trop souvent par la 
couture des emmanchures. 

Lorsaue les enfants sont changes chaque foi^i 



APRfiS L'ACCOLCHEMENT 97 

qu*ils se sont sails, ce qui est n^cessaire, la che- 
mise n'est jamais mouill6e ; mais beaucoup de per- 
sonnes ne les changent que trois ou quatre fois par 
jour, et point du tout la nuit, ce que nous consi- 
d6rons comme tres f&cheux, car ils vivent alors 
dans une Iiumidit6 et une ; malproprete constantes, 
causes ordinaires des rougeurs, des Eruptions et des 
excoriations de la peau, si faciles d ^viter, et quel- 
quefois si difflciles a gu6rir. 

Repetons encore qu'il ne faut pas forcer les 
enfants a allonger les jambes, en les enveloppant 
chacune dans un des cdt^s de la couche, et en ser- 
rant fortement les langes pour les contenir ; cette 
contrainte doit fitre extrSmement p^nible pour Ten- 
fant et nuit a son developpement. Les langes doi- 
vent maintenir une douce chaleur autour du corps 
de Tenfant sans en gSner les mouvements. 

Autrefois, et trop souvent cette coutume barbare 
se retrouve encore aujourd'hui dans certaines con- 
tr^es, les nourrices ne se contentaient pas de ser- 
rer fortement les langes de Tenfant en les assu- 
jettissant avec des ^pingles ; elles le garottaient 
avec une forte bande de toile et Tenroulaient des 
pieds jusqu'aux 6paules, exactement comme on le 
faisait aux momies en JSgypte. Ce detestable usage 
est contraire a toutes les lois de la nature ; on pent 
dire qu'il est monstrueux, et nous voudrions, pour 
en faire comprendre I'absurdit^, la cruaut^ m^me, 
condamner les personnes qui le font subir a leurs 
enftmts a le supporter pendant quelques heures seu- 
lement; elles en auraient bientfit fait justice. 



as LB LITRB DES JRUNES HfiRBS 

N'est-il pas facile de comprendre qa*il doit Stre 
horrible pour ces pauvres petits, natureUement Tifs 
et ennemis de rimmobilitd, de se sentir serres, gSn^s, 
brides? Cette m^thode est barbate , et les mdres 
^clair^es qui habitent les contr^es ou elle est en 
pratique doivent faire de grands efforts pour la 
d^truire. Elle commence k passer ; mais ndanmoins 
on serre encore beaucoup trop les pauvres enfants, 
sous le pr^texte qu'^tant faibles ils ont besoin d'dtre 
foutenus. 

Des que Tenfant sera nettoy^ et habill^, on le 
mettra dans son berceau, sur Tun ou Tautre cbU^ 
la tdte et les ^paules un peu ^lev^es, pour I'aider i 
rejeter les glaires qu'il pent avoir dans la bouche et 
le gosier, et faciliter la respiration. II a besoin de 
repos, et c'est dans son berceau et non sur les bras 
de sa nourrice ou de sa bonne, qu'on doit d^s le 
premier jour lui faire prendre Thabitude de le trou- 
ver. Le berceau sera plac^ dans une chambre bien 
a^rde et bien expos6e, ou Tair sera d'une tem- 
perature mod^rie et Sgale. 

Chute du cordon. 

Quatre ou cinq jours, huit au plus, apres la nais- 
sance, la portion du cordon rest^e attachee au nom- 
bril se dStache. Avant cette ^poque, on aura soin de 
defaire de temps en temps la bande pour s'assurer 
que rien n'est dirang^ ; mais on ne cherchera pas 
a ouvrir les linges qui enveloppent le cordon : on se 
contentera de les toucher 16gerement. Si le cordon 
^st ditacW, ces linges tomberont i la moindre trac- 



APR£S L'AGGOUGHEMENT 98^ 

tion. S*ils rSsistent k cette traction, on remettra la- 
bande. 

Siaj»rdsla chute du cordon, on remarque quel- 
quespetitsboutonsou un pen de rongeur, on lavera 
avec de I'eau de guimauve. On conservera quelques 
jours encore une petite bande pour 6viter le frot- 
tement, elle servira aussi k contenir Tanneau om- 
bilical, qui est quelquefois trop large. A bien plus 
forte raison si le nombril est saillant, on posera 
dessus, sous la bande, une petite compresse de linge 
fin pli^e en quatre. 

Ils*6tablit assez souvent une ISg^re suppuration ao- 
compagn^e de rongeur dans le nombril mSme. AprSs 
ravoir lav6 a plusieurs reprises, avec de Teau tiede, 
et Tavoir bien essuy6 jusqu'au fond, on le couvre de 
poudre de riz ou d'amidon, et on le bande. Si la cica- 
trisation n*a pas lieu promptement, il faut faire visi- 
ter le mal par le m^decin. 

Quelques jours apr^s la nalssance, il arrive quel- 
quefois que le nourrisson a du lait dans ses petits 
seins, qui deviennent alors durs, brillants, rouges et 
fort douloureux. Pour les d^barrasser de cet engor- 
gement, qui pourrait donner la fl^vre et amener un 
abces, on appliquera des cataplasmes : en gSn^ral, 
deux ou trois jours apres, il n'y paraitra plus. Si 
Tengorgement persistait il faudrait consulter un. 
m^decin. 



100 LE LIYBE DES JEUNSS MiRES 

La declaration de nalssanoa k la xnalrie 

Actuellement la loi oblige k declarer dans les 
trois jours, a la mairie, la naissance d'on enfant, 
mais elle pennet aox parents de demander qne k 
constatation de la naissance soit faite i leor domi- 
cile. La presentation du nouTeau-n6 a la mairie 
n'est done plus obligatoire; 

Cette modification i la loi est un progr^s impor- 
tant dont la realisation s*est fait longtemps atton- 
dre. On la doit aux efforts persev^rants des m^de- 
cins, qui ont flni par faire comprendre t^us les dan- 
gers de cette sortie pr^matur^e des nouyeau-n^s. 
n reste encore malheureusement trop d'autres 
causes a la desolante mortalite qui frappe ces petits 
^tres, sans que la loi vienne y jo* ^dre une obK- 
gation aussi f&cheuse qu*inutile. 

Soins k donner k l*aocouch6e JuBqa'A som 

rdtablisBexnenu 

Pendant les deux premiers jours, si on a provoquS 
une Evacuation avant le travail, il n*y a pas lieu de 
combattre la constipation ; mais ensuite, si le be- 
soin d*aller k la selle ne se manifestait pas, on de- 
vrait administrer de temps en temps i I'accouchee un 
ou plusieurs lavements k Teau de son, de guimauve 
ou de graine de lin. 

On donnera, suivant TappEtit, danslajoumee,iine 
ou plusieurs tasses de bouillon, un ou deux lagers 



APRlBS L'ACCOUCHEMENT 101 

pofages. Dans rintervalle, de la tisane seulement ;- 
infusion de tilleul, de mauve ou de violette. 

Souvent, mais moins souvent qu'on le firoit, 11 sa 
declare, du deuxi^me au troisi^me jour, un mouve- 
ment de fl^vre, appel6e fiivre de lait. L'accouch^e 
a mal a la tSte, sa peau estchaude, sa face color^e; 
et elle ^prouve de la difficult^ a rapprocher ses bras 
du eorps par suite du gonflement des seins. Mais, an 
bout de vingt-quatre on trente-six heures, cette 
fi^vre se dissipe. 

On pourra dSs lors permettre un peu plus d'ali- 
ments, de fa^on que peu a peu la m^re arriyei 
vers le dixieme ou quinziSme jour, i se nourrir 
comme elle le faisait avant ses couches. 

Ea outre, on changera souvent les serviettes, et 
on fera plusieurs fois par jour des lotions tildes, en 
plagant Taccouch^e sur le vase en ^tain. 

AprSs les premiers jours de repos, on fera le lit. 
Mais il ne faudra pas pour cela que la mdre marche 
ni se tienne debout : on aura recours k un seMrnd 
lit, qu*on approchera du sien, qu'on bassinera et 
dans lequel on Taidera k se placer. L'accouch^ 
pourra j rester quelques heures ; ce changement 
de lit fait un bien et un plaisir infinis. 

On profitera de ce moment pour changer le lingei 
ce qui ne sera pas moins agr^able 

Lelitdevra Stre encore garni. 

Quand la m&re nourrit, le lait prenant son cours 
naturel, la tumefaction des seins reste modSr^e^ 
et la fiSvre le plus souvent nulle ; tandis que si 
elle ne nourrit pas, Fergorgement des^ seins pent 



1 



101 LB LIVRE DBS JEUNES M&RES 

devenir tres prononce et tris douloureux, et la 
flivre prendre les proportions d'une petite maladie 
fort p^nible. Dans tous les cas, 11 faut bien coavrir 
les seins avec de la flanelle ou de la ouate enve- 
lopp6e dans de la mousseline daire. S'ils sent tres 
engorges, 11 convient d*emplojer des cataplasmes 
chauds en ayant soin de mettre deux cataplasmes 
sur chaque sein, de mani^re k laisser libre le ma- 
melon entre eux, et a pouvoir donner & t^ter sans 
d^ranger les cataplasmes. D*ailleurs, les maux de 
sein sent si frequents pendant les six premieres 
semaines et il est si important de les bien soigner^ 
que nous traitorous cette question dans un chapitre 
special. 

n faut prendre les plus grandes precautions pour 
Be pas ^prouyer Timpression du froid. 

II est trds bon de renouveler Fair de la chambre 
de raccouch^e. Si la saison est rigoureuse, il faudra 
encore le faire, mais avec precaution, et pendant 
quelques instants seulement, en ayant le soin de 
farmer les rideaux du lit. 

n est bon aussi que raccouch^e fasse sa toilette^ 
(dans son lit, cela va sans dire) qu'elle se lavo le 
Tisage, les mains, les dentsi ; il n*y a aucun inconve- 
nient a accomplir ces petits devoirs de proprete en 
employant Teau tiSde, et cela fait a la fois beaucoup 
de bien et de plaisir. 

Quant k la chevelure, il sera convenable d'at- 
tendre, pour s'en occuper, le moment oil la mere 
pourra raster quelques heures assise ; dans les 
premiers tamps, alia ne se peignera pas elle-m£me^ 



APRiS L'ACCOUCUEMEMT lOT 

eela pourrait la fatiguer et causer des tiraillements 
aux seins. 

Ce n'est que du neavieme au quinziSme jour , ou 
plus tard m£me, suiyant les circonstances (et tou- 
jours apr^s avoir consults lemedecin), que la femme 
pourra s'asseoir sur une chaise longue ou un fauteuil, 
pendant une heure ou deux. Ensuite elle essajera 
ses forces en faisant quelques pas dans la chambre. 

Ce n'est que du vingti^me au trentieme jour qu'iJ 
lui sera permis de sortir pour la premiere fois. 

Ce n*est qu'au bout de six semaines r^volues qu'elle 
peut se considerer comme entierement affranchie 
des suites de ses couches. 

Pendant tout ce temps, elle doit dviter les fati- 
gnes, les veilles, les travaux prolonges ; elle ne doit 
point plonger les mains dans Teau froide, ni se bai- 
gner, 4 moins que cela ne lui soit conseill^ par le 
medecin ; ne pas voyager ; enfin, s*entourer de ces 
petits soins que demande un 6tat de convalescence. 

Chez une femme qui nourrit, la sante se rafifermit 
ordinairement plus t&t, et une partie de ces soins 
deviennent moins n^cessaires que chez celle qui 
n'allaite pas. 

Sans rien exagdrer, on gagnera toujours a pro-^ 
longer les precautions que nous venons d'indiquer 
comme nicessaires au r^tablissement de raccou- 
cMe, qui aurait grand tort de mettre une espece 
d*amour-propre i parattre ritablie trds vite : sa 
•ante pourrait plus tard s'en ressentir gravement. 

N*allez pas croire cependant, jeunesfemmes, que 
^us les soins dont nous voulons vous entourer soient 



104 L£ LIVRE DES JEUNES MfiRES 

donnas a toutes les m^res, a celles de la campagne 
surtout ! Heureusement leur constitution, renforcee 
par rhabitude du travail des champs, et le bon air 
qui les vivifie^ ^tablit une sorte de compensation 
aux pratiques presque sauvages, en quelque sorte, 
auxquelles elles sent soumises dans ces moments cri- 
tiques de la vie des femmes. 

Un ou deux jours apr^s leur d^livrance, elles sont 
fiiouvent obligees de reprendre le soin de leur ma- 
nage, et de s'occuper elles-m^mes du nouveau-n^^ 
quelquefois mSme de laver le linge dont elles ont 
besoin. Jugez combien ce doit Stre p^nible et com- 
bien la chose est dangereuse^ surtout dans la mau- 
vaise saison! 

Cette rudesse cause fr^quemment de graves ma- 
ladies dont les suites influent sur tout le reste de 
Texistence de ces pauvres meres. 

Quant a vous, qui avez le bonheur, dans cette 
crise, d'etre entour^es des soins les plus ^clair^s et 
des aflfections les plus tendres, soyez prudentes sans 
exag^ration, et, toutes les fois que vous aurez occa- 
sion, par vos conseils, vos soins personnels, vos 
secours pecuniaires, de venir en aide aux pauvres 
meres moins heureuses que vous, ne laissez pas 
^chapper Toccasion de leur 6tre utiles ; c'est un 
devoir de femme k femme, de mSre a mSre, 11 est 
sacre. 



GUAPITRE V 



LES MAUX DE SSIN 



C'est durant les six semaines qui suivent Taccou- 
{hement que les maux de sein sent frequents. Chez 
^ertaines femmes, le plus l^ger refroidissement, le 
plus petit coup d'air peut les causer. II faut done 
toe sous 06 rapport d'une prudence tr^s grande, car 
on ne saurait prendre trop de precautions pour se 
garantir de ces maux si douloureux. 

Avecle temps, les seins perdent leur suscepti- 
bility, ils s^habituent graduellement k Faction de Tair 
et au maniement que n^cessite Tallaitement. Mais 
comme, malgr^ toutes les precautions, on ne peut pas 
toujours se garantir de ces cruels accidents, nous 
exposerons ce que nous croyons le plus convenable 
de faire pour les moderer, les gu^rir, sans d^passer 
les limites oik le secours de la m^decine devient in- 
dispensable. 

D'abord nous vous recommanderons de rejeter 
absoluw lent les mille remides de bonnes femmes que 
chacun s^empressera de vous indiquer, au plus 
I6ger indice de maladie, et de ne vous en rapporter 
qu'aux conseils de personnes dont Texperience iclai^ 
f^epourra vous inspirer toute confiance. 



106 LE LIVRB DES JEUNES U&RES 

Inflamxnatiotts looallsifteB. 

n arrive souvent, dans les premiers jours de Tal- 
laitement, qu'une femme sent des picotements, ou 
des douleurs errantes dans les seins, ordinairement 
caus^es par le premier fonctionnement de ces organes. 
Lorsque ces douleurs et ces picotements occupent un 
point fixe^ sur lequel le toucher constate a la fois 
du gonflement, de la duret^ et une viye sensibilite^ 
signes d^une inflammation localis^e, on doit sans 
retard appliquer sur ce point douloureux des cata- 
plasmes beaucoup plus grands que* le point doulou- 
reux lui-mSme. 

Disons tout de suite comment U faut faire et 
appliquer les cataplasmes pour quails produisent 
tout Teffet qu'on attend d'eux. 

La quality de la farine de lin qui les composera 
n*est pas indifferente ; on est expos^ d en trouver 
de fort mauvaise, qui, au lieu de soulager, aggrave 
le mal. La bonne farine a une odeur sp^ciale, agr^- 
ble; elleesttris douce au toucher et fort huileuse. 
La mauvaise est celle dont on a extrait Thuile; 
elle est seche, et a souvent une odeur de ranee. EUe 
est loin de contenir les principes Emollients de la 
premiere. 

Pour conserver la farine de lin, il faut la mettre 
dans un vase de terre ou de verre qu*on enveloppe, 
car la lumi^re la dit^riore ; celle qui est conserv^e 
dansle papier rancit, et une grande partie de rhuile 
est absorb^e, ce qui nuit asa quality. 



LE3 HAUX DE SEDl 1C7 

Nous insistoQs sur ces deux points, parce qa'Us 
ont line importance tres grande: acheter de la tr^s 
bonne farine de lin et, si on la conserve, s'assurer 
ayant de s'en seryir qu'elle n'a pas perdu ses qualit^s. 
Pour faire un catapla^me, on met la quantity de 
ferine, suffisante pour, ,' ■; ^andeur qu'on veut lui 
donner, dans un vase quelconque qui puisse sup- 
porter Taction de I'eau bouilJaate ; on verse tout 
de suite dans la farine la quantity d'eau froide 




Fig. 34. — Lampe, ti-epied, etciuserole. 

Q^cessaire pour donner au cataplasme la consistance 
d'une bouillie claire, enremuant vivement avecune 
cuiUere; on' met aur le feu pour faire cbauEfer le ca- 
taplasme, on continue i remuer et, sans autre pr^ 
paration, en quelques minutes le cataplasme est pr6t. 

L'^te, et surtout la nuit, lorsqu'on n'a pas defeu, 
on pent faire les cataplasmes avec la lampe a ea- 
prit-de-vin. 

On se procurera un petit tripled en far, de hau- 
teur convenable pour que son cercle domine la 



^ 108 LE UYRE DES JEUf^ES M£RES 

flamme de la lampe. On pose sui ce trepied une pe- 
tite casserole de metal, une capsule ou une casse- 
role de porcelaine, comme Tindique la figure 34. Le 
cataplasme se fait en un instant. 

Le linge dans lequel on mettra le cataplasme 
devra Stre d'une etoffe tres claire, telle que de la 
vieille toile, de la grosse mousseline ou du calicot 
tris usi. On le prendra fort grand proportionnelle- 
ment k T^tendue qu'aura le cataplasme, de maniere 
que, la preparation etant posee et Stendue au milieu, 
on puisse la recouvrir assez largement des quatre 
c6tes afin qu'elle ne s'Schappe pas. 

On pent aussi recouvrir entidrement le cata- 
plasme, etfaufiler le linge dans son pourtour, lors- 
qu'il sera replid. 

Le cataplasme doit Stre pos6 a nu, ou du cdt^ ou 
le linge se trouve simple. On ne le fera pas trop 
^pais pour que son poids ne fatigue pas inutilement 
la malade. 

Pour r^tendre sur le linge, on ne le placera pas 
sur du marbre, parce que celui-ci refroidit la sur- 
face, et qu'en se fiant k ce degr^ apparent de cha- 
leur on pourrait briiler la partie ou il est appliqu6, 
le refroidissement n'6tant que superficiel. 

Le meilleur moyen de conserver la chaleur et 
rhumidit6 du cataplasme, c'est-d-dire ses deuxprin- 
cipales qucditds^ est de le couvrir d*un morceau de 
taflfetas cir6, qui a de plus I'avantage d'emp^cher 
que le cataplasme ne salisse les linges qui renviron- 
nent. On peut encore mettre de la ouate par-dessus 
Ije taffetas cir6. 



LES MAUX DE SEIN 109 

Lorsqu'on change le cataplasme, il faut layer la 
toile cir6e avec une Sponge et Tessuyer avec une 
serviette. 

On doit renouveler le cataplasme toutes les cinq 
ou six heures. 

Pour le fixer sur la partie oi il est appliqu^, on 
pile on mouchoir en biais, en forme de cravate, que 
Ton passe en bandouliere par-dessus ou par-des- 
sous le sein malade, selon le cas, et on attache 
les deux bouts en pla^ant le noeud de fagon qu*il ne 
gSne pas. 

Si le mal n*est pas graye^ et s'il n*est pas encore 
enracinS, il c^dera promptement a ce remede ; mais, 
s'il r^siste, si la douleur augmente, s'il se montre 
de la rongeur a la peau, s*il se manifesto de la fleyre, 
il faut consulter un mMecin. 

H faudra mod^rer Talimentation de la malade et 
ae ltd donner que des potages ; si la fleyre Stait 
forte, se bomer i lui faire boire du bouillon et une 
tisane rafralchissante. Bien que la fi^yre ne soit oo- 
casionn^e que par un mal local, elle n'en 6tend pas 
moins sa ficheuse influence sur tout Tindiyidu, et 
il faut chercher a en diminuer Tintensit^. 

Un ^mple coup d'air, un refroidissement, les ti- 
raillements du mamelon, la sensibility d^yelopp^e 
par la succion trop ^nergique de I'enfant, la cessa- 
tion brusque de I'allaitement, les excoriations et 
ger^ures du sein, etc., peuyent causer un gonfle- 
ment de Tune ou de Tautre glande, plus rarement 
des deux i la fois, ayec douleur, induration, \6geve 
rougeur de la peau, que Ton dSsigne quelquefois 

7 



110 LE LIVRE DBS JEUNES MfiRSS 

SOUS le nom de pot/, et dans certains pays sous 
celui de renfle, G'est un 6tat congestif, voisin de 
rinflammation , qui peut facilemeut se terminer 
par une veritable inflammation et par suite amener 
des abcds, mais qui se dissipe habituellement au 
bout de quelques jours, sans laisser de traces, 8*il 
a ^\A convenabiement soign^. 

Lorsque cet accident se produit, il faut d*abord 
dSgorger le sein en le donnant k t6ter k Tenfant. En 
mSme temps, appliquer un cataplasme^ se mettre a 
un regime tris l^ger^ prendre une infusion chaude 
rendue un peu diur^tique par Taddition du nitrate 
de potasse (un gramme de nitrate de potasse pour 
un litre d'infusion). D y aurait aussi utility a em- 
ployer de lagers laxatifs, tels que Thuile de ricin ou 
le sel d'Angleterre (30 grammes dissous dans un 
▼erre d'eau). 

AboAs au sein. 

Si la douleur est occasionnde par Tengorgement 
inflanunatoire des seins^ elle se dissipera lentement, 
difficilement, et se terminera souvent par un ahcei. 
Dans tons les cas, la nourrice ne doit pas cesser de 
donner k tdter du cdt^ malade, quelque douleur qu^elle 
en dprouve. II faut se r^signer k souffrir pour dviter 
un plus grand mal ; car Taccumulation du lait dans 
le sein augmenterait beaucoup Firritation et aggra- 
verait T^tat maladif ; et si enfin, malgr^ tous ces 
Boins, on craint un abcds, il faut tout de suite 
appeler un m^decin, j^arce que d^autres accidentu 



LES 3IAUX DE SEIN 111 

peuveni survenir et que d'ailleurs une incision 
faite a propos pent ^viter de grandes et longues 
douleurs, sans ofifrir de danger. En attendant le 
traitement special qu'ordonnera le m^decin, il faut 
continuer les cataplasmes sans interruption, et gar- 
der le lit. 

Nous avons souvent entendu dire k des matrones 
qui parlaient ayec importance, et a des gens crddules 
en leur savoir, que les m^decins n'entendaient rien 
am maux de sein ; la m^me opinion est accrddit^e 
chez lesmSmes gens pour les fractures, les luxations 
etles foulures. 11 est bon de combattre de telles 
absiirdit^s. 

Ctorpures et orerasseB. 

Chez les femmes qui nourrissent pour la premiere 
fois, et quelquefoismSme a chaque nouvel allaitement, 
la succion de Tenfant cause souvent an mamelon des 
gerfures et des crevasses plus on moinsprofondes, tou- 
jours excessivement doulouretises, mais qui devien- 
ueut rarement assez graves pour qu*on soit oblige 
d'appeler un m^decin.Dans cescas au8si|il y a beau- 
^up a se d^fier des nombreux remtdes de bonnes 
fmmeSy indiqu^s par des personnes trds bien inten- 
tionn^es sans doute, mais qui ne se rendent nulle- 
^ent compte ni de la nature du mal, nl de ses 
causes, ni mSme des moyens de gu^rison qu'elles 
omploient. Et malheureusement, de ces remedes, on 
^e peut pas toujours dire que, s'ils ne font pas de 
4ten il$ ne feimt pas de mal, car il arrive souvent 



\ 



112 L£ LIVRE DES JEUNES MERES 

qu lis aggravent le mal qu'ils etaient charges da 
gu^rir. 

Les gergures et les crevasses sont de petites f entes 
de la peau qui recouvre et entoure le mamelon. 
Quand elles sont superficielles, elles gu^rissent par- 
fois spontanement , Tenfant continuant de t6ter; 
mais il faut pour cela que la nourrice soit douSe de 
beaucoup de courage et d'6nergie, car les souf- 
frances causees par la succion sur le mamelon ex- 
coriA sont tres vivos. Quand elles ont de la profon- 
deur et s*^tendent jusqu'au point de cerner le 
mamelon en plusieurs endroits, la douleur causee 
par la succion est extreme, et la mere la plus desi- 
reuse d'allaiter son enfant est souvent obligee d'y 
renoncer. 

Ges douleurs aigues portent sur les nerfs, amSnent 
des grincements de dents, ripondenl entre les deux 
^paules, et tirent, malgr^ tout le courage et toute 
la resignation possibles, des larmes qu'on ne peut 
retenir ; enfin elles font h^siter une mere a mettre 
son sein dans la bouche de son enfant, qui le lui de- 
mande a grands cris. 

Dans ces circonstances , apres avoir consults le 
medecin, comme il s*agit d'^viter de graves acci- 
dents, tels que Tulceration de la base du mamelon, 
peut-Stre mSme la chute complete de cette partie 
du seiUf rinflammation de la glande et les abces 
cons^cutifs, etc., la mere doit cesser de nourrir. 

Tachons done de pr6venir, ou au moins d'adou- 
cir ces ennemis de Tallaitement matemel. 

Comme moyen pr6ventif des gergures et des 



LES MAUX DE SEIN 113 

crevasses, on a conseill^ de prSparer, avant Vac- 
couchementf le nMrnelon par la succion souvenl 
rcpetee, ce qu! est aussi le meilleur moyeii, nous 
Tavons dit^ de rein6dier & la conformation vicieuse 
du mamelon ; on pent aussi lotionner le sein avec 
du rhum ou de Teau-de-vie, le recouvrir avec un 
petit chapeau de caoutchouc, etc. Ces moyens peu- 
vent Stre employes avec avantage. 

Quant aux moyens proposes pour amener la gu6- 
rison de ces accidents, nous mentionnerons seule- 
ment ceux qui reussissent le mieux. 

Des qu'une femme qui commence k allaiter sent 
au mamelon une douleur qui ressemble a un l^ger 
dechirement, il faut poser sur le bout du sein, 
aussit6t que I'enfant a cess6 de t6ter, un bout arti- 
ficiel en caoutchouc, en bois ou en ivoire, pour ^viter 
le frottement du linge et le dess^chement de la peau. 

Ce moyen simple sufflt quelquefois pour arrSter 
le mal ; s'il continue et s'augmente, on fera feire un 
peu de Iris bon cirat, avec du Wane debaleine, et on 
enfrotteralapartie malade avant de remettre lebout 
artificiel. 

Quelquefois aussi la peau, ^tant moUe, a besoin 
d'etre resserr^e. Alors on pourrait, avant de re- 
mettre le c6rat et le bout artificiel, lotionner le 
mamelon avec de I'eau de guimauve additionn^e de 
quelques gouttes d'eau-de-Vie, ou avec du vin rouge 
sucr6. On mettrait ce melange tiede dans un verre i 
liqueur ou dans un coquetier dont on poserait le 
bord sous le bout du sein, qu'on laisserait ainsi 
tremper pendant quelques minutes. 



114 LS LIVRE DES JEUNES MfiRES 

Enfln, si le mal ne s'am^liorait pas, on essaiei 
Tallaitement mWiat avec le bout de sein artificiel 
t^tine de vache, en li^ge, ou en ivoire raraoUi. 
les trotive chez la plupart des pharmaciens. 

Pour s*en servir, on les met tremper dans 
I'eau tWde jusqu'a ce qu'ils soient devenus mous 
souples comme de la chair vivante ; (fig. 35 et 3( 
les passe ensuite dans Teau frdche et on les essuit 





Fig. 35. -^ Rout de sein 
artiflciel non ramolli. 



Fig. 36. -^ Bout de sein 
artiflciel ramolli. 



Au moment de donner k t^ter, on pose un de ces 
bouts sur le mamelon , de maniSre que celui-ci entre 
bien dans sa cavit^. On place le troisi^me doigt et 
Pindex sur le rebord, et on appuie pour que ce rebord 
porte bien exactement sur le sein. On pr^sente ce 
mamelon artificiel a Tenfant, qui fait souvent beau- 
coup de difficult6s pom* le prendre; avec de la 
patience, on finit ordinairement par Vj decider. 

Ce bout de sein artificiel ne preserve pas trAs bien 
le mamelon de TirritatiCn produite par la succion de 
I'enfant, mais il tempore cette irritation etpeut ainsi 
rendre quelque service. II faut bien veiller pendant 
la succion a ce que Fair ne s'introduise pas sous Id 
rebord de I'appareil, car Tenfant ferait des efforti 



LES MAUX DE SEIll Hi 

inutfles pour avoir le lait puisqu'il ne Tobtieiit que 
par le vide : il avalerait beaucoup d'air et se rebu- 
terait bientdt. 

On peut aussi essayer centre les gerQures Temploi 
du Baume Delacour. Apres chaque t6t6e, on lave 
avec soin le mamelon malade, et on le badigeonne 
avec im pinceau tremp6 dans ce liquide ; on recouvre 
ensuite le sein avec le petit chapeau, que Ton vend 
avec ce baume. 

Dans quelques cas, on a obtenu de bons r^sultats 
en appliquant sur le mamelom, a Taide d'un pin- 
ceau, une couche de teinture de benjoin^ que ron 
renouvelle plusieurs fois par jour, sans craindre que 
cette preparation puisse ^tre nuisible a I'enfant. 

On peut aussi enyelopper le mamelon d'un 6pi- 
derme artiflciel fait de baudruche mince et souple, 
rendue adhSrente par une couche de collodion ^lae- 
tique, qui est insoluble dans la salive et le lait. 

Enfin Pemploi du cotmilique au raiiin de Pierlot 
peut aussi donner de bons resultats. 

On use de ces mojens tant que les ger^pires ne 
sont pas gurries ; toutefois il est bon d' essayer de 
temps en temps de s'en passer, et d*habituer gra- 
duellement le sein k la succion directe. 

Engorgement des aelns 

Quelquefois les seins se trouvent engorges par 
une surabondance de lait, ce qui fait souflFrir, peut 
causer quelquefois des maux assez graves, et cr^e 
one difficult^ a T enfant pour prendre le sein. 



116 LE LIVRE DES JEUNES MfiRES 

Pour d6gorger les seins, on peut recourir aux 
pompes de verre, prepar^es specialement pour cet 
usage, qu'on trouve chez les marchands de verrerie, 
et avec lesquelles on peut aspirer soi-mfime le lait, 
qui, ane fois aspire, reste dans lapompe. II pourrait 
arriver qu'on fftt oblig6 de recourir a des moyens 
plus puissants, comme de se fairet^ter par un enfant 
plus age que le sien, ou par une grande personne ; 
mais il ne faut user de ce moyen que lorsque les 
autres sent reconnus insufflsants. On pourrait aussi 
couvrir les seins de cataplasmes, ce quifaciliterait 
beau coup Tecoulement du lait. 

Par une cause ou par une autre, Tusage d'un 
sein peut 6tre perdu momentan6ment ou mSme pour 
toujours. Aussit6t que Tam^lioration du mal le per- 
inet, U faut recommencer a donner le sein malade, 
car il y a un grand avantage a nourrir des deux 
c&tes. Neanmoins, si Ton ny parvenait pas, on 
acheverait tr^s bien la nourriture avec un seul sein. 

Lorsqu'une femme a parcouru sans accidents les 
six premieres semaines qui ferment le complement 
de la crise de la delivrance, il est fort probable 
qu'elle n'en eprouvera pas dans le cours entier de 
Fallaitement. Ce n'est pourtant pas sans exemple, 
^t nous pensons qu'une nourrice doit toujours 6tre 
*ort circonspecte et tr^s soigneuse d'elle-meme : la 
santS de son enfant depend de la sienne dans une 
oertaine mesure, c'est une raison de plus pour Ten- 
gager a se manager. 



CHAPITRE VI 

L'ALLAITEMENT 
Importance de rallaltexnent xnatern'^. 

L'accouchement est termini. La mere,apres avoir 
nourri son enfant de son sang, doit maintenant le 
nourrir de son lait. L'allaitement est le complement 
de la grossesse, et doit fitre consid^rd par la mere 
encore plus comme une prerogative precieuse que 
comme un devoir absolu. 

H4t6ns-nous de reconnaltre que la loi naturelle, 
{ui oblige la m^re k allaiter elle-mSme son enfant, 
fmt^ dans la pratique, rencontrer des impossibilit^s 
fbrmelles. Mais, en somme, ces exceptions a la 
p^gle generale ne sont pas aussi nombreuses qu'on 
reut Men le dire; elles reinvent de la competence du 
nMecin, seul capable de bien apprecier les condi- 
ions de sant6 des parents , et les diverses circons- 
iances qui rendent Tallaitement impossible pour une 
"emme, difficile ou danger eux pour un nouveau-nfi. 

Quand une femme possSde une constitution saine, 
me bonne conformation des seins, quand elle foumit 
in lait de qualite normale et de quantity suffisante 
>our subvenir aux besoins de son nouveau-n6, quand 
We est dou6e en outre d'assez de volenti et de raisoo 
K)ur remplir avec ardour sa mission honor^e de 

7. 



-T 



118 LB LIYRS DES JEUNKS MfiRES 

m^re, il est noD seulement de son devoiry mais 
encore de son int^r^t personnel et de celui de son 
enfant, de s'y consacrer entiSrement. 

L'aUaitement xnixte. 

Parfois, au milieu des conditions en apparence 
les meilleures, aprds un allaitement tres bien com- 
mence, la mere voit son lait devenir moins abondant 
et m^me se tarir presque completement, ou bien, 
sans diminuer de quantity, devenir tres aqueux et 
par suite trop peu nourrissant. D'autres fois, la lac- 
tation ^tant parfaite sous tous les rapports, si le 
nourrisson est vorace, ou bien a plus forte raison 
s'il s'agit d'en elever deux k la fois, on peut avoir 
lieu de craindre pour la mSre un allaitement trop 
longteraps continue. Dans ces cas, on pourra con- 
seiller Vallaitemenl mixie^ c'est-a-dire Tallaitement 
matemel complete par Temploi du lait de vache, 
de chevre ou d'Anesse. On surveillera alors trAs 
attentivement la sant6 de Tenfant , et s'il ne sup- 
porte pas ce mode d'alimentation, on devra en- 
gager sa mSre k le confler prds d'elle k une nour- 
rice Strangere. 

L'allaitement xneroenaire. 

Si pour un motif ou pour un autre, il est dSfenda 
k la mdre d'allaiter, elle ne devra pas pour cela se 
s^parer de son enfant. Ne pouvant lui donner so 
lait, elle tiendra a lui prodiguer les soins joumaliaris 
qui lui sent si n^cessaires, et pour lesquels persona 



L'ALLAITEMEirr 119 

M la remplacera, qu'elle le sache bien ; elle le sui- 
▼ra des yeux et du coeur , tout en confiant Tallaite- 
ment a une autre mSre qui, plus mal partag^e qu'elle« 
aura dft, en faveur d*un enfant qu'elle ne connatt pas, 
sevrer le sien pr^matur^ment, au risque de le sou- 
mettre k un regime plein de d£!igors. Co mode 
d*aIimentation par une nourrice m^r^^enaire, ainsi 
effectu6 etdirigSdans rint^rieur de la f ami He, par 
une noturice $ur lieu^ comme on dit, est, a d^faut 
de Tallaitement matemel complet et mSme incomplet, 
celui qui r^unit les plus fortes chances do r^ussite. 
Dans les grandes yilles, et sp^cialement a Paris, 
une grande partie de la population ouvridre et com- 
mergante pen fortun^e, ne pouvant prendre de nour- 
rices sur lieu, confie ses enfants a des naurrices dk 
<:ampagnej qui les emportent chez elles, souveut loio 
de tout contr61e des parents. Beaucoup de ces femmes 
ignorantes font alors de Talimentation des nourris- 
sons un veritable metier dans lequel elles econo* 
misent, yolontairement ou non, sur la vie de leurt 
petites victimes. Nous devious signaler ici, sans y 
insister pour le moment, cette funeste pratique » 
ooni!xe laquelle il a fallu rintervention d'une i(A 
spteiale *. 

1. Nous donnerons a la fin de notre livre les principaux 
i tides de cette loi relative h la protection des enfants ea 
^ 8 4ge, vot^e le 23 d^cembre 1874, appliqu^e seulement 
Aepulsrannee 1878, et qui a produit de tr^s heureiin 

^•esultats. 



ISO LE LIYRE DES JEUNES MERE8 

L'aUaitement artifioiel. 

Lorsque la m^re est dans rimpossi'bilit^ d'allaiter, 
lorsque, faute d'un logement convenable et de res- 
sources sufflsantes, elle ne peut avok* a demeure 
chez elle une nourrice etrangere, si elle n'a pas non 
plus les garanties n^cessaires pour qu'elle puisse sans 
crainte se s^parer de son enfant, elle devra preferer 
a la nourrice de campagne, Yallailement arlificiel^ 
avec le lait de vache, de cheyi*e ou d'&nesse, au 
moyen du biberon ou du petit pot. 

Le biberon, malgr6 ses inconv^nients, ne merite 
pas tous les reproches qu*on lul adresse. Certes, 
quelles que soient les precautions apport^es dans son 
usage, jamais il n'^galera le sein d*une m^re ou 
d'une bonne nourrice. Mais si Ton examine bien les 
avantages et les inconv^nients d'une nourrice 61oi- 
gn^e des parents du nouyeau-n6, prSs de laquelle 
celui-ci risque de ne trouver ni soins entendus, ni 
sollicitude afifectueuse, ni m£me peut-Stre la quantity 
et la quality de lait qui lui conviennent, et si on les 
compare avec les avantages et les inconv^nients 
de Tallaitement artificiel bien compris, dirig6 par le 
d^vouement siir et infatigable de la mere, on ne 
devra pas h^siter un seul instant, a notre avis, et, 
tout compte fait, on choisira de preference Vallai- 
iement arlificiel dirigi par la mere. M^me k Paris^ 
et a p]u9: forte raison a la campagne, Talimentation 
au biberon, lorsqu'elld est conduite d'une mani^re 
rationnelle et d*apr^s les principes que nous indi 



L'ALLAITEMENT 121 

queronsy loin d^Stre d^sastreuse comme on Fa prd- 
tendu, pourra donner d'excellents resultats. 

Lo lait doit dtre la seule nourrlture du nouveaa-n^. 

Comma on le voit, le nouveau-n6 pent ^tre nourri 
de quatre fagons diff6rentes : 

P Par sa m^re {allailemenl maiemel) ; 

2° Par une nourrice sur lieu ou a la campagne 
[allaitement mercenaire) ; 

3° Au moyen du biberon ou du petit fot {allailement 
^tificiel) ; 

4° A la fois par une nourrice et avec Taide du 
biberon ou du petit pot [allaiternent mixte). 

Nbus parlerons de chacun de ces modes d'alimen- 
tation et nous examinerons comment ils doivent 6tre 
dingus. Mais auparavant nous tenons a appeler tout 
de suite Tattention de la mere sur la nScessit^ ab- 
solue de ne donner^ au moins pendant les cinq ou 
fix premiers mois, que du lait a Venfant. Nous 
Savons bien qu'en 6mettant ce principe nous ris- 
quons fort d'entrer directement en lutte avec les 
pr6jug^s les plus tenaces et les routines les plus 
ent^tSes; mais nous supplions nos jeunes mamans 
de r6sister a tons les conseils contraires qu'elles ne 
manqueront pas derecevoir de tons c6t6s, — il y va 
delasant^y de la bonne constitution, peut-etre mSme 
de la vie de leur enfant ! 

Nous n'en finirions pas si nous voulions raconter 
ici tons les accidents que nous avons yus se produire 
parce qu'on avait donn^ trop t6t a de pauvres petits 



122 LE LIVRE DES JEUNES M&RE8 

^tres des soupes indigestes ; chaque fois que TenfaDt 
criait, on en concluait tout de suite quUl avait faiml 
Et s'il avait faim, c*est que la mere n'avait pas assez de 
lait, ou que son lait ne valait rien ! Et aloi s, malgr^ les 
defenses lesplus expresses dum^decin, onbourrait le 
pauvre petit de soupes ou de bouillies faites avec toutes 
les farines que Tindustrie ne manque pas d' exploiter. 

Parsonne, autrefois, ne songeait a remplacer le 
lait par d^autres aliments pour Aever un noiu> 
risson. Ce n'est qu'a partir du dix-septieme si^de 
que Tusage de donner aux enfants des bouillies, des 
isoupes et autres preparations artiflcielles pr^tendues 
fortifiantes, a commence k se repandre, et c'est pri- 
cis^ment de cette ^poque, a la suite de ce change- 
ment malheureux des habitudes anciennes, que date 
rinvasion du rachitisme en Europe. Ce fait A lui seul 
mifflrait a d6montrer que le lait est dans le premier 
Age le plus digestible, le plus assimilable, en conse- 
quence le plus fortifiant de tons les aliments, et 
qu'aucun autre ne peul utilemenl le supplier, 

Tant que la bouche de Tenfant reste dispos6e ex- j 
tdusivement pour la succion, c'est-a-dire jusqu'aTap- 
parition des premieres dents, Tallaitement est leseul 
mode d' alimentation qui convienne au nourrisson. Les 
ehangements que Ton apportera plus tard dans Tallai- 
tement et qui permettront de le remplacer, pea A pen, 
par le regime ordinaire de la famille, constitaent 
le sevrage, qui doit Stre subordonn^ 4 la dentition. 

Nous traitorous plus loin, dans un mfime chapitr0f 
ces deux sujets. 



ALLAITBMBNT MATERNEL 12S 

!• «-> Allattimbnt maternbl 
Goxnxnenoement do rallaitexnent. 

Nous avons i&ji donn^ dans un chapitre pr^^- 
dent, k cause de Timportance du sujet, tons les 
details qui nous ont paru n^cessaires sur la premiire 
Utie. Nous reviendrons sommairement ici sur quel- 
ques points sp^ciaux d^ja trait^s, afln de donner 
dans leur ensemble toutes les indications utiles sur 
le commencement de Tallaitement. 

La sScrdtion du lait ne devient abondante qu'aprSs 
Vaccouchement, le plus souvent sans souffrance et 
sans fl^vre chez la jeune mSre. Quand la montde 
du lait, qui a lieu le second ou le troisieme jour 
apr^s la d^livrance, s'accompagne de fidvre, s*il 
n'y a pas de complication d'une maladie qui com- 
mence, il faut en chercher la cause moins dans 
la lactation elle-m^me que dans la distension dou- 
loureuse des seins, soit que la femme n'allaite pas, 
soit qu'aprds avoir allait^ elle cesse brusquement 
de le faire. Au moment de la montSe du lait, au 
moment oil les seins se gonflent et se durcissent, il j 
a seulement chez Taccouch^e un peu de lassitude 
et de courbature, d*agitation et de mal de t^te; 
cette indisposition, qui n'est pas de la fidvre, est 
passag^re, elle ne dure guere qu'un jour quand la 
femme nourrit, et se termine sans laisser de traces. 
Nous avons dija ditque nous ne partagions nul- 
lement Topinion de ceux qui recommandent de ne 
i&ettre le nourdau-n^ au sein qu'apr^s le lui avoir 



134 LE LIVRE DES JEUNES MERES 

laiss6 r6clamer pendant les 24, 36 et m^me 48 pre- 
mieres heures ; nous n^aimons pas que pour apaiser 
un pen ses cris on se borne a lui donner quelques 
gouttes d'eau sucr6e. On doit presenter Tenfant au 
sein, comme nous Tavons dit plus haut, cinq ou six 
heures apresla d61ivrance terminee. 

Tout d*abord, il convient de laisser la m^re se 
reposer de ses fatigues et de ses souffrances. Malgr^ 
le bruit des premiers vagissements de son eniant, 
elle ne tardera pas a c6der a T^puisement de ses 
forces, et a s*abandonner a un sommeil r^parateur. 
D'un autre c6td, Tenfant naissant, p(^niblement 
impresslonn^ par les agents ext^rieurs au milieu 
desquels il se trouve tout a coup plac^, ne reclame, 
des qu'il a 6te lav^ et habill^, des que sa respira- 
tion s'est ^tablie avec r^gularit^, qu'une douce 
temperature, un air pur, et du calme autour de son 
berceau ou il s'endort bient6t. Le moment n'est pas 
encore venu de songer a son alimentation. 

La dur^e de ce repos, pour lui et pour la mdre, sera 
plus ou moins longue, suivant que Taccouchement 
aura 6t6 plus ou moins laborieux; elle yariera entre 
4, 6 et 8 heures au maximum. Attendre plus long- 
temps, c'est attendre que les sems se gonflent, se 
durcissent et que la succion du mamelon devienne dif- 
ficile; c'est risquer que la mdre, a cause de ces pre- 
mieres difficult6s, perde courage, et que les efforts de 
Tenfant, sans parvenir a d^gorger les seins, d^termi- 
nent des douleurs, des crevasses et plus tard des abcds. 

Si on le juge bon, on fera prendre a I'enfant quel- 
ques cuiller^es k caf^ d'eau sucr^e tiede, sans mi- 



ALLAITEMENT MATERNEL 125 

lange d'eau de fleur d'oranger ; si, par une circon- 
stance quelconque, Tallaitement maternel^tait rendu 
impossible pendant un ou plusieurs jours, on ajoute- 
rait a I'eau sucreeun quart environ de lait de vache. 

Les nouvelles fonctions du nouveau-n6 s'^tablis- 
sent en partie aux depens de son propre or- 
ganisme : aussi a-t-on constats, a Taide de la ba- 
lance — cet instrument si prficieux dans la question 
qui nous occupe, et dont I'usage devrait se repandre 
dans les families, — que 3 ou 4 heures apres sa 
naissance, en dehors de toute expulsion d'urine et 
de meconium, I'enfant presentait deja une diminution 
depoids manifeste. Ce serait Texposer a un veri- 
table danger d'inanition s'il ^tait n6 ch^tif, ou du 
moins d'aflFaiblissement considerable, que d'attendre 
au dela de quelques heures pour le mettre au sein 
de sa mere. L'enfant montre alors, par ses mouve- 
ments de succion r6p6t6s, par son agitation et ses 
cris, qui viennent succ^der au sommeil, le besoin 
de teter qu'il 6prouve ; si on le laisse alors puiser 
au sein de sa mere le liquide appropri6 a T^tat de 
ses organes digestifs, ilt6moignera aussit6t par la 
satisfaction ^vidente de tout son Stre que le voeu de 
Ja nature a et6 compris et justement ^coute. 

Normalement, les seins de la nouvelle accouchSe 
sont, des le premier jour, le siege d'une secretion 
assez abondante pour foumir aux besoins nutritifs 
dunouveau-n6. Les mouvements de succion de cefui- 
ci, outre qu'ils assurent son entretien corporel, ont 
pour effet a ce moment de rendre les mamelons plus 
souples et plus saillants, leurs orifices plus libres, de 



It6 LB LIVRE DES JEUNES M£31E8 

favoriser et r^gulariser la lactation ; autrement, 
quand la s6cr6tion du lait devient abondante, c^est- 
&-dire vers le troisi^me ou le quatridme jour, on 
pourrait avoir a craindre de la flevre — veritabk 
fievre de laii dam ce cos — qui viendrait mettre 
obstacle Alat^t^e. 

II est rare, si Tenfant est bien conformd, que son 
premier essai pour t^ter reste infructueux. Mais il 
esttoujours d'une haute importance de s'assurerque 
la deglutition se fait r6ellement ; car il peut arriver 
que, tout en operant des mouvements de succion, le 
nouveau-n6 n'avale pas. On s'en apergoit de suite k 
rimmobilit6 du larynx en avant du cou, et a Tabsence 
du bruissement que produit le passage intermittent 
du lait de la bouche dans la gorge, ainsi qu'a Tab- 
sence de la sensation particuli^re 6prouvee par la 
mere au moment de la sortie du lait 4 travers les 
orifices du mamelon. 

Bient6t, loin de chercher k activer la succion et 
la deglutition, il deviendra peut-Stre n^cessaire de 
les mod^rer. En eflFet, Tenfant prend quelquefois le 
mamelon avec tant de force et avale avec tant de 
precipitation qu'il cause de la douleur a sa nourrice ; 
de plus, il arrive quelquefois qu'un peu de lait p*- 
nitre dans le larynx, ce qui determine de la toux et 
une gSne momentan^e de la respiration. Dans ce 
cas, il faudra suspendre la tet^e un instant, en reti- 
rant le mamelon de la bouche du nourrisson. 

Aussit&t que le nourrison a flni, il faut le prendre 
k deux mains^ en le tenant couche et en lui soute- 
(Uant les reins, r ; le poser dans son berceau. 



ALLAITEMENT MATERNEL 127 

Pendant les deux ou trois premiers jours de Tal-. 
!aitement, le- nouveau-n6 se fatigue tr^s vite par 
suite des mouvements de succion qu'il execute ins- 
tinctivement. Apres quelques efforts successifs, il se 
repose un pen pour recommencer ensuite, s'arreter 
de nouveau, etc. Les temps de repos ne tardent pas 
i devenir plus longs que les temps de succion ; T en- 
fant semble sommeillw, ilpeutresterune demi-heure 
au sein et cependant la quantit6 de liquide prise a 
chaque t^t^e rester en somme fort minime, de sorte 
que rintervalle entre les repas doit ^tre court. A ce 
moment les repas doivent 6tre frequents, et, pour ne 
pas fatiguer Iji m^re, ne pas ^tre inutilement prolon- 
g^s. II est difjScile de fixer les intervalles qu'il con- 
vient de mettre entre les repas, et par consequent 
leurnombre dans les premier ef^journ^es; cependant, 
comme tenne approximatif , il est sage de ne pas Tes- 
ter plus de deux heures pendant le jour, et plus de 
trois ou quatre heures la nuit, sans mettre le nouveau- 
116 au sein. Si Tenfant est faible et tette mal, il faudra 
le faire t^ter encore plus souvent, toutes les heures 
et demie, toutes les heures m£me. 

Autant que possible, dSs les premiers jours, il ne 
faut pas attendre qu'il crie pour lui donner a t6ter ; 
9u*il apprenne d6ja, autant que possible, que les 
cris ne sont pas n6cessaires pour t6moigner ses 
besoins. Lorsqu'il s'^veille, il reste ordinairement 
un moment silencieux; il attend. Cost ce moment 
<lu'il faut saisir pour lui donner la seule chose qu'il 
desire, le sein de sa mere. 



128 LE LIVRE DES JEUNES M£R£S 

Manidre de donner le sein. 

H pourrait, au premier abord, sembler superflu 
de donner des explications sur une chose aussi na- 
turelle et aussi simple que celle de donner le sein a 
un enfant : il y a cependant certaines pr6cautions i 
indiquer, et nous avons vu souvent nos jeunes ma- 
mans s'y prendre si mal, que nous ne croyons pas 
inutile d'entrer dans quelques details a ce sujet. 

Avant de donner le sein, la mere devra lotionner 
le mamelon avec de Teau tiede. EUe le placera en- 
suite elle-m^me dans la bouche et sur la langue de 
son enfant, en lui imprimant de petits mouvements 
et en faisant jaillir quelques gouttes de lait par une 
douce pression exercee i sa base, pour exciter le 
nourrisson a t^ter. EUe fera en mSme temps grande 
attention a ce que celui-ci pui«se pendant tout le 
temps du repas respirer librement par le nez ; il faut 
pour cela que la main de la mere appuie sur le sein 
pour Teloigner des narines du nourrisson, pour mo- 
d6rer en m^me temps Tarriv^e du lait dans la bouche, 
et 6pargner ainsi ces ingurgitations trop rapides qui 
causent de la toux et parfois des vomissements. 

Pour donner, au lit, le sein aisement, la mere doit 
6tre un peu couchee sur le c6te correspondant au sein 
qu'elle veut donner, et avoir le haut du corps soulev6 
autant que possible, ses reins soutenus avec des 
oreillers, en attendant qu'il lui soit permis de s'asseoii' 
dans son lit. Ensuite, quand elle se levera, elle 
choisira pour s'asseeir une chaise basse, et solide. 



ALLAiTEMENT MATERNEL 



Eile tiendra I'enfant non pas horizontalement, mais 
pour ainsi dire parallelement a elle-meme, ou tres 
obliquement plac6 contre sa poitrine, de fa^on que 
latete soit relevee et que la figure ne soit pas appli- 




Fig. 37, 



qufee trop fortemeot contre le sein. Elle attirera dou- 
ceraent sous son aisselle le bras du petit, qui se 
trouvQsous son sein. 

Lorsque les enfants coramencent a avoir des dents, 
■Is mordent quelquefois lesein ent^tant;on devrales 
«Dipecher de prendre cette habitude, car lis pour- 



130 LE LJYRE DBS JEUr^ES MEllES 

raient ainsi faire beaucoup de mal. Aussitdt qu'on 
sent que Tenfant veut mordre, il fuut lui frapper sur la 
main et le gronder ; il l&che le sein et se met a plea- 
rer. Au bout d'un moment, on le lui pr6sente de nou- 
veau; s'il recommence, on renouvelle la petite correc- 
tion, etil comprend bientdt pourquoion la lui inflige. 
Dans tous les cas, il faut donner les deux seins a 
chaque repas, et maintenir entre eux une 6galite 
parfaite. . 

Quantitd de lait ndcessaire k I'enfant. 

La quantity de nourriture prise au d^but de I'allai- 
tement estminime mais sufflsante: 10 a 15 grammes 
k chacune des huit ou dix t^t^es pour les deux 
premiers jours. 

Les jours suivants, la quantity de lait fournie par 
la mere augmente, Tenfant absorbs plus qu*il ne 
perd, il se d^veloppe; ses repassont plus copieux et 
doivent Stre moins fr6quents. 

Le quatrieme et le cinquieme jour, la s^cr^tion 
laiteuse est d^ja abondante, le nourrisson prend ce 
qu'il prendra d^sormais pendant tout le premier mois 
de sa vie, 60 grammes environ a chaque repas, et 
son d^veloppement est rapide. Apres un mois, 70 
grammes de lait a chaque repas ; apr^s trois mois, 
100 grammes; apres cinq mois, 120 granmaes; 
apres six mois et jusqu'd neuf mois, de 150 a 180 
grammes. 

Quand la lactation a acquis toute son activity, la 
quantity de lait fournie au nourrisson en vingt-quatre 



ILUOTEMENT MATSRNEL 131 

lieareB est enyiron de 650 grammes da premier au 
deuxi^me mois^ 750 le troisieme, 950 du sixieme 
aa neuvieme mois. 

Ces chifires, bien entendu, n'ont rien d'absolu ; 
ilsne sont que desr^sultats mojens d'observations. 
Nous avojQs pens^ qu'ils auraient quelque int^rSt 
pour la mdre soucieuse de comiattre son nourrisson, 
et ils pourrront servir^ dans une certaine mesure, 
a diriger Tallaitement, naturel ou artificiel de Ten- 
fant, et surtout a se xendre compte de son insuffi- 
sance possible. 

Pour prendre la somme youlue de nourritnre, 11 
faut un certain nombre de tdt^es quotidiennes. Ce 
nombre, pour I'enfant en bonne santd et qui trouve 
au sein ais^ment de quo! se satisfaire, doit n^cessai- 
rement varier avec T&ge, T^nergie vitale, Tactiyit^ 
de d^yeloppement du nourrisson, et aussi avecle 
degr^ d'abondance du lait s^cr6td et le plus ou moins 
de facility de son ^coulement. 

Un pr6cepte important et sur lequel on ne saurait 
trop insister, c'est de n'accarder le sein que lorsque 
le besoin de nourrilure est bien riel, et rum pas seur- 
Icfnent pour calmer la mauvaise humeur et les oris 
<fe r enfant. 

Les mdres, par une tendresse aveugle, et les nour- 
nces, par un zele ignoranti toujours prates k consi- 
d^rer la moindre agitation de leur nourrisson comme 
^opreuve du sentiment de la faim, veulent donner 
^ t^ter a chaque instant, a toute heure indistincte- 
iiieut, le jour et la nuit. EUes se privent ainsi d'un 
somineil soutenu qui leur serait pourtant n^cessaire ; 



132 LELIVRE DES JEUNES MERES 

elles ^puisent sans raison leurs seins et leurs forces, 
et fatiguent sans profit les organes digestifs du nour- 
risson. L'enfant constamment abreuve de lait, et de 
la partie la plus aqueuse de ce liquide — car, sans 
app6tit veritable, il cesse de teter au moment ou le lait 
le plus nutritif se presente — n'a pas le temps de le 
dig^rer et le r6gurgite, ou le digere mal, et par suite 
est en prole a des coliques, de la diarrh^e, etc. II 
subit ainsi un arrSt de d6veloppement, et bientotune 
d^croissance rapide, dont il est souvent difficile de 
corriger les effets. Souvent, s'il supporte ce surcroit 
d' aliment, le nourrisson acquiert, avec un embonpoint 
exagiri et trompeur^ qui ftatte bien a tort les parents^ 
tous les caracteres du lymphatisme, dont les cons^ 
quences peuvent £tre trSs f&cheuses. 

Frequence des t^t^es. 

n faut done que I'allaitement soit r^gularis6, que 
les heures des t^tSes soient determin^es par le besoin 
de nourriture. L'enfant s'habitue vite a cette pra- 
tique, et chacun des int^ress^s s'en trouve a mer- 
veille. Pour cela, la mere doit, au d^but, avoir le 
courage d'entendre crier son enfant sans r6pondre a 
ses cris autrement que par de deuces caresses, qui 
l*apaisent et Tinvitent au sommeil. 

En effet, les cris et Tagitation ne sent pas tou- 
jours I'expression des besoins r6els du jeune enfant. 
Encore priv6 de la parole, ils sent pour lui le seul 
moyen de manifester ses joies aussi bien que ses con- 
trariitis, ses impatiences et ses soufirances. C'esten 



ALLAITEMENT MATERNEL t33 

tenant compte du moment on surviennent ces oris, 
de Toccasion et des autres phenomenes qui les accom- 
pagnent, c'est en- les observant avec discernement, 
qu'on peut arriver a leur attribuer leur signification 
veritable. 

On reconnaitra que Tenfant a faim, si, apres un 
sommeil paisible ayant dure depuis le dernier re- 
pas le temps ordinaire et pr^vu, il agite vivement 
ses bras, s'il remue sa t6te a droite et a gauche en 
ouvrant la bouche comme pour chercher le seir, s'il 
saisit fortement le bout du doigt qu'on lui met entre 
les levres, et le suce en manifestant bient6t quelque 
impatience et quelque deception. 

La mere s^empressera alors de satisfaire le besoin 
qu'eprouve siirementson nourrisson; ellelui donnera 
a t^ter I'un apres I'autre ses deux seins, jusqu'a ce 
qu^elle ait lieu de penser, d'apres les indications 
<iue nous aliens lui donner, que la dose necessaire 
<ie lait a 6te prise, et sans attendre pour terminer 
le repas que I'enfant repu se soit endormi en 
tetant. 

Comme on salt la quantity de lait que doit prendre 
chaque jour I'enfant pour subvenir a son existence, 
aux diverses phases de sa croissance, et comme on 
^ pu, par rexp6rience, en pesant le nourrisson avant 
et apres ses repas , connsdtre la quantity qu'un enfant 
avale habituellement a chaque t^tde, on a pu d6ter- 
^ifler, approximativement bien entendu, le nombre 
fit les intervalles des tet6es quotidiennes. La mere 
devra suivre autant que possible les indications ci- 
dessous : 

8 



134 LE LIYRE DES JEUNES M£RES 

Abstraction faite des exigences individuelles el des 
COS exceptionnelSy il ne fautpas metlre plus de deux 
heures d'intervalle cnlre les repas pendant le pre- 
miermois; dpartir dudeuxiime mois, cet intervalle 
devra itre de trois heures, el de quatre apres le iroi- 
sieme mois; d partir du quatrieme mois, le nomhre 
des repas sera le mime, mais chacun d'eux sera plvi 
copieux. 

En agissant de la sorte, apres les premieres se- 
maines, le nourrisson prendra de 70 a 100 grammes 
de lait a chacune de ses sept t^t^es quotidiennes, et 
apres les premiers mois de 100, 120 et jusqu'a 
180 grammes par repas, renouvelSs cinq ou six fois 
dans les vingt-quatre heures. 

DSs le commencement, on engagera la mere a 
prendre un repos continu de cinq a six heures pen- 
dant la nuit. n lui faudra pour cela se r^soudre a 
rester sourde aux cris que son enfant poussera peu^ 
6tre d'abord ; ces cris cesseront bient6t de venir 
interrompre son somimeil. Le sonuneil est, avec le lait^ 
le premier besoin de I'enfant. II faut accoutumer 
celui-ci des sa naissance a en user longuement pen- 
dant la nuit. La mere donnera le sein, pour la 
demiere fois de la joum^e, entre onze heures 
et minuit, et pour la premiere feis entre quatre et 
cinq heures. 

n est bien Evident qa*on ne pourra pas, dans la 
pratique, conserver une r^gularit6 aussi parfaite. 
Nous indiquons ici le but a atteindre ; on s'en rap- 
prochera le plus possible, et de la sorte on foumira 
a Tenfant a pen pres la m6me dose de lait a des in- 



ALLAITEMENT MATERiNEL 136 

tervalles reguliers, on lui permettra de dig6rer ce 
qu'il aura avale, on lui 6pargnera les regurgitations 
trop fr^quentes et les troubles digestifs qui nuisent 
beaucoup a son accroissement normal ; on pr^viendra 
€nfln cet embonpoint exag^r6 qui provient du sur- 
crott de lait que certains nourrissons de grand appitit 
sent capables de supporter. 

En mfime temps, la mere aura quelques moments 
de loisir, et pourra se livrer au repos indispensable 
A sa sant6, ou vaquer a ses aflfaires. Son lait aura 
le temps d'acqu6rir toutes les qualit6s qui lui sent 
nteessaires. Le moment de donner a titer lui sera 
alors aussi agriable et utile i eUe-meme qu'A son 
nourrisson ; car elle sentira la n6cessit6 de se dibar- 
rasser de Tample provision qu'elle aura faite pour 
lui. Le lait venant en abondance, Tenfant ne tiraillera 
paslesein, ne cherchera point a le mordiller, et la 
mere aura plus de chances d'iviter les maux de sein, 
dont nous avons longuement parl6, et centre les- 
quels il faut 6tre toujours en garde. 



Le lait xnaternel. 

Le lait est la premiere et doit Stre pendant plu- 
«ieurs mois Vuniqize nourriture de I'enfant. La mere 
qui le foumit sera curieuse, nous en sommes sftrs, 
de connaltre les caract^res, les qualitis et la com- 
position de cet aliment admirable, dans lequel son 
infant trouve tous les matiriaux nicessaires k la 
€roissance active de ses organes. 



136 LE LIYRE DES JEUNES MERES 

Les aliments, si divers quUls soient, se rangent 
dans les trois categories suivantes : 

V Les matieres qui, par la digestion, sont trans- 
formables en sang, en chair, en organes vivants. Leur 
composition se rapproche de celle de I'albumine ou 
du blanc d'oeuf, et a cause de cela on les appelle 
aliments albumino'ides ; comme ce sont ces aliments 
qui ferment v6ritablement le corps humain, on les 
appelle aussi souvent aliments plastiques, 

2" Les matieres qui, absorbees, prennent la plus 
grande part, avecTair respir6, aux phenomenes de 
combustion organique et a la production de la cha- 
leur corporelle : on les appelle, pour cette raison, 
les aliments respiratoires. lis comprennent toutes 
les substances grasses, sucr6es ou f^culentes, ana- 
logues aubeurre, au sucre et a la fecule. 

3® Les matieres miniraks^ telles que le sel 
marin, le phosphate de chaux, Toxyde de fer, etc., 
qui avec I'eau, servent comme les precedentes a la 
formation et au renouvellement des parties solides 
(les os) et des parties liquides de I'organisme. 

L'association de ces trois ordres de substances est 
indispensable k Tentretien de la vie, au d6veloppe- 
ment du corps, en un mot a Talimentation. 

Le lait, type de V aliment complete renferme done 
des matieres albumino'ides, des matieres grasses et 
sucrees, et des sels mineraux. C'est un liquide d'un 
blanc opalin, ni bleu&tre ni jaun&tre, d'une saveur 
douce et sucree ; sa consistance est un pen sup6- 
rieure a celle de Teau k laquelle il pent se mSler 
en toutes proportions ; il se coagule par les acides, 



ALLAITEMENT MATERNEL 137 

par Talcool, et, en particulier, par la sac provenant 
de la surface interne de I'estomac ; il est faiblement 
alcalin. 

Examinee an microscope, une gouttelette de lait 
se montre form^e par un liquide transparent dans 
lequel nagent une infinite de globules lisses, de 
volume tres variable, brillants, Isolds, et roulant 
librement lorsque le lait est pur. 

Abandonn^ k lui-mSme dansun vase, le lait se s^- 
pare d*aboid lentement en deux couches distinctes: 
la couche superieure, la cr^me, est onctueuse, molle, 
opaque, formSe par la partie la moins pesante dulait, 
c'est-a-dire les globules ; la couche inferieure, tout 
a fait fluide, est le lait 6cT&m6. 

PeuaprSs, ce lait ecreme, expose a Fair et laiss^ 

en repos, d'alcalin devient acide; il fermente et se 

s6pare a son tour en deux portions : la premiere 

est solide ou plut6t de consistance molle et d'appa- 

rence floconneuse, plus blanche que la crSme, et n'a 

pas de saveur, c'est la casiine ou matiere albumi- 

noide du lait ; laseconde est tout 4 fait liquide, jaune- 

verdatre, transparente, d'une saveur aigrelette, 

c'est le sirum ou pelit-laii^ eau acidul^e dans la- 

quelle sont dissous la laciine ou iucre de lait et 

presque tous les composes ou sels miniraux du lait. 

En resume, on voit que les trois especes de ma- 

tieres alimentaires sont representees dans le lait. 

P les aliments plastiques ou albumino'ides sont 
formes par la caseine du lait caill6. 

2® les aliments respiraloires sont formes par le 
beurre de la crSme et la lactine du petit-lait. 

8. 



1S8 LE LIVRE DES JBUNES MfiRES 

3^ les sels minSraux existent en dissolution dans 
le petit-lait (1). 

Le lait est Taliment complet par excellence : non- 
seulement il renferme ions les Elements necessaires 
a Talimentation, mais il les renferme a T^tat le plus 
facilement assimilable par les organes d^licats de 
Tenfant. On pourrait dire que le lait est presque de 
la chair liquide. 

Les circonstances qui, chez une femme bien por- 
tante, influent sur la composition de son lait sont 
nombreuses. Les diffiSrences les plus marquees tien- 
nent au s^jour plus ou moins prolong^ du lait dans 
les seins, et au temps ^coul^ depuis raccouchement. 

La production du lait ^tant continue, et I'allaite- 
ment intermittent, le lait, dans I'intervalle des t^- 
t^es, s'accumuje dans les seins ou son s^jour Tap- 
pauvrit en beurre et le rend plus aqueux ; de 
sorte que le premier lait qui s'^coule au d^but du 
repas est le moins riche en creme, et que la portion 
suivante est meilleure. Mais la difif^rence est en 
somme peu prononc^e chez la femme. 

L'influence du temps ^coulS depuis le d^but de 
Tallaitement est beaucoup plus remarquable. 

(1) De nombreuses analyses chimiques ont fait connaitre 
quelles 6taient les quantites de ces divers matdriaux compo- 
lant le lait de la m6re. Ainsi, on a trouv^ que 1,000 grammss 
de lait, environ un lilre, renfermaient : 

Eau 889 giammes 

Cas^ine 28.80 — 

Beurre 25 — 

Sucre de lait ou lactiatf . . , , . 53 — 

Seis min^raux , 4.20 — 






I 

I 



ALLAITEMENT MATERJVRL 139 

De mSme que la quantite de nourriture doit va- 
rier avec Tage du nourrisson, la proportion des di- 
verses substances nutritives contenues dans le lait 
se modifie du d^but k la fin de Tallaitemdnt. Le lait 
secr^t^ dans les premiers jours qui suivent la dili- 
vrance possede des caract^res physiques et chimi- 
ques tout particuliers, et a pour cette raison regu 
un nom special, celui de colostrum. On lui a attribu^ 
un6 vertu purgative qui n'est pas r6elle. Comme le 
lait parfait, c'est un aliment, et un aliment tres riche 
en graisse et en caseine ; pris par le nouveau-n6, k 
qui la nature le destine, il. stimule les contractions 
et les s^cr^tions de son intestin et favorise de cette 
fagon Texpulsion du meconium. 

Ce premier lait est un peu ^pais, jaunS,tre et Slant ; 
on J voit au microscope, a c&t^ des globules ordi- 
naires qui sent en petit nombre, de nombreuses 
granulations grasses tres fines et, par places, des 
amas de ces granules r6unis entre eux. Peu a peu, 
le colostrum est remplac6 par le lait parfait. Le 
septi^me jour, le lait a d^ja acquis ses qualit6s et 
sa composition normales ; il est toutefois encore un 
peu jaun&tre. Le dixi^me jour, il est abondant, assez 
^pais, et peu apres ne pr^sente plus aucun des 
caracteres du colostrum. 

Pendant les trois ou quatre premiers mois, la pro- 
portion de la caseine, du beurre et des sels min^raux 
(du phosphate de chaux en particulier) , continue 
d'augmenter sensiblement. Cette proportion reste 
stationnaire pendant les mois suivants, et diminue 
ensuite du dixi^me mois a la fin de Tallaitement. 



140 LK LIYRE DES JEUNES HfiRES 

Hygiene de la nourrloe. 

La nature des aliments digSres par la mere peat 
avoir une grande influence sur la secretion et la 
composition de son lait. 

Gertaines substances, telles que Tail et Tanis, lui 
communiquent leur odeur propre. 

On a observ6 que des nourrices qui absorbaient 
de Talcool foumissaient un lait assez charge de ce 
principe pour avoir une action fltcheuse sur le nour- 
risson. 

La pomme de terre accroit la proportion de beurre 
et de Sucre de lait. 

La biere augmente la quantity de lait. 

Un regime mauvais ou une nourriture insuffisante 
am^nent une diminution dans la secretion du lait, 
qui, en mSme temps, contient plus de beurre et en 
somme devient nuisible k la santS de I'enfant. 

II r^sulte des observations faites sur ce sujet 
qu'il est indispensable d'apporter dans le regime de 
la nourrice une grande vari^t^, et qu'il n'y a pas 
lieu de lui imposer une alimentation sp^ciale. Elle 
pent user de tons les aliments qu*elle dig&re sans 
peine, en Svitant seulement les substances exci- 
tantes ou ^chauffantes. Les femmes du Nord boivent 
de la biere et du cafe, celles de la Bourgogne boivent 
du vin, celles de la Normandie du cidre, celles des 
campagnes mangent surtout des legumes et celles 
des villes plus souvent de la viande, — et les unes et 
les autres peuvent Stre de bonnes nourrices. La 



ALLAITEMENT MATERNEL 141 

viande, le poisson et les legumes qonviennent egale- 
ment; les fruits bien mftrs et la saJade, s'ils sont 
Men dig^r^s, ne seront pas injerdits. Ce qui im- 
porte, c'est de ne pas modifier trop brusquement le 
regime habituel, de satisfaire Tapp^tit, qui est sou- 
vent notablement accru par rallaitement, et de le 
satisfaire en faisant des repas plut&t frequents que 
trop abondants et succulents. 

Une precaution utile a prendre, et cependant a 
laquelle pen de nourrices pensent, c'est d'6viter de 
donner a t6ter pendant le travail de la digestion. 
L'activite vitale et le sang se portent a Testomac 
pendant ce travail; ils en seraient detournes au 
profit des glandes mammaires pour la s^cr^tion et 
I'^mission du lait; alors I'estomac, 6tant priv6 de 
leur concours, ne ferait que tres imparfaitement ses 
fonctions, et il en r6sulterait de la fatigue et des 
tiraillements qu'on attribuerait a tort aTexigence de 
I'allaitement. Une partie des maux d'estomac dont 
86 plaignent les nourrices trouvent la leur cause. 

La mere qui allaite doit prendre chaque jour, au 
grand air et surtout au soleil, un exercice mod6re. 
Les bains tiedes, pen prolonges, lui conviennent 
parfaitement. Mais elle ne saurait trop se garantir 
contre rimpression du froid et de Thumidit^. Elle 
fera bien de se couvrir les seins d'une mousseline 
pliee en plusieurs doubles, qu'on renouvellera toutes 
les fois qu'elle sera mouill6e par le lait qui s'6cou^ 
lera quelquefois dans Tintervalle des tet6es. Pendant 
la t6tee du premier sein, il peut mSme arriver que 
le lait s'echappe de Tautre 



lil LE LIVRB DES JEDNES UGRES 

11 arrive quelquefots que ces pertes ie la^t dotit 
assez abondaotes pour causer une veritable gene : 
on peat dans ce caa faire usage d'une petite fiolel 
en yerre faite expr^s dont nous donnons la figure. 

Ces fioles sont plates d'un cflt^ et un peu bomb^es 
de I'autre; elles portent au milieu du c6t6plat ontrou 
destinS a recevoir le bout du sein ; sur le bord sup^- 
rieur, tl y a une petite ouverture pour le passage de 
I'ur, et a c6t^ un petit anneau dans lequel on passe 




\ lie do face Vne de profil. 

F g j(S Doute He plate destine i recevoir le lail. 

on cordon pour suspendre la bouteille au con. Bile 
regoit le lait qui s 4coule du sein. Pour I'enlever du 
sein, il faut avoir soin de boucher le trou qui sert a 
riutroduction de I'air et larenversersur le cflt^ oppose 
k I'ouTerture dans laquelle ^tait le mamelon. 

Gette bouteille peut 6tre employee toutes les 
fois qu'il 7 a accumulation et^coulement delait.Nous 
n'avons pas besoin d'ajouter qu'il faut rentretpoir 
dans un parftut Stat de propret^, et la vider 86u- 
vimt. 



ALLAITEMENT MERGEJNAIRE 143 

Aussit6t apres la t6tee, il est tres utile de laver le 
cnamelon avec une Sponge fine ou un linge souple 
imbibe d'eau tiede. 

Enfin, derniere recominandatioii, la mere qui ^Uaite 
a besoin de calme et de tranquillite d' esprit, elle 
ioit Stre tout enti^re k la joie profonde du grand 
role qu'elle remplit. 



IL — Allaitement mercenaire 

Si Ton s'est assur^, sans qu'il reste le moindre 
doute, que la m^re ne peut allaiter son enfant, il 
faudra prendre une nourrice ^trangere et si les res- 
sources des parents le permettent, on choisira de 
pr6f6rence> nous Tavons dit, une novrrice sw lieu. 

Nour rices sur lieu et nourrioes de campagne. 

D 7 a deux sortes de nourrioes a gages : 

P Celles qui, venues le plus souvent de la cam- 
pagne pour habiter la ville, se placent dans une fa- 
mille pour nourrir un enfant sous la surveillance 
des parents — on les appelle, comme nous Tavons 
dit, des naurrices sur lieu; 

2* Celles qui viennent prendre un enfant dans sa 
famille pour Temporter chez elles, ordinairement 
ala campagne, et I'^lever loin du contr&lematernel, 
— on les appelle des naurrices de campagne. 

Ces demieres, absolument maltresses d'elles- 



1 



144 LR LIVRE DES JEUNES MflRES 

mSmes et des enfants qui leur sont abandonn^s* 
pauvres et malheureusement encore le plus souvonl 
inintelligentes, en s'engageant a 61ever un enfari 
etranger, songent moins aux soins qu'elles lui doiveni 
qu'a Targent qu'il leur rapporte. Et ce trafic n'ed 
profitable pour elles, bien souvent, qu'a la condi- 
tion de continuer leur travail aux champs et I'al^ 
laitement de leur propre enfant ; et alors TautreJ 
Vitranger^ nourri artificiellement, priv6 de tout cfi 
qui lui est dtl et de tout ce qui a ^t6 promis a se^ 
parents, — sein, bon air, propret^ et soins, — 
est vou6 a un developpement imparfait, au rachi- 
tisme, au d6p6rissement qu'amenent fatalement l6 
defaut de soins et Tinsuffisance ou la mauvaise quality 
de Talimentation. Sans doute, a present que la nou- 
velle loi pour la protection des enfants du premier 
Age est ex^cutee, ces femmes sont placees sous la 
surveillance de medecins-inspecteurs et visitees par 
les membres d'une commission locale ; parmi elles, 
il y en a certainement qui comprennent leur de- 
voir et Faccomplissent avec honnetet^; mais, il 
n'en est pas moins vrai que les nourrissons confies 
aux nourrices de campagne sont les plus mal par- 
tages et que lamortalite quipese sur eux est encore 
vraiment desolante. 

Une mere ne doit consentir a Eloigner d*elle son 
enfant que lorsqu'elle y est absolument forc^e; elle 
devra toujours pr6f6rer a la nourrice de campagneune 
nourrice sur lieu. L'allaitement mercenaire, sous 
la surveillance et la direction maternelles, est le 
meilleur moyen de remplacer le sein de la mere. 



▲LLAITBUENT MERCSNAIRS 145 



Choiz de la nourrica. 



Le dioix d'une nourrice est chose difficile pour les 
parents, et delicate pour le medecin, car rien n'est 
moins commun que de rencontrer r^unies toutes les 
qualites desirables. H faut dans ce choix n'exiger ab- 
solument que les qualitds essentielles, et s'attacher 
avant tout aux conditions vraiment importantes. 

L*id^al d'une bonne nourrice serait une femme 
ag^e de yingt a trente ans, n6e de parents sains, 
elle-mfime bien portante, bien d^velopp^e, ayant de 
belles dents, des seins plut6t glanduleux que toIu- 
Quneux, ayec des mamelons bien conform^s, dont 
Id lait serait abondant, nourrissant et kg^ de deux 
a trois mois ; une femme exp^riment^e, qui aurait 
deja 61ev6 un premier enfant ; alerte, propre, d'ap- 
parence agr^able, d'un caract^re gai et doux, d'une 
intelligence 6veillee et pratique, et d'une impression- 
nabilite pas trop vive. On congoit que toutes ces con- 
ditions ne se trouvent pas commun^ment r^unies. 

II faudra que Texamen de la nourrice soit complet, 
et nelui confier Fallaitement, c'est-a-dire la vie d'un 
enfant, qu apr^s s'fitre assurd de son ^tat de sant6, 
<^e r^tat de sante de son propre enfant qu'elle a 
allaiti jusqu'alors, et d'apres lequel onpr^jugera les 
qualites de son lait et la valour de ses soins. Aprds 
^ftla, renseignez-vous, interrogez, prenez toutes vos 
precautions pour n'fitre pas tromp^ sur I'Age, les habi- 
t'Udes, la famille, etc., de la nourrice qui se pr^sente 
i vous, — et si vous trouvez en elle toutes les garan* 



t46 L£ LIYRE DES JEUNES HfiRES 

ties indispensables d'un bon choix, vous ne devrez 
pas ensuite Stre trop difficile sur le nombre et la 
beauts des dents, la couleur plus ou moins foirc^e 
des cheveux et la perfection des traits. 

Quand la mere est forc6e de mettre son enfant en 
nourrice a la campagne, elle doit choisir, si cela est 
possible, une locality peu ^loignee de chez elle, de 
maniere a pouvoir aller /act7emen< et par consequent 
iouvent surprendre la nourrice. 

Si Tenfant doit 6tre nourri a la maison, les condi- 
tions hygieniques ou se trouve une femme de campa- 
gne, les habitudes simples qu'elle a prises au village, 
font que sa constitution est plus robuste, son moral 
moins susceptible, et en somme on aura souvent 
raison de la pr^f^rer a celle qui habite la ville. 

A Paris, on recherche beaucoup les nourrices ve- 
nant de la Bourgogae ; il en vient aussi des departe- 
ments de Seine-et-Oise, Seine-et-Mame, du Loiret, 
d'Eure-et-Loir, de la Mame et de la Somme. A 
Lyon, on prend beaucoup de nourrices dans laSavoie 
et le Dauphine ; a Marseille, dans les Hautes et 
les Basses-Alpes ; a Montpellier, dans le Tarn et 
I'Ayeyron ; a Bordeaux et k Toulouse, ce sent les 
femmes des Pyr^n^es que Ton pr^fere. 

Las bureaux de placement. 

Ces femmes qui viennent chercher a la viDe un 
nourrisson pour TaUaiter chez ses parents, ou ponr 
Temmener chez elles a la campagne, s'adressent pour 
•ela k des bureaux de placement sp^ciaux autorisis 



ALLAITEMENT MERCENAIRE 147 

et surveill^s par radminislration pr^fectorale. La 
nourrice que le public y vient chercher est obligee 
d'avoir un camet, que la prefecture de police lui 
delivre quand elle a obtenu du maire de sa commune 
un certificat d'identitd et d'un mededn-inspecteur, 
nomm^ en execution de la loi de 1874, un certificat 
luMical constatant qu'elle remplit les conditions 
desirables pour 4ileTer un nourrisson au sein. Ges 
deux certiflcats sent inscrits sur le camet, qui re- 
produit en outre, avec Tacte de naissance du nour- 
risson, le texte des articles du Code p^nal et des re- 
glements administratifs qui int^ressent directement 
les nourrices et les directeurs des bureaux de place- 
ment, n J a li pour le public une garantie bien n^- 
cessaire centre des fraudes nombreuses. Gependant 
bon nombre de femmes dchappent encore a la surveil- 
lance de Tautorite et a Texamen medical, et, en ris- 
quant les p^nalit^s sp^cifiees dans la loi, s'engagent 
directement sans passer par Fintermediaire des bu- 
reaux de nourrices, sans produire Tattestation de 
lears services passes et les pieces de T^tat civil 
exigees par les ordonnances de police. 

La nourrice de campagne doit £tre visit^e chaque 
mois par un m^decin-inspecteur et par un membre 
de la commission locale institute par le pr^fet ; les 
observations de ces visiteurs sent consignees sur le 
camet de la nourrice. Mais, de leur cdt^, les pa- 
rents ne sauraient exercer une surveillance trop 
attentive sur les soins donnas a leur enfant. 

Cette r^glementation de Tindustrie des nourrices 
Q^oxiste qu*en France. II est vrai que, partout ail- 



14S LE LIVRE DBS JEUNES M£RES 

leurs, oh cette Industrie est libre, remploi des nour- 
rices a gages est Texception et rallaitement mater- 
nol la regie. En Angleterre, beaucoup de meres qui 
ne peuvent allaiter elles-mSmes leurs enfants pre- 
ferent les nourrir au biberon plutdt que de les confier 
a des nourrices mercenaires. n en est de mSme en 
Allemagne. 

Les salaires des nourrices varient naturellement 
beaucoup. A Paris, les nourrices sur lieu demandent 
de 50 & 80 francspar mois. De plus, lesbureaoxfont 
payer leurs frais de placement, ainsi que les frais du 
retour de Fenfant de la nourrice a son pays. 

Une nourrice de campagne, demande de 20 a 
30 francs par mois. 

Surveillaiioe de rallaitement meroenaire. 

Une mire obligee de confier son enfant a une 
nourrice mercenaire doit agir comme si elle nour- 
rissait elle-m^me; nous voulons dire que si son 
enfant n*a pas son lait, il doit du moins avoir sa sur- 
veillance et ses soins , qui ne peuvent se remplacer. 

II conviendrait que la nourrice sur lieu couchat 
dans une chambre voisine de celle de la mSre, ou elle 
pourrait £tre surveillee a divers moments, aussi bien 
pendant la nuit que pendant le jour. 

Ondoitluid^fendreexpress^ment de coucher son 
nourrisson avec elle. 

On fera sagement d'6viter, k la promenade, les 
commerages avec les autres nourrices ou les bonnes 
^trangeres ; elle ne recevrait gu&re malheureuse- 



ALLAITEMENT MERCENAIRE 149 

mentqnede mauvais conseils. Le plus sage serait 
denepaslaisser lanourrice sortir seule; on T^vitera 
du moins autant que possible. 

La nourritore de la nourrice doit £tre sans cesse 
surveill^ ; las femmes de la campagne qui viennent 
dans les villes pour allaiter ne sont point habitudes 
a line nourriture substantielle et il faut veiller k 
ce que le changement de regime ne soit pas trop 
brusque. La bont^ des mets excite leur app^tit, et 
elles mangent outre mesure ; de plus, leur estomaCf 
n'itant pas habitue aux nouveaux aliments qu'elles 
prennent, poorrait s'en trouver fatigu6. 

H arriye souyent que le nouveau regime des 
nourrices sur lieu a pour r^sultat de les faire en- 
graisser on maigrir ; Tun ou I'autre est une chose 
facheuse et un signe probable de Talt^ration de leur 
lait. Pour ^viter cela, ii convient de changer le 
moins possible la vie habituelle de la nourrice, de la 
faire travailler et de lui donner une nourriture saine 
et abondante, mais appropri^e, le mieux possible, a 
ws habitudes. 

Les t6tees, leur dur^e et leurs intervaUes, seront 
I'egl^s comme nous Tayons dit, en parlant de Tallai- 
tement matemel. 

Rapports de la mdre aveo la nouriice. 

Wsle premier jour de I'entr^e d*une nourrice sur 
lieu dans la famille qui Fa choisie, il faut que la mere 
lui annonce qu*elle entend dinger elle-mfime I'allai- 
^^ment de son enfant ; il faut qu'elle n'h^site pas i 



150 LE LIYRI DES JEUNES MERES 

se faire ob^ir et a redresser les mauvaises habitudes 
prises, les id^es fausses et les prejug^s apport^s da 
village. Gela doit dtre fait avec autant de douceur et 
debont^ que de fermet^, sans t^moigner a la nour- 
rice la moindre impatience pour ses maladresses ou 
son ignorance. II faut, des le d^but, que celle-ci se 
persuade bien que vous ne redoulez pas son chan- 
gementj afin qu'elle ne se croie pas indispensable. 

On ne devra point introduire la nourrice dans Tin- 
timit^ de la famille, et cependant il faut la garder 
prds de soi le plus possible. Cette position est tres 
gSnante pour les parents; c'est Tun des inconvdnients 
inherents a ce mode d'allaitement. 

On doit tout faire pour que la nourrice ne s'ennuie 
pas. Ge n'est pas en lui procurant des distractions 
qui ne sont ni dans ses habitudes, ni dans ses besoins, 
qu'on J reussira ; on la detoumerait ainsi de ses 
devoirs. Le meilleur moyen est de ne jamais la laisser 
oisive, comme Test ordinairement une nourrice sur 
lieu. Nous engageons done a la faire travailler; 
^tant habitude au travail chez elle, Tinaction lui serait 
pr^judiciable a tons ^gards. Loin de la faire servir 
par les autres domestiques de la maison, elle doit 
faire son service et celui de Tenfant qu'elle nourrit, 
et aider mSme les autres. Elle a plutdt besoin 
d'exercice que d'un repos complet. La volonte de 
la nourrice ne devra jamais pr^valoir sur celle de la 
mere, sans que pour cela on doive refuser de la dis- 
cuter et de Tadopter si on la trouve sage. 

On a tort de combler une nourrice de cadeaux 
pendant le cours de Tallaitement. Plus elle en aura, 



ALLAITEMENT MERGENAIRE 151 

plus elle en voudra ; et alors oUe proportionnera les 
soins qu'elle donnera k son ^l^ve aux cadeaux qu'on 
loi f era ; et comme il est dans la nature humaine de 
n'Stre jamais satisfaite, comme le plus sAr moyen de 
faire nattre de nouveaux d^sirs est de contenter ceux 
qui ne seraientpas justes, les exigences de la nour- 
rice deviendront extremes, sans que pour cela son 
zele augmente. II nous paratt pr^f^rable de lui faire 
entendre, des le commencement de rallaitement, 
qu'on ne lui fera de cadeaux qu'a des ^poques d^ 
termin^es : a la premiere dent et a la fin de Tallai- 
tement. 

Si les nourrices se comportent bien, U faut certes 
leur t^moigner de la satisfaction, et on fera pour le 
mieux d'apr^s leurs godts et leurs usages de famille. 
Si elles se conduisent mal, U n'j a pas a h^siter : ii 
faut d'abord les menacer de les renvo jer , et le faire 
ensuite si elles ne changent pas. II sera beaucoup 
moins f^cheux pour un enfant de changer de lait 
que d'Stre laisse aux mains d'une mauvaise femme. 

Vers la fin de la nourriture, si Ton a et6 content, 
c'est alors qu'on pourra t^moigner par de Targent 
sa reconnaissance ; c'est d'ailleurs surtout au mo- 
ment ou une nourrice retoume dans sa famille que 
cette lib^ralit6 pent lui 6tre profitable. 

On fera bien, si on le peut, d'entretenir des rela- 
tions avec la nourrice> mSme apres Tallaitement 
termini; un enfant ne doit pas oublier celle qui 
lui a donne son lait, et il est juste qu*un veritable 
attachenient vienne payer ce service. Une m^re ne 
doit pas Stre jalouso de cet attachement ; c*est un* 



158 LE LIVRE DES J£UN£S MEEES 

garantie de celui que son enfant aura pour elle- 
m^me. Si la mere n'a pas rempli son devoir, parce 
qu'elle ne le pouvait pas, elle concevra de la recon- 
naissance pour celle qui Taura suppl^ee. Si elle ne Ta 
pas fait, parce qu'elle n'a pas voulu s'en donner la 
peine, elle ne saurait envier un bien qu'elle a aban- 
donnd volontairement ; et elle doit encourager un 
sentiment qui est louable d'un cdt^, et m6rit^ de 
Vautre. 



III. — Allaitement artifigikl 

CSas oik U faut accepter raUaitement artifioleL 

A moins que la mSre ne se trouve dans une cir- 
coqstance particuliere, qui rende Tallaitement im- 
possible pour elle-mSme ou dangereux pour le 
nouveau-n^, nous avons d^ja dit qu'elle ne devait 
pas h^siter a remplir son devoir de nourrice. 

Si, pour un motif s^rieux, illui est defendu d'al- 
laiter, elle fera sagement de prendre une nourrice 
a demeurechez elle. 

Enfin si cette d^pense est au-dessus de ses res* 
sources, ou si quelque autre motif Temp^che de se 
resoudre i ce sacrifice , elle n*aura plus a choisir 
qu'entre Tallaitement mercenaire non loin d'elle a 
la ville ou k la campagne, et Tallaitement artificiel. 
L'un et Fautre ofirent des inconvSnients et des 
dangers. 



ALUOTEMENT ARTIFICIEL 153 

Abandonner son enfant a une ^trangere dloign^e, 
c'est Tabandonner a Tinconnu. Si cette nourrice 
etrangSre est honn^te, bonne at intelligente, sans 
nuldoute elle vaudra' presque une nourrice surlieu; 
mais, dans le cas contraire, Tallaitement artificiel 
donnerait, comme nous Tayons d^ja dit, de meil- 
leurs resultats. Le nourrisson se trouvera mieux de 
raster pres de sa mSre et d'etre alimentd par elle 
avec un bon lait de vache, appropri^ a ses facult^s 
digestives, que d'etre envoy^ chez une campagnarde 
ignorante et n^gligente, oik le sein promis pourra 
^tre souyent remplac^ par des melanges mal pr6- 
par^s et des soupes indigestes. 

En France^ il J a des contr^es oii rallaitement 
artificiel est commun^ment accept^, et oil, dans des 
mains exp^riment^es, il r^ussit tr^s bien; mais ail- 
leurs, dans les grandes yilles surtout, oil les condi- 
tions d'hygiene sent moins favorables, les enfants 
s'en trouvent souyent fort mal. L'allaitement artifi- 
ciel, ayec le lait excellent de vaches nourries dans 
les beaux p&turages de la Normandie, par exemple, 
ayec tous les soins et les precautions que son usage 
reclame, n'aura pas pour le nourrisson les funestes 
consequences (diarrh^es, coliques, yomissements) 
qu'il entra!nera s'il est pratiqu^ dans d'autres con- 
ditions. 

Nous insistons sur ce point, precis^ment parce 
qu'il a iti souyent controyerse : Tallaitement arti- 
ficiel n'est pas comparable k Fallaitement naturel ; 
mais il pent rendre de grands services, et, parce 

qu'il prAsente des difficultds , on ne doit pas le pros- 

9. 



1&4 LB LIVRK DKS JKUNSS MERES 

crire absolument. Dans des conditions tonkas parti - 
culi&res, et dans la limite que nous arons indiquee, 
c'est-a-dire s*il faul ehaiiir entre VallaUtmaU mer- 
cenaire a la campagne ei Fallaitemmi artificiel, nous 
n'h^sitons pas a conseiller ce dernier mode ; son 
emploi est rationnel ; bien pratique, il foumit d*hea- 
reux rteultats. Mais il ne faut pas oublier que c'est 
un mode d'aUmentation difficile, et, en somme, plus 
faiiganl ei plus assujeUuisanl pour la nourriee que 
I'allaitement naturel; celle-ci doit s*7 ddvouer tout 
enti^re, c'est i cette condition qu'elle r^ussira. 

Laits employte. 

C'est le lait de yache qui est le plus ordinairement 
employ^ ; on a parfois aussi recours au lait de che- 
Tre, d'&nesse ou de brebis. 

Le lait de vache diffdre sensiblement, par sa com- 
position, du lait de femme ; il est plus riche en 
beurre, en sucre et en casdine, et moins riche en sels 
min^raux, particulierement en phosphate de chaux, 
substance n6cessaire au d^veloppement des os. 

Le lait de la brebis contiont une proportion plus 
grande encore de beurre et de cas^ine, relativement 
moins de sucre et plus de sels ; U conyient beaucoup 
moins que le lait de vache k Talimentation de Ten- 
fant. 

Dans le lait de chdvre, qui est aussi tres nourris- 
sant, il y a a pen pr^s autant de beurre et de cas^ine. 
moius de sucre et moins de sels que dans le lait do 



ALLaITEMENT ART1F1C1£L ICS 

vache ; il a une odeur d^sagreable et n'oSre aucua 
a vantage sur le lait de vache. 

Le lait d'&nesse se rapproche davantage, par sa 
composition, du lait de la femme ; il est de digestion 
facUe et serait sans doute preferable au lait de vache, 
s'il etait aussi commun que ce dernier. 

Le tableau suivant donnera une id^e exacte da 
ces differences de composition : 



Ailments pour 
1,000 parties do lait 


FSaiMB 


YACIE 


BasBis 


tl.iYBB 


iHJEBSB 


Baurie 

Caseine 

Sucre de lait . . . 
Sels mineraux. . . 


25 

28 
51 
4.-.0 


40 
4S 

3.50 


53 
Gl 
42 

7 


42 
47 
40 
6.C0 


ir>5 
17 
58 
5 



Ces chiffres ne sont pas absolus, c'est-a-dire qua 
la proportion des matieres contenues dans le lait 
varie beaucoup suivant la provenance et, pour ua 
m&me animal, suivant le moment de la traite, lanatura 
etla quantite des aliments dont T animal est nourri, etc 
Dansles quinze premiers jours qui suivent la mise bas 
de ranimal,le lait subit des modiiScations, apres les- 
quelles, le colostrum disparaissant, il acquiert sa 
constitution normale ; il offre une diminution cons- 
tante d*eau, une diminution habituelle mais faible da 
Sucre, une augmentation notable de beurre, de 
caseine et de sels. 

Le lait de femme ne differe pas seulement des 
autres laits par la quantite des elements qui le com- 
posent ; il en differe aussi par la qualite propre de 



156 LE LIVRE DKS JEUNES llfiRES 

C6S ^I^ments. Ainsi la cas^ine, qui chimiquement est 
identique dans les divers laits, ne se pr^sente pas 
sous le mdme aspect dans le lait de femme et dans 
les autres laits, quand elle a subi Taction des liquides 
de Testomac ou lorsqu'elle a ^t^ coagulee par Tad- 
dition au lait de quelques gouttes d'acide. La caseine 
dn lait de femme presente alors Taspect de flocons 
filamenteux et mous, tandis que la caseine du lait 
de vache, et plus encore de la brebis etde lachevre, 
se prend en masses ^paisses et r^sistantes. La ca- 
seine du lait d'&nesse, en se coagulant, ne se distingue 
pas sensiblement de la caseine du lait de femme. 

Cette difference est tres importante a signaler, 
car c'est elle qui, pour beaucoup rend difficile et 
dangereuse la substitution de Tallaitement artificiel 
a Fallaitement^ naturel. Malheureusement s'il est 
possible d*amener , quant a la proportion des Elements 
du lait, une ressemblance suffisante entre le lait 
matemel et le lait qu'on lui substitue, il n'en est pas 
de mSme en ce qui conceme les qualit^s natives 
de chaque lait. 

Toutefois, sachant que I'estomac du nouveau-ni 
est organise pour dig^rer de la caseine floconneuse 
et leg^re, quand on lui donnera du lait de vache on 
6vitera la formation de masses trop dpaisses de ca- 
seine coagulee, difficiles a digerer, en ne lui donnant 
pas a la fois une trop grande quantity de ce lait, et en 
Vitendanl auparavant d'une certaine quantited'eau. 

L'allaitement artificiel doit se rapprocher le plus 
possible de Tallaitement naturel. Le lait employe sera 
lament par une addition d^eau k une richesse en 



ALLAlTEMBirr AKTIFIGIEL 157 

Elements nutritifs analogue k celle du lait de femme, 
et sa temperature sera elev^e a celle du corps humain 
{3V cent.)) soit en faisant chauffer Teau avant de la 
verser dans le Mt froid, soit en faisant chauffer le 
melange au bain-marie sans le [aire bouillir, Enfin, 
la quantity de nourriture preparee pour la t6t6e sera 
donn^e au nourrisson a Taide d'un appareil qui devra 
Stre aussi simple que possible , et ' qui exigent de 
lui une succion ni trop facile ni fatigante. 

Modes d'allaitement artlfloieL 

On pent nourrir artificiellement le nouveau-n^ : 
1"* directement par les animaux; 2" indirectement, 
au mojen du biberon, de la cuillSrey du yerre, ou 
du petit-pot. 

Autrefois on recommandait beaucoup Tallaitement 
par les animaux. II n'est plus gu^re en usage que 
dans certaines parties de la Suisse, et en France dans 
TAuvergne et les Vosges, oili on dresse la chevre 
Uanche sans comes a presenter sa mamelle et a 
se laisser t^ter par un enfant. La chevre ne tarde 
pas k remplir son rdle de nourrice avec docility, et a 
manifester mSme k son nourrisson un veritable atta- 
chement. Mais les difflcult^s pratiques de ce mode 
d'alimentation sent grandes , et toutes les reclames 
que font en sa favour quelquos eleveurs int^ressSs ne 
parviendront pas a en g^n^raliser Femploi. L'&nesse 
se pr^te aussi k cet allaitement artificiel direct, qui 
ne pent trouver son application et son utility que 
dans des cas exceptionnels« 



158 LE LIVBE DE3 JEUNES Ut&KS 

Les eafants boivent ais^ment ala cuillere, au veire 
ou au petit pot ; mais alors le lait est vers^ ou trop 
vite oa trop lentement ; son ingurgitatioa est irr6gu- 
liere ; il ; a absence de tout effoi't de succion et 
defaut d'iQsalivation ; tous ces inconv^nients peuvent 
fstre corrig^s par I'habilet^ de la mSre, mais ih ont 
rendu plus general I'usage du biberon. 




Fig. 30, 40 et 41. — Vnaes pour [aire boire I'enfant. 

Dans I'ouest de la France, on emploie, pour faire 
boire I'eiifant, de petits vases en forme de sauciers, 
sans anse, en porcelaine, en buis, ou en argent. 
Nousdonnonsci-des3us(fig. 39, 40 etM) quelques- 
UQS des mod^es les plus usitSs. 

Blbsrona 

L'emploi du biberon constitue aujourd'hui le 
mode d'allaitement artificiel le plus commun^ment 

usit4. 

On trouve partout maintenant des biberons de 



ALUITEME.NT AilTlFiClEL loD 

toutes les formes, et les reclames de tous genres ne 
lour manquent pas. Le biberon le meilleur est celai 
qui sera le plus simple, le moins co&teux, le plus 
facile a nettojer, celui dont le recipient en verre sera 
solide et de contenance appropri^e a la quantity de 
nourriture qui doit etre prise a chaque t^t^e, celui 
enfin dont le mamelon, ni trop mou ni trop dur, ne 
laissera ^couler le liquide qu'avec une mediocre 
facilite. 

n faut rejeter les biberons en m^tal, ceux dont le 
r6<apient trop grand ne permet pas de mesurer aise- 
montla dose de liquide qui convient pour chaque 
rei'os, ou laisse un volume d'air trop grand en con- 
tact ayec le lait, ceux dont la monture fixe ou a vis 
devient, par Teffet du gonflement que Thumidit^ lui 
fait subir, dlMcile a d^monter, et par suite ne se pr£te 
pas a un nettojage frequent. 

Pour les premieres semaines, un biberon d*une 
contenance de 100 grammes est suffisant et U est 
important, d*aprds ce que nous venons de dire, 
qu'il ne soit pas plus grand. Plus tard, U devra Stre 
plus grand parce que Tenfant prendra a chaque 
repas plus de lait. 

On le choisira de forme allong^e-ronde avec un 
fond plat permettant de le poser debout ou a plat^ 
et avec un goulot droit ou l^gdrement recourb^. 

Le bouchon ou emboutj qui ferme le goulot du reci- 
pient, est perc6 pour laisser arriver le liquide dans 
le mamelon qui le surmonte et permettre a Tair ext^ 
rieur de p^n^trer dans le yase a mesure que le liquide 
en sort. Quelques biberons sont disposes pour que 



160 LB LIVRE DES JEUNES MERES 

Tentr^e de Fair et la sortie du lait puissent £tre aug< 
mentdes ou diminu^s, en modifiant le diametre on 
le nombre des orifices de leurs conduits. Quelques 
biberons ont la partie infirieure de Tembout ter- 
xnin^e par un tube en yerre qui plonge jusqu'aa fond 
du vasOi facilite et regie la montee des dernieres 
parties du liquide, comme on le voit dans la figure 43. 

Enfin, le mamelon qui surmonte Tembout et doit 
Stre mis dans la bouche de Tenfant, s'il est fait avec 
du linge ou un morceau d*^ponge est trop mou , s'al- 
tere et communique au lait un goftt aigre; s*il est en 
t^tine de vache, il contracte promptement une mau- 
vaise odeur ; s'il est en caoutchouc souple ou vul- 
canise, il perd assez vite sa resistance elastique , se 
ramollit, se dSforme et prend un goftt et une odeur 
d^sagrSables. 

Les mamelons en liSge et en ivoire ramolli 
valent mieux. Le premier a rinconySnient d'etre iin 
pen fragile ; il a le grand ayantage de pouvoir Stre 
taill^ plus ou moins ^pais, plus ou moins flexible^ 
pour le proportionner a la force et k Vkge de Tenfant, 
et son prix pen 6lev6 permet de le renouyeler sou- 
vent ; le second serait parfait s'il n'itait parfois, 
pour le debut de Tallaitement artificiel, un pen dur, 
et si son prix ^tait plus modique. 

Le mamelon est, dans quelques biberons, support^ 
par im tube ext^rieur flexible, long ou trSs court. 
Cette disposition, representee dans la figure 43, 
permet de faire boire Tenfant dans toutes les posi- 
tions, d'abandonner le biberon pres de lui apres lui 
avoir donne a titer et de nepas surveiller sonrepas; 



ALLAITEUENT ABTIFiaEL 161 

cea Inberons k long tobe, Q'exigeant pas dans lenr 
usage la pr^ence et la BOTveillance de la noarrice 
sont encore qQelqnefois prifirSs, mais ils se oettoient 
mal, exigent des Boina d'entretien qn'on ne leur 
doDue pa9 tonjootB.Hs ne pr&entent en Bomma poor 
I'eD&nt que des ioconvinients. 
Nona regrettoBS tootes les tentAtires &ite8 pour 





Hg. a Fig. 13 

Coupe d'nn biberon laiu tube. Coupe d'un biberon avec tub«. 

^pargner k la mhie cette SDrreillance ; doqs Tondrions 
qne le biberon f&t pendant tont le tempa da repas 
tena par elle, et qne Tallaitement artificiel ffit, 
antant qne possible, pratiqnfi comme rallaitement 
naturel, avec la mfime attention, la m6me r6galarit6 
et les mfimes pttomtions. 

En r&nm*, le biberon b. tnbe, qnel qn'il eoit, est 
d'qn emploi dangerenx ponr Teniant; l'exp6rience 
I'a coadunni; il doit fitre rejet^. 



102 LE LIYRE DES JEUNES MERES 

R&glement de I'allaitement artificiel. 

D'abord, il faadra se procurer un lait de vache 
pur et non ecreme : nos lectrices, si elles out bien 
voalu nous prtter jusqu'ici toute leur attention, doi- 
vent maintenant savoir ponrqaoi. 

A la campagne cela est facile ; on poarra mSme 
alors donner facilement le lait d'nne m6me vache et 
an moment de la traite, avant qn'il ait en le temps 
de perdre la chalenr de I'animal. 

Dans les grandes villes, le commerce des laitiers 
est I'objet d'nne inspection de police sivfere ; ce qui 
n'emp6che pas le lait d'etre sonvent falsifi^. Ordinai- 
rement, les marchands se contentent, apr6s avoir 
enlevfi la crfeme dn lait, d'y ajonter de Fean. Mais 
songez qne sHl rCy a plus de creme^ le lait ne ren- 
ferme plus assez d'aliments reapiratoires ! Ce lait 
baptise a nne saveur fade, une odenr presqne nulle, 
nne conleur l^gferement blenitre, nne consistance 
faible, et ne serait pas assez nonrrissant pour Ten- 
fant h qni on le donnerait. 

A Paris, il existe des vacheries oti il n*est pas 
impossible d'avoir du bon lait ; mais I'hygifene des 
vaches ainsi renferm^es dans des stables pen a^r^es 
est si d6fectueuse qne leur lait pent quelqnefois fitre 
manvais. Nons pr6f<§rons celui qui arrive de la cam- 
pagne matin et soir, et qui est livr^ h domicile en 
vases fermSs et plomb^s : on a chance d'avoir ainsi 
nn lait jowr, non Ecreme et sain. 

On appliquera au rfeglement de Talimentationarti- 
ficielle les principes que nous avons donnas pour Tal- 



ALLAITEMENT ARTIFIGICL 1G3 

laitement naturel, c'est-k-dire que les titees au 
biberon, sons le rapport de la frequence et de Timpor- 
tance^ seront dirig^es comme les titles an sein. 

Comme nous Tavoiifl dit, le lait de vache pur et 
non icT6m& est, pour le nouveau-n6, un aliment trop 
sabs tan tiel. II faut Titendre d'eau dans des propor- 
tions qui doivent varier avec F&ge du nourrisson. 

Pendant les premiers jours, on commencera par un 
melange de 1 partie de lait et 2 parties d'eau ; vers la 
fin de la premiere semaine,2 parties de lait et 3 par- 
ties d'eau ; dans la deuxifeme quinzaine, 1 partie 
de lait et 1 partie d'eau ; au commencement dn 
deuxifeme mois, 3 de lait et 2 d'eau ; et bientdt, jus- 
qu'au sixi^me mois, 2 de lait et 1 d'eau ; ensuite & 
partir du sixifeme mois le lait pourra ^tre donni pur. 

L*eau sera chauflKe de telle sorte que, par sou 
addition an lait, la cbaleur du melange soit, au 
moment oil il sera vers6 dans le biberon, de 37 5. 
38 degrfis centigrades environ. Si on le pr^ftre, le 
melange froid sera amenS it cette temperature tiide 
en se servant du bain-marie. 

Pour assurer h la fois la conservation prolong^e 
du lait et la destruction des microbes nuisibles qu'il 
pourrait contenir, on a recommand6 de le steriliser. 
II faut pour cela le faire cbaufier, en vases clos, au 
bain-marie*. 



1. Nous n*enfrerons pas ici dans la discussion des tempera- 
tures auxqueUes il faut faire chauffer le lait pour obtenir uue 
*l€riU8ation parfaile. Void ce que nous conseillons : on met 
le lait dans de petites bouteilles de la contenance d'un cin- 
quitme de litre environ, qu*on remplit aux trois quarts, et 
qu'on bouche, mais pas hei metiquement. On range les bou- 



164 LE LIVRE DE5 JEUNES MERES 

Cette sterilisation da lait ne donne pas an lait des 
qoalitis digestives sp^ciales; et si on a da bon lait 
de vache, dont la provenance soit connne, et qa'on 
pnissfe renoaveler anssi friqnemment qne cela est 
nteessaire poar Tavoir toujours frais, il faadra le 
priCSrer. 

Dans I'intervalle des titles, la provision de lait 
frais sera mise le pins possible k Tabri de Tair et de 



Fig. 44. ^ Broise pour nettojer le biberan. 

la chalenr, et VM on la conservera en I'entonrant de 
glace, on mienx en la st^rilisant. 

Le biberon sera chaqne fois lav6 avec le pins grand 
soin. II ne fiint pas qn'il reste nne senle gontte de 
lait, qni s'aigrirait bientdt et commnniqnerait an 
biberon nn godt detestable, en m6me temps qn'anx 
tetees snivantes I'enfant ponrrait avaler nn certain 
nombre de ferments, ce qni ne manqneraitpas d'avoir 
snr sa sant£ la pins fi&cbense inflnence. 

La premiere condition de I'allaitement artificiel est 
la propreti absolae dn biberon. II fant d^monter le 
biberon et laver s^pariment tontes ses parties jnsqnc 
dans les pins petits coins. Si malgr^ nos conseils, on a 
nn biberon k tnbe, il fandra le nettoyer avec nne pe- 

teilles dans uoe marmite od on a mis an peu de paille, et de 
Teau froide de fa<^on que les bouteilles y baignent d moiti^. 

On chauffe jusqu'i ce que Teau du bain-marie amve h Tdbul- 
lition ; d^s que cette ^buliitiom de Teau a eu lieu, et elle arriTe 
avaot que le lait bouille dans les bouteilles, on retire les 
bouteilles et on les bouche herm^tiquement le plus rapidement 
possible. 

On trouTe dans le commerce des casseroles sp^ciales et des 
flacons disposes pour la sterilisation du lait. 



ALLAITEMENT ARTIFICIEL 165 

tite brosse(fig. 44), et aprSs chaque Ut^e faire long- 
temps couler de Teau pure dans ce tube. Une fois 
le biberon bien lav^, on le remettra dans sa boite. 
U faudra d*ailleurs changer souvent ce tube en caout- 
chouc, qui contracte facilement une mauvaise odeur. 

A propos de Tallaitement matemel , nous avons 
dit quelle Stait la quantity d*aliment n^cessaire aux 
besoms nutritifs de Tenfant et comment ses repas 
devaient Stre distribues. Ces donn^es sent tout a 
fait applicables a I'allaitement artificiel. 

Au d^but, on agira avec beaucoup de prudence et 
de reserve y et on se souviendra que le nouveau-n^ 
nourri au sein de sa mere prend seulement, pendant 
les deux on trois premiers jours, de 10 a 15 gram- 
mes de colostrum a chacune de ses huit ou dix 
tet^es quotidiennes. On ne mettra dans le biberon 
pour chacun des repas (toutes les deux heures, le 
jour), qu'une quantity ^quiv^alente de lait ^tendu 
d'eau (un tiers de lait et deux tiers d*eau). 

Vers la fin de la premiere semaine, on donnera 
a chacun des repas environ 60 grammes d'un me- 
lange de deux cinquiSmes de lait pur et de trois 
cinquiemes d'eau^ soit 24 grammes de lait, et 
36 grammes d'eau; et an bout de quinze jours, la 
ration restant la meme, le melange sera un peu 
moins aqueux et on pourra employer le lait et Teau en 
quantit^s ^gales. Au commencement du deuxidme 
mois, la quantite de nourriture,^ compos^e d'abord 
de 8 parties de lait et 2 d*eau, puis de 2 parties de 
lait et 1 d'eau, sera toutes les trois heures environ 
de 80 grammes, de fagon que Tenfant re^oive par 



166 LE LIMIE DES JEUNES MfiRES 

jour environ 600 grammes de liquide. Vers le troi- 
sidme mois, la nature de Taliment et le nombre des 
repas seront les mSmes, mais chacun de ceux-ci 
sera plus copieux (120 grammes), de sorte que Ten- 
fant recevra en vingt-quatre heures environ 800 
grammes de nourriture. 

Ensuite, la ration pour chaque t^t^e sera peu k 
peu portSe a 150 grammes, quantity bien suffisante 
pendant les demiers mois de Tallaitement. 

On comprend que ces chifires ne sauraient Stre 
pris comme regie absolue pour tons les enfants. Cer- 
tains nourrissons, robustes et de grand app^tit, digS- 
rant bien le lait de vache , exigeront davantage ; 
d*autres demanderont moins. L'intelligence attentive 
de la mere jugera, dans ces limites, ce qui convien- 
dra le mieux k son enfant. 

Pour bien mesurer la quantity de liquide qui devra 
£tre donnSe, et la verser facQement dans le biberon, 
on se servira avec avantage d'un verre gradud por- 
tant un petit bec-gouttiere sur son rebord. 

Qu*on ne Toublie pas, une des causes les plus 
frequentes d'insuceds dans I'allaitement au biberon 
provient de ce que Ton donne trop a dig^rer k la 
fois a Tenfant, et de ce qu'on le laisse vider de pleines 
bouteilles et se remplir Testomac jusqu'a regurgi- 
tation, n ne faut mettre dans le biberon que la quan- 
tity de liquide devant 6tre prise, le retirer a Tenfant 
des que la t^tSe est achevSe, et ne pas le lui laisser 
sucer a vide. 

Une autre cause d'insucc&s provient de la faQon 
dont le liquide destine au biberon est pr6pari Tantdt 



ALLAITEMENT XIIXTE ltf7 

on fait bouillir le lait, tantot on le coupe avec des 
infusions de mauve ou de guimauve, des mucilages 
gommeux, des decoctions fermentescibles de pain, de 
gruau, d'orge ou d'avoine, Et plus Tenfant se trouve 
mal du r6gime qu'on lui impose, plus on le gorge de 
ces tisanes dites rafraichissantes, qui ne servent 
qu'a entretenir un embarras inflammatoire de Tes- 
tomac et de I'intestin. 

Le lait de vache est par lui-mSme d*une digestion 
parfois penible pour Tenfant ; ne le rendez pas plus 
indigeste encore en le denaturant ainsi. 

En suivant les conseils que nous avons donnes, 
nous n'affirmons pas qu'on r^ussira toujours ; mais 
du moins on sera sAr d'avoir tout fait pour ne pas 
echouer. 



IV. — Allaitkmbnt mixte 

n arrive qu'une m6re, apres avoir allaiti tout 
d'abord dans les meilleures conditions, voit au bout 
de quelques semaines son lait diminuer, au moment 
mSme ou son nourrisson en demande davantage ; une 
autre a un lait suffisamment abondant, mais trop 
aqueux et, par suite, pas assez nutritif ; Uiie autre a 
de tres bon lait, mais sa constitution delicate fait 
craindre qu'un allaitement trop abondant ne nuise a 
sa sant6 ; une autre a mis au monde deux enfants, et 
^'a du lait que pour un ; parfois aussi les conditions 
de son existence ne permettent pas a une mere nour- 



1^8 LE LIVRE DES JEUNES MCRES 

rice de s'occuper dans la joum^e assez longtemps 
et r^gnli^rement de son enfant. Dans tons ces cas 
il est n^cessaire de combiner I'allaitement matemol 
^vec Tallaitement artificiel, et de pratiquer ainsi 
I* allaitement mixte. 

Dans les premiers jours qui suivent sa naissance, 
Tenfant a besoin de trSs peu de lait, et il en trouvera 
toujours assez dans le sein matemel ; ce n'est pas a 
ce moment qu*il sera n^cessaire de songer a une 
nourriture adjuvante. Mais, desqu*on reconna!tra la 
nScessit^ d*ajouter un supplement de nourriture, on 
le fera en combinant Falimentation au sein et Tali- 
mentation au biberon de telle sorte que les deux 
laits ne soient pas donn6s coup sur coup, mais cam- 
posent au coniraire des repas siparis. Par exemple, 
s'il s'agit de permettre simplement k la mere de 
trouver, la nuit, le repos que sa santd exige, elle 
donnera le sein pour la demi^re fois de la joumee, 
le soir, et pour la premiere, le matin; et, dansTinter- 
valle, Tenfant prendra le biberon une ou deux fois, en 
le pr^parant comme nous Tavons dit. Si la quantite 
de lait foumie par la mere est insufQsante, les t^tees 
au sein seront ^loign^es ; au lieu de se renouveler 
toutes les deux heures, on pourra mettre entre elles 
une ou plusieurs fois dans la joum^e un intervalle 
double, — et on placera dans cet intervalle, au lieu 
de la tet6e au sein, le repas au biberon. 

Dans Tallaitement mixte, le lait de vache vient 
seulement supplier ce qui manquait a Tallaitement 
matemel. On en augmente la quantity, suivant les 
besoins de Tenfant et Tinsuffisance de la mer«, mais 






ALLAITEMENT MIXTE 109 

toujours en s^parant nettement les repas au sein des 
repas au biberon, et en suivant d'ailleurs les recom- 
mandations que nous avons faites pour la distxi* 
bution des repas. 

L'allaitement mixte, ainsi entendu, est prSfSrable 
a Tallaitement purement artiflciel. n trouve son appli- 
cation dans tous les cas que nous avons sp^cifiSs, et 
ou la mere continue k foumir du lait en petite 
quantite, mais avec r^gularit^ pendant de longs mois. 

Dans le cas ou la mere, apres avoir eu assez de 
lait, cesserait tresvited'en avoir, Tallaitement mixte 
serait encore une heureuse transition a Tallaitement 
artificiel, que Tenfantsupportebeaucoup mieux quand 
il a travers^ les premiers mois et a 6t& allaiti d*abord, 
m^me incompletement, par sa mere. 

On devra, quand on reconnaitra Tutilit^ de 
I'allaitement mixte, s'j decider vite ; en attendant 
trop longtemps, on risquerait de voir le lait matemel 
devenir trop insuffisant et le nourrisson n'accepter 
le biberon qu'avec difficult^. 

Nous devons signaler, en terminant, une difficult^ 
qui se pr^sente quelquefois dans Tallaitement mixte. 
L'enfant, habitu^ au sein de sa mSre, commence 
d*abord par refuser le biberon ; il faut alors un pen 
de patience et depers6v6rance, et quelquefois mSme 
on est oblig6 de laisser un peu crier Tenfant jusqu'a 
ce que la faim le decide a prendre le biberon. Cette 
difficult6 se pr6sente surtout quand on ne commence 
I'allaitement mixte que vers le sixieme ou le septieme 
^ois, et dans ce cas il est souvent plus facile de 
donner le lait directement au verre ou au petit-pot. 

10 



170 LE LITRE DES JEUNES MiRES 

D^autres fois Tenfant, des qu'il a goat6 da biberon, 
refuse de continuer a prendre le sein de sa mdre. Ce 
•cas se pr^sente surtout lorsque le lait de la mere 
xliminue, et que l*enfant est oblig^ de faire d'assez 
grands efforts pour tSter. Si la chose arrive, il 7 a 
bien des chances pour que la mSre soit obligee de 
renoncer bientdt a Tallaitement au sein : Tenfant ne 
t^tant plus ou presque plus, la s^crStion du lait de- 
Yient moins active, et en quelques jours la source 
t»e tarit tout a fait. II ne reste qu'a continuer en- 
tierement Taliaitement an biberon. 

Nous avons essaj^ de traitor dans ce chapitre le 
plus clairement que nous avons pu, les points prin- 
•cipaux de cette question si ^minemmentinteressante^ 
Talimentation de I'enfant ; et si nous avons cru 
devoir insister a plusieurs reprises sur les principes 
mSmes d'un bon allaitement, c'est que nous avons 
«u trop souvent Toccasion de voir combien de 
prijug6s et combien d'erreurs sent malheureu- 
sement encore aujourd*hui r^pandus dans les fa- 
milies. Que les meres, qui nous font Thonnear de 
nous lire et veulent bien avoir en nous quelque con- 
fiance, nous pardonnent les chiffres et les explica- 
tions parfois un peu techniques que nous avons 
donnas, en songeant qu'il s'agit ici de la sant^ de 
i'enfant qu^elles viennent de mettre au monde. 



GHAPITRE VII 

SEYRAGE ET DENTITIOil 
Preparation au aarrage. 

Dans tons les cas ou Tenfant prospere bien ave^ 
le lait de sa m^re, de sa nourrice ou du biberon, il 
J a grand avantage a attendre jusqu'au septieme- 
ou hnitieme mois, jusqu'apr^s la sortie des dents- 
incisives m^dianes, pour ajouter un nouyel aliment 
a celui qui I'a amend a ce degrd de ddveloppement. 
Tout en medifiant peu k pen Tallaitement, on le- 
continuera longtemps encore de manidre k lui donner 
de moins en moins d'importance, k mesure que 1& 
travail de la sortie des dents s'effectuera et qu& 
Tenfant se familiarisera ayec les aliments qui, a. 
raYenir, formeront son regime. 

Ce serait grayement compromettre la sant6 du nour* 
risson que de le sevrer trop tdt et trop vite. H faudra, 
pour commencer le seyrage, que T^Yolution dentaire- 
soit conmienc6e, et, pour le terminer, c'est-i-dire^ 
pour cesser de donner le sein ou le biberon, qu'elle* 
soittrSs avanc^e et presque terminSe. 

Le seyrage, on le voit, ne consiste pas simplement,. 
comme on Tentend parfois, dans la suppression 
complete de Vallaitement ; il comprend aussi tons les> 
changements qui precedent cette suppression et la 



173 LE LIVRE DKS JEUNES MERES 

rendent facile ; ce n*6st pas une operation qui se 
fait d'unjour k Taatre; il suit Tenfant, on general, 
da septi^me au quatorzidme mois. 

JjBB nouveaax ailments de Tenfant. 

Un grand nombre de substances et de preparations 
spdciales sont employees pour Falimentation des 
jeunes enfants au moment du sevrage. Nous cite- 
rons les diverses farines de froment, d'orge, d'avoine, 
de riz, Tarrow-root, le tapioca, la f^cule de pomine 
de terre, le pain, la biscotte, dont on compose des 
bouillies et des panades bien cuites ; nous ne men- 
tionnerons aucune des preparations, on melanges 
divers, trds usit6s en Allemagne, en Suisse, en An- 
gleterre, et qui commencent aussi a se r6pandre en 
France, on ne saitvraiment pourquoi, car ils ne nous 
paraissent avoir aucun avantage special. 

Tant6t la composition de ces aliments divers se 
rapproche du lait de vache, quails sont loin de valoir, 
et on a, au lieu d'un bon lait naturel, facile a se pro- 
curer partout, une preparation tres mediocre. 

Tantdt on a tout simplement un melange de farines 
diverses, qui ferment un aliment detestable, que les 
enfants digdrent mal, et dont le moindre inconv^ 
nient est de coftter fort cher. 

Laissons done de edt^ ces tentatives dues a 
Talliance interess^e des chimistes et des industrials, 
et disons qu*une panade ou une bouillie tr^s claire 
et bien cuite est Taliment le plus convenable a 
donner a Tenfaut des que le lait devra etre suppl^e. 



SEVRAGE ET DENTITION 173 

Pour les premiers teimips, et afln d*6yiter qu'il m 
reste dans la panade des portions de pain trop grosses 
que Tenfant aurait de la peine k avaler, il convient 
de la passer au tamis. On j mettra un pea de sel ou 
de Sucre, et du beurre. On peut aussi, quand elle est 
cuite*, en faire ^goutter Teau et j yerser du lait. On 
peut ^galement la preparer ayec la biscotte au lieu 
de pain. 

De lagers potages composes de fleor de froment 
ou de tapioca, d'arrow-root, de farina de riz, de 
f^cule de pomme de terre, associ^e an lait de yache, 
que Ton fait bien booilflr, que Ton sucre l^g&rement 
et auxquels on donne une consistance de bouillie tres 
liquide, sont aussi tr^s bons. On les donne k I'enfant 
ayec une petite cuiUere, et par petites portions 
qu'on renouyello k mesure que I'enfant ayale et 
parfois en le laissant se reposer un moment. 

Lorsqu'on commence k faire manger un enfant, on 
a ordinairement le tort de lui donner de la bouillie 
fort 6paisse et mal cuite ; c'est alors de tons les ali- 
ments le plus mauyais qu'on puisse choisir, pour de 
pauyres petits Stres dont les facult6s digestiyes sont 
a peine d^yelopp^es, et qui sont habitues seulement k 
dig^rer les liquides. Cette sorte de colle arriye dans 
leur estomac et j passe la plupart du^temps presque 
sans 6tre digSr^e ; elle cause souyent de yiolentes 
inflammations et des coliques trSs douloureuses. 

n faut preparer ces potages f^culents pour chaque 
i*epas, et les faire cuire assez longtemps sans leur 
donner trop de consistance. Les potages prepares 
avec de la farina pr^alablement torr^flSe, jusqu^4 ca 

10. 



174 LE LIVRE DES JEUIHES M£RES 

qu*elle ait pris une teinte jaunlltre, sont encore plus 
16gers et conviennent parfaitement. 

Dans quelques cas, pour certains enfants d^bilit^s, 
il J aura avantage a pr^f^rer la farine d'avoine a la 
farine de bl6 ; la farine d'avoine contient une notable 
proportion de phosphate de chaux. Avant de la faire 
cuire, il faut pendant plusieurs heures la laisser ma- 
c^rer, et ensuite passer la bouUlie pour en isoler les 
pellicules ligneuses qui accompagnent toujours la 
farine d'avoine. 

R6gleinentation de la nouTelle alimentation 

de I'enfant. 

D'abord, on ne fera manger I'enfant qu'une seule 
fois dans la joum^e et toujours au mdme moment ; • 
on remplacera un repas au sein ou au biberon par dix 
ou douze petites cuiller^es de panade ou de bouillie 
claire. Vers le neuvi^me mois, la tStto du matin 
sera ^galement remplac^e par un repas semblable et 
Tenfant prendra ainsi deux lagers potages chaque 
jour. Bientdt, s'il continue k bien dig^rer cette nou- 
yelle nourriture, on lui donnera un troisidme potage 
dans la soiree, au lieu du sein ou du biberon. G'est a 
ce moment, vers le dixi^me mois, que sortentor- 
dinairement les dents incisives lat^rales. 

Beaucoup de meres donnent k t6ter a leur en- 
fant imm^diatement apres Tavoir fait manger. Elles 
ont tort. Si Tenfant est assez nourri par sa soupe, 
le lait qu'il prend ensuite est une surabondance qui 
lui est nuisible plut6t que profitable, et de plus, s'il 



5KVRAGE ET DENTITION 175- 

sait qu'il doit avoir a t^ter, il se decidera difficile- 
ment a manger. II faut seulement lui faire boire un. 
pea d'eau sucr^e, ou mSl^e d*un peu de yin, aprds- 
chaque repas desoupe. 

Ensuite les potages pourront £tre prepares avec 
le bouillon gras ordinaire, des f Joules et des p4tes, et 
Tars la fln de sa premiere ann^e Tenfant sera amene* 
a manger un jaune d'oeuf cuit a la coque, du pain^ 
tremp^ dans le jus de viande, des purees de pommes^ 
de terre et autres, etc. H sera ainsi tout doucement 
et peu a peu habitu^ k la diversity des aliments qui 
formeront sa nourriture apres le sevrage. 

On continuera cependant a le mettre au sein, mais- 
on diminuera progressivement le nombre des tSt^es, 
en aysuat soin d'augmenter, en mSme temps, dans 
la proportion ndcessaire, les autres aliments. Ainsi, 
a la fin de la premiere annSe, on ne donnera plus a 
t6ter que deux ou trois fois par jour. 

SeTrage d^finltlf. 

n faut attendre, pour cesser tout k fait Tallai- 
tement, que le travaU de la dentition soit trSs avanc^ 
ou presque termini, et choisir pour cela non une* 
saison plutdt qu'une autre (quoique le printemps ou 
i*6t^ soit, a certains 6gards, plus convenable), mais 
le moment de repos qui survient dans revolution 
dentaire, apr^s la sortie parfois difficile des quatre- 
canines, c*est-a-dire vers le milieu de la seconde an- 
nee. L'enfant pent alors triturer et digdrer les ali-^ 
meats soMes (viandes et legumes) bm pr^pai*es« iL 



176 LB LIYRE DBS JEONBS H&RES 

est alors tout naturel, k moins d'une circonstance 
accidentelle et speciale engageant a reculer encore 
r^poque du sevrage d^fiaitif, de mettre promptement , 
en quelques jours, Tenfant au regime des substances 
les plus delicates qui composent ralimentation ordi- 
naire de sa famille ; il y a 6t6 graduellement prSpar^, 
et il sou£frirait maintenant de n'avoir pas una nour- 
riture assez substantielle pour les besoias de son kge. 

En Angleterre, et dans quelques parties de la 
France, en Normandie par exemple, on sdvre tout 
k fait les enfants a six ou a sept mois. Cela est 
mauvais. Le sevrage pr^matur^ offire les mdmes 
dangers que TaUmentation insuffisante, et est line 
cause de maladies graves. 

DanslePoitou, lespajsannes nourrissent jusqu*a 
deux et m^me trois ans ; cela est absolument inutile 
k Tenfant et nuisible a la m^re. 

En r^sum^ done, le terme moyen de quinze a dix- 
huit mois nous parait tres convenable. 

n est impossible d'indiquer une ^poque plus precise 
pour le sevrage dSfinitif. n j a des enfants dont la 
dentition est tardive et pour lesquels il serait difficile 
d'attendre la sortie des canines, n j en a d'autres 
dont la dentition est pr^coce et rapide. Dans tons 
les cas, on choisira un moment de calme et de re- 
l&che dans la pouss^e des dents. 

L'enfant, d^shabitu^ pen k pen du sein, acceptera 
sans pleurs et sans oris d'en dtre tout a fait privd, et 
la maman ne sera pas incommod^e par sonlait, devenu 
de moins en moins abondant par suite de Tinaction de 
plus en plus prolong6e desorganes quileproduisent. 



SEVRAGE £T DENTITION 177 

Quand on a r^solu de sevrer tout a fait T enfant, 
s'il persistait k rSclamer le sein et si la mere n^avait 
pas le courage de lui resistor, elle aurait pour le 
lui faire abandonner la ressource d'enduire le ma- 
melon d'une substance amere telle que Textrait de 
gentiane ou de quinquina d^layS dans de Feau, dont 
la saveur, nouvelle et desagreable pour Tenfant, lui 
enl^verait promptement tout ddsir de reprendre le 
sein. 

Prteaatlons A prendre par la nourrloa. 

En operant ainsi le sevrage peu k pen, la nour- 
rice n'eprouvera qu'une gSne passag^re, causae par 
un engorgement momentan^ des seins, aprds qu^elle 
aura cesse de nourrir. II lui suffira de les couvrir 
de ouate, et bientdt ils ne donneront plus de lait. Sou- 
▼ent, elle fera bien de prendre un purgatif (sulfate 
de sonde ou de magn^sie) et de boire pendant quel- 
ques jours une decoction de chiendent nitr^e, c'est- 
a-dire une decoction de chiendent dans laqueUe on 
fera dissoudre environ deux grammes de nitrate de 
potasse pour un litre. 

An surplus, on attribue au sevrage beaucoup d*ac- 
cidents qui ne lui sont pas dus, et c'est une absurdite 
de dire qu^une femme a du lait rSpandu dans la tSte, 
dans I'abdomen, dans une jambe, dans un bras; on 
^^ a de lait que dans les seins. Seulement la aurexci- 
tation causae dans les glandes mammaires par la 

secretion du lait n'^tant plus appliqu^e a le pro- 
d^ire, des d^sordres peuvent survenir dans ces 



178 LB LIVRB DES JEUNES MfiRES 

organes ou dans d*autres, d^sordres dont la nature 
pent dtre reconnue par un m^decin, et qui seront 
combattus par les ressources de Tart, nullement par 
les remddes de commdras qui ne font malheureuse- 
ment jamais d^faut. 

Dentition. 

L'^poque a choisir pour le sevrage depend, comme 
nous Tavons dit, de la dentition : nous terminerons 
ce chapitre en donnant quelques renseignements som- 
maires sur la marche que suit, le plus ordinairement, 
la dentition des enfants. 

La sortie des premieres dents se fait a des mo- 
ments et dans un ordre qui offrent de grandes va- 
riations. 

On Yoit, mais cela est tr^s rare, des enfants nattre 
avec une ou deux dents. 

D'autres fois, au contraire, et c'est moins rare, la 
premiere dent n'apparait que dans laseconde annee; 
ce retard a souvent pour cause une nourriture vi- 
cieuse et indique ordinairement un peu de rachitisme. 

Les enfants qui percent des dents fort jeunes les 
font en g^n^ral facilement; mais h&tons-nous 
d'ajouter que de nombreuses exceptions s'observent. 
On ne pent done dire, avec quelque certitude, qu^ 
le plus ou moins de difficultes que les enfants ont 
a nercer leurs dents depend de I'lLge auquel ils 
les percent 

Ordinairement, les dents sortent par groupes, a 
TAge et dans Tordre suivants : 



SEVRAGE ET DENTITION 179 

Entre 6 et 8 mois, los cfeux incisives inf^rieures da miliou 

(appeMes internes ou m^diaues); 

— 8 et 10 mois, les quatre incisives 8up6rieures; 

*- 12 et 14 mois, les deux autres incisives inf^rieures 

(appelees externes ou lat^rales), 
et les quatre petitesmolaires internes; 

— 18 et 20 mois^ les quatre canines; 

— 28 et 34 mois, les quatre petites molaires extemes. 

La premiere dentition qui se compose de vingt 
dents , dix a chaque mllchoire, est alors termin^e. 

Chaque groupe de dents met un certain temps a 
faire son apparition. La sortie des incisives inf6- 
rieures internes s'accomplit quelquefois enun jour; 
d'autres fois elle n'est pas termin^e au bout de dix 
jours. 

Les quatre incisives sup^rieures sortent en quatre 
ou six semaines ; mais entre la premiere dent de ce 
deuxieme groupe et la derniere dent du premier, il 
y a un intervalle de repos qui dure de deux a trois 
mois. De mSme pour r6volution des autres groupes. 

Ces vingt dents de la premiere dentition, ou denls 
de laity sent destinies a tomber pour 6tre remplac6es 
par les dents permanentes de la seconde dentition, 
qui commence a s'effectuer vers Vkge de six ans. 

Beaucoup d'enfants font leurs dents sans avoir 
l*air de le sentir; la sortie des dents, dans beau- 
coup de cas, ne s'accompagne d'aucun accident, 
«t ne cause ni douleur ni fievre. 

Mais elle est souvent aussi pr^c^d^e d*une inflam- 
mation assez vive des gencives. L'enfant a de la 
fievre avec insomnie, agitation, oris, inapp6tence; 
^ porta les doigts a sa bouche, saliva abondammop* 



180 LB LIYRE D^ JEUIiES M£R£S 

at tette avec peine. Puis tout rentre dans Fordre 
avec Tapparition de la dent attendue, et mSme quel- 
quefois avant. 

L'irritation produite aux gencives par le travail 
dentaire r^agit parfois sur Tensemble ou sur une 
partie des organes de lamanidre la plus f&cheuse, et 
cause des maladies a la peau^ au cerveau, des deran- 
gements de ventre et d'estomac tr^s graves, ou un 
^branlement du sjst^me nerveux trSs dangereux. 
Oil ne porte pas toujours a ces d^sordres Tattention 
qu*ils r^clameralent, parce qu'on se tranquillise en 
disant : Ce sant les dents. Gertes, si la dent perce, et 
que la crise se termine, le principe du mal ajant 
disparu , on peut espdrer que la nature suf fira a en 
faire disparaitre aussi les effets; mais la dent peut 
tarder beaucoup a percer, et le mal, dont elle est 
la cause premiere, devenir tellement sMeux qu*il 
tienne le pauvre enfant dans un 6tat fort long d« 
soufifrance et de maladie. 

Nous pensans done qu'il faut eombattre une ma- 
ladie ou une indisposition occasionnie par la derir 
tition, avec autant de soin que si elle itait due a toute 
autre cause ^ et ne pas nigliger d' avoir recours au 
midecin sous le pritexte que le malaise dont souffre 
I' enfant est du aux dents qu'il fait. 

On diminuera beaucoup les chances de maladie 
par une alimentation bien rigl^e, par Fusage des 
bains, et par Thabitation a la campagne , ou de 
frequentes promenades. . 



CHAPITBE VIII 

UVGIfiNE DU NOURRISSON 
L'enfant dans son beroeau. 

La maniere dont on couche les enfants est loin 
d'etre indifif^rente. D'abord, en naissant, ils ont sou- 
vent des mucosites dans le gosier, et il faut qu'ils 
les rendent ; plus tard, ils rejettent souvent et tres 
facilement I'excedent d'aliraent qu'ils peuvent avoir 
dans Testomac; enfln ils bavent. 

II faut les coucher sur le c6te ; alors, ce qui leur 
arrive dans la bouche s'ecoule facilement. S'ils 6taient 
sur le dos, ces matieres resteraient dans la gorge 
et generaient beaucoup la respiration, ou bien 
seraient avalees, ce qui pourrait avoir quelques 
inconv^nients. 

On aura soin, en les couchant sur le c6t6, de ne pas 
leur laisser le bras correspondant comprim6 par le 
poids du corps ; ce bras s'engourdirait et au r6veil 
deviendrait douloureux. II faut alterner le c6t6 sur 
lequelon couche Tenf ant; celaled^lasse, etconvient 
au d6veloppement regulier de la taille. 

Quelquefois, au milieu de son sommeil, Tenfam. 
semble vouloir s'^veiller et fait entendre une petite 
grognerie, sans ouvrir les yeux. I16prouve le besoin 
de changer de position ; on le retourne et on lu 

11 



182 LE LIVRE DES JEUNES M£RES 

couche sur le cdt6 oppos6, ordinairement il se 
rendort. 

On peut chercher a calmer et a endormir les 
enfants en les bergant, mais a la condition de le 
taire doiicement, avec moderation et pas trop long- 
temps. Cette pratique est tres ancienne : les Re- 
mains avaient des berceurs et des berceuses de pro- 
fession. Le bergage, trop prolonge et violent, ne 
serait pas inoflensif ; il troubleralt la digestion et la 
circulation ot pourrait provoquer quelquefois des 
vomissements. 

Enfin, ct ceci est a remarquer, les enfants qu'on 
berce des Icur naissance en prennent une telle ha- 
bitude qu'il n'est plus possible de les endormir sans 
cela et qu'ils s'6veillent des qu'on cesse. 

Quand Tenfant est souffrant, ou qu'il est agit6, 
on peut le bercer doucement dans son petit lit en 
passant le bras sous Toreiller ou en le dorlotant 
sur les genoux, ce qui paratt lui Stre agr6able et le 
calme souvent. 

On ne se laissera pas aller a un exces de precau- 
tions pour ^viter le bruit pendant que Tenfant dort; 
ce serait lui donner une trop grande susceptibility. 
Le temps de son sommeilestpresque toujours leseul 
moment de liberty pour les personnes qui le soignent ; 
il deviendrait, au contraire, un temps d'esclavtfge 
pour tons les gens de la maison, si on se condamnait 
au silence. 

On doit Men se garder aussi de donner aux en- 
fants rhabitude de les promener pendant la nuit. 
S*ils restent ^veill^s et pleurent mSme, on s*assure 



HYGIENE DU NOIJARISSOM 183 

qu'ils n'ont aucun besoin^ qu'ils ne soot pas moidlles, 
qu'ils ne se sont point refroidis, ce qui arrive faci- 
lement dans le premier &ge ; et on les laisse dans 
leur berceau. Si les cris devlennent trop forts, on 
prend les enfants, on les dorlotc un peu sor les bras, 
et on les recoucbe aiissit6t qu'ils sont calm^s. 

n est bien autrement fatigant de promener un en- 
fant la nuit que le jour, et toujours dangereux de 
s exposer soi-mSme au froid que Ton pent ressentir 
en sortant du lit. Nous le r6petons, c'est parfai- 
tement inutile, a moins que Tenfant ne ^oit malade, 
ou par trop difficile a endormir dans son berceau. 

Un mois aprSs sa naissance, un enfant commence 
a fixer les objets et a les distinguer ; les couleurs 
vives attirent ses regards, ainsi que le mouvement. 
Mais bien ayant cette ^poque il pergoit la lumiere, 
qui agit des sa naissance sur Torgane de la vue, 
quoique celui-ci ne soit pas encore assez d6yelopp6 
pour distinguer les formes ; on s'en aper^oit a la 
contraction de la pupille lorsqu'on place Tenfant en 
face du jour. 

n est tres important de placer le berceau de ma- 
niere que les deux yeux de Tenfant regoivent 6gale- 
ment les rayons lumineux, dont Taction contribue 
au d^veloppement de ces o^ganes ; sans cette pre- 
c!iu1ion Tenfant commencerait a loucher. II ne faut 
done pas placer le berceau de fagon que le jour 
arrive soit a droite, soit k gauche. 

Si le jour est vif, et surtout s'il fait du soleil, on 
placera le berceau de fagon que le jour arrive par 
derri^re. Si, au contraire, le jour est unpen sombre 



184 L£ LIVRE DES JEUNES MERES 

on pourra placer Ic berceau directemcnt en face du 
jour ; d'ailleurs, on modere par des rideaux Teclat 
d'une lumiere trop vive. Voir le jour est d6ja pour 
Tenfant une sorte de distraction, et il restera plus 
tranquille dans son berceau, s'il I'aperQoit bien. 

Aussit6t qu'il distinguera les couleurs et les objets, 
on pourra commencer a lui donner les moyens de 
s'amuser seul, et le tenir ainsi plus longtemps 
^veill^ dans son berceau ; pour cela, on suspendra 
bien en avant et non au-dessus de ses yeux, quel- 
ques petits jouets ou chiflfons de diverscs couleurs ; 
il s'en r^jouira et s'en occupera beaucoup ; vous le 
verrez sourire, s'ebattre, et pousser des cris de joie. 
L'enfant imprime alors a son berceau un petit ba- 
lancement qui fait remuer les objets suspendus, et sa 
joie en est encore excit^e. Nous avons vu des en- 
fants roster quelquefois pendant tres longtemps 
occupes de cette fagon, et t^moigner par des eclats 
de voix bien amusants le plaisir qu'ils prenaient 
ainsi. 

La toilette et les soins de propretd. 

Lorsqu'il aura t^t6, on changera Tenfant. II serait 
d'un c&t6 pr^f Arable de le changer auparavant, parce 
que souvent il s'endort en t^tant ; mais tous les eft- 
fants n'ont pas la douceur et la patience n^cessaires 
pour attendre ainsi sans se mettre en colore ; le 
plus souvent Tenfant crierait jusqu'^ ce qa*il ait a 
t^ter, et m£me il s'habituerait bien vite a croira 
qu'on lui donne a t^ter parce qu^il crie ; d'ailleurs 



BYGlSNE DU NOL'RRISSON ISS 

Tenfant se salit souvent apr^s avoir t^t^ : tout 

compte fait, il vaut done mieux donner d'abord a 

t^ter a Tenfant, et le changer apres. 

Cliaque fois qu'un enfant est mouille et sali, on 




- Toilette de renfant. 



doit le changer de linge, et, avant de lui mettre du 
linge propre, le laver ; les lavages se feront avec de 
I'eau un peu tiede et irne Sponge, rapidement. On 
essuiera sans frotter, et chaqiie fois on mettra, a 
I'aide d'une houppette, de la poudre d'amidon bien 



186 LE LIVRE DES JEUNES M^RES 

seche, plus commune et moins chere que la poudi*e 
de Ijcopode, dans les plis des aines et des cuisseS| 
et sur les reins. 

Tons les matins on fait a Tenfant une toilette g6- 
nerale; on lui d^barbouille la figure, le cou, les 
mains. On le poudre de nouveau; on lui brosse 
fortement la tete ; dans les premiers temps avec la 
brosse douce, plus tard avec la brosse dure, et il 
ne faut pas craindre d'appuyer. 

En habituant graduellement Tenfant a cette fric- 
tion, on emp^chera Taccumulation de la crasse, qui 
couvre si souvent la t^te des enfants de maniere a 
leur f aire une espece de calotte; a mesure que cette 
crasse se montrera, on Tenlevera, ce qui ne pr^sen- 
tera aucun danger comme le croient certaines per- 
sonnes, qui vonl mime quelquefois jusqu'd considirer 
comme une chose fdcheuse de voir la lite de I'enfanl 
nans crasse. Quand on laisse cette crasse s'6paissir, 
elle s'oppose a la croissance des cheveux, et en- 
traine m^me souvent leur chute en se d6tachant. 

II y a sur cette crasse de la tSte des enfants beau- 
coup de pr^juges 6tablis : certaines personnes sont 
encore convaincues qu'en Tenlevant on provoquera 
la teigne ; que c'est une humeur qui se reportera 
ailleurs, qui tombera sur les yeux, etc. Les gens du 
peuple n'osent pasy toucher; on dirait qu'ils ont une 
espece de v6n6ration pour elle, au point que vous 
voyez souvent leurs enfants en avoir jusque sur le 
front, n faut combattre ce prejug6 partout ou vous 
le rencoiitrerez. 



HYGIENE DU NOURRISSON 187 



Les bains. 

De tres bonne heure, il faut donner des bains 
au nouveau-ne. Get usage commence d'ailleurs tres 
heureusement a se r^pandre en France. 

Les anciens faisaient un frequent usage des bains 
pour eux et pour leurs enfants. C'est Tun des 
raeilleurs prdservatifs et des plus efflcaces re- 
raedes centre la plupart des maladies du premier 
age, qui sent presque toutes des maladies inflam- 
raatoires. 

Les bains, loin d'affaiblir comme on le croit g^n6- 
ralement, lorsqu'ils ne sont donnas ni trop prolong6s 
ni trop chauds, fortifient Tenfant et aident a son 
developpement en detendant les muscles et la peau 
De plus, ils oflrent aux enfants un grand amusement; 
on pent remarquer que pour la plupart, ils sont 
joyeux dans Teau. 

H est bon d'employer un thermometre pour de- 
terminer la chaleur du bain, qu'on juge d'une ma- 
niere fort inexacte avec la main; lorsque la main 
est cbaude, on trouve le bain froid, et, lorsqu'elle est 
froide, on le trouve chaud. On elevera la temp6- 
ture de Teau a 35 ou 36 degr6s centigrades, et r6t6 
on essayera d'abaisser cette temperature a 30 et 
meme 28 degr^s, si Tenfant ne s'en plaint pas. 

Un baquet, une grandc cuvette suffira pour les 
premiers jours, si on n*a pas le petit bassin en zinc 
dont nous avons donn^ la figure; Ensuite il faudra 



i88 LE LIYRE DES JEUNES B1£RES 

se procurer une petite baignoire, 6galement en zinc. 
On ne laissera Tenfant, dans les premiers temps, 
que deux ou trois minutes dans Teau ; on augmen- 
tera la dur^e du bain pen a peu, et Ton angmentera 
aussi graduellement la quantity d*eau. 

Ces petits bains rapides, donnas chaque matin, 
si c'est possible, pendant les deux premiers mois, 
ou tout au moins deux ou trois fois par semaine, 
constituent la principale toilette de I'enfant. 

On mettra Fenfant nu dans le bain en le tenant 
d^une main sous les cuisses et de Tautre sous les 
^paules. 

On Vj laissera d'abord le temps seulement de le 
bien laver. Puis ensuite, quand on pourra Tasseoir 
dans son bain, on Yj laissera jouer un peu, mais en 
ay ant soin de ne pas le quitter, mime pour quelques 
secondes : un accident serait vite arriv^ et pourrait 
avoir, si on n'^tait pas la pour y remedier sur le 
champ, les cons(5quences les plus fatales. 

Les enfants trouvent ordinairement un grand 
plaisir a barboter dans I'eau, ils lafrappent de leurs 
mains et en jettent de tons c6t^s ; on les baignera 
done dans une chambre qui puisse sans trop d'in- 
conv^nients supporter leurs A^gkts. On fera bien 
d'ailleurs de mettre une grande toile ciree autour 
de la baignoire. 

Lorsqu'on veut rendre les bains plus doux, on 
pent ajouter du son a I'eau. Voici comment on pro- 
cede : on met dans un chaudron une partie seulement 
de Teau necessaire au bain, puis on y ajoute le son 
(un litre pour un bain suf fit) , on lui fait faire quelques 



HTGIfiNE DU NOURRISSON 189 

bouillons, puis on verse le reste de Teau, qui alors 
n'a pas besoin de bouillir avec le son. 

On pent remplacer le son par de I'amidon en 
poudre et non cuit (100 grammes pour un petit bain). 

Pour retirer un enfant du bain, il faut faire 
chauffer une nappe doubl^e d'un lange de laine, la 
poser sur les genoux et envelopper rapidement 
Tenfant. Une nappe ouvree, grosse et vieille, est ce 
qui convient le mieux, parce que I'epaisseur de ce 
linge lui fait conserver sa chaleur plus longtemps ; 
en outre, comme il est trSs moelleux, il absorbs 
facilement rhumidit6. 

II faudrait, autant que possible, baigner un enfant 
avant le sommeil de la joum6e, le faire manger ou 
t6ter en sortant de I'eau, puis le coucher. 

Lorsqu'un enfant sort du bain, il est ordinairement 
fort calme, il s'endort paisiblement ; puis la petite 
Dttoiteur qui accompagne le sommeil continue Teffet 
du bain. 

n ne faut mettre un enfant dans Teau qu'une 
heure environ apres qu'il a tit6, et une heure et 
demie a deux heures apres un repas plus solide. 

Habitudes de propretd k donner k r enfant. 

Nous avons dit qu'il fallait changer les enfants 
chaque fois qu'ils ^taient mouilles, cela est toujours 
a^cessaire ; Turine agit d'une maniere tres ficheuse 
surlapeau. Afln que la maman puisse le faire seule, la 
nuit,sans se diranger, ilfaudra comme nous Tavons 
d6ja dit qu'elle ait, au moins pendant les premiers 

11. 



190 LE Li\7lE DES JEUNES MERES 

temps, une veilleuse dans sa chambre, jusqu'a co 
qu'elle soit tellement habitude a ce service qu'elle 
puisse le faire a tAtons. Si elle ne peut arriver a 
se passer de lumiere, 11 serait pr^ftrable qu'elle 
s'^clairat seulement au moment oh elle en a besoin, 
afinde ne pas habituer Tenfant a conserver de la 
lumiere toute la nuit, ce qui lui fait redouter I'obs- 
curite quand par hasard 11 s'y trouve plonge, et 
pourrait le rendre peureux. Le soir, la mere aura 
soin de preparer deux ou trois langes, c'est-a-dire 
de mettre ensemble les couches et les langes que 
Tenfant porte habituellement ; elle les placera sur 
le pied de son lit, ou ello les trouvera lorsqu'elle 
aura besoin de changer son enfant. Avant dele pren- 
dre, elle placera sur son lit le taffetas cire. Le lange 
ne peut jamais 6tre bienfroid, etant place sur le pied 
du Ut. L'hiver on pourra mettre les langes dans le 
lit meme, a c&te de soi, ce qui leur communiquera 
une douce chaleur. 

Pour 6viter Tembarras de changer un enfant la 
nuit, il faut de tres bonne heure s'occuper de le ren- 
dre propre ; voici comment on s'y prendra pour es- 
sayer d'y arriver le plus promptement possible. 

A Ykge d'un mois a six semaines environ, lorsque 
r enfant vient de teter ou lorsqu'ily a longtemps qu'il 
ne s'est sali, on ouvre le bas du lange (ce qui est 
tres facile ettres prompt, puisque rien ne le retient) 
et on prend Tenfant par les cuisses, qu'on 6carte 
k^gerement ; on le tient ainsi au-dessus d'un vase 
devant le feu, si Ton est en hiver, et on fait avec 
la bouche, d'une mani^re un pen continue et tres 



UtGIEiNE UL MOLRRISSOn 191 

doucement, le petit bruit que toutes les meres con- 
naissent, pai, psi... D'abord, I'enfant ne saura ce 
qu'on lui demande ; mais la chaleur du feu i'enga- 
gei'a a satisfaire ses besoins beaucoup plus vite 
qu'on ne saurait le croire, II apprcQdra bientdt que le 
petit bruit qu'ii entend est pour I'engager a cela, et 
il attendra ce moment. U&tii on se servira d'un petit 
vase de nuit long, qu'on placera entre sesjambes; 
le froid du bord du vase suffit pour avertir I'enfant. 
A la promenade, rimpressioff de I'air produira le 
m^me effet, et il sera tres facile d'habituer I'enfant 
a satisfaire ainsi ses besoins. 




Fig, 46 — Vnae u la polonaise pour lenrnoc. 



Enfln aussitSt que les enfants sont assez grands 
pour 5tre pos6s sur uii vase rond, il faut le faire. 
On s'assied, on place le vase sur ses genonx, on 
met I'enfant dessus en le soutenant par derriere, 
avec le bras et I'epaule ; il est fort a son aise dans 
cette position. 

Nous pouvons faire esp6rer que, si Ton apporte 
tout le soin n^cessaire a donner a un enfant I'ha- 
bitude de la proprete, m^me avant Vkge de trois 
mois, i! ne se salira que par accident; on 6vitera de 
la sorte une grande consommation de linge et beau- 
coup d'embarras. 



m LE LIVRE DES JEUNES MERES 

Le vase qu'onemploie pourles enfantsaunetorrae 
particuliere, il est plus large en bas qu'en haut afia 
que, pose par terre , Tenfant ne puisse le ren- 
verser ; on Tappelle d la polonaise. On en fait en 
gutta-percha, ce qui vaut mieux que la faience ou 
la porcelaine. 

Nous devons rifuter ici un pr^jug^ que nous avons 
rencontre quelquefois. On pretend que faire uriner 
les enfants devant le feu leur donne le d^voiement. 
Vous n'en croirez rien. 

Lea sorties et les promenades. 

A r&ge de huit a dix jours, on pent commencer a 
faire sortir un enfant, si la saison est belle ;.mais plus 
tard, si le temps est froid. Cependant il ne fau- 
drait pas que la crainte du froid emp^chllt trop long- 
temps de lui faire prendre Fair, qui lui est n^ces- 
saire. 

S'il fait froid, on choisira un beau jour et Theure 
de midi pourles premieres sorties ; il faut se garder, 
lorsque les enfants sent petits, de les exposer au 
vent et au brouillard. 

La personne charg^e de porter le nouveau-n6 
mettra le petit oreiller du berceau sur son bras et 
couchera Tenfant dessus. Les enfants dorment pres- 
que toujourslorsqu'ilssont dehors, et sent infiniment 
mieux ainsi. S'il fait froid, le petit oreiller les garan- 
tira ; s'il fait chaud, il les pr6servera de la chaleur 
du bras et du corps de la personne qui les portera/ 

L'exercice est une chose de premiere n6cessit^ 



HYGIfiNE DU NOURRISSON 193 

pour Tenfant ; sacroissance continuelle exige le mou- 
veraent. 11 faut se faireuneloi de sortir T enfant tous 
les jours autant que possible ; a la condition, bien 
entendu, qu'ils ne souflfrent ni du froid, ni de Thunii- 
dite, pendant leur promenade. 

Lorsque les enfants sont trfes jeunes et ne mar- 
chent pas encore seuls, lorsqu'ils commencent a 6tre 
assez lourds pour qu'il soit fatigant de les porter, on 
peut les transporter dans une petite voiture ; ils j 
sont d'ailleurs plus a I'aise que dans les bras. 

On construit aujourd'hui pour les enfants, a des 
prix inod6r6s, de charmantes petites voitures, 1^- 
geres et douces. L'ete on adaptera un baldaquin ou 
uneombrelle a la voiture, pour les garantir du soleil; 
I'hiver, il faudra avoir soin de leur mettre aux pieds 
une boule d'eau chaude. 

Si les enfants sont trop jeunes pour rester assis 
sur le siege de la voiture, on peut les coucher sur 
un oreiller comme ils le seraient dans leur berceau ; 
ils y dorment fort a Taise. 

Nous avons cependant une observation a faire au 
sujet del'emploi de ces petites voitures, qui rendent 
d'ailleurs de grands services. II faut 6viter autant 
que possible les soubresauts et les cahots, qui pour- 
raient avoir de reels inconvenients pour les en- 
fants, par I'ebranlement qu'ils causent k tout leur 
petit 6tre. A la campagne la chose sera facile, car on 
a le plus souvent a sa disposition des routes bien 
unies ; dans les villes, il faudra eviter autant que 
possible les rues pav^es, se tenir sur les trottoirs 
et marcher toujours tres doucemcni. 



194 LE LIYRE DES JEUNES MERES 

Enfin, demiere recommandation indispensable a 
faire aux bonnes : ne jamais quitter mSme un seul 
instant la voiture en marclie; la plus petite negli- 
gence pent amener, a Paris surtout, a cause de la 
grande circulation, les accidents les plus affreux. 

L'enfant sur un tapis et k quatre pattes. 

Vers r&ge de quatre mois, il faut mettre de temps 
en temps Tenfaut sur un tapis par terre. Si on at- 
tend plus tard, la diflference de Taspect des objets 
vus de cette position pent lui causer une frayeur qui 
sera peut-^tre ensuite difficile a vaincre. En le met- 
tant a terre sur le tapis, on place le petit oreiller 
sous sa tete, puis on le laisse ; il fait, dans cette po- 
sition, un exercice violent; il remue ses bras ses 
jambes, et a force de f rapper ses talons ils devien- 
nenttout rouges. Si Ton met quelques objets a la 
port^e de ses mains, il les saisit et les jette en Fair, 
ce qui Tamuse beaucoup. II se trouve fort heureux 
sur ce tapis, surtout s*il a 6t6 habitue a rester dans 
son berceau et il y passera parfois plusieurs heures 
de la journee. Outre le bien qu'il retirera de Texer- 
cice qu'il prend, ce seront de bons moments pour les 
personnes cliargees de le garder et de le porter. 

M. le docteur Henriette (de Bruxelles) a ima- 
gine pour les enfants du premier &ge un excellent 
lit de repos, dont la construction est tres simple. 
C'est un cadre-hamac compos6 d'un b^ti en fer et 
d'une toile. La base du cadre-liamac forme un carr6 



HYGlfeNE DU NOURRISS0N 



191^ 



long, aux quatre angles duquel s*61event quatre petite 
montante de fer rond. Deux de ces montants (ceux 
de la t^te) ont 35 centimetres de hauteur, les deux 
autres 25 centimetres. Ces montants supportent un 
cadre superieur en fer que Ton enveloppe d'une 
grosse toile a laquelle on attache au moyen d'oeil- 
lets et d'un lacet une toile-hamac carree, gamie 
d'oeillets en nombre 6gal a ceux de la bordure 
(fig-. 47). Les enfants se tiennent bien couches 
sur ce plan incline ^lastique, autour duquel Tair cir- 




Fig. 47. — Cadre-hamac. 



c^le librement, ou on pent les laisser se mouvoir 
6t jouer sans crainte, et ou ils peuvent ensuite se 
reposer et dormir. 

A mesure que Tenfant prendra de la force et 
pourra commencer a se mouvoir, a se toumer et enfin 
a se trainer sur le tapis, on mettra autour de lui 
diverses choses qui pourront lui plaire, et qui seront 
assez eloign6es de lui pour qu'il soit oblig^ de faire 
iin petit travail pour les atteindre, ce qui d6veloppera 
ses forces, Tengagera a ep tirer parti, et lui pro- 



196 LB LIYRE DES JEUNES H£RES 

curera le plaisir de se rendre siaitre par lui-mSme 
de ce qui lui sera agr^able. 

L'enfant habitue a rester sur un tapis se mettra 
bientdt k quatre pattes pour entre; rendre de loin- 
taines campagnes ; il anticipera ainsi sur le temps ou 
il pourra marcher seul, et parcourra avec une rapi- 
dity vraiment surprenante des espaces assez grands: 
d^ja, suivant un mot poitevin , il sera tout ichaluppe. 

Nous entendons les mamans, tres dSsireuses de 
voir leur nourrisson propre, se ricrier contre cette 
maniere de marcher, et les bonnes surtout, obligees 
de rSparer le d^g^t fait a la toUette du petit quadru- 
pede improvise. Eh bien, nous leur dirons qu'elles 
calculent mal ; il vaut encore mieux laisser le mar- 
mot, au risque de salir sa robe, prendre cet exercice 
qui lui donne beaucoup de force et le dispose a 
marcher plus promptement, que de Ten priver. 

A ce propos, nous ferons un aveu : autant nous 
detestons les g&teries, autant nous avons en hor- 
reurles taquineries inutiles, et si nous voulons pour 
le corps de Tenfant une propret6 irr^prochable, qu'on 
ne poussera jamais trop loin, nous nous soucions 
molQS des quelques taches qu'il pent faire a sa robe 
ou des trous a ses bas en se tratnant par terre. On 
lavera la robe et on raccommodera les bas, mais en 
attendant Tenfant aura pris un exercice salutaire. 
Que de fois, par exemple, n'avons-nous pas vu, 
aux bains de mer, de jeunes femmes commencer 
par c6der avec une incroyable faiblesse a de ridi- 
cules caprices de leurs netits enfants, et finir par les 
corriger vigoureusement, parce qu'ils avaient sail 



HYGlfiNE DU NOURRISSON 197 

leur belle robe en se roulant dans le sable I Nous 
eussions pr6fer^ les voir un peu plus fermes centre 
les exigences d^raisonnables deleurs enfants, et un 
peu plus tol6ratitcs pour leurs jeux et leurs amu- 
sements. 

La vaccine. 

Lorsqu'un enfant a atteint six semaines a deux 
mois, 11 faut songer a le faire vacciner. Plus cette 
petite et importante operation est faite de bonne 
heure, moins elle fatigue; dans tons les cas, elle 
ne pent causer tout au plus qu'un leger acces de 
fievre, qui dure vingt-quatre hour es, et cette consi- 
deration ne doit pas arrSter. 

Si c'est une fllle, il faudra placer le vaccin tout a 
fait en haut du bras, et en travers, pour que la cica- 
trice ne paraisse pas lorsque Tenfant sera en man- 
ches courtes; bien que cette marque soit tres legere, 
elle interromprait la parfaite egalit6 de la peau, qui 
est une de ses beautes. On pent encore vacciner 
les filles a la jambe. 

Trois piqftres a chaque bras suffisent. 

L'utilite de la vaccine est devenue ^vidente. Mais 
il est du devoir de ceux qui en comprennent la va- 
leur d' engager par leur exemple et leurs paroles a 
vacciner les enfants. La vaccine est une des plus 
belles d^couvertes de Tesprit humain, et Ton doit 
consacrer a la m6moire de Jenner un respect et une 
reconnaissance sans reserves ; on n'a plus aujour- 
d'hui aucune id6e des ravages que faisait autrefois 
J la petite verole. 



198 LE LIVRE DES JEUNK!^ MEKES 

Premiers pas. 

Aussitdt qu'un enfant a la force de se tenir un peu 
sur ses jambes, il faut I'y mettre en la soutenant 
d'abord. L'usage des chariots, celui des paniers et 
des boites dans lesquels on place souvent les enfants 
trop jeunes, pour s'en d6barrasser et avoir un peu 
de liberty, est mauvais. 

Ces petits chariots en bois ou en osier sent con- 
venables seulement dans le cas oik les enfants sont 
assez forts pour se soutenir seuls sur les jambes. lis 
s'y plaisent si on ne les y laisse pas trop longtemps; 
de cette fagon nous n'en repoussons pas absolument 
Femploi. 

Un enfant qui a^te habitu^ a rester sur le tapis 
et a courir aquatre pattes,etqu'on fait marcher en le 
soutenant sous les bras sans lisieres , acquiert bien plus 
de force et d'experience que celui qu'on tient cons- 
tamment sur les bras ; il n'a besoin ni de chariots 
ni de paniers pour marcher seul fort jeune. 

A la fin de la premiere aunee, Tenfant bien por- 
taut se tient sur ses jambes, et prend un grand plaisir 
a s'en servir selon ses forces ; mais si, avant cette 
epoque, on a adopts I'usage des lisieres, dans Tes- 
pArance de hater ses progres et de se d6charger 
de la fatigue qu'il donne, on obtiendra un r6sultat 
tout oppose. 

L' enfant soutenu par la lisiere ne fait aucun effort 
pour chercher T^quilibre, dont le d6faut TempSche 
bien plus longtemps de marcher que le d6faut de 



HYGIfiNE DU NOURRISSON 100 

force. H le cherchera d'autant moins que la personne 
chargee de le tenir avec des lisieres, ayant un moy en 
aussi certain etanssi commode dePemp^cher de tom- 
ber, ne se domiera pas la peine de lui apprendre a 
marcher. 

Combien de fois n'avons-nous pas vu une nourrice 
ouune bonne avoir la lisiere de Tenfant confix a sa 
garde passee autour de son bras, ets'occuperde toute 
autre chose que des soins qu'il demande, tandis que 
le pauvxe petit, pendu a la lisiere, livri a lui-meme, 
selaisse allersans se douter seulement qu'il est pose 
a terre pour apprendre k marcher ! Ses epaules et ses 
vfetements lui remontent jusqu'aux oreilles et, dans 
cet ^tat d'abandon fatigant, il pleure et suce son 
poing pour employer le temps. 

n en est tout autrement lorsqu*il faut tenir Ten- 
fant sous les bras pour le faire marcher ; la fatigue 
decette position engageraa mettre tons ses soins pour 
abreger la duree de cet apprentissage ; I'enfant est 
dirige dans ses mouvements, il se fatigue moins, et 
arrive bien plus vite a marcher seul. 

Lorsqu'il est pr^t a quitter, on pent le mettre 
devant une rangee de chaises, de fauteuils, oil il 
trouve le moyen de conserver son iquilibre. Pro- 
t6g^ et encourage par la personne qui le garde, 
Bt qui est toujours forc6e de le uurveiller puisqu'il 
est expos6 a quelques petits dangers, il devient 
plus conflant ayant la certitude d'un secours pro- 
chain. Un essai en amene un autre, et il fait des 
progr^s rapides. 

Aussi, voyez un enfant qui commence a marcher, 



StJO LB LIVRE DKS JEUNES MERES 

fier et heureax des premiers pas qu'il doit a lai seul, 
cherchant dans la persoane qui le surveille Tappro- 
batioQ de ce qu'il a fait,et recourant a soa aide lors- 
qu'il en a besoin, avec on air engageant et doux. 
U ne faut n^anmoins lui accorder de secoors que 
lorsqu'il a tout tent^ pour s'en passer, et lui 
apprendre a ne montrer ni humeur trop volontaire, 
ni impatience, ni colere pour le demander. 

Qu'il sache, de bonne heure, que ces moyens sent 
les plus mauvais de tons pour obtenir ce qu'il 
desire. 

Les hoohets. 

Pendant la dentition, les enfants 6prouvent un 
besoin irresistible de porter a leur bouche leurs 
mains et tons les objets qu'Qs rencontrent ; ce besoin 
est caus6 par des d6mangeaisons et des tiraillements 
qu'ils eprouvent dans les gencives. 11 ne faut pas 
s'opposer a la satisfaction de ce besoin, mais presen- 
ter aux enfants des objets convenables pour le sa- 
tisfaire. 

On leur donne quelquefois un hochet en verre, 
en corail ou en i voire. Ces hochets sent tort jolis, 
mais ils ne sont pas sans inconvenients. D'abord, il 
arrive souvent que I'enfant les enfonce dans son go- 
sier et se fait vomir, il pourrait mfime se blesser ; 
puis ils sont trop durs ; les enfants les portent si 
souvent a leur bouche, qu'Qs peuvent rendre leurs 
gencives callouses, ce qui offrirait un obstacle de 
plus a la sortie de la dent, aulieu de lafaciUter. 

Une belle racine de guimauve blanche, seche, avec 



HYGIENE DU KOURRISSON 201 

laqiielle on fait un anneau que I'enfant tient facile- 
ment, qu'il ne peut enf oncer dans sa gorge, et dans 
lequel on passe un petit cordon pour le pendre au 
cou, peut servir de hochet. Une croiite de pain est 
aussi excellento : Tenfant s'en frotte les gencives et 
en eprouve le mfime soulagement que d'un hochet 
en ivoire; il avale les parcelles de pain qu'il fait 
fondre, ce qui le nourrit un peu, et a I'avantage 
d'empficher la perte de la salive, tres n^cessaire aux 
fonctions de I'estomac. Cette observation a son im- 
portance. Enfin, si Ton persistait dans Temploi d'un 
hochet dur, nous voudrions qu'il eflt toujours la 
forme d'un anneau. 

Nous avons vu souvent donner aux enfants une 
grosseclef, c'est dangereux; les deux extr6mit6s 
de la clef font marteau, et I'enfant, pour lequel elle 
est un objet lourd, peut en la maniant se donner 
deb coups tres forts et se blesser. 



GHAPITRE IX 

LENFANT EN fiXAT DE SANTfi 

COMHBNT IL TIT, A6IT ET SB D^YELOPFB 

Notre nourrisson estmaintenant seyr6; il a toutes 
ses premieres dents et U trotte sar ses petites jambes; 
mais il n'y est sans doute pas arrive sans avoir doim6 
deja a sa maman bien des inquietudes et bien des 
soucis; et jusqu'a Tage de six ou septans, epoque 
ou nous le quitterons tout a fait, il sera sujet encore 
malheureusement a quelques indispositions, peut-£tre 
m^me a des maladies plus ou moins graves, qu'il 
i'audra soigner avec intelligence, sous la direction 
d'un medecin. II nous semble que la mere s'en tirera 
d'autant mieux, et rSparera d'autant plus facilement 
les troubles qui surviendront dans les fonctLons de 
son nourrisson, qu'elle connaitra d'une fagon plus 
exacte comment il se comporte en etat de sant^, et 
comment il accomplit son d^veloppement r^gulier. 

Nous aliens essayer de le lui apprendre aussi 
clairement et brievement que possible. 

Pendant la duree de la grossesse , Tenfant a 
empruntS toute sa nourriture au sang de sa mere, 
11 a respir6, diger6, v^cu, par Tintermediaire des 
poumons, de Tappareil digestif et de tout I'orga- 
nisme vivant de sa mere. 



COMMEm* L'ENFANT VIT, AGIT ET SE DfiVELOPPE 203 

Aussitot apres la naissance, plusieurs organes de 
l^enfant qui, jusque-la, n'avaient eu aucun r61e a 
remplir et etaient restes inactifs, entreat en jeu, 
et ceux qui agissaient deja cessent, augmentent ou 
modifient leur action. 

Ainsi les poumons et la peau commencent a res- 
pirer, I'estomac et I'intestin a digerer, des que le 
nouveau milieu ou le jeune 6tre doit vivre d^sor- 
mais rend indispensable le fonctionnement de ces 
organes de la nutrition. Alors aussi le coeur et les 
canaux qui servent a la circulation du sang se mo- 
difient, de fagon a remplacer I'^change qui se fai- 
sait entre le sang de la mere et celui de Tenfant, 
par un echange analogue entre le sang de T enfant 
et Tair qu'il respire maintenant. 

Les organes qui doivent 6tablir des relations de 
plus en plus nombreuses entre T enfant et le monde 
ou sa naissance le place, sont encore pen develop- 
pfes. Son cerveau est mou, sa tfite peu r^sistante, 
ses sens tres imparfaits, ses muscles sans force et 
ses OS sans solidity. Ce n'est que plus tard et gra- 
duellement, quand il a appris a toucher, a voir, 
a entendre, a goiiter, a sentir, a marcher et a par- 
ler, que ces derniers organes se perfectionnent. 
Mais tout d'abord, le premier et le plus imp6rieux 
besom du nourrisson est de se nourrir ; et c'est pre- 
cisement la predominance des fonctions de nutrition, 
d'ou r6sulte Faccrbissement rapide du volume du 
corps, qui caract^rise ce premier age de Tenfant. 



204 LE LIVRE DES JEUNES AJEUES 



I. — Respiration 

Respiration pulmonaire. 

La respiration pulmonaire s'^tablit par un pre- 
mier soupir des la naissance ; elle est d'abord faible, 
bom6e, inegale, mais bient&t active. 

Les mouvements d'inspiration et d'expiration se 
succedent avec r^gularite. Chez le nouveau-n^ ces 
mouvements sent essentiellement dus a Taction du 
muscle qui separe int^rieurement Tabdomen de la 
poitrine, le muscle appel^ diaphragme ; ce mode 
respiratoire dit ahdominal qui lui est particulier se 
traduit exterieurement par un soulevement et un 
abaissement alternatifs de Tabdomen. Chez lui, la 
respiration est beaucoup plus rapide que dans TAge 
adulte : tandis que Thomme respire 16 a 24 fois par 
minute, generalement le nourrisson respire dans le 
mSme temps de 30 a 45 fois. 

Cette frequence respiratoire est d'ailleurs tres 
variable dans le jeune age, parce qu'alors les mou- 
vements du diaphragme s'acc^lerent ou se sus- 
pendent avec une tres grande facilite, a la plus 
legere Amotion de plaisir ou de peine, a la plus fu- 
gace excitation, par suite de toutes les sensations, 
de toutes les impressions qui viennent incessamment 
etonner Tenfant. Le nourrisson est tellement im- 
pressionnable que, pour une cause en apparence 
minime, apres Tavoir vu souvent s'agiter et pr^cipi- 
ter sa respiration au point de sembler essouffld, on 



COMMENT L'ENFANT VIT, AGIT ET SE DEVELOPI'K tiib 

le voit bient&t, des qu'on est parvenu a le calmer, 
vous regarder avec surprise, interrompant Taction 
de ses poumons, et peu apres eclater en sanglots, 
s'agiter, puis de nouveau se calmer, et cela a plu- 
sieurs reprises successives. 

Eveill6, Tenfant respire plus souvent que lors- 
qu'U est endormi. L'elevation de la temperature 
ext6rieure rend aussi sa respiration plus fr^quente. 
En observant un nouveau-n6 qui dort tranquille, on 
reconnatt que la dur^e de Tinspiration est un peu 
moins loRgue que celle de T expiration. On reconnatt 
aussi qu'il lui arrive tres souvent de soupirer, c'est- 
a-dire de faire une inspiration lente et profonde 
que suit une expiration rapide et sonore. 

En somme, la respiration est tres active chez 
I'enfant, de sorte que la quantite d'air necessaire a 
son entretien est, relativement au poids de son 
corps, beaucoup plus grande qu'a Vkge adulte. 

Respiration suppl6niontalre. 

De mSme, la respiration suppl^mentaire qui se 
fait par toute la surface de la peau est, par rapport 
a sa petite taille, plus active chez Tenfant que, 
chez rhomme. 

Kevaporation dont la peau est le siege, toujours 
abondante, est une cause de refroidissement, et 
souvent aussi Torigine de maladies graves. De la 
pour le nourrisson, la n6cessite de v^tements chauds, 
et le besoin d'une douce et constante chaleur artifl- 
cielle, tant que son faible developpement le laisse 

It 



206 LE UYRE DES JEUNES MERES 

incapable de resister par lui-meme aux eflfets d'\me 
trop basse temperature. 

Au moment de la naissance, quand la respiration 
se fait mal, la peau a une coloration d'un rouge 
fence qui persiste souvent plusieurs jours ; vers la 
fin de la premiere semaine, la peau prend une teinte 
jaun&tre qui ne tarde pas a s'effacer. Elle devient 
definitivement d'un blanc ros6 transparent, des que 
r^piderme, debarrasse de son enduit onctueux, apres 
s'fitre fendill6 au contact de I'air et detache par 
petites lamelles, s'est renouvele. 

II. — Circulation 

II existe une correlation ^troite entre les fonctions 
des poumons et les fonctions du coeur, organe cen- 
tral de la circulation du sang dans les arteres, dans 
les veines et dans la multitude des petits vaisseaux 
capiilaires qui relient les arteres aux veines. 

Par consequent de mSme que les mouvements 
respiratoires sent frequents et influences par cer- 
taines impressions passageres, de mSme les con- 
tractions du coeur et les pulsations art6rielles sont 
tres rapides et subissent, sous Tinfluence des m^mes 
causes, des modifications semblables. 

Etablissexnent do la oiroulation du sang. 

Aussitot apres la naissance, les rapports entre 
le sang de la mere et le sang de Tenfant cessent 
d'exister ; les canaux qui ^tablissaient ces rapports 
s'obliterent , et bient6t Tappareil circulatoire se 



COMMENT L'ENFAJNT VIT, AGIT ET SE DfiVELOPPE 2)7 

trouve exactement dispose, comme il restera dans 
la suite, pour la separation complete du sang ver- 
meil ou art^riel et du sang noir ou veineux. 

Le sang est alors sans cesse lanc6 dans les vais- 
seaux par les contractions du ccBur, et par Taction 
adjuvante des arteres, des veines et des vaisseaux 
capillaires, tres d^velopp6s et tr^s actifs dans le 
jeune kge, 

Apres la ligature et la section du cordon ombilical , 
la partie adh^rente au nombril du nouveau-n6 de- 
venue inutile se fletrit, s'amincit, prend une teinte 
verdtoe ou brun&tre, et des le deuxi^me jour se- 
desseche ; la peau qui I'entoure rougit, se gonfle 
momentan6ment en laissant suinter un pen de li- 
quide jaun&tre, pour s'aflfaisser et se replier bient&t 
sur elle-mfime. La base du cordon se ramollit, et du 
quatrieme au sixieme jour se d^tache. La petite- 
plaie circulaire qui en r^sulte se r6trecit, la peau se 
plisse et s'enfonce ; la cicatrisation du nombril se- 
termine ainsi du dixieme au douzieme jour ordinai- 
rement. 

Nombre des battoments da coeur. 

Si Ton compare le nombre des battements du* 
coeur, qui se succedent en un temps donne chez: 
des nourrissons, des adolescents et des adultes, on 
reconnait que ce nombre diminue avec Vkge. 

Kn entrant dans le milieu aerien qui Timpres- 
sionne pour la premiere tbis, le nouveau-ne remplit 
d'une faQon hesitante et imparfaite ses nouvelles. 



208 LE L1VR£ DES JEUNES MfillES 

fonctions, et Ton a remarqu6 qu'a ce moment le 
nombre de ses pulsations baissait tres notablement. 
Mais ce ralentissement n^est que passager, il ne 
dure que quelques minutes, et est remplac^ par une 
acceleration quelquefois tres grande qui, elle-mSme, 
ne tarde pas a se calmer. De cette faQon, desle pre- 
mier jour, le pouls du nouveau-n6 bien portant 
acquiert sa frequence normale, c'est-a-dire celle qu'il 
conservera ensuite. Ce nombre normal de pulsations, 
qui pent pr6senter des variations individuelles entre 
lesdeux extremes 80 et 160, est habituellement de 
130 par minute. 

Tout en restant trds grande, la rapidit6 des con- 
tractions du coBur on des battements du pouls, pen- 
dant le jeune Age, pent oflFrir des variations 6ten- 
dues qu'il est bon de connaitre. 

Les mouvements de I'enfant, la position verticale 
donn6e a son corps, r^l^vation de la temp6rature 
exterieure, le travail de la succion et de la diges- 
tion, les emotions de toute nature qui causent sou- 
vent de vivos agitations an petit 6tre ignorant de 
toutes choses, les oris, la frayeur, acc6l^rent le 
pouls et peuvent lui donner en un instant une rapi- 
dity insolite, lefaire monter de ISO a 180, le rendre 
fort difficile ou m^me impossible a compter. Tous 
ces motifs d'excitation passagere agissent avec plus 
d'^nergie le matin qu'a la fin de la journ6e. 

Au contraire, le repos musculaire, surtout dans 
la position couch^e, ralentitla circulation; il suffit 
de placer un nouveau-n^ horizontalement dans son 
berceau apres I'y avoir maintenu assis pour con- 



COMMENT L'ENPANT VIT, AGIT ET SK DfiVELOPPE 309 

stater une diminution dans la frequence deson pouls, 
si ] 'enfant est reste calme. Cette diminution est tr^s 
marquee pendant le sommeil : la difif<Srence entre 
le pouls d'un nourrisson dveille et le pouls du mSme 
nourrisson endormi peut Stre de 40 battements par 
minute. 

Enfin, le pouls du petit enfant, habituellement 
r^gulier, devient ais^ment,en dehors de toute raison 
de maladie, irr^gulier, intermittent et en quelque 
sorte saccadd ; si on lui t&te le pouls on sent alors 
plusieurs pulsations se pr^cipiter, apr^s lesquelles 
d'autres se succedent avec lenteur et petitesse, pour 
£tre aussitdt suiyies de pulsations ordinaires. 

Qnantitd de Muig qui oiroule obcz Tenfant. 

La quantity de sang qui circule dans tout le corps 
du nourrisson est en somme pen considerable ; on 
I'a ^valu^e approximativement a 250 grammes. 
Aussi, pour lui, les Mmorrhagies sont fort a redouter, 
et il faut toujours Stre sobre d'^missions sanguines, 
soit par les sangsues, soit autrement; d'abord, 
parce que la somme de son sang est faible, ensuite 
parce que, dans les premiers mois, ce sang n'est 
pas tres riche et ne contient qu'une faible proportion 
vies mat^riaux indispensables au d^veloppement des 
organes de Tenfant. 

n faudra done aussi consid^rer toute perte de 
sang, qui survient chez un nourrisson, comme 
one chose serieuse et digue d' attention. 



210 LE LIVRE DES JEUNES M^RES 



La lyxnphe. 



D 



La circulation du sang a pour annexe et pour 
complement la circulation de la lymplie, liquide 
blanc et transparent r^pandu dans tout le corps par 
d'innombrables petits conduits qui traversent de 
nombreuses glandes ou ganglions pour se d6verser 
en dernier lieu dans une grosse veine, sous la cla- 
vicule gauche. 

Dans le jeune &ge, les vaisseaux et les ganglions 
Ijmphatiques ont, comme le systeme sanguin, une 
grande activity fonctionnelle. La mollesse des chairs 
|ui s'infiltrent aisement de lymphe^ la teinte rosee 
et la finesse de lapeau, la couche ^paisse de graisse 
a laquelle les formes de I'enfant doivent leur contour 
arrondi, ont fait dire que le temperament lympha- 
tique etait le temperament de Tenfant. 

III. — Digestion 

Pour constituer le sang et la lymphe, et entrer 
ainsi dans la circulation, les matieres alimentaires 
doivent subir certaines transformations ; en d'autres 
termes, pour 6tre absorbis les aliments doivent 
avoir ^te digiris, 

Organes digostifs du nourrisson. 

Les organes les plus essentiels a la digestion sont 
Testomac, les intestins et leurs glandes annexes^ 
le foie en particulier qui produit la bila. 



COMMENT L'ENFANT VIT, AGIT ET SE DEVELOPPE 21 * 

Tous ces organes sont log^s dans Tabdomen. 
Aussi, pour se rendre compte de la predominance- 
de leurs actes, des le debut Je la vie, il sufflt de- 
remarquer combien alors le ventre est volumineux, 
relativement au reste du corps. Chez le nouveau-n^, 
le ventre a environ le tiers de la longueur totale 
du corps, tandis que chez Tadulte il en mesure a. 
peine le cinquieme. 

La t6t6e. 

G^est par succion, en faisant le vide dans sa. 

bouche, que le nourrisson y introduit le lait que 

le sein maternel doit lui fournir. Pour cela, la. 

bouche de Tenfant qui tette est exactement close, 

en avant par les levres appliqu6es sur le mameloa 

de la mere, en arriere par le voile du palais qui, 

en s'appliquant sur la base de la langue, inter- 

rompt toute communication entre la bouche et la. 

gorge sans entraver la respiration qui se fait alors- 

par le nez. La bouche fait ainsi Toffice d'un corps- 

de pompe, dont la langue repr^sente le piston en 

agissant par des mouvements r^p6t6s d'avant en 

arriere. Le vide ainsi effectu6, la pression atmos- 

ph6rique qui s'exerce sur la mamelle chasse le lait. 

dans la bouche. Celle-ci 6tant bientdt suffisamment 

pleine, la respiration se suspend un moment, le 

temps n6cessaire au b6b6 pour avaler, c'est-a-dire 

/ pour op6rer un mouvement de deglutition qui fait 

passer le liquide dans la gorge et de la dans Tes- 

tomac. 



il2 LIVRE DES JEUNES MERES 

La d6glutitiou se fait entendre r^guliSrement, 
soit apr^s chaque mouvement de succion, soit apres 
trois ou quatre, suivant le plus on moins de rapidite 
on d'abondance avec lesquelles le lait arriye dans 
la bouche du nourrisson. 

Parfois, sans que les Idvres quittent le sein, 
survient on temps d'arrSt dans la succion ; Tenfant 
semble rassasi^ ; mais il se repose seulement pour 
recommencer bien vite, jusqu'a ce que, son app6tit 
r^ellement satisfait, il se soit endormi sur le sein 
que sa bouche a abandonnd. 

Digestion du l€dt. 

La digestion du lait dans Testomac s'op^re d'ha- 
bitude pendant que Tenfant se repose ou dort. 
EUe est ordinairement termin^e au bout d'une heure, 
mais ce temps varie suivant la quality et la quan- 
tity du lait absorb^. 

Ensuite quand la digestion dans Testomac est ter- 
min6e, la digestion dans les intestins commence. 

La mati^re alimentaire est pouss6e en avant 
par les contractions des parois de Testomac et de 
I'intestin et se melange avec les liquides versus 
par un grand nombre de glandes, liquides dont 
Taction est indispensable k la digestion. 

Le but final de cette operation est rabsorption 
des substances nutritives propres a entrer dans 
la compositions de diff^rents organes, et Texpulsion 
du r^sidu impropre a la nutrition. 

Les conditions qui favorisent la puissance d'ab- 



COMMENT L'KNPANT VIT, AGIT ET SE DfiVELOPPE 213 

sorption, — grande 6tendue de la surface de Testo- 
mac et des intestins, facile perm6abilit6 dcs parois 
du tube digestif, rapidit6 du mouvement circulatoire 
dans les vaisseaux, — toutes ces conditions se 
trouvent r6unies chez Tenfant et concourent a cette 
activity de nutrition qui caract^rise le premier 
age. 

Les selles de Tenfant. 

L'expulsion de la portion non dissoute et non ab* 
sorb^e de la masse alimentaire, m^lang^e aux li- 
quides verses dans Tintestin, s'accomplit a des in- 
tervalles plus ou moins longs et plus ou moins r6- 
guliers : deux, trois ou quatre fois par jour chez 
Tenfant a la mamelle, moins souvent ensuite. 

Le premier et le deuxieme jour de son exis- 
tence, le nouveau-n6 6vacue en plusieurs fois une 
matiere d'une epaisseur visqueuse, d'un vert 
noirS.tre, le miconiumj qui ant6rieurement s'itait 
amasse dans la dernidre partie de son intestin. 

Des que Tallaitement est commence, la nature 
des matieres expuls^es change. Le deuxieme jour, 
elles sent colorees de vert, de blanc et de jaune, et 
contiennent encore un pen de meconium. Le lait 
6tant pris plus abondamment, I'accroissement du 
poids du nourrisson se pronouQant des le troisi^me 
jour, les matieres rejet6es de Tintestin ont une leinle 
jaune d'or melangie ou non de points blancSj carac- 
tere qu'elles conserveront ensuite, etquiestunsigne 
d' alimentation convenable. Ces matieres sent demi- 



2U LE LIYRE DES JEUNES M£RES 

fluides, bien liees, ont line odeur faible et fade; 
elles doivent leur coloration jaune a la matiere cola- 
rante de la bile et leurs parcelles blanches a un 
phncipe da lait coagul^ et insufOsamment dig^re, 
la cas^ine. 

L'urine de I'enfant. 

Les liquides absorbes par les vaisseaux sangoins 
et Ijmphatiques du tube digestif sont versus dans 
la circulation, ou ils servent a la formation du 
sang ; ils sont ainsi distribu^s a tons les organes 
qui y trouvent les matieres n^cessaires a leur en- 
tretien et a leur developpement. 

Pour cela, les diff§rents organes font subir a leur 
tour au sang qui leur arrive une transformation 
analogue a celle que I'estomac fait subir aux ali- 
ments. 

Chaque organe a pour ainsi dire une digestion qui 
lui est propre ; il prend dans le sang ce qui con- 
vient a sa nature et abandonne un r6sidu qui sera 
elimin^. Cette elimination se fait par Texpiration 
pulmonaire, par la transpiration a la surface de 
la peau, et d'une maniere toute sp6ciale par la se- 
cretion des reins etTexpulsion de leurproduit, Turine. 

Tant que le nouveau-n6 ne se nourrit que faible- 
ment, la quantity d'urine produite par lui est mi- 
nime ; mais, aussitdt que sa mere lui foumit du lait 
en abondance et que bien nourri il augmente de 
poids, la quantity d'urine rendue dans une journ6e 
s'^Ieve a 70 grammes, atteint bient&t 200 grammes 



COMMENT L*ENFANT YIT, AGIT ET SE DfiVELOPPE iib 

et peut depasser ensuite 400 grammes quand Tal- 
laitement et la progression du nourrisson sont en 
pleine activite. Cette quantity est tres grande, rela- 
tivement au poids du noumsson. Le besoin d'uri- 
ner est frequent chez le petit enfant. 

L*urine de Tenfant 4 la mamelle est normalement 
aqueuse et limpide, presque incolore et inodore, ou 
du moins d'un jaune tres pMe et d'une odeur parti- 
culiere tres faible au moment de son Amission. 
Abandonnee a I'air un certain temps, elle peut fer- 
menter et acquerir une forte odeur ammoniacale. 

lY. — Sensations et mouyements 

Toutes les fonctions du corps sont mises en jeu 
et regularisees par Taction du systeme nerYOux 
(cerveau, moelle 6piniere et nerfs), qui tient sous sa 
d^p&ndance tous les mouYements et toutes les sen- 
sations. 

Cos sensations et mouYements de la yie sont de 
deux ordres : 

V ceux qui ont pour but la conserYation ou Tac- 
croissement de FindiYidu, et doiYent par consequent 
assurer les actes de nutrition : ils s'exercent d'une 
maniere en quelquo sorte passiYe, instinctive et 
spontanee — tels que la sensation de la faim et de 
la soif , le besoin de respirer et de dormir, les mou- 
^'oments du coeur, des poumons, de Testomac et de 
I'intestin ; 

2<» Ceux qui, mettant en relation TindiYidu avec 
ce qui Tentoure, ont pour eflfet le deYeloppement 



S16 LE LIYRE DES JEUNES MERES 

de son intelligence, et doivent par consequent re- 
cueillir les impressions venues du dehors et lui 
permettre alors de reagir activement et volontaire- 
ment ; — telles sont les contractions des muscles de 
ses membres, qni ont pour but le d^placement de 
son corps ; — tels sont les cris, les rires, les gestes 
et la parole qui lui permettent de manifester ses 
plaisirs ou ses peines, ses desirs ou ses craintes. 

Les premieres sensations de I'enfant. 

Pour le nouveau-n6, le monde ext6rieur est en 
quelque sorte renferm^ dans les bras de la nour- 
rice qui Tallaite ; ses sensations et son intelligence 
s'^bauchent rapidement a mesure que sa croissance 
physique progresse, et alors les organes des sens, 
ie la locomotion, de la volont6 reflechie et de ia 
parole achevent d'acquerir la solidite d'organisation 
devenue n^cessaire. 

Done au debut de la vie, les parties du systeme 
nerveux qui president a la nutrition, la moelle epi- 
niere et les nerfs annexes, possedent deja un degr6 
de perfection que le cerveau et les organes des sens, 
les muscles et les os n'auront atteint qu'a la fin de 
la premiere ann^e. 

Pendant les deux ou trois premiers mois, les exci- 
tants exterieurs ne sauraient produire que des im- 
pressions confuses, insuffisantes a donner au jeune 
Stre la connaissance du milieu ou il est place ; ces 
impressions se traduisent sur sa physionomie par de 
simples modifications des traits et, souvent pdnibles 



COMMENT L'KNFAOT VIT, AGIT ET SB D£YEL0PPE 217 

ou douloureuses, s*expriment par des cris. Le pas- 
sage brusque d'une temperature de plus de 37* (celle 
de la mere) a la temperature de Tair qui, en mojenne, 
est de 15o, donne au nouveau-nd la sensation du 
froid; les mains qui le touchent, le bruit qui le 
frappe, la premiere impression de la lumidre et de 
Tair, la sensation de la faim et de la soif qui r^sulte 
de la privatibn subite du sang matemel par la section 
du cordon, sont pour lui Toccasion de malaises dont 
il ne saurait se rendre compte. Pen a pen, 11 par- 
vient a distinguer Tune de Tautre ses diverses im- 
pressions, manifestant du plaisir ou de la peine 
suivant la nature ou le degr^ de la sensation 
eprouv6e. 

Le touoher. 

C^est la peau qui roQoit en premier lieu Timpression 
de Tair et des objets ext^rieurs ; la sensibility est 
tres yive chez Tenfant, ce qui pour lui est souvent 
le pomt de depart ou la cause de troubles, de mou- 
vements d6sordonn6s, de convulsions. 

Le sens du toucher ne commence a dtre exerc^ 
que lorsque les mouvaments de la main ne sont plus 
seolement instinctifs, mais volontaires. 

L'odorat. 

L'odorat est 4yeille par le passage de Tair dans les 
fosses nasalesau moment de la premiere inspiration. 
Le nourrisson respire a peine par la bouche, pres- 
que exdusivementparle nez, qui fait des lors plut6t 
partie de rappareil respiratoire qu'il ne constitue un 

13 



Si8 LE LIVRE DES JEUNES M£RES 

organe sensitif special. Le nez a une surface interne 
peu ^tenduef mais tres irritable, ce qu'indique la fre« 
quence de retem&ment et du corjza dans le jeune 
age. 

Le gotkt. 

Le go&t, comme Todorat, se forme lentement. 
Tant que le lait est Tumque aliment de Tenfant, 
Teducation du go&t est nulle. La langue sertpresque 
exclusivement a la succion et a la deglutition du 
lait ; c'est pour cette raison qu'elle a beaucoup de 
force musculaire ; elle est large, epaisse, son ex- 
tr^mit^ libre arrondie se meut avec energie. 

Les petits enfants n'apprecient guere par le goftt 
que les substances sucrees; il sufflt souvent de 
changer la couleur des substances qui semblent leur 
d^plaire pour les leur faire accepter aussitot aise- 
ment. 

L*oaia. 

L'oufe du nourrisson est vivement impressionnee 
par le bruit et les vibrations sonores, mais d'une 
maniere indistincte et sans doute p^nible jusqu'a ce 
qu'il soit capable d'attention ; alors , les douces 
paroles et les chants dont sa mere le caresse apai- 
sent ses oris et ^panouissent ses rires. Naturellement 
distrait, si parfois il ne semble pas entendre, c'est 
qu'il n'^coute pas. L'enfant qui salt icouter saisit 
en g^n^ral avec une grande justesse les differences 
de hauteur et d'iutervalle des sons ; T^ducation de 
son oreille est d'habitude prompte et facile. 



COMMENT L'ENFANT VIT, AGIT ET SE D&VELOPPE S19 

La Tue. 

DSs la naissance, ToBil est parfaitement conform^ 
pour la vision. Si done le nouveau-n^ paralt insen- 
sible a Taction de la lumiere, c*est que son cerveau 
o'est pas encore assez bien organist pour en perce- 
roir la sensation. G*est pourquoi son oeil, durant les 
premieres semaines, est inactif, sans 6clat, sans 
regard, et se d^place sans but appreciable. Les 
baupieres, minces et transparentes, sont la plupart 
flu temps closes ; le nourrisson ne s'^veille que pour 
manifester le besoin de nourriture, et se rendort dSs 
que ce besoin est satisfait. 

Vers la fin de la deuxidme semaine, les yeux sui- 
rent la direction du jour, ils paraissent regarder 
lans voir; ensuite, le cerveau se d^veloppant, la 
nsioQ s'instruit, et peu k peu Toeil s'accoutume a 
txer les objets environnants que Tenfant semble re- 
lounaitre quand il a atteint Vkge de six semaines ou 
leux mois. H montre une predilection marquee pour 
iescouleurs vives et brillantes. 

Les appreciations de la distance, de la situation, 
ie la forme, du volume des objets se font ensuite 
far un travail de Tesprit, apres que la vision, le sens 
le plus utile avec le toucher a Taccroissement de 
Vintelligence, en a ^te frappee. 

La physionomie de I'enfant. 

Avant de posseder la parole, Tenfant a, pour ex- 
primer ses sensations, le lan^age de sa phjsionomid, 



SSO LB UVRE DES JEUNES lf£RES 

de ses gestes et de ses cris. Les muscles de la face 
da nouveau-n^ soat faibles, la graisse y predomine ; 
de Ik^ la rondeur des joues, la I^gerete des traits, 
Tabsence de sillons et de pib. A F^tat de sant^ et de 
repos, ce frais visage exprime la douceur et la s^r^ 
iiit6. Le bien-^tre s'y peint par une coloration d'un 
rose velout^ et par Tabsence de contractions. Le 
malaise et la sou£france s*j gravent par des contrac- 
tions plus ou moins prononcees ; la levre superieure 
se plisse et se souleve a demi, des rides verticales et 
horizontales se dessinent a la racine du nez et a 
Tangle exteme de Toeil, et de rose la peau deviant 
pftle, rouge ou violac^e par places, suivant la nature 
et le degr6 de la soufirance. 

Le nourrisson commence rarement a t^moigner de 
la joie, a sourire et k rire avant trois semaines ou 
un mois. Ce n'est d*abord qu*un simple mouvement 
de dilatation des Idvres, qui se prononce davantage 
bientot ; la phjsionomie s'epanouit, et cette expres- 
sion s'accompagne d'eclats de voiz r^p^t^s et d'une 
gesticulation expansive. 

La ori et la premitoe paroto. 

Le cri est la manifestation la plus 6nergique des 
satisfactions, des joies^ aussi bien que des impa- 
tiences, des col^res et des souffrances du jeune en- 
fant. C'est une sorte de voix inarticul6e, qui se fait 
entendre plus ou moins fortCi sonore et prolongee 
au moment oii Fair expir6 des poumons traverse le 
larynx, organe essentiel de la voix« 



COMHENT L'ENFANT TFT, ACn ET SE D£V£L0PPE tSl 

Le bruit commence et cesse avec Texpiration, 
5'est le art proprement dit. Parfois il accompagne 
» outre inspiration : c'est la reprise du cri qui 
rient de finir et qui va recommencer avec une ex- 
piration nouvelle. 

Quand Tenfant est ^puis^ par la violence ou la 
^ontinuit^ de ses cris, cette reprise devient dorni^ 
lante; et, quand les cris cessent, quand Texpiration 
3esse d'etre bruyante, Finspiration pent malgre cela 
Tester sonore nn certain temps : Tenfant fait alors 
sntendre par intervalles des sanglots et des soupirs. 

Les cris d'un nouveau-n^ d^bile sent de petits va- 
gissements plaintifs, surtout si la respiration est 
mal etablie. Les cris d'un nouveau-n6 vigoureux et 
dont la respiration est parfaite sont plus sonores et 
moins persistants. 

Les cris provoqu4s par le besoin de nourriture se 
calment d^s qu*on met le nourrisson au sein. 

Lorsqu'ils sont causes par la g£ne de ses vSte- 
ments, par une position mauvaise ou trop longtemps 
prolong6e dans un berceau mal dispose, par le con* 
tact des langes salis, etc., ces cris sont intermit- 
tents, une brusque diversion les fait cesser, mais 
niomentan^ment, et ils recommencent tant qu'on 
ii'apas supprim* leur cause. 

Le cri de la douleur est remarquable par sa 
force, sa frequence, son opiniatret^, par Texpres- 
sion de la phjsionomie et Tagitation des membresqoi 
I'accompagne. 

Enfin, il arrive encore que ies enfants crient 
^quement parce qu'on ne devine pas et parce qu'on 



n% LB LIYRB DBS JEUNES MfiRES 

ne satisfait pas assez vite leurs desirs ; ce soot des 
criaillements d'impatience , de colere, dontTobser- 
vation fait ais^ment distinguer le caractere. 

Ce n'est que vers le troisieme mois que les en- 
fants pleurent en criant. Jusque-la, malgr6 Tagita- 
tion, le malaise, les besoins^ les Amotions et la dou- 
leur, la s^cr^tion des larmes est a peu pres nulle. 

Vers le cinquieme mois, Tenfant fait entendre un 
son vocal qui, sans Hve encore articul^, est plus 
qu*un simple cri. II fait entendre des vojelles avant 
de prononcer des consonnes. 

Vers le huitieme ou le neuvi^me mois , il balbutie 
quelques mots et ses facult^s intellectuelles et af- 
fectives, resties obscures jusque-la, commencent 
alors a se r^v61er par le mode d'expression le plus 
6leve de la vie de relation, la parole. Vous en com- 
prendrez instinctivement d'ailleurs toute Timpor- 
tance et la grandeur, a Temotion joyeuse que vous " 
ne manquerez pas de ressentir le jour ou votre en- 
fant, qui s'^tait content^ jusque-la de vous regarder 
et de vous sourire, vous appeliera pour la premiere 
fois maman / 

Les mouTements. 

Au d^but de la vie, les mouvements volontaires 
sont nuls. Les mouvements du bMement, de I'eter- 
nClment, de succion, de deglutition, de flexion et 
d'extension des membres, etc., ne sont dus qu'ala 
sensibility; la volonte n'y a ^videmment aucune 
part, ils sont toujours bom^s, rapides, non coor- 



COMMENT L-ENPANT VIT. AGIT KT SE DfiVELOPPE 223 

donnas, non dirig^s. Les muscles sont grdles, ros^s, 
arrondis, mous ; les os, sur lesquels ils s'attachent 
et qu'ils sont charges de mouvoir en se contractant, 
sont encore pea rSsistants et en grande partie car- 
tilagineux. 

L'ossification des os plats de la t^te est incom- 
plete; les espaces mous qui les s^parent ont roQu 
le nom de /anlanelles. Celles-ci sont au nombre de 
six : deux en haut, sur le milieu du cr&ne ; deux 
en bas, de chaque cdt6. Elles diminuent d'^tendue 
avec les progres de Tossification ; leur ferme- 
ture n'est habituellement achev6e qu'a Vkge de deux 
ou trois ans, rarement plus t6t ou plus tard dans 
r^tat normal. 

En mSme temps que les faculties c6r6brales se 
manifestent et que la volont6 s'6veille, les muscles 
acquierent de la force et les os de la solidity ; Ten- 
fant parvient pen k peu k faire agir avec quelque 
assurance les muscles qui meuvent la tfite, le tronc 
et les membres. D'abord difficile, incertaine, vacil- 
lante, la locomotion n'est guere pour I'enfant qu'une 
succession de chutes, caus^es par la faiblesse des 
membres, le d^faut de coordination des contractions 
musculaires et I'appr^ciation imparfaite des distances 
et des obstacles. A deux mois environ, I'enfant pent 
soutenir sa tSte ; a quatre ou cinq mois, il est ca- 
pable de mouvoir sa colonne vert^brale et de se 
maintenir dans la position assise et verticale ; a un 
an, 11 execute quelques mouvements de progres- 
sion, presque toujours il pent marcher. C'est vi'ai- 
ment alors qu'il entro dans la vie de relation. 



m LE LIVRE DES JEUNES MERES 

V. — D^YELOPPKMEMT PHYSIQUI DE l'eNFAHT 

Pour Tenfant, vivre c'est a la f ois changer et s'ao- 
croitre constamment. L'acUyit^ de sa nutritioii a 
pour r^sultat le d^veloppement de son corps, dont la 
taille et le poids augmentent avec rapiditd 

TaiUe. 

En naissant, la taille de Tenfant est en moyenne 
de 49 centimetres pour les gardens et de 48 pour les 
filles. L*inf6riorit^ en taille et en poids du corps femi- 
nin est manifesto d^s le d^but de Texistence. A la fin 
de la premiere annSe, la taille a atteint 68 centi- 
metres, soit en un an un accroissement total du corps 
de 19 centimetres en longueur. Get accroissement 
est plus rapide pendant les premiers mois de cette 
premiere ann^e que pendant les demiers ; il com- 
mence par £tre de 4 centimetres en mojenne pen- 
dant le premiermois, pour descendre a 3, puis a % 
puis k 1 centimetre pendant le dernier mois. 

La croissance de la taille, subordonnSe k Tallon- 
gement des os, n*est pas r^partie ^galement snr le 
tronc et les membres. La moiti6 supdrieure du corps 
du nouveau-n^ Temporte sur la moitii inferieure ; il 
a le ventre long et les jambes courtes. Sa tSte est 
relativement volumineuse ; cet exces de volume 
porte sur le cr&ne qui renferme le cerveau. 

A la naissance, les membres inferieurs concourent 
pour 22 centimetres et le tronc pour 27 aux 49 cen- 
timetres de la taille lotale ; les bras ont la meme 



COKAISOT LENFAiVr Vn, AGH' ET SE DfiVELOPPE 215 

longueur que les jambes. A un an, le fronc mesure 
40 centimetres et les membres 28 ; les jambes sont 
alors sensiblement plus longues que les bras. 

Folds. 

La connaissance des changements qui se produi- 
sent dans le poids du corps de I'enfant est la meil- 
leure indication de la maniere dont les fonctions de 
nutrition et le d6veloppement progressif du nour- 
risson se comportent. 

Bien qu'il soit plus facile de peser un enfant que 
de mesnrer exactement sa taOle, il faut cependant 
apporter beaucoup de soin dans reparation, si on 
veut avoir des indications precises. 

Pour peser un nourrisson, on le place sur le pla- 
teau d'une balance ordinaire en tenant compte du 
poids de ses vStements, cela ya sans dire ; mais 
il faut de plus tenir compte des circonstances dans 
lesquelles la pes^e est faite. II faut en efifet que les 
pes^es faites a des jours diff^rents puissent toujours 
itre comparables entre elles^ sans avoir a craindre 
des erreurs provenant de I'^tat de vacuit6 ou de 
plenitude de I'estomac, de Tintestin et de la vessie. 
Les observations nombreuses des m^decins phj- 
siologistes ont appris que le poids moyen des nou- 

' veau-n6s 6tait, le premier jour, de 3 kilogrammes 
375 granunes pour les gardens, et de 3 kilogrammes 

' 250 grammes pour les filles, mais aussi que les va- 

' nations au-dessus et au-dessous de ces chiflFrea 

> moyens itaient tr^s ^tendues. 

13. 



S36 LE LIVRE DES JEUNES M&RES 

Elles ont prouv^ aussi que, le plus souvent, les 
enfants perdent de leur poids durant les trois ou 
quatre premiers jours qui suiyent leur naissance. 
Quelques-uns restent stationnaires , un tres petit 
nombre augmentent dSs la naissance ; mais la 
grande majority traversent d'abord, avant T^tablis- 
sement r^gulier et parfait de leurs fonctions nou- 
velles, une courte periode d6favorable a leur de- 
veloppement. Les pertes de poids ^prouv^es sent 
ordinairement de 65 grammes en moyenne le premier 
jour pour les enfants nes dans de bonnes condi- 
tions de sant6, de 1 10 grammes pour les autres ; le 
deuxieme jour de 25 grammes pour les uns, de 60 
pour les autres. La perte de poids doit alors nor- 
malement s'arrfiter le troisi^me ou au plus tard le 
quatrieme jour ; a partir de ce moment, le poids de 
Tenfant doit augmenter et, au plus tard le septieme 
jour, les enfants bien portants ont recouvr6 le poids 
qu*ils avaient en naissant. Quand il en est autre- 
ment, c'est que le nourrisson ou la nourrice ne rem- 
plit pas les conditions d'une nutrition sufflsante, et il 
faut immddiatement chercher les mojens d*7 porter 
remede. 

On trouve, en r^unissant toutes les pes6es quoti- 
diennes, que I'augmentation mensuelle du poids de 
I'enfant est en somme considerable au d6but et le 
devient beaucoup moins a la fin de la premiere 
ann^e. A cinq mois, son poids a double, et pendant 
les sept autres mois il croit a peine de la mSme 
quantity. Pour les cinq premiers mois, on peut 
fibLer I'accroissement moyen a 20 ou 25 grammes 



COBIHENT L'BNPANT VIT, AGIT ET SE DEVELOPPE 227 

par jour et pour les mois suivants k 10 ou 
15 grammes. 

D'une maniSre g^n^rale, Taugmentation en poids, 
du 4®*" au 12"* mois, suit une progression d6crois- 
sante, dent les chiffres sont inscrits dans la l'^ co« 
lonne da tableau suivant : 



ACCROISSEIQiT lOTEH DU PODS DE L'ENFANT 

PENDANT LA i'* ANN^E 



Naissance... 

I** moil 

V — .... 
3« — .... 
4« — . . . . 
5« — . . . . 
«• - . .. 

• • • • 

8« — .... 

0« — .... 
iO« — .... 

11* — .... 
\V — .... 



AUGMENTATION 

moyeoDe 

PAR HOIS 



» 

750 gr. 
700 — 
650 - 
600 — 
550 — 
500 — 
450 — 
400 — 
350 — 
300 — 
MO — 
JOO — 



POIDS 

moyen 
DB l'enfant 



Sk.lSO «' 

4V000 

4^.700 

5V350 

5i'.950 

6''.500 

7^.000 

7^.450 

7^850 

gi'.SOO 

Si'.SOO 

8^.750 

8i'.950 



A06HENTAT10N 

moyeoDe 

PAR JOUR 



S5 gr. 

S3 -r- 

M — 

so - 

18 — 
17 ~ 
15 - 
13 — 
IS — 
10 — 
8 — 
6 — 



I 



La 2^ colonne indique le poids moyen de Tenfant 
a la fin de chacun des douze premiers mois. 

En divisant par 30 Taugmentation de chaque mois^ 
on obtient I'augmentation moyenne de chaque jour 
qii figure a la demi^re colonne du tableau. 

Nous n*ayons pas besoin de faire remarquer, 
en terminant, qu*aucun enfant ne suiyra, d'une 



128 LB LIVRE DES JEUNES MfiRES 

manidre absolue^ dans son d^veloppement, les in- 
dications g^n^rales que nous venons de donner. 

Comme nous Tavons dit a plusieurs reprises, les 
chiffres que nous mettons sous les yeux de nos 
lectrices ne doivent 6tre pris qu'i titre de rensei- 
gnements g^n^raux ; ils n'en ont pas moins une 
grande importance, en ce sens qu'ils peuvent servir 
de point de comparaison pour juger si le d^ve- 
loppement de Tenfant suit un cours normal ef 
regulier. 

Nous n'avons pas la pretention d'avoir donn^ la 
physiologie complete du nourrisson, mais nous avons 
it& si souvent interrog^s par de jeunes meres sur 
toutes ces questions, que nous avons cru que nos 
lectrices y prendraient quelque int^rdt. II nous a 
sembie que les mdres ne seraient pas f&ch^es d'ap- 
prendre comment leur nourrisson a v^cu en elles, 
et comment maintenant il vit> agit et se cl4yeloppe 
en dehors d'elles. Si nos lectrices nous ont pr£t6 
une bienveillante attention, elles auront I'explica- 
tion de bien des ph^nom^nes de la vie de leur en- 
fant, qui auraient pu les surprendre, peut-Stre 
mSme les effirayer. Nous nous rappelons encore la 
desolation d'une jeune femme qui, ne connaissant 
pas Texistence des fontanellei, venait de remarquer 
le pen de consistance de la tdte de son petit en- 
fant, et dont les larmes n^ont c^d^ qu'A grand'peine 
devant Tassurance formelle que nous lui ayons 
donn^e, que la mSme ossification incomplete des 
OS de la tSte existait chez tous les nouyeau-nds. 



GHAPITRE X 

MALADIES DB L'ENFANT 

n nous reste & parler des maladies, des indisposi- 
tions et des accidents qui peuvent atteindre Tenfant 
pendant la premiere p^riode de son existence. Sa- 
chant quelles sont les particularit^s de la vie nor- 
male chez Tenfant, la m^re attentive se rendra beau- 
coup mieux compte de la nature et de Timportance 
des troubles que malheureusement elle aura sans 
doute quelquefois I'occasion de constater dans la 
sant^ de son enfant, malgr^ tous les soins dont 
elle aura su I'entourer. 

Avant de commencer Texamen des diverses ma- 
ladies de Tenfance, nous devons faire a nos lec- 
trices quelques observations d'une importance ex- 
ceptionnelle, sur lesquelles nous appelons leur plus 
scrupuleuse attention. 

En parlant des maladies du premier &ge, il n'entre 
point dans notre pens^e d'en donner la description 
complete pas plus que d'indiquer les traitements k 
employer pour les combattre. Nous Tavons deja dit 
an commencement de notre livre : nous voulons 
seulement que la mdre soit capable de reconnaitre, 
d^s le d^but, que la sant^ de son enfant s'altSre et 
sortout qu'elle soil attentive aux symptdmes qui ap- 



» LE UVRS DBS JKDNES HERBS 

pellent, sans tarder, les secours du m^decin. Son- 
yent, on attend trop longtemps ; chez les enfants, 
le mal progresse avec nne rapidity qnelquefois ef- 
firajante, il faut a^ir vite et a^ en connaissance de 
cause. 

Une autre pens^e nous a aussi engag^ k donner 
i ce chapitre des Maladia de F enfant un certain 
deyeloppement. Nous aTons yu souvent de jeunes 
femmes, bien trop prudentes pour avoir jamais 
song^ a soigner elles-m^mes leurs enfants, ^tre 
cependant d^sireuses d'ayoir quelques renseigne^ 
ments g^neraux sur les maladies les plus communes 
du premier &ge, et aussi sur celles, plus rares, 
dont elles avaient yu des exemples autour d'elles. 
Nous youlons que ces jeunes femmes puissent trouver 
dans leur livre la r^ponse aux questions qu'elles se 
posent i ce sujet. 

Un exemple vous fera bien comprendre noire 
pens^ : 

Supposons qu'un jour yous remarquiez des ron- 
geurs i la peau de votre nourrisson. Vous faites 
venir yotre miidecin qui examine Tenfant et present 
le traitement. Au moment ojl le m^decin se retire, 
n'allez-vous pas lui demander: Eh bien I doctm» 
qu'est-ce qu'il a? — Ce n'est rien, Madame, vous 
r^pond-il, c'est un peu d'irythime. . . ou bien, 
une autre fois: c'esi tin peu d' eczema.,. Kt 
apr^s son depart, ne vous demandez-vous pas en 
voyx^-m^mQcequec'estque rSrytMme ou Veczhm^ 
Nous youlons simplement que votre livre vous le 
dise. 



AIALADIES DE L'ENFANT 231 < 

n faut done qu'il ne reste aucun doate sur le but 
que nous poursuivons, et, pour nous r^sumer — 
nous serious presque tent^, si la chose n'^tait pas 
si importante, de demander pardon a nos lectrices 
d'y revenir encore! — nous dirons: 

Noire but n'est pas d'apprendre a la mere a sot- 
gner elle-^mime son enfant malade$ rien ne serai 
pltu dangereux. 

Nous voulons seulemenl deux choses . 
1* Banner quelques renseignements sur les symp- 
t&mes les plus ordinaires des maladies de I' enfant, 
afin que la mere attentive prenne aussitdt I'avis de 
son midecin, sans attendre que le mat ait fait des 
progres inquiitants ; 

2" Donner quelques renseignements sur ces ma- 
ladies elles-mdmes et sur la maniere dont elks se 
comportent le plus ordinairement, afin de satisfaire 
la legitime curiosiU des meres dSsireuses de s'in- 
struire, et en mime temps les rendre plus capables, 
le cas inhiant, de suivre avec un divouement plus 
iclairi les prescriptions de leur m^decin. 

Si, dans certains cas d' indisposition legere^ ou 
dans certains cas urgents, nous croyons devoir indi-- 
guer un trait^yment^ il sera toujours tel que la mere 
puisse I'appliquersans danger, en attendant I'arrivSe 
du, midecin. 

Enfin, nous ne saurlons trop engager les m^res 
A repousser la multitude de conseils et de rem^des 
qu'on s'empressera de leur oflFrir a la moindre indis- 
position de leur enfant. Qu'elles restent sourdes k 
tons ces avis de I'ignorance donnes a tort et a tra- 



tn LR UVRR DES JSUHBS MERES 

Ters, qa*elles so d^gagent de la foule des pr^ 
jugte dont reufance est trop soavent yictime, et 
qa'elles 8*6n rapportent exclosivement au m^ecm 
qu'elles anront choisi. 

Faisons remarqaer, en terminant, que la liste des 
maladies que nous aliens rapidement d^crire, toat 
en ^tant d6ja longue, a d& cependant rester encore 
incomplete, sous peine de sortir du cadre que nous 
nous ^tions trac4. 



I. — HaLADIBS DBS OftSANBS DB LA DI6BSTI0X 

Stomatite. 

L*inflammation de rint^rieur de la bouche, qu'on 
nomme stomatite, survient quelquefois chez Tenfant 
sous rinfluence de la sortie difficile des premieres 
dents: ellepeut Streproduite aussi par Tintroduction 
dans la bouche de substances irritantes ou de 11- 
quides trop chauds. Elle accompagne parfois un 
embarras deTestomac. 

Cette inflammation simple de la bouche, plus ou 
moins ^tendue, siSge plus rarement a la langue 
qu'aux gencives. 

La smface enflammSe est luisante, gonfl^e et d*an 
rouge vif . La douleur ^prouv^e par le petit malade 
le rend difficile a consoler et Tempeche de t6ter; 
Fintroduction du mamelon ou du biberon dans sa 
bouche le fait crier. Sous Tinfluence d'une dentition 



MALADIES DE L ENFANT 233 

laborieuse, il arrive que les gencives enfiamm^es sai- 
gaent et se couvrent de petites taches blanches. II 
peut y ayoir iin peu de flevre. 

Tout cela n'est pas grave et se dissipe prompte- 
ment. II sofflt de quelques lavages de la bouche avec 
de I'eau tiede miellee ou gommde, et au besoin avec 
la solution de borax dont nous parlerons tout a 
rheure a propos du muguet. Ces lavages se font 
avec un petit pinceau de charpie ou un tampon de 
linge (Voir Muguet). 

Aphthes. 

Les aphthes sont de petites ulcerations doulou- 
reuses a surface gris&tre , qui succ^dent k de 
petites vesicules, dont les dimensions varient entre 
celles d*une t£te d'^pingle et celles d'une len- 
tille; elles siegent sur les gencives, les levres, 
la langue ou le voile du palais. En g^n^ral, les 
aphthes se gu6rissent facilement, comme la stomatite 
simple, par le miel rosat, ou la solution de borax 
dont nous parlerons a propos du muguet (Voir Mu- 
met) ; mais quelquefois aussi les aphthes sont plus 
tenaces et demandent le traitement special du 
ai6decin. 

Muguet. 

Le muguet est tres frequent chez les nourrissons. 
H atteint particulierement ceux qui sont mal nour- 
ris, et dont Tallaitement, surtout au biberon, est 
oud dirig^. L*usage des f denies, des infusions et 
des decoctions sucr^es avec la cassonade pr^dis- 



'S34 LE LIYRE DES JEUNES MEitES 

pose au muguet, — affection contagieuse, qui peut 
compliquer la plupart des maladies de la premiere 
«nfance, celles de Testomac et des intestins sor- 
tout, et qui s6vit d'une fa^on pour ainsi dire 6pide- 
mique dans les creches et les asiles, lorsque les 
infants sont places dans de mauvaises conditions 
nygieniques. 

Le signe caract^ristique du muguet est le suivant: 
a I'int^rieur de la bouche, devenue rouge et dou- 
loureuse, sur la langue dont les papilles sont tu- 
m^flees, sur les gencives et le voile du palais, se 
d^posent de v^ritables moisissures blanch&tres, 
champignons microscopiques, qui apparaissent sous 
la forme d'un semis de points blancs, de consis- 
tance molle, s'enlevant ais^ment mais se reprodui- 
sant tres vite, d'abord diss6min6s, mais se r6unis- 
sant bient6t pour former des taches, des pellicules 
plus ou moins grandes et plus ou moins ^paisses. 
Oette production ne donne pas a Thaleine ime odeur 
mauvaise comme dans d'autres affections de la 
bouche. En mSme temps, les enfants ont quelquefois 
•des coliques et de la diarrhee; ils tettent moins bien 
«t digerent mal. 

Dans les cas lagers, les plus communs, la gu^ri- 
son peut 6tre complete en quelques jours. Dans les 
<5as graves, avec diarrh6e, vomissements et fievre, 
le muguet n'est qu'un accessoire dans Tensemble des 
troubles digestifs qui affaiblissent rapidement le petit 
malade. 

Par lui-m^me, le muguet n'est pas grave. 

On TempSchera de se produire en plagant le nour- 



MALADIES DB L ENFANT t35 

risson dans de bonnes conditions hjgi^niques^ en 
Tallaitant d'une maniere rationnelle, en evitant Tali- 
mentation prematur^e, en tenant propre la boucbe 
de I'enfant, en ne le laissant pas s'endormir an sein 
on avec le biberon dans sa boucbe. 

Une fois forme, on fera disparaitre le muguet en 
nettoyant toutes les surfaces gamies de laches et de 
plaques blanches avec un petit pinceau de charpie ou 
un tampon de linge imbibe d'eau de Vichy, ou mieux 
d'un melange de borax et de miel rosat, ou encore 
d'une solution de borax dans Teau ou la glycerine 
dans la proportion suivante : 

Eau ou glycerine • 30 grammes. 

Borax 8 — 

Sous rinfluence de ce traitement local renouveli 
trois ou quatre fois par jour (tons les soins hygie- 
niques, d'ietilleurs, ^tant donnas en m£me temps), le 
muguet est ordinairement gueri en trois ou quatre 
jours. 

Angines. 

Les anginei ou inflammations de la gorge, don- 
nant lieu a une difficult^ d'avaler, sent tres rares 
chez le nourrisson ; on commence a les observer 
plus souvent dans la seconde ann^e, et elles de- 
viennent encore plus fr^quentes aprSs cet &ge. 

L'enfant a la mamelle est parfois atteint d'une in- 
flammation superflcielle de Tarriire-bouche et du 
pharynx accompagnant une inflammation analogue 
des fosses nasales. Cette angine est ordinairement 
causae par le froid. EUe est caractdris^e par une 



236 LK LIYRE DES JEUNES MfiRES 

rougeur uhiforme de la gorge et par la s6cr6tion de 
mucosites parfois abondantes, qiii peuvent provo- 
quer de la toux et rendre le sommeil un peu agit4. 

Cette afTection n'offre pas de gravity. Elle cede le 
plus souY ent a de simples precautions centre le froid : 
une cravate de laine autour du cou, Tenyeloppement 
des pieds avec de la ouate que Ton recouvre de taf- 
fetas gomm^ ou de baudruche, de fa^on a produire 
une action l^gdrement r^yulsive vers les extr^mit^s. 
Si des mucosites trop abondantes obstruaient le pha- 
rynx, il faudrait donner une ou deux cuiller6es a cafi 
de sirop d*ip6cacuanha pour en provoquer le rejet. 

Quelquefois, dans la premiere ann^e dela vie, sous 
rinfluence de causes diverses, dans le cours ou a la 
fin d'autres maladies, il se forme, dans le fond de la 
gorge des abcSs dont Texistence se r^vMe surtout 
par une grande difficult^ d'avaler. On voit alors le 
nourrisson saisir le sein avec ayiditS, puis bient6t se 
renverser en arri&re, tousser et rejeter le lait par le 
nez et la bouche. Ces abcSs deviendraient rapide- 
ment dangereux s^ils n'^taient ouverts par un chi« 
rurgien dis que leur existence a &U reconnue. 

Indigestion. 

Pendant Tallaitement, plus souvent pendant les 
premieres semaines , il arrive que les enfants re- 
jettent, apres un repas copieux, une partie du 
lait avaie. Cette regurgitation ne proroque pas 
de trouble dans la sant^ g^nerale ; elle est causae 
par ringestion d'une trop grande quantity de lait ou 



MALADIES DE L'ENFANT 137 

par des t^tees trop rapprochees, ou par le hoquet 
qui, lui aussi, trSs frequent apr^s des repas trop 
copieux, n'a rien d'inquietant. 

Mais tres souvent aussi, peu apr&s le repas, au lieu 
d'une simple regurgitation sans consequence tk- 
cheuse, ilse produit une veritable indigestion. L'en- 
fant est alors agite ; il souffre et crie ; sa face 
p&lit et ses traits se contractent; il raidit ses 
membres, se tord, et parfois mSme a de l^gSres 
convulsions. En mSme temps, il semble faire 
des efforts comme pour ^vacuer et rend des 
vents par la bouche et par Tanus. n se calme alors 
un instant, estassoupi avec un peu de prostration; 
mais, de nouveau, il est pris de coliqaes et se tord 
en criant d*une fagon douloureuse. 

Ordinairement Uindigestion se termine bientdt par 
des vomissements de lait caill^ et aigre. Si elle se 
prolongeait, le ventre deviendrait dur, tendu, sen- 
sible a la pression, et bient6t le petit malade ren- 
drait des seUes liquides jaun&tres ou verd&tres, irri- 
tantes pour la peau, m^langees de grumeaux blancs 
de lait non digerd. 

Quand, par suite d'une alimentation mal r&gUe, 
les causes d'une premiere indigestion subsistent, les 
coliques, les Evacuations de gaz, les vomissements 
et la diarrh^e peuvent, apres avoir cesse momenta- 
nement, se renouveler pendant des semaines entie- 
res. Ges indigestions r^pEtees font perdre a Tenfant 
de son poids, il d^pErit, ses chairs deviennent flas- 
ques, son ventre reste baUonne, sa face est souffre- 
ease et son regard Eteint; on voit alors apparaitre 



238 LE LIVRE DBS JEUNES M^ES 

chez le D0uveau-u6 tous les slgaes de Fiaanitioa 
{alhrepsie) et chez Tenfant plus kge ceux du ra- 
cliitisme. 

// €8l done de la plui haute imparlance d'iviler 
aux enfanls Unite cause d' indigestion. II faut pour 
cela suivre exactement, dans leur alimeatatioa, les 
conseils donnes pr^c^demment. 

Pour combattre I'mdigestion, on appliquera d'a~ 
bord sur le ventre iin cataplasme de farine de lin ; 
on r^chauffera les jambes et on donnera, par cuil- 
lereesa cafe, toutes les dix minutes, un melange par 
parties 6gales d'eau de chaox et d*eau d'anis, de 
cannelle, de camomille ou de fleur d'oranger. Si 
ces moyens ne suffisent pas, on fera prendre une 
cuiller6e a caf^ d'huile de ricin. Pendant quelques 
jours ensuite, on se trouvera bien de faire boire au 
jeune enfant, apres chaque repas, une cuillerde a 
caf^ d'eau alcaline de Vals ou de Vichy. 

Enidrlte. 

Les troubles de la digestion, quelle qu'en soit la 
cause, peuvent determiner, dans la premiere en- 
fance, une inflammation des intestins ou entirite. 
Gette maladie presente, au d^but^ certains des carac- 
teres de Tindigestion. 

L'enfant a de la fi^vre, la peau est chaude, son 
pouls est plus frequent que d'habitude, iJ a tres soif 
et cependant tette avec moins de plaisir, il aban- 
donne souvent le sein pour le saisir de nouveau, sa 
langue est blanche et humide ; 11 soufire du ventre. 



Al A LADIES D£ L'ENFANT S3& 

a pression au niveau du nombril ou sur un des c6- 
es du bas-ventre provoque des oris aigus. Les selles 
ont fr^quentes, abondantes, liquides, encore jau- 
[6s au d^but, mSlang^es de grumeaux de lait caille 
t parfois de glaires sanguinolentes ; elles prennent 
acilement une teinte verd&tre. 
Si au lieu de diminuer et de c^der bient6t aux 
oins indiqu^s pour Tindigestion, la diarrh^e per- 
iste, il ne faut pas hSsiter a faire venir le medecin. 
aa guSrison de Tent^rite s*obtiendra le plus souvent^ 
oais Tenfant ne reprendra ensuite que lentement 
les forces perdues. 

Diarrhde. 

n ne faut jamais ndgliger de combattre la diar- 
rhea chez les enfants a la mamelle, quelle qu'en 
soit la cause, et nous appelons tout de suite Tatten- 
tion de nos lectrices sur un prejug^ funeste, qui 
consisle a ne rien faxre contre la diarrhie lorsqu'elle 
9urvientau moment de la dentition. 

Nous avons eu bien souvent Toccasion de constater 
lestristes r^sultats du prdjugd que nous vous signa- 
lons. Si votre enfant a de la diarrhie pendant qu'il 
{ail 868 dents J vous risquez fort d'entendre dire au- 
tour de vous que la chose est toute naturelle, qu'il 
faut se garder de la combattre, peut-Stre mSme que 
o'esl un ban signe ! Et alors la diarrhie non com- 
battue pent se prolonger, Tenfant d^p^rit doucement, 
et quand arrive le medecin, il setrouve en face d'une 
veritable maladie que des soins donnas a temps au- 
raieut certainement prevenue. 



940 LE LIVRE DES JEDNES MERES 

S*il coDvieut de ne jamais negliger de combattre 
la diarrh^e, il faut apporter beaucoup de prudence 
dans le traitement de cette indisposition. 

La diarrh^e jaun&tre homog^ne ne pr^sente g^ne- 
ralement pas de gravitd. 

La diarrh^e jaune verd&tre avec grumeaux de 
lait est le signe d*iine irritation s6rieuse de Tintestin. 

La diarrh^e liquide abondante avec ou sans muco- 
sites sanguinolentes est toujours mi ph^nomene 
grave. 

L'enfant atteint d'inflammation intestinale ne doit 
prendre pour loute nourriture qvte le lait de sa nour- 
rice. Lest^teesserontespactos et moinscopieusesque 
d'habitude ; mais on ne suspendra pas Tallaitement. 

Lorsque Tenfant est nomri au biberon, on essayera, 
si cela est possible, de le mettre au sein. Sinon, on 
ajoutera au lait du biberon de Teau de chaux ou 
de I'eau de Vichy (1/4 d'eau pour 3/4 de lait). 

On maintiendra sur le ventre des cataplasmes de 
farine de lin simples ou arrests avec de Thuile de 
camomille camphr^e. 

On donnera deux fois par jour un petit lavement 
tiede avec quatre ou cinq cuiller^es de decoction de 
graine de lin ou de son, dans laquelle on aura delaje 
im pen d'amidon. 

Au d^but, on se trouvera Men de Temploi de 
rhuile de ricin a faible dose (de 1/2 & 1 cuiller^e a 

caf^). 

Un peu apr^s, on pourra donner le sous-nitrate 
de bismuth et le carbonate de chaux en poudre. II 
n'est pas une mSre qui ne connaisse les petits pa- 



MALADIES DE L'ENFANT S4i 

quels d*an gramme de sous-nitrate ie bismuth et 
ies petits paquets d'ua gramme de carbonate de 
chaux. On d^laiera dans un peu d'eau sucr^e avec 
quelques gouttes d'eau de fleur d'oranger la moiti* 
d'un petit paquet de sous-nitrate de bismuth et la 
moiti^ d*un petit paquet de carbonate de chaux, et 
on> fera prendre cela a l*enfant le matin et le soir. 

On pourrait aussi demander au pharmacien la po- 
tion suivante : 

Eau de tilleui 80 grammes. 

Sous-nitrate de bismuth 2 — 

Carbonate de chaux pulverise ... 2 — 

Sirop de menthe 15 — 

que Ton ferait prendre par cuilleries a cafi toufces 
Ies heures, en ajrant soin d*agiter chaque fois qu'on 
»'en servirait. 

Nous donnons ici la formule de cette potion, 
parce qu'il peut etre necessaire de Temployer dans 
le cas urgent de diarrhee choUriforme^ comme nous 
allons le voir. 

GSfaoldra Infantile. 

li'initation de I'intestin chez Ies enfants debute 
parfois avec violence ou bien, apres avoir suivi 
une marche peu inqui6tante, prend brusquement un 
caractere d'une extreme gravity. Tout a coup, la 
diarrhee devient tres abondante, Ies seUes se ri- 
petent d'une faQon presque incessante, elles devien- 
nent aqueuses et decolor^es. Des vomissements de 
ttieme nature se produisent, L'enfant perd ainsi en 
peu d'heures une grande quantity de liquide; par 

14 



242 L£ LIVRfi DES JECNES 1I£RES 

suite la soif est inextinguible^ rorine sapprimee, 
ramaigrissement, Tafiaiblissement et le refroidisse- 
ment de tout le corps tres rapidement prononces. Le 
petit maiade pr^sente ainsi les symptftmes d'une 
affection redoutable appelee diarrhee ehoUriformt 
ou cholera infantile^ qui peut Temporter tres vite s'il 
ne re^^it d'un m^decin eclaire des secours prompts 
et energiques. En attendant son aniyde, on aura 
recours aux moyens conseill^s pour arrSter la diar- 
rhee, on fera prendre la potion an bismuth dont 
nous avons donn^ la formule a propos de la diar- 
rhee, en 7 ajoutant deux ou trois gouttes d^^ther, et 
on humectera avec un pen d*eau glac^e les levres 
du maiade pour apaiser la soif et les vomisements. 

Constipation. 

La constipation n'est pas rare chez les enfants, 
surtout chez ceux qui sent allait^s au biberon ou 
qui sent nourris pr^matur^ment de farineux. Uq 
nourrisson bien portant rend dans les 24 heures 
deux ou trois seUes jaunes demi-liquides ; une seule 
Evacuation par jour est d^ja Tindice d'une paresse 
de l*intestin. Quand les malieres rendues sent dures, 
seches, d^colorees, quand elles ne sent rendues 
que tons les deux ou trois jours, le pauvre petit 
s^^puise en efforts pendant lesquels il s'agite, crie, 
devient bleu, efforts qui peuvent amener la sortia 
do la muqueuse du rectum. 

La constipation surviendrait moins souvent, si 
d^s les premiers moison mettait de la perseverance I 



MALADIES DE L'ENFANT 243 

a tenir joumellement Tenfant sur son vase, k des 
intervalles r^guliers. Par ce moyen si simple on 
amene le fonctionnement r^gulier des intestins et on 
habitue I'enfant k la propret^. 

Cette constipation n'est pas toujours causae exclu- 
sivement par la duret^ des matieres, mais aussi par 
ia paresse du gros intestin et le resserrement de 
Tanus. Les bains conviennent parfaitement poor 
moderer cette disposition . 

II y a un moyen bien simple de rem6dier a ce res- 
serrement de Tanus, ou au moins de faciliterla selle 
dont I'enfant a un pressant besoin ; c'est Temploi 
d un snppositoire, 

Un suppositoire pent se faire avec du beurre de 
cacao, du savon, ou tout simplement avec un petit 
morceau de carotte. Le suppositoire aura une lon- 
gueur de cinq a six centimetres, et la grosseur du 
petit doigt ; il sera arrondi dans la longueur, effile 
d'un bout et coup6 a plat de Tautre. On le couvre 
d'huile d'olive, puis on introduit le bout pointu dans 
I'anus avec beaucoup de precautions ; on Ty tient en- 
fonc6presque dans toute sa longueur pendant quel- 
ques secondes, malgre les efiforts que fait I'enfant 
pourle repousser; on r6te, et ordinairement la selle 
suit imm6diatement. Pour introduire le suppositoire, 
on placera I'enfant sur le dos, les jambes relevees. 

De temps a autre un purgatif leger (sirop de chi- 
coree ou huile de ricin), des lavements d'eaur6p6t6s 
matiu et soir, Thuile de foie de morue (une ou deux 
cuillereos a caf6 par jour), seront employes avec 
^vantage centre la constipation. 



tU LR LIYRE DBS JEONES M£RES 

Pour dooner un lavement a un enfant, il faut le 
placer sur le dos et lever ses jambes en Tair, et non 
le poser sur le ventre, car celui-ci 6tant comprim6, 
Fenfant ne pourrait pas garder le lavement. H faut 
avoir un irrigateur du petit modele portant une fine 
canule en gomme ^lastique, qu'on a le soin de con- 
vrir d'huile avant de I'introduire dans le fondement. 
On fait jaillir un peu d*eau, afin qu*il ne reste pas 
d'air dans le tujau de rirrigateur; Fair, introduit 
dans rintestin, empScherait de garder le lavement. 
Pour que Fenfant le garde un peu, on serre ses 
petites fosses avec les doigts. 

Dans le cas de sortie ou chute du reciuni, on 
aura recours aux bains de siege froids, aux ap- 
plications de compresses d'eau tres froide ou d'eau 
blanche. On aura soin, au moment ou Fenfant pousse 
pour aller a la selle, de soutenir le rebord de Fanus 
avec les doigts, afin d*emp£cher la sortie de Fintestin. 

Si, apr^s 6tre sorti, Fintestin ne rentre pas natu- 
rellement on le fera rentrer de suite avec le doigt 
coififd d'un linge enduit de c^rat ou d'huile. 

Vers intestinaox. 

Contrairement k Fopinion de beaucoup de m&res, 
qui attribuent a la presence des vers dans Fintestin 
un grand nombre des indispositions de leurs en- 
fants, Vexislence des vers intestinatuc est rare dam 
la premidre enfance. Ce n'est guSre qu'a partir de 
la troisieme ann^e qu'on les observe ; ils sent dus 
au mode d'alimentation des nourrissons. 



MALADIES DE L'ENFANT 145 

Le seul signe certain de Texistence des vers 
dans rintestin est leur presence ou la presence 
de lenrs oeufs dans les matieres 6vacu^es. Us ne cau- 
sent habituellement aucun trouble fonctionnel s6- 
rieux; parfois de Tinappetence ou au contraire 
rexag^ration de Tapp^tit, des naus^es, des selles 
glaireuses, une coloration bleu&tre des paupieres, 
la dilatation des pupilles , des d^mangeaisons 
dans le nez, exceptionnellement des accidents ner- 
veux. 

L'intestin gr^le est le siege habituel des lombrict 
ou ascarides lombrico'idcSj grands vers cylindriques 
affiles aux extremit6s; les oxyures vermiculaires, 
petits vers blanchaitres et filiformes, s6journent dans 
la demiere portion du gros intestin, d'ou ils sortent 
par Tanus, surtout le soir, en causant a Tenfantdes 
demangeaisons qui Tobligent a se gratter. 

Aucun vermifuge [se^nen-contra, calomel, san- 
tomne, etc.) ne chit iire administri a un enfant 
ians I'ardonnance du medecin. 

Jaunisse. 

Souvent on voit, peu apres leur naissance, les 
eafants prendre une coloration d'un jaune bilieux, 
plus ou moins prononc6e. Habituellement, cettc^re 
des nouveau-nis survient sans que la sant6 paraisse 
alt^r^e et disparait de lui-m^me du huitieme au 
dixieme jour; mais parfois cette coloration jaune 
^st causae par une 16gere inflammation du foie 
[hepatite). Dans ce cas, la jaunisse est tres fonc6e 

14. 



2.6 LE IMRE DES JEUNES RiERES 

et se montre partout, sor la peau et sur les mu- 
queuses de la irouche et des jeux. Le ventre est 
\\n pen tendu et sensible. Les fonctions digestives 
sent d*ailleurs a pen pres regulieres. Cette affection 
ne -pr^sente «n general rien de grave et se termine 
faivorablement avec quelques bains tiedes, et en 
tenant le malade cliaudement* 



Hernias. 

Les liemies de Ttntestin sent assez frSquentes 
cbez les nonveau-n^s. 

La- hcrnie ombilicale est un vice de conformation 
qfoe Ton remarque quelquefois au moment mSme de 
la naissance do Tenfant. Elle est caract^risSe par la 
presence au nombril d'une grosseur molle et trans- 
pirrente. Ce vice de conformation pent aussi se pro- 
duire accidentellement, plus ou moins longtemps 
apres la naissance, cbez les enfants qui orient 
beaucoup. L'enfant n*en souffre pas. II faut toutefois 
chercher k le gu6rir, ce qui s'obtient par la re- 
duction de la hcrnie au moyen de petites compresses 
de linge maintenues par une bande roul^e, ou d'une 
peflote de ouate cousue dans de la toile et tenue en 
place par une large bandelette de caoutchouc tisse. 

La hemic de Tintestin est moins frequente dans 
laine {fternie inguinale) qu'a Tombilic. Dans Taine, 
elle est plus difficile a guerir, parce que la reduc- 
tion, m^thodiquement exercee a I'aide d'un bandage- 
cAb moins facile. Mais, avec unpen de patience et 



MALADIES DE L'ENFANT 247 

de perseverance, le but desire sera presque tou- 
jours attaint. 

Les hemies n'empSchent pas de baigner les en- 
fants. II faut pour les baigner dter le bandage. 



II. — Maladies dbs organes de la respiration 

Goryza. 

Le rhume de cerveau, le coryza^ ou inflammation 
de la muqueuse des fosses nasales, s*observe fre- 
quemment chez les petits enfants, soit isol^ment, soit 
comme afTection secondaire dans le cours de la rou- 
geole, de la grippe, de la coqueluche et du croup. 

Insignifiant pour les grandes personnes, un simple 
rhume de cerveau pent avoir pour un nourrisson une 
s^rieuse importance. 

En effet, il ne faut pas que le gonflement inflam- 
matoire de la muqueuse nasale soit tr^s fort pour 
obstruer le nez chez le jeune enfant ; ne pouvant 
plus respirer librement que par la bouche, il est tres 
gfin^ pour teter. 

Le nourrisson atteint de coryza, des qu'il est mis 
au sein, apres quelques tentatives infructueuses de 
succion, Tabandonne en exprimant par son agitation 
etses oris sa contrariety, son impatience etsa dou- 
leur. H J aurait alors pour lui un veritable danger, 
si, en attendant qu'il puisse respirer par les narines, 
on ne le nourrissait avec du lait a la cinll^re. 



148 LB LIVRE DES JKUNES MfiRES 

En outre, il est oblig^ de dormir la bouche ou- 
verte, et son sommeil est alors interrompu par la 
toux que provoquent les mucosites du nez en tom- 
bant en arri^re dans la gorge, n etemue souyent 
et rejette par les narines ces m^mes mucosites 
d'abord claires, filantes, puis jaunes et verdatres. 

II faut done ^viter tout ce qui peut occasionner 
le coryza au nourrisson, en le couvrant et Thabillant 
suffiisamment, en le pr^servant de Taction de Tair 
froid et de Thuniidit^. 

Mais, la maladie produite, on cherchera a d^sobs- 
truer les narines en les nettoyant frequemment ayec 
une decoction de guimauye ou de graine de lin, ou 
en appliquant sur le nez, pendant quelques instants, 
une Sponge imbib^e d*eau chaude, ce qui vaut miem 
que le lait de la nourrice projeti iur le nez du 
nourrissofij comma la routine leconseille quelqnefois. 
Les pieds de Tenfant seront tenus chaudement. Un 
bain de pied l^gerement sinapis^ aura un bon effet. 
Enduire le nez de suif est un yieux remade qui a 
son utility. 

Balgneznent de muL 

Le saignement de nez est aussi commun yers la 
fin de la seconde enfance qu'il est rare chez les 
tout jeunes enfants, ou il se montre d'habitude 
comme un sjmptome passager de la rougeole et de 
la coqueluche. On Tarr^tera en appliquant un linge 
imbibe d'eau tres froide, et en introduisant dans le 
nez une petite boulette de charpie ou un peu 



MALADIES DE L'ENFANT 24f 

d'amadou. Si les saignements de nez sont abcndants 
ou frequents, il faut prendre Tayis du m6decin. 

Laryngite. 

L'mflammation de la muqueuse du larynx, ou 
laryngite simple , debute souvent par du coryza et 
est aussi la consequence d'un refroidissement. 

Cette maladie est annoncee par de Tenrouement ; 
la toux et le cri prennent un timbre rauque plus ou 
moins prononc^. Quand la laryngite est Wg^re, la 
respiration ne parait pas g^n^e et la guerison a 
lieu apres quelques jours de soins tres simples. 

Mais, si la laryngite augmente d'intensit6, la res- 
piration devient penible, sifflante, les quintes de toux 
rauque sont douloureuses, Taphonie complete. L'en- 
fant a de la fievre, parfois des convulsions, et il 
risque alors de succomber rapidement, par suite du 
gonflement de la muqueuse enflamm^e qui met ob- 
stacle a la respiration e-t pent amener Tasphyxie. 

Si le medecin aussit6t pr^venu tarde a venir, on 
pourra toujours combattre les premiers sympt&mes 
de laryngite par I'application d'un cataplasme sinapis6 
au devant du cou qui sera ensuite entoure d'une 
cravate de ouate, par des bains de pied sinapisms, les 
pieds etant ensuite enveloppes de ouate et par- 
dessus de toile gomm6e ou de baudruche. Un vo- 
mitif sera n^cessaire (une ou deux cuillerees de sirop 
^^ipecacuanha) si la respiration est tres embarrass^e 



tS0 LE LIVRE DES JE13NES M(^RE3 

croup. 

L'inflanimatioii simple clu larynx, qnand elle est 
grave, pr^sente quelqnes points de ressemblance 
avec le croup, qui a pour siege le m6mc organe. Mais 
le croop, -dont ©n a observe quelques exemples chez 
des jiioiiyeaii->D6s, est heureusemeDt rare dans la pre- 
mi6re ann^e. 

Le^eroup est nne inflammation de la mnqnense da 
lary^xavec production, sur la surface enflamm6e,de 
mem.bFaiies gris&tres qui, aprfes s'fitre d6tacli6es, se 
nBpirodai8eiit facilement^ mettent par leur presence 
obstacle k Ja respiration et peuvent causer I'aspliyxic 
da loallheureux petit malade. 

l£ croup est essentiellement contagieux. Souvent, 
$a grcucitS ne s'apnonce pas brusquementy comme 
beaucouip de m^res se Timaginent ; mais il y a des 
oas oSi son Evolution est extrfimement rapide ; sa 
doifi^e tol;aIe varie de deux jours h deux semaines. 

Le premier jour I'enfant parait lig^rement indis- 
pose ; il est p&le, abattu, triste, est un pen enrhum6, 
etemne, a un pen de fifevre et pas d'app^tit. On re- 
ma^qae, quand il avale, qu'il ne le fait pas aussi 
lifcrement que d'habitude. L'attention 6tant attir^e 
de ce c6t6, fli on vient k examiner le fond de la gorge, 
on voit en gfinSral, sur une surface un pen rouge, im 
semis de points blancs on, sur Tune des amygdales, 
nne ;tache opaline semblable & du blanc d'oeuf cuit, 
tache membraneuse qui, un pen plus tard, s'ipaissit 
et s'6tend. En m^me temps, sous la mdchoire, on 
ddcouvre des gacglions tum6fi6s. C'est Ik le d^but de 



MALADIES DE L ENFANT tSl 

Yangine couenneuse, qui pr6c6de sonrent et doit ton- 
jonrs faire craindre le cronp, angine dont Is natnre 
est la m^me qae celle dn cronp et qui ea diff&re sen- 
lement par le sifege du mal. 

Sans attendre davautage, on appellera an m^deciu 
qni soignera cette angine, t^chera de s'opposer it sa 
propagation an larynx, pourra la gnfirir et iviter ainsi 
le grave danger dn cronp. 

Dans certaines inflammations de la gorge, analo- 
gaes k rinflammation de I'angine coaennense, il se 
forme snr lesamygdales un d^p6t bktnc, d'apparence 
membranense, mais de nature bien diif^rente et de 
bien moins s^rieuse gravity. Ces (liferents dep&ts tie 
sauraient etre distingues que par nn ceil tres exerce, 
et dans tons les cas dont nous parlous, qn'il s'agiase 
r^ellement d'une angine couenneuse on seuIemeDt 
d'ane angina pultacie on d'nne angine herpHique^ 
Vavis et le secours (Tun medecin sent indispensable^. 

Qu'on sacLe bien que, qnelque ligfere et bomie k la 
gorge que paraisse cette angine, elle peat, jusqu'i 
son entifere gu6rison, se propager au larynx, 

Propag^e au larynx on d6velopp6e d'emblte dans 
cet organe, ce qui arrive dans nn tiers des cas de 
croup, rinflammation avec fausses membranes se 
manifeste par de Tenrouement, de la toux ranque et 
quinteuse, de I'agitation. Bient6t la respiration de- 
viant difficile. L'enfant est pris d'un premier acc^s 
de suffocation ; il se 16ve en sursaut, effar^, la face 
pile et violac^e ; Tinspiration est laborieuse et sif- 
flante, Fexpirationest moins p6nible jTenfantTejette 
en toussant des mucosites et des debris de fStiisses 



252 LE LIVUE DES JEUNES MEUES 

membranes ; qnelques minutes apr^s, le calme renait, 
la respiration cesse d'6tre brayante et laborieuse, le 
visage reprend sa teinte ros6e, — jasqu'k Tapparition 
d'un nouvel acc^s de suffocation. Si Ton ne parvieot 
pas k arrfiter les progrfes du mal, la respiration de- 
vient ainsi de plas en plus difficile, et le croup arrive 
bient6t k sa dernifere p^riode, caract6ris6e par Tas- 
pliyxie progressive. 

Parmi les belles d^couvertes de Pastear et de son 
£cole, Tane des plas pr^cieases a £t4 celle dn serum 
anti-diphterique du docteur Roux, dont Taction contra 
la dipht^rie, et en particulier centre le croup, est 
heareasement prouv^e. Les injections de ce B^rnm, 
pr6par6 par Tlnstitut Pasteur, ne peuvent fitre pra- 
tiqa^es que par un mddecin, et devront 6tre faites 
sans tarder. Gr&ce & ce nouveau traitement, les gn6- 
risons du croup sont anjourd'hui beaucoup plus nom- 
breuses qu'autrefois. 

Nous avons d6j& dit qu^au moindre symptdme, au 
moindre mal de gorge de son enfant^ la m^re aura dii 
appeler le mddecin ; et si malheureusement il s'agit 
du croup, elle aura £t6 prSvenue par lui de la gravity ' 
du mal ; elle saura qu'arriv6 k la derni^re pSriode 
de la maladie, I'enfant pent succomber en tr&s pea 
d'heures, et qu'alors la seule chance de salut est dans 
une operation chirurgicale, la trdchSotomie^ qui peat 
trfes vite devenir urgente. 

Faux croup. 

Une autre esp^ce de laryngite, qui a regu le nom 
de/awa? croupy affection spiciale k Tenfance, quoique 



J 



MALADIES DB L ENFANT t53 

blen connue aujourd'hui, est souvent encore con- 
fondue avec le croup. Elle n'a, du croup qu'une ap- 
parente ressemblance ; elle en differe aussi bien par 
sa nature et ses sympt6mes que par son heureuse 
terminaison habituelle. 

Elle est assez commune chez les enfants a la ma- 
melle, et surtout frequente entre deux et cinq ans. 
Elle se montre a la suite d'un refroidissement, sous 
I influence d'une dentition laborieuse, a la suite de 
pleurs et de cris prolong^s, ou bien au idbvA de la 
rougeole, de la coqueluche et de la grippe. C'est uni6 
inflammation catarrhale de la muqueuse du larjnx, 
compliqu6e de constriction spasmodique de cet 
organe, qui r^trScit tellement le passage de Tair que 
ie malade es^ pris tout a coup de suffocation. 

Le faux croup survient ordinairement pendant la 
nuit chez un enfant qui s'etait endormi bien portant, 
ou avec un leger rhume auquel on n'avait pas fait 
grande attention. II s'6veille alors en sursaut, avec 
ua ensemble de sympt6mes tres p6nibles et en ap- 
parence tres alarmants. II est pris d'une touxrauque 
et eclatante ressemblant a Taboiement d'un chien, sa 
respiration est gSn6e et sifflante, la suffocation parait 
imminente. Le pauvre petit se tient assis dans son 
berceau, les yeux hagards, le visage rouge ou 
violace. La voix reste claire ou est seulement un 
pen enronSe. 

On voit que I'attaque de faux croup est infiuimeLit 
plus brusque que n'est ordinairement le veritable 
croup. Si done I'enfant a 6t6 gai pendant la jouruee, 
fi'Q a ]OuS et mangS comme & I'ordinaire, lorsqne 

15 



954 Lfi LIYR£ DES JELNES MfiRES 

suiriennent tout a coup, pendant la nuit, les ^ytnf- 
tftmes que nous venous de dScrire, quelque eSrajants 
qu'ils paraissent, la mdre pourra cependant no pas 
trop s'inqui^ter, en songeant que tres probablement 
il no s'agit pas du veritable croup . 

L^acc^s de faux croup ne dure souvent que quel- 
ques minutes, puis le cabne reparatt, la respiration 
redevient paisible et Tenfant se rendort. Souvent 
aussi Facets de faux croup se prolonge pendant plu- 
sieurs heures avec de courtes remissions. 

La maladie se termine quelquefois apres un seul 
accSs. Habituellement, un second acces, toujours 
moins violent que le premier, se produit la nuit sui- 
vante ; et, si de nouveaux accds se produisent encore 
par la suite, ils sent de moins en moins intenses et 
prolong^s. Les accSs passes, le r^tablissement est 
complet, ou bien si le malade conserve un peu de 
toux, ce rhume est sans caractSre important. 

Le faux croup, affection fort grave en apparence, 
se termine par ime gu6rison rapide. Tres violent a 
son d^but, sa marche est d^croissante ; tandis que 
le croup veritable s'aggrave progressivement. 

Le faux croup ne n6cessite pas I'emploi de moyens 
^nergiques ; mais comme Faeces survient en gSn^ral 
brusquement pendant la nuit, la mere appliquera 
tout de suite le traitement que nous aliens indiquer. 

EUe mettra un sinapisme (feuille de papier RigoUot 
ou autre) ou une Sponge imbibSe d'eau chaude sur le 
devant et a la base du cou ; elle administrera un 
yomitif (le sirop d'ip^cacuanha est de beaucoup le 
plus facile k faire prendre a Tenfant et le plus 



MALADIES DE L'ENFAll^T 255 

iple; on le donne par cuiller^e a cafd toutes les 
ainutes jusqu'a ce que le vomitif ait produit son 
it); puis, comme calmant, elle fera prendre ime 
deux cuiller^es a cafd do sirop d'ether dans un 
1 d'eau de fleur d'oranger. 
On veillera a ce que I'enfant ait les pieds bien 
mds, on pourra lesmettre dans de la ouate 
Apris un acces de faux croup — ou, pour £tre 
s precis, lorsqu*un enfant aura eu la nuit un 
3es pr^sentant les caracteres du faux croup — 
sera toujours prudent de faire venir le m^decin, 
i pourra, aprSs avoir examine Tenfant, rassurer 
oapletement la mere. 

Bronohitas at Bronoho-pnaamonle. 

Bronchite simple. — La bronchite^ ou inflam- 
ttioQ de la muqueuse des grosses bronches, at- 
At les plus jeunes enfants, ceux qui sent trop 
i^erement vStus et que Ton expose sans precaution 
froid pendant les saisons o& la temperature est 
jette a de brusques variations. 
La bronchite est souvent une complication de la 
ugeole et de la coqueluche. Ce n*est souvent aussi 
I'un simple rhvme dont les sjmptdmes sent les 
ivants : 

Apres un Idger malaise avec une fiSvre trSs l^gSre 
^peut ne pas^tre reconnue, ou apr^s un corjza, 
^ent, surtout au r^veil, une toux de courte 
^ee; cette toux» d'abord sSche, devient ensuite hu- 
ideetgrasse, mais sans expectoration (les petits 



2Se L£ LIVRE DES JEUNES MfiRES 

enfants ne crachent pas). La respiration est un pen 
acc^ldr^e, le cri est naturel ou im peu voil6. L'ap- 
p6tit est conserve, les fonctions digestives se font 
bien. II y a de Tabattement vers le soir ; et la peaui 
qui ^tait dans la joum^e sans chaleur anormale, 
dcvient brftlante. 

Cette bronchite simple des grosses bronches gu^ 
rit ordinairement en peu de jours et ne reclame que 
des soins tres simples. L'enfant sera plac^ dans 
une atmosphere tiede, et, sans exagSrer la chose, 
sera convert plus chaudement que d'habitude. Le latt 
de sa nourrice ou le lait de son biberon sera a la fois 
sa seule nourrHure et sa meilleure tisane. 

Mais dSs que la toux se prolonge, et surtout del 
que les symptdmes de fiSvre, d'accdl6ration de h 
respiration^ et de chaleur k la peau, deviennent 
plus manifestos, il faut consulter le medecin. 

Grippe. — La grippe est une bronchite simple qui 
se declare sous une influence epidemique. £!lle pro- 
duit un grand abattement, un grand malaise, une 
oppression quelquefois trSs prononc^e, et se dissipe 
lentement aprSs une convalescence que le defaut 
d'app6tit prolonge. 

Bronchite capillaire. — La bronchite n'envahit 
pas seulementles grosses bronches, ellepeut s'^tendre 
aux plus petites, se g6n6raliser et presenter alors 
une r6elle gravit6. Cette forme grave de la bron- 
chite, ou bronchite capillairey s'annonce par une 
toux tr^s fr^quente et tres fatigante, quinteuse, par 
ime acceleration trSs marquee de la respiration, et 
une grande fievre. La respiration est quelquefois 



MALADIES DB L ENFANT 257 

^haletante, les pulsations d^passent le nonibre de 
120 a 130, la peau est chaude, les yeux rouges 
et larmoyants, cern6s ; Tenfant est inquiet, chagrin, 
agit6 ; il a perdu Tapp^tit et refuse le sein : son ^tat 
reclame sans tarder les secours du m^decin. 

Broncho-pneumonie. — Chez les jeunes enfants, 
rinfiammation des bronches n'a pas seulement une 
grande tendance a s'^tendre a toute la surface mu- 
queuse des plus petites bronches; elle envahit aussi 
freqaemment toute T^paisseur mSme des poumons, 
6t la bronchite passe ainsi a I'^tat de broncho- 
pneumonie occupant une portion plus ou moins cir- 
conscrite de Fun des deux poumons, le plus souvent 
ies deux poumons k la fois. 

La broncho-pneumonie des enfants k la mamelle 
correspond a la fluxion de poitrine (raxiclie des adul- 
tes. Son invasion est marquee par une augmentation 
4e la fievre. La peau est tr^s chaude et devientbrft- 
lante k des intervalles irr^guliers, la soif est vive ; la 
touxdevient plus fr6quente et douloureuse, la respi- 
ration acc61^rde, saccadic, g^missante, accompagnee 
de dilatation des ailes du nez. L'agitation est grande 
etaugmente le soir avec la fievre, ou bien au con- 
traire, chezles nourrissons qui restent couches sur le 
ios, c'est Tassoupissement qui pr^domme et Ton 
doit s'en inquieter. 

Mfime bien soignee, la maladie ne gu6rit que len- 
teraent ; les enfants restent longtemps faibles etirri- 
tables, la convalescence est souvent interrompue 
par des rechutes. C'est une affection d'autant plus 
grave que Tenfant est plus jeune. 



&8 LE LIVRB DES JEUNES MERES 

II est bien dvideat qu*un m^decin seul peut dis- 
tinguer par Tauscultation la broncbite simple, la 
broDchite capillaire et la broncho-pneumonie ; mals 
loutes ces maladiei eommencent par un rhume^ et 
c'est la^dessus que nous voulons ap paler Tatten- 
tion de nos lectrices, qui tireront elles-mSmes 
celte conclusion qu'il ne faul pas nigliger les rhumti 
des enfanlSj et qu'on doit y veiller d'autantplus que 
les enfants sent plus jeunes. 

Des qu'un nourrisson sera enrhumd, on diminuera 
un peu son alimentation, on le couvrira chaudement. 
on le gardera dans une atmosphere tiede, et on le 
tiendra assis sur les bras le plus longtemps qu'il sera 
possible (la position couchSe dans le berceau est 
mauvaise). 

Si le rhume, au lieu de c^der rapidement a ces 
premiers soins, augmente d*intensit^, et pour pen 
que Ton remarquc quelques-uns des symptdmes que 
nous avons d6crits a propos de la broncbite capil- 
laire ou de la broncho-pneumonie, il ne faut pas 
h6siter a prendre Tavis du m^decin. Prise a temps, 
la broncbite peut Stre facilement arrfitee ; n^glig6e, 
elle peut faire des progres rapides. 

Les convalescences des bronchites demandant 
beaucoup de soins et de managements ; il faut d'une 
part 6viter les rechutes, et d'autre part fortifier les 
enfants ; le quinquina et Thuilc de foie de morua 
produisent de bons resuUats. 



UALADIES DB L*ENFANT SS9 

Goquelaohe. 

Maladie spasmodique, catarrhale, contagieuse et 
souvent ^pid^mique, la coqueluche est caract6risde 
par des acces de toux quinteuse plus ou moins fr6^ 
qii^nts, plus ou moins prolong^s. Chaque quinte 
de toux comprend plusieurs mouvements brusques, 
saccadfe et bruyants d'expiration suivis d'une inspi- 
ration longue, sifflante et sonore appelde reprise; 
elle s'accompagne d'une congestion de la face et se 
tennine, en g^n^ral, par le rejet de mucosit6s, par- 
fois d'aliments. 

La coqueluche est surtout fr^quente au prlntemps 
et en autonme ; elle coincide quelquefois avec des 
^pid6mies de rougeole. Rare chez les enfants a la 
mamelle avant le sixieme mois, elle se montre 
pliit6t de un a sept ans. 

Elle commence comme un simple rhume. L'enfant 
est inquiet, capricieux, a un peu de fl^vre,* avec une 
toux f r^quente et opiniitre. Bient6t, la toux devient 
quinteuse et prend le caractere convulsif avec inspi- 
ration sonore. Chaque quinte se compose de plu- 
sieurs reprises de toux successivcs, et dure de 
quelques secondes a une ou deux niinutes et mSme 
<iavantage. La toux de la coqueluche est si caract^- 
nsee qu'il sufflt de Tavoir ontendue une ou deux 
fois pour la reconnaltre ensuite facilement. 

Dans lescas d'intensite moyenne, on pent compter 
^ingt ou trente quintes dans les vingt-quatre heures ; 
^^es sont plus friquentes la nuit que le jour, le 



f60 LE LIVRE DES JEUIHES M^RES 

matin et le soir que dans lajoum^e. Dans lescas 
ires violents, le nombre des quintes peut s'elever 
k quatre-vingts. 

Dans rintervalle des acces, Tenfant se remet a 
jouer, mange et, a moins de complications bronchi- 
ques, 11 ne semble pas qne sa sant^ gen^rale soit 
troubl^e. 

Apres avoir augments pendant les deux ou trois 
premieres semaines, le nombre des quintes reste 
stationnaire pendant quelques jours, puis diminue; 
elles deviennent en mSme temps moins violentes, 
eiles ne sont bient6t plus suivies du rejet de muco- 
sites et, le plus ordinairement, cessent tout a fait au 
bout de quatre a cinq semaines. Mais la coqueluche 
peut se prolonger pendant des mois. S'il est bien 
reconnu qu'elle ne frappe d'habitude qu'une seule 
fois la m^me personne, on doit savoir que les en- 
fants qui en ont 6t6 atteints conservent pendant 
longtemps, quelquefois pendant plusieurs ann6es, 
uae grande disposition a s'enrhumer et, au moindre 
rhume, k tousser par quintes rappelant celles de la 
coqueluche pass^e. 

La coqueluche d*intensit6 moyenne n'est pas dan- 
gereuse chez im enfant de bonne constitution et qui 
a d6passe les premiers mois de Tallaitement; niais 
il n'en est pas de m^me chez un nourrisson jeune et 
delicat. Cette maladie d'ailleurs peut ^tre singu- 
lierement aggrav6e par la frequence des vofnisse- 
ments qui suivent les quintes; par les hemorrhagica 
sous forme de saignements de nez, de crachements 
de sang, d'ecchymoses, qui peuvent se produire a la 



MALADIES DE L'ENPANT Mi 

luite des violents eflforts de toux ; par les convul-- 
nons qui peuvent survenir a la suite de la congestion 
produite par la toux, dans les intervalles des quintes 
ou pendant les quintes ; enfin par la bronchite et la 
broncluhpneumonie qm^ chez les petits enfants, sont 
fr^uenunent une complication tres grave de la 
coqueluche. 

Le seul moyen preventif de la coqueluche, af- 
fection epid^mique et contagieuse, est d'interdire 
toute relation avec les enfants qui en sont atteints 
et de s'^loigner, si la chose est possible, du siSge 
del'^pid^mie. 

Les premiers soins k donner seront ceux que 
nous avons indiqu6s pour la bronchite simple. 

H faut surveiller attentivement les petits malades, 
leur soutenir la tSte pendant les acces de toux et 
leur faciliter le rejet des mucosites ; un vomitif sera 
souvent reconnu n6cessaire pour les en d6barrasser. 
D faut allaiter les enfants ou les faire manger sui- 
vant leur age, imm6diatement apres les quintes, car 
c'est a ce moment que le retour d'une nouvelle 
quinte suiyie de vomissement est le moins a craindre. 
Silemalade n'a pas de fievre, on le promeneraau 
grand air souvent, quand la temperature le permettra. 

Nous ne ferons pas ici, bien entendu, r6num6ra- 
^ou de tous les remedes pr^conises centre la co- 
<iueluche. Nous voulons seulement mettre nos lec- 
trices en garde centre la multitude des conseils qui 
leur seront certainement donnes par leurs amies et 
les amies de leurs amies. Nous avons vu de jeunes 
fenunes, pour t4cher de soulager leur enfant, es- 

1&. 



26S LE LimE BES IED2VES UCa^S 

sajer chaque jour on noureau remede, et ajoute 
ainsi a la fatigue du petit malade. Laissez done tou 
cela de cdt6 ; prenez simplement Tavis de votn 
m^decin, et suivez4e. 

11 faut avouer d'ailleurs (nous disons tout ceci 
a titre de renseignement general) que peu de ma- 
ladies ont donn^ lieu a des traitements aussi varies. 
Sans parler des remideg de bannes femmes^ presque 
chaque m^decin a le sien. Parmi les plus usit^, il 
faut citer le sirop de belladone, et une preparation 
au bromure de potassium, qu^on emploie souvent 
avec succes pour att^nuer la frequence et la vio- 
lence des acc^. 

Les inhalations de substances balsamiques telles 
que les vapeurs de benjoin, de succin, ou de fleors 
aromatiques, nous semblent pr^f Arables aux inha- 
lations de gaz dans les usines ou se prepare ]e gar 
d'^clairage; ces dernieres jouissent encore d'une 
certaino vogue, imm6ritee a notre avis. Le change- 
ment d'air donne d'excellents r^sultats ; un d6pla- 
cement, m^me de courte dur^e, amene parfois une 
amelioration notable. A la fin de la maladie, un bon 
regime, Tair vif de la campagne ou des bords de 
la mer seront plus que jamais utiles. 

Nous avons, pour notre part, remarqu^ souvent 
que le m^me traitement qui avait produit d'exce/- 
lents effets dans certains cas restait inefficace dans 
d'autres cas ; en somme, la plus grande incertitudQ 
subsiste, et il n'y a guire que le changemcnt d'air 
qui soit k peu pres universellement recommande. 



"^MALADIES DE LENFANT K3 



IIL— Maladies dbs orgahbs db la circulation 

HaLADIBS GiNtiRALBS 

Synoope. 

La iyneope^ ou perte subite et passag^re de 
connaissance et de mouvement, avec p&Ieur, sans 
secousses convulsives, est un accident que Ton 
obsenre tr^s rarement chee les enfants a la 
mamelle, mais qui peut se produire chez ceux 
qae des troubles digestifs rdp^tSs ont affaiblis et 
predisposes aux ph^nom^nes nerveux. Dans cc cas, 
des frictions excitantes doivent ^tre faites sur la 
poitrine de Tenfant. On le ranimera en le mettant 
a Fair devant une fendtre, si la saison le permet, 
et en lui faisant respirer du vinaigre. 

Soarlatine. 

Bien qu'observde parfois d^s les premiers jours 
de la vie, la scarlaline, comme la rougeole, com- 
mence k Stre plus commune dans la seconde 
ann^e et a son maximum de frequence entre 
3 et 10 ans. Pen d'enfants en somme lui ^chap- 
pent. C'est une maladie g^n^rale , ime maladie 
du sang ou une fievre avec Eruption caracteris- 
tique, qui se propage par contagion, qui se declare 
par 6pid^mies plus ou moins b6mgnes ou malignes, 
mais qui survient souvent aussi d^une fagon isol^e 
ou spontan^e. 

Apres une courte pSriode d'incubation et de simples 



t04 LE LIVRE DES JEUNfiS M£R£S 

malaises (une semaine environ apres le moment de 
la contagion), la scarlatine s'annonce par une forta 
fievre, de la chaleur a la peau avec acceleration du 
pouls, de Ta^tation, des nausSes et parfois des vo- 
missements. En mSme temps, Tenfant eprouve 
quelque douleur en avalant, et Texamen de sa gorge, 
(que ^*on pent pratiquer en lui ouvrant labouchc et 
en appujant sur la base de la langue avec le doigt 
on le manche d*ane cuillere), j fait voir une rougenr 
plus ou moins intense. Tres rapidement, des le pre- 
mier jour, an plus tard dans le courant du deuxieme, 
apparatt Teruption caract^ristique ; d'abord au ecu 
et au sommet de la poitrine, bientdt sur tout le 
corps. La peau prend une teinte rouge et se couvre 
de points plus fonc6s, comme si elle avait ete bar- 
bouUlee avec du jus de framboise. 

Pendant trois ou quatre jours, r^ruption s'itend 
et augmente ; parfois il s'y ajoute par places, an 
cou, a la poitrine, a la partie infdrieure de Tab- 
domen, de petites v6sicides transparentes qui de- 
viennent opalines et se dessechent pendant que le 
pointille rouge p&lit, s'efiface et disparait. En ge- 
neral, 11 ne reste plus gudre trace de r^ruption de 
la scarlatine aprds le sixidme ou le septieme jour. 
II n'j a plus de fidvre alors, a moins de compli- 
cation ou d'anomalie. 

Pendant cette p^riode aigue de la maladie^ il 
s'est fait ar la surface de la muqueuse de la bouche 
et de la gorge une Eruption analogue k celle de 
ia peau et qui suit la mfime marche. La rongeur 
g6u6rale et uniforme de la bouche, des amygdalea 






MALADIES DE L'ENFANT 265 

et du pharynx, constat^e au d^but de la maladie, 
a augmente d'intensit6 ; il s'j est produit par places 
une secretion blaiich&tre, molle, peu adh^rente ; la 
deglutition est devenue ptoible et on a constats sous 
lamichoire, de chaque cdt6 du cou, un gonflement 
des ganglions. Cette angine scarlatineuse s*atttoue 
eiisaite et disparait du cinquieme au dixi^me jour. 
L'eniption disparue, la peau et les muqueuses qui 
en ont 6t6 le siege se d^pouillent de leur 6piderme , 
Ce renouvellement de Tfepiderme est ce qu'on ap- 
pelle la desquamation. La langue> qui s'^tait gamie 
dun enduit blanch&tre, prend une teinte rouge et 
to aspect velout6 dA k la saillie des papilles. 

Au ecu et a la face, ce renouvellement de T^pi- 
derme, cette desquamation se fait par petitcs 6cailles; 
plus tard, sur la poitrine, Tabdomen et les membres, 
i^pidenne s'enleve par lambeaux. 

La p6riode de desquamation est toujours plus 
longue que la periode d'6ruption. EUe varie de 15 
i 30 jours. Quelquefois les d^mangeaisons a la peau 
«ont assez vives. C'est surtout a ce moment que la 
Contagion est a craindre. 

} Uisolement complet, emp^chant tout contact des 
^nfants avec les scarlatineux, est le seul moyen de 
les preserver de cette maladie, qui dans la grande 
fiiajorit6 des cas se termme heureusement, mais qui 
?uelquefois aussi pent devenir grave, par suite de 
complications qui, elles, sont toujours s6rieuses. 

Si quelquefois T Eruption de la scarlatine est 
tres l6gere et 6ph6m^re, d'autres fois elle est 
Bxtrfimement intense, tres fonc^e, s'accompagne 



966 LE LIYRB DES JEUNES MMES 

de petites taches h^morrhagiques (purpura)^ de 
saignements de nez et d'h^inorrhagies internes. 
Ailleurs, Tangine prend iin caracUre de gravity 
exceptionnelle ; le gonflement des ganglions du cou, 
au lieu de se r^soudre simplement, augmente jusqu'a 
la suppuration {bubon scarlatineux). L^angine peut 
^galement devenir couenneuse; les fausses mem- 
branes qui ont envahi le pharynx peuvent atteindre 
le larynx et Fenfant risque alors de succomber au 
croup qui est venu compliquer la scarlatine. 

Mais, parmi les complications de la scarlatine, 11 
en est une qui survient le plus souvent pendant la 
p^riode de desquamation, quand on neglige de 
prendre centre le refroidissement toutes les precau- 
tions qui peuvent la pr6venir. Nous voulons parler 
de la niphrite aWumineuse ou inflammation des 
reins, dont le premier signe est bouffissure du 
visage et des piedSj causae par une infiltration de 
serosit^ sous la peau. Gette infiltration envahit 
bient6t tout le corps et prend alors le nom d'ana- 
sarque. Des ^panchements de s^rosit^ peuvent aussi 
se faire dans la poitrine et Tabdomen. L'urine, 
foumie alors en petite quantity, est trouble, sangui- 
nolente, et contient de Talbumine. G'est la un 4tat 
des plus sSrieux dans lequel des convulsions sent 
tres a redouter. 

La possibility de ces complications doit engager 
a toujours bien soigner un enfant atteint de scarla- 
tine meme d'apparence Ugere. Sans entrer dans le 
traitement m6me de la maladie, nous ferons a la 
mere les recommandations g^n^rales suivantes : 



MALADIES DE L'ENPANT ?67 

Tant que durera r^niption et la flevre, il faudra 
maintenir le petit malade au lit, convenablement 
courert dans une chambre adr^e a la temperature 
de 18 a 20 degrSs centigrades, et lui donner a boire 
fr^quemment une infusion chaude de mauve, de vio- 
lette, de bourrache ou de tilleul ; pour nourriture, 
un peu de lait ou de bouillon. Pour calmer les de- 
mangeaisons qui poussent le malade a se gratter, 
on emploiera de la poudre de riz ou d'amidon. 

Tant que la desquamation ne sera pas termi- 
n^e^ on prendra les precautions les plus s^veres 
contre le frold ; on tfl^chera de garder le conva- 
lescent au lit, en satisfaisant son appetit et en le 
distrajant le mieux possible, et dans tons les cos on 
ne lui permetira pas de quitter la chambre avant 
cinq ou six semaines. 

Les r6cidives de la scarlatine sent tr^s excep- 
tionnelles. 

Nous avons dit que la scarlatine etait conta- 
gieuse ; nous devons ajouter qu'elle pent se trans- 
ciettre non seulement imm^diatement de la per- 
sonne malade k une autre, mais mSme par les 
intermediaires. Si done vous avez de jeunes enfants, 
vous ferez bien de vous abstenir, autant que possible, 
d'aller visiter les enfants atteints de la scarlatine. 
Ne poussez pas la prudence jusqu'au ridicule, 
comme nous Tavons vu faire quelquefois a de jeunes 
temmes qui n'osaient plus monter Tescalier d*une 
maison ou elles connaissaient Texistence d'une 
scarlatine ! Mais ne tombez pas dans Texces con- 
traire, et n'oubliez pas qu'en allant visiter et em- 



t68 LE LIYRB DES JEUNES MfiRES 

brasser les petits enfants de vos amies, malades de 
la scarlatine, vousrisquez enrentrant chez yous de 
la rapporter aux vdtres, sans en Stre vous-mSmes 
atteintes. 

Rougeole. 

Comme la scarlatine , la rougeole est une fi&yre 
Eruptive et contagieuse ; tout ce que nous avons dit 
des precautions a prendre pour ^viter la contagion 
de la scarlatine s'applique a la rougeole. 

La rougeole pent survenir isol^ment, mais le plus 
souyent elle a un caractere ^pid^mique. 

La rougeole debute, du dixieme au quinzidme 
jour apres le moment de la contagion, par de la 
flevre, du larmoiement, de r6tem<iment, du coryza 
ou rhume de cerveau, parfois im saignement de 
nez. Le visage semble boursoufl^. L'enfant est 
assoupi et courbatur^, ou au contraire agit^. II 
tousse; sa toux seche, fatigante, a un timbre par- 
ticulier {toux ferine), II se plaint parfois de dou- 
leurs vives dans une oreille ou dans les deux k la 
fois. Dans la rougeole, la fi^vre est moins intense et 
moins continue que dans la scarlatine. Get ^tat 
dure deux ou trois jours. 

Le quatrieme jour, la flSvre augmente, elle 
peut s'accompagner de d61ire ou de convulsions. 
L*6ruption se montre alors au visage, puis se g6- 
nSralise en un ou deux jours sous forme de petits 
points et de taches ros^es l^gerement saillantes, 
irr6guliAres, tendant 4 s'unir en plaques arrondies, 
mais en laissant entre elles des intervalles de peao 



MALADIES DK L'ENFANT 26^ 

sans Eruption. Les taches p&lissent et disparais- 
sent an bout de quatre a sept jours, dans Tordre 
de leur apparition; une desquamation farineuse de 
r^piderme leur succede. 

Pendant revolution de la rougeole, la congestion 
des yeux, le coryza, la bouf fissure de la face et la 
toux augmentent, la voix est enroufte ; on observe 
souvent de la bronchite avec s6cr6tion de mucosites. 
Souvent aussi, une irritation catarrhale de Tin- 
testin cause de la diarrhSe. DSs que la fidvre est 
tomb6e, que TSruption s'est effac6e, Tenfant entre 
en convalescence et se r^tablit ordinairement 
assez vite. 

Mais comme la scarlatine, la rougeole peut pre- 
senter des anomalies et des complications qu'il 
est bon de connaltre. Le d6but peut Stre violent sans 
que pour cela la suite de la maladie soit plus grave. 
L'6ruption peut 6tre tres forte ou tris discrete, et 
disparaitre brusquement sans qu'il se produise apres 
rien de s^rieux, a moins de complication interne. 

Ce qu'il j a surtout a redouter dans la rougeole, 
c'est Textension aux petites bronches et aux pou- 
monsdu catarrhebronchiquehabituel, ou en d'autres 
termes, le dSveloppement d'une bronchite capillaire 
ou d'une broncho-pneumonie, Dans ce cas, la fievre 
et la toux redoublent d'intensit^, la respiration s'ac- 
c61ere et devient tres difficile. 

L'inflammation catarrhale des yeux fconjonc^ 
tivUeJ persiste parfois longtemps apres la gu6rison 
de la rougeole ; il en est de mdme de rinflammation 
des oreilles (olitej chez des enfants afi'aiblis. Ces 



«70 LB LIVRE DES lEUNES M&RES 

affections, mal soign^es et devenues chroniques, 
pourraient avoir les plus graves consequences pour 
les organes malades. 

II f audra done soigner les rougeoles mSme ISgeres 
(comme nous Tavons dit pour la scarlatine) par 
crainte des complications possibles. Sans parler 
des prescriptions sp^ciales qne le m6decin pourra 
juger n^cessaires, la mere devra garder le malade 
dansune chambre chauff^e a 18 ou20 degr^s, sans 
le surcharger de trop de couvertures dans son lit, 
a Tabri du bruit et d'une lumiere trop vive ; on lui 
donnera a boire par petites tasses de la tisane de 
fleurs pectorales ou de bourrache, et pour nourriture 
du lait ou de ISgers potages. On aura soin pendant 
la convalescence de pr6server I'enfant du froid, et 
surtout on ne le laissera pas sortir pour la premiere 
fois par un temps froid et humide. 

L^isoleinent est le seul moyen pr^servatif de la 
contagion, et encore d la condition d'itre appliqui 
a letups. Or, cette condition est bien rarement rem- 
plie quand il s'agit de fr^res et sGeurs. Nous ap- 
pellerons a ce sujet Tattention de nos lectrices sur 
une pratique quelquefois employee, mais parfaite- 
ment inefflcace : quand im enfant tombe malade de 
la rougeole, on croit bien faire, pour preserver ses 
freres et soeurs, de les envoyer, quand on le peut, 
chez une parente ou une amie d6vou6e. Presque 
toujours les enfants ainsi s^par^s emportent avec 
eux les germes de la maladie, qui se declare bient6t 
dans le nouveau domicile oil on les a conduits, sans 
qu'il soit alors possible de les ramener a la maison 



MALADIES DE L'ENFANT S/i 

paternelle. Nous n'ayons pas besoin d'insister sur 
les inconv^nientSy les difficult^s et les soucis que 
cette situation ne manque pas de creer a la mere. 

Nous ne conseillerons pas, comme nous Tavons 
vu faire quelquefois, quand un enfant tombe malade 
de la rougeole, dans une famiile, de faciliter la 
contagion pour les autres, sous pr^texte que la 
rougeole est en somme une maladie b^nigne, et que 
tot ou tard les enfants Tauront et ne Fauront 
qu*une fois: benigne pour I'un, la rougeole pourrait 
fitre grave pour I'autre, et la mere qui aurait agi 
ainsi pourrait avoir en cas de malheur de cruels 
reproches k se faire. 

Mais nous ne conseillerons pas non plus, a moins 
que r^pid^mie ne prfisente un caractAre excep- 
tionnel de gravity, d'envoyer chez une parente les 
enfants non encore atteints. 

A notre ayis, le mieux sera que la mere isole 
dans une chambre a part I'enfant malade, en gar- 
dant les autres a la maison, pres d'elle. 

Roa^ole. 

L'enfant, principalement k F^poque de la den- 
tition, sous forme 6pid6mique et sous Finfluence 
de causes diverses, de la chaleur, de la trans- 
piration, etc., est sujet a une affection Eruptive, la 
Tosiole, ayant tout a fait Fapparence d'une rougeole 
trSs legere ; elle s'en rapproche par Faspect de 
I'eruption et en differe par Fabsence des sympt&mes 
du catarrhe muqueux et aussi par sa courte dur6e. 

La roseole parait Hve contagieuse et peut reci- 



rs LE LI\'RE DES JEUNES HfiBES 

diver. Elle debute sans fievre ou par un mouvement 
de fievre lAger et passager, accompagni de malaise, 
de chaleur a la peau, de d^mangeaisons. U^ruption 
se montre d'abord a la face, puis sur tout le corps. Ce 
sont de petites taches rouges arrondies qui dispa- 
raissent promptement sans laisser de trace. 

La ros6ole peut nattre et disparaitre en vingl- 
quatre heures. Sa dur6e totale habituelle ne d6- 
passe pas quatre ou cinq jours. On tiendra Tenfant 
a la chambre, on diminuera la quant ite de nour- 
riture et on donnera one boisson chaude. 

Variole, ▼ariololde et varioelle. 

Yariole. — La petite v6role ou variole^ autre- 
fois tr^s meurtriSre dans le jeune &ge, est de venue 
beaucoup moins redoutable et moins fr6quente de- 
puis la pratique de la vaccination. G'est une affection 
essentiellement contagieuse et epidSmique, qui at- 
teint tons les Ages. Lesr^cidives sont exceptionnelles. 

La variole debute par de la fievre, des vomis- 
sements, de la douleur dans les reins, de Tagitation, 
du d61ire ou des convulsions; chez les nourrissons, 
le refus de tftter. Le second ou le troisieme jour, on 
distingue a la face puis a la poitrine et aux membres 
des taches rouges, arrondies, bientdt saillantes, qui 
en un ou deux jours deviennent des v6sicules blan- 
ches entour6es d'un cercle rouge; du second au 
qiiatri^me jour de T^ruption, les v6sicules s'apla- 
tissent et s'enfoncent a leur centre, elles suppurent 
et deviennent pustuleuses ; du sixieme au neuvierae, 



MALADIES DE I/ENFANT 173 

les pustules commencent a se dessScher. Quand 
reruption est diss6min6e, la variole est dite discriie, 
Quand elle est abondante et forme sur tout le corps 
une croftte 6paisse, la variole est dite confluente. 

L'int^rieur de la bouche et du nez, les jeux, la 
gorge, le larynx et les bronches, aussi bien que la 
peau, peuvent Stre envahis par les pustules. 

La succion, la deglutition sout douloureuses, la 
respiration est gSnee, la voix iteinte et Tenfant pent 
succomber asphyxia. 

D'autres fois, les pustules se remplissent de sang 
noir, des li6morrhagies se font par le nez et Tin- 
testin (variole noire) ^ et Tenfant epuis^ s*6teint en 
un ou deux jours. 

Les complications les plus graves de la variole 
sont la formation des pustules dans le larynx, sur 
les yeux, la broncho-pneumonie, les accidents h6- 
morrhagiques et les abc^s. 

La variole est d'autant plus grave que Tenfaiit 
atteint est plus jeune. Au-dessous d'un an, si renfani 
n'a pas 6t6 vaccina comme cela a lieu malheurcu- 
sement encore trop souvent, les chances de gu6- 
rison sont peu nombreuses. II est done tris imvor^ 
iani de vacciner les en f ants de bonne heure, Dan? 
toutes les ^pid^mies, on a constats une trds grande 
difference dans la gravity des symptomes et la mor- 
tality entre les enfants vaccinas et les non-vaccines. 
En trois ann^es, but 609 varioleux soign^s dans un 
li6pital d'enfants, 269 succombferent ; la mortality 
a et6 de 232 sur les 400 qui n'avaient pas et6 vac- 
cinas/ etde 37 seulement sur les 209 vaccinas; en 



rA LE LIVRE DES JEUNES M£R£S 

d'autres termes, la proportion de la mortality a ete 
de 58 pour 100 pour les non-vaccines, tandis qu'elle 
n a 6t& que de 18 pour 100 pour les enfants vac- 
cines. 

La vaccination est le meilleur mojen pr^servatif 
de la variole. Pratiqu^e en pleine ^pidemie, au 
moins cinq jours avant Tapparition des premiers 
sympt6mes de la maladie, pour qu'elle ait le temps 
d'agir, elle Fatt^nuera d'une fagon notable. 

Bien entendu, mSme pour les sujets vaccinas, la 
separation absolue d'avec les varioleux est la pre- 
miere precaution a prendre. 

Pendant le cours de la maladie, la mere t&cliera 
d'empScher Tenfant de se gratter ; des lavages avec 
de la decoction de guimauve, une infusion de mauve 
tiede, des onctions avec le glycerole d'amidon ou 
du c6rat diminueront les d^mangeaisons et iavori- 
seront la chute r^guli^re des croAtes. On nourrira 
le mieux possible le petit varioleux. Le reste est 
Taffaire du m^decm. 

Vamoloide. — La var to loide est une variole tres 
att^nu^e. Elle debute comme la variole r^guli^re, 
r^ruption est discrete, les v^sicules ne presentent 
qu'un cercle inflammatoire pen apparent et se des- 
sechent rapidement sans donner lieu 4 1^ fievre de 
suppuration. Les croutes se d^tachent du huitieme 
au quinzieme jour sans laisser de cicatrices. La va- 
rioloide est contagieuse et pent m£me transmettre 
la variole. 

Yarigelle. — La varicellCj nomm^e aussi petite 
verole volante^ a une certaine analogic %vec la va- 



MALADIES m L'ENFANT 27^ 

rioloide, mais en differe par certaines particularit^s 
importantes a signaler. Cast une affection pour 
ainsi dire sptoiale a Tenfance dSs la premiere ann^e, 
contagieuse, ^pidemique, r^cidivant rarement. Les 
enfants qui ont eu la varicelle peuvent avoir la 
variole et la varioloide ; ces deux derniSres mala- 
dies ne les prSservent pas non plus de la varicelle. 

L'^ruption se montre parfois presque en mSme 
temps que la fiSvre de dSbut qui est faible, ou seule- 
ment aprSs un ou deux jours de malaise. On observe 
de petites taches rouges arrondies , saillantes, 
d'abord sur lo milieu du corps et plus tard sur la face 
(c'est le contraire dans la variole et la varioloide) ; 
quelques heures apres, ces boutons pr^sentent aleur 
centre une petite v6sicule qui s'^largit ensuite^ 
s'arrondit et se remplit d'un liquide transparent. Le 
troisieme jour, le liquide des vesicules se trouble 
et prend une teinte 16gerement jaun&tre sans de- 
Tenir purulent ; le quatri^me, elles se dessechent, 
s'affaissent ; il se forme de petites croMes minces 
qui tombent vers le huitiSme jour si Tenfant ne les 
a d^ja enlev^es avec ses ongles. L'6ruption n*a 
bient6t plus laiss^ aucune trace. 

Vaccine. — La vaccine est le r^sultat de rinocu-* 
lation d'un virus appel^ vaccin emprunt^ soit aux 
pustules dSvelopp^es sur le pis des vaches atteintes 
dune maladie Eruptive sp^ciale {cow-pox)^ soit sur 
un enfant ou une g^nisse inocul^s eux-m^mes quel* 
ques jours auparavant. 

Le quatrieme jour qui suit la vaccination apparait 
a chacun des points inocul^s une petite tache rouge 



re LE LIYRE DSS JEUNES MfiRES 

saillante ; le cinquieme jour cette tache est devenae 
un bouton v6siculeux; les trois jours suivants le 
bouton s'^largit, s'aplatit, se d^prime au centre, oA 
il prend una teinte blanchatre ; le dixieme jour, sa 
largeur est de deux centimetres, sa base est rouge, 
dure et saillante, rinflammation pent s'^tendre dans 
le Yoisinage. 

Les jours suivants le bouton se dessdche, se trans- 
forme en croAte noir&tre, 6paisse, qui se d^tache 
vers la troisieme ou la quatrieme semaineenlaissant 
une cicatrice connue do tout le monde. 

L' Eruption vaccinale ne cause, le plus ordinaire- 
ment, qu'un tres leger mouvement de fievre et de la 
d^mangeaison. Tres exceptionnellement, elle provo- 
que un 6rjsip^le ou un abces des ganglions Ijmpha- 
tiques voisins. 

Parfois il se produit, au point d*inoculation du 
vaccin, au lieu de la vraie pustule vaccinale, une 
inflammation locale avec saHlie v^siculeuse ne pr^- 
sentant aucun caractere special et qui se desseche 
des le deuxi&me ou le troisieme jour. C'est 14 une 
fauase 'vaccine f qui ne saurait avoir aucun efifet pre- 
servaiif. 

Le septieme ou le huitieme jour de rinoculation 
est ie moment favorable pour recueillir sur un enfant 
le vaccin qui servira a la vaccination. On pratiquera 
cette operation, autant que possible, de bras a bras. 
En temps d'6pid6mie de variole, on la fera quel que 
soit Vkge de Tenfant ; autrement on pourra attendre 
le deuxifeme mois. Si on n'obtient pas de rSsultat, ou 
recommencera jusqu'i ce qu'on ait atteint le but 



MALADIES DE L*£NFANT ff7 

d^sird. n est tres peu d'enfants rebelles a la vac- 
cine. Bien faite, la vaccination produit la vaccine 
98 fois sur 100. 

Au bout d'un temps variable, rimmunit^ confir^e 
par la vaccine pent s'affaiblir et se perdre. On fera 
done bien de revacciner les enfants tons les sept 
ou huit ans. 

Oreillona. 

Rares dans les premieres ann^es de la vie, les 
oreillons sont frequents dans laseconde enfance. C'est 
encore one a£fection contagieuse, dpid^mique et ne 
r6cidivant habituellement pas. L'apparition des oreil- 
lons, c'est-a-dire d'une tumefaction plus ou moins pro- 
nonc^e et douloureuse dans le voisinage de la md.- 
choire inf^rieure prds de Toreille, cause du malaise, 
unpeude fievre, de Tinapp^tence, un peu dedou- 
leur dans les mouvements de la mftchoire, et de 
gSne dans la mastication et la deglutition. Le gon- 
flement augmente pendant plusieurs jours, puis di- 
minue et disparait du sixieme au dixieme jour. Limits 
quelquefois a un seul c6te de la face et du cou, le mal 
envahit leplus souvent les deux c6t6s, en commengant 
par le c&t6 gauche. 

Les oreiUons ne se compliquent presque jamais 
d' accidents s^rieux. Tres exceptionnellement ils se 
terminent par la formation d'un abcfes. Dfes que les 
8ympt6mes des oreillons seront remarqu6s, la mfere 
devra, en attendant le m6decin, garder Tenfant k 
la chambre, lui donner des boissons chaudes, faL*e 
des onctions avec Thuile de camomille camphrde ou 

16 



S:8 LB LIVRE DES JEUNES B1&RES 

le batune tranquille et lai mettre ensuite une couche 
de ouate ayec un bandeau ; parfois, si la dculeur et 
le gonflement sont prononc^s, un cataplasme de fa- 
rine de lin; si la langue est chargie, on donnera 
une cuiller^e d'huile de ricin. A la suite des oreillons 
les enfants restent affaiblis ; on leur donnera du vin 
de quinquina et une nourriture tonique. 

Ti&frre intermittente. 

Cette flSvre est plus fr^quente qu*on ne le croit 
chez les enfants, m£me chez les plus jeunes. On la 
reconnaitra en observant avec un peu d^attention. 
EUe est presque toujoars quotidiennCj les acces ne 
reviennent pas trds exactement aux m^mes heures 
et souvent se produisent la nuit. 

On appelle fievre tierce celle dont les acces se 
produisent tons les deux jours, et fievre quarle 
celle dont les accds ne surviennent que tous les 
trois jours. Chez les enfants, la fiSvre intermittente 
est trSs rarement tierce ou quarte. 

L*enfant atteint de fldvre intermittente est maus- 
sade, p&le, abattu, sans app^tit. Au moment de 
TacceSy on obsenre chez le petit enfant une p&Ieur 
g^n^rale, une sorte d'engourdissement avec refroi- 
dlssement et l^ger tremblement des extr^mites ; puis 
au bout d*un temps plus ou moins long) quelquefois 
au bout de quelques minutes, d'autres fois au bout 
d'un quart d'heure ou mSme au bout d'une heure, 
la chaleur reparait, le malade manifesto un malaise 
extreme, il vomit, quelquefois a des convulsions i' 



MALADIES DB L'ENFANT 279 

la chaleur febrile sans 6tre tres accus6e s^accom- 
pagne de moiteur, mais n'amene pas de transpiration 
abondante comme chez Tadulte. L*acces se termine 
graduellement. 

Dans rintenralle des accds, Tenfant reste visible- 
ment sonffreteux, grognon, sans force, sans app6tit, 
ayant souvent de la diarrh^e ; il s'affaiblit bien vite, 
si la maladie m^connue n*est pas soignee conve- 
nablement, tandis qu'il se remettra presque toujours 
promptement si le medicament par excellence de 
la fievre intermittente, le sulfate de quinine^ lui est 
donn^. 

La mere ne devra done pas n^gliger ces petits 
acces de fievre, qui tres legers au d6but, passent 
souvent sans attirer Tattention. Au contraire, il 
faudra qu'elle les surveille avec soin, qu'ello note 
les jours et lesheures ou ils se produisent, et qu'elle 
communique au m^decin ses remarques. 

Fi6vre typhoide. 

Rare dans les deux premieres ann^es de la vie, 
^B- fievre typhoi'de est plus frequente dans la seconde 
enfance. Lorsque la fievre typho'ide est l^gere, on 
lui donne habituellement le nom de fievre muqueuse. 

L'enfant est fatigu6, courbatur6, assoupi, il a la 
t^te lourde, de la diarrh6e, parfois des saignements 
de nez ; il n'a ni app6tit, ni entrain ; son ventre est 
tendu et un pen sensible a la palpation ; la fievre 
«st continue, plus accentu^e le soir, avec agitation 
€t d^lire pendant la nuit. Apres s'fitre accrus pendant 



t80 LF. LrV'BE DES JEUNES MfiRES 

la premiere semaine, les symptomes restent station- 
naires ou diminuent la semaine suivante. A ce 
moment, la fievre semble disparaitre le matin pour 
revenir le soir pendant quelques jours encore; dans 
le courant de la troisieme semaine, la fievre cesse 
tout a fait et le malade affaibli et amaigri entre 
en convalescence. L'app6tit lui est revenu et il se 
r^tablit assez vite. 

Dans la forme grave de la fievre typho'ide, des 
le d^but ou seulement a la fin de la premiere se- 
maine, tous les sjmptdmes sont tres accentu^s. On 
voit apparaltre de petites taches ros6es sur le ventre, 
la diarrhde est persistante et fr^quente, la langue 
rouge et collante, les levres sfeches, la fievre in- 
tense et continue sans diminution le matin. L'en- 
fant paratt Ii6b6t6, indifferent a ce qui se passe; son 
sommeil est interrompu, accompagn6 de cauche- 
mars, de r^vasseries, de delire, parfois de convul- 
sions. La convalescence ne commence pas avant la 
quatrieme semaine et est toujours lente; les re- 
chutes sont communes. 

Chez Tenfant a la mamelle, la fievre typhoide est 
toujours une maladie fort grave; plus tard, jusqu'a 
dix ans, les chances de gu^rison augmentent et 
sont nombreuses. 

Nous n'avons rien a dire ici, bien entendu, au 
sujet du traitement de la fievre typhoide ; mais nous 
devons appeler Tattention des meres sur la conva- 
lescence et sur les dangers des rechutes, et a ce 
propos nous avons un point important a signaler. 

Les enfants ne supportent pas la diete comma 



MALADIES DE L'ENFANT SSt 

l*adulte; la fievre typhoi'de ayant toujours une 
longue dur^e et 6tant une aflfection tres d^bilitante, 
)n les fortifiera de bonne heure, le mieux possible, 
ivec precaution ; mais, en m£me temps qu'il faudra 
faire suivre a Tenfant, aussitdt apres la p6riode 
aigue de la maladie, un regime riconfortant, il ne 
faudra pas oublier que Tune des causes les plus 
frequentes des rechutes est une alimentation trop 
substantielle, mal appropriee a T^tat des organes 
digestifs du convalescent. Que la mere suive done 
avec la plus scrupuleuse exactitude les instruc- 
tions precises qu'elle aura regues du m6decin a cet 
^gard, qu'elle s'en tienne a la dose et a la nature 
d'aliments qu'il aura permises, et qu'elle sache 
resister, s'il le faut, aux supplications du petit 
convalescent, qui parfois demande a manger avec 
insistance, et montre un appetit qu'il pourrait 6tro 
dangereux de satisfaire. 

Rhumatisme. 

Le rhumalisme atteint rarement les enfants au- 
dessous de cinq ans ; ceux qui ont des parents rhuma- 
tisants j sont predisposes. Le rhumatisme a pour 
cause d6terminante principale Taction du froid 
humide ; il peut se montrer aussi comme complica- 
tion dans la scarlatine. 

La fievre rhumatismale est continue, avec recru- 
descence le soir. Une ou plusieurs articulations sont 
le siege d'une vive douleur avec rongeur et tume- 
faction mod6r6es. Les jointures des membres inf^- 

16 



182 LE LIVRB DES JEUNES H£RES 

ricurs sont ordinairement prises les premieres. II n'y 
a en g^n^ral qu^une ou deux articulations prises a 
la fois. 

Le caractcre le plus remarquable du rhumatisme 
c'est sa mobility; d'un jour a Tautre, il peut quitter 
une articulation pour en atteindre une autre ou en- 
vahir des organes internes, le coeur principalement, 
ct devenir ainsi Torigine d'affections organiqnes per- 
sistantes. En outre, il r^cidive tres frequemment. 

LorsquHl reste articulaire, la dur^e du rhuma- 
tisme est de huit a quinze jours ; elle peut 6tre pro- 
long^e par des rechutes ; le rhumatisme peut aussi 
passer 4 T^tat chronique. 

Le rhumatisme peut aussi atteindre les muscles, 
sp^cialement ceux du cou {iorlicolis) chez les en- 
fan ts. 

Le m^decin seul a qualit6 pour prescrire le trai- 
tement a suivre, mais nous devons avertir la mere 
que Tenfant qui a eu une attaque de rhumatisme est 
sujet a des rechutes frequentes. II faudra done y 
penser conslammcjit, ei approprier son hygiene a 
$on etat special : le v6tir chaudement, Writer avec 
soin le refroidissement et Thumidite, et se mefier 
surtout des fraiches soirees de r^t6, a la campagne, 
sous les arbres ou au bord de la mer. Des qu'une 
petite atteinte de rhumatisme se fera sentir, fric- 
tionner les parties malades avec de I'huile de 
camomille camphr6e, envelopper les articulati(ffls 
atteintes avec de la ouate, et faire prevenir le 
m6decin s'il survient un pen de flevre. 



MALADIES DE L'ENFANT 283 



Raohitlsme. 



Nous avons dit au commencement de ce cbapitre 
pourquoi nous voulions que cet expose sommaire 
<!es maladies de Tenfant ne f ut pas trop incomplet. 
En parlant des trois maladies g^n^rales que nous 
allons ddcrire, le rachitisme, la scrofulose et la 
tuberculose, nous avons encore ob^i a une autre 
pens^e. Nous sommes bien s&rs que nos lectrices, 
assez heureuses pour avoir pu donner pr^s d'elles 
a leurs enfants tous les soins que nous avons indi- 
qu6s, n'auront pas aredouter Finvasion de ces ma- 
ladies; mais que de fois n'auront-elles pas Tocca- 
sion d'en remarquer les symptomes dans les pauvres 
families oA elles vont elles-m^mes porter quelque 
soulagement et quelque consolation ! C'est alors 
qu'un bon conseil donn6 a temps peut quelquefois 
servir a arreter les progr^s du mal. Nous avons 
voulu que les jeunes meres qui nous liront fussent 
capables non seulement d'6pargner a leurs propres 
enfants toutes ces maladies g^n^rales, dues le plus 
souvent a une mauvaise hygiene, mais encore de 
reconnaitre chez les enfants moins bien soign^s les 
caracteres du mal, et d'appeler I'attention des 
parents sur sa gravity. II y a la pour elles une 
mission 61ev6e a remplir ; elles nous pardonneront, 
nous en sommes sftrs, tous les details dans les- 
quels nous serous forc6s d'entrer. 

Quand un enfant est 61ev6 dans de mauvaises con- 
ditions hygi^niques, quand il manque d'air et de 



jtsi LE LHUE DES JEDNES SlERES 

soleil, quand il est mal nourri oa sevr6. pr^mature- 
ment, qaand il re^it une alimentation insuffisante 
ou disproportionn^e a sa puissance de digestion et 
d'assimilation, — on constate bientdt que son d6ve- 
loppcment est entrav^y qu^ilpMit, maigrit et prend 
un air maladif , que sa dentition est retard^e et que 
son petit corps se courbe et se d^forme. II est alors 
atteint de rachilismey maladie serieuse, assez fr^ 
quente dans les trois premieres ann6es de la vie, 
mais que Ton ^vitera toujours en donnaut a I'enfant 
des soins hygi^niques convenables et une alimenta- 
tion ratiounelle. 

Au d^but du rachitisme les enfants ont des diges- 
tions laboricuses, de la constipation, ils vomissent ; 
leurs selles ont une odeur aigre, une couleur gri- 
satre et contiennent des debris d'aliments non dig6- 
r^s. Ils ont le visage p41e et souffreteux, sont cha- 
grins, grognons et orient des qu*on les touche. ILs 
ont de la fl^vre et transpirent la nuit. Leur ventre 
grossit et se ballonne. Puis on observe que les os 
ramollis se deferment. Les extr6mit6s articulaires 
des OS des membres, aux poignets, aux pieds, etc., 
se renflent (on dit alors que les enfants se nouent)^ 
Les jambes et les bras se courbent. A la t^te, les 
fontanelles ne s'ossifient pas et restent larges ; la 
sortie des premieres dents est tardive, le travail de la 
dentition est m^me completement nul ou interrompu. 
Le cr&ne, compar6 au reste du corps, parait volu- 
mineux. La poitrine, saillante en avant et enfonc^e 
sur les c6t^s, se r6tr6cit et prend la forme d'une poi- 
trine d'oiseau. La colonne vert6brale pent se devier. 



MALADIES DE LENFANT 285 

La dur^e et la terminaison du rachitisme different 
suivant les cas et les conditions dans lesquelles lo 
petit malade sera plac6. Combattu de bonne heure, 
le rachitisme gu6rira completement sans laisser de 
trace au bout d'un an ou deux. Autrement, le d6vo- 
loppement des os ayant 6t6 tres entrav^, les mem- 
bres resteront greles, courts et m^me devies, la 
poitrine mal conform6e. L'enfant affaibli restera 
predispose aux convulsions, a la m6ningite, a la tu- 
berculosa. 

Contra le rachitisme Tessentiel, est de prescrire 
une bonne hygiene et une alimentation assimilable, 
ainsi que nous I'avons d6ja suffisamment explique. 
L'usage de Thuile de foie de morue est excellent 
(par cuiller^es a caf6, cuiller6es a dessert ou par 
grandes cuiller^es, suivant Tdge des enfants : une 
seule d'abord le matin, puis une le matin et une 
autre le soir au moment des repas). 

Les bains d'eau sal6e ou les bains de mer, les 
frictions avec de Teau-de-vie camphr6e ou aroma- 
tisee, produiront de bons r^sultats. 

On evitcra de faire marcher les petits rachitiques 
<!ui ne marchent pas encore, on les portera avec 
prteaution a4)lat sur le bras pour leur soutenir le 
^os, et non assis, et on les couchera sur im matelas 
^feistant fait avec de la fougere ou du varech. Quand 
les enfants marchent deja, on les tiendra le plus pos- 
siWe couches. 

Telles sent les regies g^n^rales d'hygi^ne qu'on 
^Ppliquera ; les traitements sp^ciaux regardent le 
^6decin. 



LE LIVRE D£S JEUNES M&RES 



Sorololose. 

Toutes les causes de d^p^rissement qui existent 
chez les parents, peuvent se traduire her6ditaire- 
ment chez les enfants par la scrofule ou scrofulose 
dks la premiere annee de leur existence, mais U 
plus souvent vers Vige de cinq ans. 

C'est un vice constitutionnel qui peut 6tre aussi 
acquis par une mauvaise alimentation, dans un milieu 
pauvre, un air humide et froid, et dont les manifes- 
tations se localisent sous forme d'inflammations 
chroniquos dans les ganglions lymphatiques,a lapeau 
et aux muqueuses, dans les os et les articulations. 

Les petits scrofuleux ont les chairs molles, plus 
ou rcoins grasses, la peau blanche, les le vres epaisses ; 
leur d^veloppement est lent, leur activity affaiblie. Au 
moment de la dentition ou pendant la croissance, on 
voit apparadtre sur la iSgure des Eruptions connues 
vulgairement sous le nom de gourmes, dont la secre- 
tion s6reuse et purulente, en se dess6chant , forme 
des cro&tes Epaisses et brun&tres, et qui ne causent 
pour ainsi dire ni douleurs ni d^mangeaisons. 

En pronon9ant ici ce mot de.gourm^s, il ne faut 
pas que nos mamans s'effraient : Les gourmes ne 
sonlptu a elles seules un signe de scrofulose el tres 
souvent elles sonl puremenl acctdenlelles ; cependant 
' elles indiquenttoujours chez I'enfant une predomi- 
nance du temperament lymphatique a laquelle il 
convient de faire attention. 

Au cuir chevelu, ces Eruptions chroniques, dont le 



MALADIES D£ L ENFANT VI 

\rrai nom est impdtigo et eczima, se compliquent 
souvent d'abces superflciels. Des abc^s se forment 
aussi sur les membres . 

Nous reyiendrons d*ailleurs sur ce sujet qaand 
nous parlerons des maladies de la pcau. 

Les ganglions Ijmphatiques du cou, a la base de 
lamdchoire, a la nuque, etc., sont engorges, iso]6- 
mcnt ou group^s par masses, et lentement arrivent 
a suppuration. La peau de la region engorg^e rougit, 
s'amincit et s'ulc^re ; il s'^tablit ainsi des fistules, 
des plaies, qui ne se ferment qu'au bout de plu- 
sieors mois, et avec peine, en laissant des cicatrices 
tres apparentes {humeura froides^ icroueUcs). 

Les jeux sont souvent atte.ints. Les paupi^res de- 
viennent rouges, ipaisses, la surface des yeux s'en- 
hmmQ[pphihalm%e scrofulewe); lalumi^re est alors 
Ires difftcilement support^e. 

Le nez se gonfle et se remplit de crofttes. Les 
oreilles sont le sidge d'un ^coulement purulent 
(oioirhie)j parfois le tympan se perfore et les os 
voisins se carient. 

Plus tard, dans la seconde enfance, on observera 
des inflammations chroniques des os des membres 
et des articulations [lutneurs blanchen, coxalgk^etc). 

L'affection scrofuleuse mSme la plus l^gere dure 
toujours longtempb ; avec de bons soins, peu i peu 
la constitution de Tenfant se fortifie au point de ne 
plus presenter trace de la maladie. Quand elle est 
g^ave, la scrofulose se prolonge pendant una ou 
plusieurs ann6es ; elle se localise successiyement a 
diverses parties du corps ; ces localisations, sup^fir 



S88 LS UVRE DES JEUNES M£RES 

ciclles d'abord, deviennent profondes, accompa- 
gn^es d'interminables suppurations qui finissent par 
^puiser le malade. 

Comme hygiene g^n^rale, il faudra une alimenta- 
tion appropri^e a I'^ge de Tenfant et fortifiante, une 
habitation a6ree et ensoleill6e, la carapagne ou mieux 
les bords de la mer pendant r6t6 ; Thuile de foie de 
morue, le vin de quinquina, pris alternativement et 
longtemps continues, produiront de bons r6sultats ; 
les parties malades seront tenues dans le plus grand 
^tat de propreti. 

Le traitement special de la scrofulose sera, bien 
entendu, dirigS par le medecin, mais il ne faut pas 
oublier qu'il importe de prendre ses conseils des le 
d^but de la maladie, car le traitement toujours 
long, aura d*autant plus de chances de r^ussite 
qu'U aura 6i6 conmienc^ plus t6t. 

Tuberoulose. 

De mdme que la scrofulose, la tuberculoge est une 
maladie g^n^rale qui pent Stre acquise sous Tin- 
fluence de toutes les causes d^bilitantes , la misere, 
une mauyaise alimentation^ le sevrage pr6matur6,le 
travail trop pr^coce (dans les manufactures en parti- 
culier), et qui peut Stre transmise des parents aux en- 
fan ts par hSr^dit6« Les causes de ces deux maladies 
sent les m^mes, leurs manifestations sent difflSrentes. 

Rare au-dessous d'un an, la tuberculose se ren- 
contre plus fr^quemment chez les enfants au-dessus 
dc cet &ge. 



MALADIES DE LENFANT ? 9 

Les manifeslatioQs de la tuberculose sont beau- 
coup plus gen^ralis6es chez Tenfant que chez Tadulte, 
olles ne sont que tres rarement bom6es a un seul 
organe. Les organes respiratoires at les organes 
digestifs sont ordinairement envahis a la fois. 

La maladie suit quelquefois une marche aigue ; le 
plus souvent elle se d^veloppe lentement et sa dur6e 
est longue. Les enfants deviennent piles, amaigris, 
languissants ; cependant ils ont conserve leur ap- 
p6tit qui, parfois, est mSme vorace. 

Les intestins et les ganglions voi^ins peuvent ^tre 
alorsle siege d'inflammations accompagnantle d^pot 
d'un produit tuberculeux, matiere gris&tre, demi- 
transparente , qui s'agglomere en grumeaux plus 
ou moins gros, puis se ramollit et donne lieu a des 
ulcerations, qui se r6v^lent par une diarrh^e abon- 
dante prolong^e. Cette maladie chronique a requ 
le nom de carreau. 

La tuberculisation peut envahir la surface interne 
de Tabdomen, le p6ritoine [pirUoniie tuberculetise) ; 
les enfants vomissent parfois, ont des coliques 
sourdes avec constipation alternant avec du d6- 
voiement, leur ventre est dur, douloureux, etil 
acquiertun volume qui contraste avec Tamaigris- 
sement general. 

La tuberculisation des bronches et des poumons 
[phtisie) s'annonce par une toux s^che, une respi- 
ration courte et pr^cipit^e. Les forces du petit 
nialade d^clinent de semaine en semaine, au point 
<iu'il ne peut plus bouger de son lit; pourtam 
son intelligence reste vive. H est min6 par de la 



290 LE LIVRE D£S JEUxNES J»1£RES 

fl^vre et des sueurs , et succombe apres quelques 
mois de souffrances. 

Les soins g6n^raux de la tuberculose sont sem- 
blables a ceux de la scrofulose. lis devront le plus 
possible 6tre pr6ventifs, c'est-a-dire 6tre appliques 
avant toute localisation manifeste. Ainsi on ne per- 
mettra pas a une mere phtisique d'allaiter son en- 
fant. L' enfant ne d'un pere phtisique et d'une mere 
bien portante pourra etre nourri par cette derniere 
si, en meme temps qu'elle a une bonne sant6, elle 
poss^de toutes les qualites d'une excellente nour- 
rice ; autrement, on preferera une bonne nourrice 
au sein, car dans ce cas il est important que Tallai- 
tement se fasse dans les meilleures conditions et 
puisse Stre longtemps continue. 



IV. — Maladies du syst^me nerveux 

Ganvulsioxis. 

Nous Tavons deja dit, les jeunes enfants sont d'une 
impressionnabilit6 et d'lme mobility extremes; en 
m4ine temps, Torgane des mouvements volontaires. 
le cerveau, est encore peu d^velopp6, mais en voie 
d'accroissement actif. II en r6sulte que, dans les 
deux premieres annees de la vie, toutes les causes 
d' excitation, les impressions les plus Idgeres (une 
piqftre d'6pingle) comme les maladies lea plus s6- 



MALADIES DE L'ENFANT 191 

ieuses provoquent ais^ment des troubles dans les 
fonctions du syst^me nerveux. Ces troubles se tra- 
iuisent surtout par des secousses involontaires et 
ipasmodiques dans les muscles, avec perte plus ou 
i&oins complete de connaissance, — par ce qui est 
la terreur de toutes les meres : des convulsions. 

Toutes les convulsions sont bien loin d'avoir la 
Deme ^avit^ . Les convulsions causees par ime peur, 
one colere, une piqiire, une indigestion, ou cellos 
lui surviennent au d6but d'une fievre Eruptive 
legere, bien qu'elles d^notent chez Tenfant une pr6- 
iisposition facheuse qui devra Hre surveill6e, ne 
laaraient avoir Timportance des convulsions qui 
iciatent dans le cours des maladies graves. 

Quant aux caracteres des convulsions, celles qui 
lont violentes et prolong^es ou celles qui se pro- 
iuisent a des intervalles rapproches, seront evidem- 
nentplus a craindre que les convulsions dont Faeces 
Bst passager et dure peu. Cela tient a ce que pen- 
iant les acces convulsifs la respiration est entrav^e, 
A que la suffocation brusque ou I'asphyxie lente en 
lont les deux consequences possibles. 

II faut done bien distinguer les circonstances dans 
lesquelles se produisent les convulsions, bien observer 
la dur6e et la marche de Faeces, pour donner a 
tet accident, qui effraye toujours, son importance 
rfelie. 

L'attaque de convulsions pent delator brusquement 
^u Stre annonc6e par quelques ph^nomenes precur- 
teurs tels que de Tinsomnie, de Tirascibilit^, de 
i'agitation, ou au contraire de Tassoupissement avec 



m LB LIVRE DBS JEUNBS M£RES 

tressaillements et cauchemars. Le regard de Tenfani 
devient fixe, exprime la terreur, les yeux pris di 
mouvements saccad^s se dirigent en haut sous h 
paupi^re sup^rieure oi ils se fixent un moment er 
ne laissant paraitre que leur partie blanche, pom 
fitre ensuite entraines d'une fagon desordonnee in- 
diff^remment a gauche et a droite. Les muscles de 
la face se contractent, les angles de la bouche soni 
tir^s en dehors, les levres violacees se couvrent sou- 
vent d'une salive mousseuse ou un peu sanguinolente, 
les michoires se serrent en faisant entendre des grin- 
cements de dents. La t^te est rejetee en arriere on 
de c6t6. Les doigts sent fl^chis avec force, les poi- 
gnets se retournent de dehors en dedans et de 
dedans en dehors altemativement, les avant-bras se 
replient sur les bras, les bras se tortillent en divers 
sens. Les membres inf^rieurs sent le siege de con- 
tractures analogues, mais en general moins fortes. 
Le torse est raidi. 

En mSme temps, la connaissance et la sensibility 
sont toujours abolies d'une fagon plus ou moins com- 
plete'. Le pouls est tres acc616r^ ettres petit, la respi- 
ration friquente et bruyante, la peau est moite, 
chaude a la tfite, froide aux extr^mit^s. 

Les mouvements convulsifs res tent parfois limitds 
a une partie ou a un c6t6 du corps, mais se g6n6ra- 
lisent sou vent. Ils se propagent de la face, qui est le 
siege des premieres secousses, aux membres sup6- 
rieurs, puis en dernier lieu aux membres inf^rieurs 
et au tronc quand Tattaque est violente et complete. 
On lui donne alors le nom A'eclampsie, 



MALADIES DE L'ENFANT 293 

La dur6e de Tacces convulsif varie suivant les 
causes qui le produisent. 11 cesse au bout de quelques 
minutes pour ne plus reparaitre, ou il se prolonge 
pendant des heures entieres pour disparaltre tout a 
coup ou diminuer peu a peu, de telle sorte que les 
regions envahies les dernieres sont abandonn^es les 
premieres et que c'est toujours a la face qu'on 
I'observe le plus longtemps. On en voit se prolonger 
pendant des journ^es entieres avec de courts inter- 
valles de calme. 

Les convulsions li^es a une indigestion, a la pr6- 
*.ence de vers dans Tintestin, a la sortie laborieuse 
d'unedent, a une piqftre ou a une brftlure, etc., sont 
en g6n6ral partielles et passag^res. Elles ne repa- 
raissent pas et le malade revenu a lui retrouve sa 
sante habituelle. 

Les convulsions que Ton observe quelquefois au 
d^but des Sevres ^ruptives et de la broncho-pneu- 
monie, quoique intenses et generalis^es, sont ordi- 
nairement bom^es a un seul acces et n'ont pas par 
elles-m^mes de gravity. Les convulsions qui 6olatent 
dans le cours de ces m^mes maladies, comme celles 
qui surviennent dans la coqueluche et le croup, ont 
&u contraire une tres f&cheuse signification. 

Les convulsions, m^me partielles et incompletes, 
mais qui se produisent par acces multiplies, coup 
sur coup, chez un enfant afiaibli par de la diarrh^e, 
une mauvaise alimentation, une hemorrhagic, etc., 
sont toujours redoutables. 

Les convulsions qui restent limit^es a un seul 
cote du corps ou a un seul membre, et a la suite 



294 LB LIVRE DES JEUNES M&RES 

desquelles persiste quelque trouble nerveux, sent 
leplus sou vent un des sympt6mes d'une lesion c6- 
r^brale et ont par cela mSme beaucoup de gravite. 

On doit chercher, en presence d'un enfant atteint 
de convulsions, a combattre Tintensite et les effets 
imm^diats de Tacces convulsif, a en supprimer la 
cause et par suite a en prevenir le retour. Pendant 
Tacces on desserrera bien vite les v^tements de 
I'enfant, on renouvellcra Fair de la chambre, on 
maintiendra le malade dans son lit pres de la fenetre 
ouverte, mais abritec du jour, on lui mettra des com- 
presses d'eau froide sur la t^te et on lui appliquera 
sur la poitrine et les extr^mites des cataplasmes si- 
napises, des sinapismes ou des compresses trempees 
dans de Feau chaude. On fera preparer un bain 
tiede dans lequel on le plongera tout en lui arro- 
sant la t^te d'eau froide. 

En mSme temps, on t&chera de lui faire avaler un 
peu de sirop d'ether a Taide d'une cuillere a caf6 
introduite sur le c6ti des m&choires et sur la langue 
et vers^ avec attention (la deglutition est bien ra- 
rement impossible m^me dans les crises violentes). 

La mere doit pouvoir donner au m^decin tons les 
renseignements capables de Teclairer sur la cause 
de la convulsion. Comment etait Tenfant immedia- 
tement avant la convulsion ? Et la veille ? Etait-il 
constip6? Avait-il au contraire un peu de diarrh6e? 
A't-il eu de la flevre ? A.-t-il eu une indigestion? 
S'il est en train de faire des dents, comment sa 
dentition s'est-elle pass6e jusqu'alors ? — Et la con- 
vulsion elle-mSme, a laquelle le m^decin n'assistalt 



MALADIES DE L'ENFANT 295 

pas, commeDt s'est-elle produit? A-t-elle it6 localey 
c'est-a-dire s'est-elle produite sur une seule 
partio du corps, et sur quelle partie ? A-t-elle au 
contraire 6t6 gen6rale ? Combien de temps a-t elle 
dure? Wj a-t-il eu qu'un acces? — Et la nourrice ? 
N'a-t-on k se plaindre ni de son lait, ni de son ca- 
ractere, ni de ses habitudes ? 

Une mere attentive et soigneuse doit Stre capable 
de fournir au midecin tous ces renseignements, 
lorsque celui-ci les lui demande, pour appr^cier la 
cause probable et la nature de la convulsion, et par 
consequent prescrire le traitement approprife. 

Get example mieux que tout ce que nous pourrions 
dire, fera comprendre a nos lectrices le but que 
nous avons cherch^ a atteindre, en donnant au 
chapitre des maladies de I'cnfant le d^veloppement 
qu'il nous semblait m^riter. 

Spasme de la glotte. 

La face, les membres et le torse ne sont pas 
toujours le seul si^ge des convulsions ; les organes 
internes en sont aussi quelquefois atteints. C'est 
mfeme ce qui a fait diviser les convulsions en con- 
vulsions exlemes et convulsions internes ; les pre- 
mieres sont de beaucoup les plus communes. Les 
convulsions internes sont au contraire assez rares, 
et c*est a tort que des personnes inexp^rimentees 
donnent ce nom k de simples malaises, toutes les fois 
que la cause de ces malaises leur semble inconnue. 

Le spasnie de la glotte est une convulsion interne 



296 LE UVRE DBS JEUNES MfiRES 

qui frappe les muscles du larynx (glotte); elle 
li'atteint guere que des enfants llges de quatre a 
dix mois, et parmi eux ceux qui sont chetifs, mal 
nourris et menac6s de rachitisme. C'estune maladie 
s^rieuse, mais heureusemeut assez rare. 

Le froid ext^rieur, les quintes de coqueluche pro- 
longies, les oris violents, sont les causes occasion- 
nelles ordinaires de cette maladie. 

Le spasme de la glotte se traduit par un acces de 
suffocation, qui vient brusquement surprendi'e au 
milieu du calme le plus parfait le nourrisson qu'un 
6tat d'appauvrissement predispose a cat accident. 
La respiration s'interrompt, la face s'injecte, laphy- 
sioiiomie est anxieuse, la tfite se renverse en arriere, 
les yeux sont fixes, Tenfant pr6sente tous les carac- 
teres d'une asphyxie commengante. Get arrfit de la 
respiration dure quelques secondes, et une suite 
d'inspirations sonores et breves sans expiration in- 
term6diaire annonce la fin du spasme de la glotte; 
la respiration redevient normale. 

Pendant cet acces, les battements du cobut sont 
tumultueux, le pouis precipit^ et tres petit, la peau 
violac6e se couvre d'une sueur froide, et des eva- 
cuations involontaires ont lieu. 

Lo spasme de la glotte peut se borner k un acces ; 
ordinairement il donne lieu a une s^rie d'acces reve- 
nant a intervalles variables pendant quelques jours. 

La brievet^ des acces et leur eloignement sont des 
particularit^s favorables a la guerison de cette ma- 
ladie, qui est toujours grave. 

n y a certain rapport entre la constriction con- 



MALADIES DB I 'ENFANT tSfl 

mlsive du faax croup et le spasme de la glotte ; mais 
66 dernier se reconnait a Tabsence des symptomes 
bflammatoires, a ce qu'il n*y a ni enrouement, ni 
ooryza, ni toux aboyante, et a la s^rie dHnspirations 
Bonores qui le caract^rise. 

La premiere medication a employer contre ce 
kpasme est semblable a celle des autres convulsions ; 
ensuite on suivra les instructions du m^decin. 
Contre le retour des accds, une bonne hygiene, une 
bonne alimentation, et des preparations toniques, 
quinquina, huUe de foie de morue, conviendront 
avant tout. 

M^nlnglte. 

hditniningite qu*on appelle souvent aussi fiivre 
^ebrale^ est une inflanmiation des membranes qui 
enveloppent le cerveau (meninges). G est une ma- 
ladie toujours grave, mais qui heureusement est 
rare pendant la premiere ann^e de la vie, et peu 
p)mmune aussi k partir de la sixieme ann^e. 

Quelquefois la m^ningite est franchement aigu£; 
lUepeut^tre le r6sultat d'une insolation, ou com- 
i>liquer une autre maladie ; dans ce cas le d^but est 
krasque, la marche de la maladie est rapide, et 
tontinue. 

Tres ordinairement, la m^ningite des enfants est 
^ne manifestation de la tuberculose, c'est une mi- 
^ingiie tuberculeuse, dont les petites victimes sont 
Principalement les enfants nes de parents tuber- 
culeux. 

Les enfants predisposes a cette maladie ont une 

17. 



18 ^ LB LIVRE DES JBUNES IffiUES 

constitution frSIe; quelques-uns ont de rembon* 
point, un teint frais, mais leurs chairs sent moUes ; 
leur caractere est tres impressionnable. Toujour? 
est-il qu'on ies voit maigrir sans motif apparent 
devenir tristes, apathiques, irascibles, inquiets ; iL 
se plaignent parfois de mal de t^te et leur sommd 
est agit^. Ges premieres modifications de la santi 
g6n6rale durent quinze jours, un mois, trois moisr 
apres quoi, Tenfant est pris d*une fievre mod6ree, dn 
Yomissements alimentaires et bilieux, en mem( 
temps que d'une constipation opiniatre. 

Bientot, la seconde periode de la m6ningite s'an 
nonce par du delire nocturne, des grincements d( 
dents, des oris inconscients. L'enfant r^pond encon 
aux questions, mais d'un air ennuy^, pour retombei 
aussitdt dans un etat de somnolence a pen pres con- 
tinuelle ; il est pMe avec des rougeurs subites au vi- 
sage. Son ventre est aplati et enfonce. On trouve a 
ce moment qu'il a le pouls ralenti (Ies pulsations d€ 
120 ou 130 descendent a90 et 60) et irr^gulier dani 
sa force et son rhytme. 

A cet 6tat qui persiste en general pendant deui 
ou trois jours, succede la troisieme periode de 1^ 
maladie : reprise de la fievre avec chaleur et acc6H 
leration du pouls, assoupissement profond inter- 
rompu par des convulsions partielles ou au contrairi 
par des apparences de mieux. Les convulsions son 
suivies de paraljsies tant6t passageres, tantdl per 
manentes ; si malgre les soins donnas a Tenfant, h 
meningite at teint cette troisieme periode, les chance 
de gu^rison sent alors devenues bien faibles. 



MALADIES DE L*ENFANT S99 

On coi^battra la predisposition a la m^ningite 
tuberculeuse par une bonne hygitee, on d6veloppera 
les forces physiques de Tenfant et on m^nagera 
longtemps ses facult^s intellectuelles. 

* Paralysie splnale. 

Cette maladie, assez rare d'ailleurs, n'est guere 
a craindre chez les enfants que de neuf mois a deux 
ans ; ellepeut frapper egalement les enfants robustes 
et les ch^tifs. EUe consiste dans une inflammation 
partielle de la moelle 6piniere amenant pen a peu 
Vatrophie des muscles et des os des membres. 

La paralysie spinale debute , sans cause appreciable, 
chez un enfant en pleine sant^ et se manifeste la 
nuit par de la flerre, de Tagitation, parfois des con- 
vulsions, des raideurs et des douleups dans les 
membres ; et le matin, on remarque qu'il a perdu 
Tusage d'un ou de plusieurs de ses membres, le plus 
souvent des deux membres inferieurs, et, dans les 
cas les plusviolents, des bras etdes jambesalafois. 
La fievre et Tagitation cessent au bout de vingt- 
quatre oil quarante-huit heures, tandis que la para- 
lysie subsiste; elle aatteint d'emblee son maximum 
d'intensite. Les membres paralyses prennent une 
teinte bleufttre et se refroidissent ; la sensibilite est 
conserv6e. 

Apr^s un nombre de jours variable (de trois a 
quinze), la paralysie se localise exclusivement dans 
un membre ou dans une partie d'un membre, qui 
reste alors frapp^ d*inertie definitive ets'atrophie 



300 LE LIVBE DES JEUNES M£RES 

tandis que les autres muscles primitivement frappcs 
recouvrent leur fonction. 

La sante g6n6rale de Tenfant se conserve bonne. 
La paralysie locale a pour consequences incurables 
Tatrophie, la deformation, Tarretde d6veloppement 
du raembre I6se. 



V. — Maladies dks organes des sens 
Maladies de la peau. 

La peau des enfants est fine, delicate et subit 
rapidement Finfluence du froid, de la chaleur et des 
matieres irritantes. De la, independamment des 
maladies tenant a une cause interne et g6n^rale, la 
frequence, dans le jeune &ge, des affections cuta- 
n^es. 

La frequence mSme de ces maladies de la peau 
chez les enfants, le peu de gravity qu'offrent la plu- 
part d'entre elles ont souvent pour resultat d'em- 
p^cher qu'on y pr6te une attention sufflsante, et 
qu'on leur donne les soins qu'elles m^ritent. Sans 
doute dans beaucoup de cas ces maladies disparais- 
sent d'elles-m^mes avec autant de rapidit6 qu'elles 
sont venues ; mais souvent aussi le manque de soins 
enaugmente Tintensite d'une maniSre f&cheuse, et 
telle maladie, qui aurait vite cede a de bons soins 
donnis dds le d^but, devient eusuite tres rebelle 
aa traitement qu'on se decide trop tard a appliquer. 



MALADIES DB L'ENFANT 301 

Nous crojons done utile d'eutrer dans quelques 
details assez precis au sujet de ces maladies multi- 
ples, qui paraissent aux personnes inexperimentees 
se ressembler a peu pres toutes, qui sent vulgaire- 
ment toutes confondues sous les noms de gourmes 
et de dartres y et qui cependdnt sent bien difif^rentes 
les unes des autres tout a la fois par leurs carac- 
teres et leur gravity. 

Ebyth£h£. — Le contact de Turine et des autres 
excrements determine trds facilement sur la peau des 
Dourrissons qui ne sont pas tenus assez proprement, 
qui ne sont pas assez souvent changes de couches, 
ou qui sont atteints de diarrh^e, une inflammation 
caract6ris6e par de la rongeur et de la chaleur qu^on 
appelle irytheme. Ce que nous venons de dire suffit 
pour montrer quel est dans ce cas le siege du mal. 
Si la cause qui a produit cet ^rytheme ne vient 
pas a cesser, elle en augmente Tintensit^, amene 
de legeres excoriations avec un peu de suintement; 
r^iytheme pent aussi passer a r6tat chronique. 

L'action du calorique, surtout des rayons dusoleil 
sur les parties dScouvertes, pent aussi produire un 
feytlieine. 

Chez les petits enfants charges de graisse, dans 
^s regions oik la peau se trouve appliqu^e centre la 
peau, entre les cuisses, aux plis du cou, derriereles 
oreilles, etc., il est conunun, silessoins depropretd 
ne sont pas pouss^s a Texc^s, de voir survenir une 
rougeur vive, accompagn^e de d^mangeaisons et 
i*excoriations superflcielles qui donnent lieu a une 
l^cr^tion d'un liquide dont Todeur forte est toute 



30S LE LIVRE DE3 JEUNES HERES 

«p6ciale. Get ^rytheme des plis de la peau est d6si- 
ga^ sous le nom d'inierlrigo. 

Avec des soias minutieux de proprete, en chan- 
geant de couche Tenfant chaque fois qu'il se sera sali, 
en le saupoudrant avec de la poudre seche d'ami- 
don, de riz ou de lycopode, en lui donnant des bains 
fr6quents, en 6vitant toutes les causes d'irritation 
de la peau, on pr^viendra T^rytheme. 

S'il vient a se manifester, il ne faut pas h^siter a 
le combattre tout de suite, pour 6viter les excoria- 
tions qui pourraient se produire i la peau, et causer 
a Tenfant de violentes douleurs. En mfime temps 
qu'elle appliquera le traitement que lui aura indique 
le m^decin, la mere devra exag^rer les soins de 
propret6 que nous avons conseill6s pour emp^cher 
r^rytheme de se produire, faire de fr^quentes lo- 
tions ^nioUientes d'eau de son ou de guimauve, et 
emp^cher les surfaces cutan^es de frotter les unes 
-centre les autres en les isolant au moyen d'un linge 
enduit de c6rat ou de glyc6rol6 d'amidon. 

GERguRES. — Les enfants ont quelquefois, par les 
temps de froid ou quand ils ont du coryza, les levrea 
et le nez, m^me le menton et les joues gerc^s. La 
peau de leurs cuisses, lorsqu'elle est atteinte d'ery- 
theme, se gerce aussi. Un peu de cold-cream ou dc 
beurre de cacao ramoUi a la chaleur les soulag( 
beaucoup ; le cosm^tique au raisin agit aussi trei 
bien contre les gercures. 

fiRYSipfeLE. — 11 ne faut pas confondre TdrytheiiM 
avec Venjsipele. G6n6ralement, F^rysipele sucv 
cede a une plaie de la peau ; chez les nouveau-n6s, 



MALADIES DB UENPANT 303 

places dans de mauvaises conditions hygi^niques, il 
se montre surtout au voisinage de la plaie du nom- 
brU apris la chute du cordon. Dans T^rysipele, la 
rougeur est vive et luisante, nettement limitee ; 
rinflammation se propage successivement aux parties 
voisines. Le petit malade a de la fievre, 11 est pale, 
agite et soufifre ; bient6t 11 tombe dans un prof(«nd 
abattement, est pris de vomissements et de diarrh6e; 
on peat avoir a craindre une attaque de convulsions, 
r^tat de Tenfant peut devenir grave. 

Chez des enfants plus kg^s, Terysipele a moins 
de gravity ; il a quelquefois pour point de depart un 
bouton de vaccine, rintertrigo, la variole, etc. 

L'erjsipele demande les soins sp^ciaux du me- 
decin, mais la mere pourra toujours, en attendant, 
saupoudrer les parties atteintes avec la poudre 
d'amidon ou de riz, ou appliquer des cataplasmes de 
f^cule. 

Ecz6ma. — Impi^tigo. — On appelait autrefois 
gourmes certaines Eruptions de la face et du cuir 
chevelu, tr^s communes dans le jeune Age, et on 
n'6tait pas 6loign6 de croire qu'elles ^taient salu- 
taires et qu'on devait les respecter pour 6viter 
d'autres maladies plus graves. On salt maintenant 
que les gourmes sont des aflfections diverses, s'ob- 
servant souvent chez des enfants lymphatiques et 
predisposes k la scrofulose, mais tris souvent atmt 
chez ceux dont la comtitution est parfaite ; on salt 
de plus que leur gu6rison est loin d'avoir les dan- 
gereuses cons6quences qu'un pr^jug6 ancien leur 
attribualt; et, au lieu de laisser les gourmes se 



30t LB LIVRS DES JEUNES MfiRES 

d^velopper a leur aise, il faut lea sotgner cl les 
guirir. 

G'est surtout pendant la p^riode de Tallaitement 
(d'ou le nom de croules de lait) et pendant le travail 
de la dentition que se declare cette maladie. Ches 
certains enfants, elle se montre et s*accrott a Tocca- 
sion de la poossSe de chaque dent, pendant la pre- 
miere et la seconde dentition. La malpropretS ea 
est aussi quelquefois tout simplement la cause dd- 
terminante. 

On voit d'abord apparattre^ sur une partie plus on 
moins Stendue de lapeau, des taches rouges sur les- 
quelles se d^veloppent de petites vSsicules, r^unies 
en groupes serr^s, contenant de las6rosit6 {eczema)^ 
ou de petites pustules renfermantun liquide d'abord 
blanch&tre, puis purulent [impiligo). Ces deux sortes 
de boutons s'ouvrent au bout de deux ou trois jours, 
leur contenu s'^coule, se desseche et forme des 
croutes adh6rentes. Les croAtes de Tecz^ma sont 
minces et jaun&tres ; celles de rimp6tigo sont plus 
^paisses, plus molles, ont une coloration plusfonc^e. 
Les croiites, en se d^tachant, laissent a nu une 
surface excori^e, douloureuse, produisant un li- 
quide qui, en se dess^chant, forme de nouvelles 
croiites. 

Toutes les parties du corps, le phis souvent la 
face et le cuir chevelu, peuvent Stre le siege de ces 
Eruptions, qui ne s^accompagnent presque jamais de 
fievre. EUes causent des d^mangeaisons. L'enfant 
est grognon, impatient et criard; il se gratte, ar- 
rache les croiites et fait ainsi saigner les parties en- 



MAL4DIES DE L'ENFANT 30i 

flamm6es. D est momentan^ment d^flgure et la 
pauvre mere ne trouve souvent pas une seule place 
pour y poser un baiser. Qu'elle ne s'afflige cepen- 
dant pas trop ; si le mal est p6nible, parfois rebelle 
au traitement et sujet a r^cidiver, il n'est pas grave, 
ne compromet jamais la vie de Tenfant et se gu6rit 
sans laisser de marqaes. 

On ne doit pas oublier, dans le traitement de 
Teczfema et de Timp^tigo, que ces Eruptions sont a 
la fois une inflammation locale de la peau et une 
manifestation ext^rieure de T^tat de la sante g6n6- 
rale : il sera done indispensable de prendre a ce 
sujet les conseils du midecin, et il vaut mieux le 
faire plus t6t que plus tard. En attendant, sur les 
parties malades, on emploiera les lotions 6mollientes, 
avec une d6coction de guimauve ou de graine de 
lin ; on saupoudrera ensuite avec de la poudre de 
rizoud'amidon. Plus tard, pour detacher les croAtes, 
onappliquera des cataplasmes de f6cule. Lorsque 
le mal siege au cuir chevelu, il faut couper les che- 
veux tres courts avant d'appliquer le cataplasme. 
Quand la chose est possible, Tenveloppement des 
parties malades dans un tissu impermeable (toile 
vulcanis^e, toile gomm6e) donne de bons r6sultats. 

S^BORRH^E. — Les mfimes personnes qui, systema- 
tiquement, veulent que Ton respecte toujours les 
gourmes, ont encore plus de v6n6ration pour la ma- 
tiere grasse s^cr^t^e par les glandes du cuir chevelu. 
Cette secretion, m^lang^e a de la crasse, forme, 
chez les petits enfants, une couche jaun^tre ou 
brun sale, qui bientdt s'accroit en ^paisseur et 



306 LE LIVRB DES JEDNES M£R£S 

6n Atendue au. point de gamir, comme un bonnet^ 
tonte la t^te. 

II faut, au contraire, s'opposer a raccumulation 
<ie ce produit desecration, decette siborrhee^ et ne 
pas laisser se former cette calotte sale. Tous les 
jours, au moment de la toilette g^n^rale, la t^te 
de Tenfant sera bross^e et constamment tenue aussi 
propre que la figure. 

La s^borrhSe se montre aussi souvent chez les 
nourrissons vigoureux que chez les enfants faibles. 
EUe se complique facilement d^ecz^ma quand on 
laisse les crotltes s'^paissir. Gelles-ci, peu a peu, se 
•decomposent, acquierent une odeur fetide et entre- 
tiennent une humidite a la surface de la peau qui 
«'irrite ets'excorie. De plus, cette crasse s'oppose a 
la croissance des cheveux et cause meme leur chute. 

N'allez pas croire (comme on vous le dira peut- 
^tre !) qu'cn efUevanl ccUe crasae, vcms rUquez de 
provoquer la Uigne, du mal aux yeux, etc,^ que 
<:'€Sl une humeur qui doit aoriir, et que si vous I'en 
•empichez elle se portera ailleurs, Rejetez bien vite 
tous ces pr^jug^s ridicules, et commencez, en bros- 
«ant tous les jours et avec soin la tfite de votre 
infant, par empficher cette croftte de se former. 

Si malgr^ ces soins quotidiens elle tend a se 
former (et quelquefois elle se d6veloppe avec une 
facilite et une rapidity incroyables !) il ne faut pas 
h^siter a en d^barrasser Tenfant. Pour cela, on 
imbibera cette crasse copieusement d'huile ordinaire 
•et on la frottera ensuite avec le doigt ou avec une 
brosse, sans craindre d'appuyer un peu. Puis on la- 



MALADIES DB L'ENFANT 307 

vera la tSte avec de Teau de savon ti^de. Si la 
couche est ^paisse, aprds Tavoir impr^gn^e d'huile, 
on couvrira la tfite de Tenfant avec un bonnet de 
flanelle huil^e, et on mettra par dessus un autre 
bonnet de telle impermeable. Ge proc^d^ amene, 
en dix ou douze heures, la chute des croutes les plus 
^paisses. 

Teigmes. — Les affections du cuir chevelu caus^es 
par la presence d'un vegetal parasite, d'un cham- 
ingnon, a laracine des cheveux, sent commun^ment 
d6sign6es sous le nom de teignes. Ce sent des ma- 
ladies p^nibles et rebelles, contagieuses, qui amenent 
souvent la perte complete des cheveux, elle doivent 
Mre combattues par des moyens actifs patiemment 
appliques et par un traitement special. 

PauRiGO. — Lichen. — On pent observer tant6t a 
la face, tantdt sur les membres et le milieu du 
corps des enfants, une eruption de petits boutons 
saillants et durs ayant la grosseur d'une t^te 
d'epiiigle, tantdt blancs, tant&t roses, accompa- 
gnes de d^mangeaisons incessantes qui poussent 
Tenfant a se gratter et m^me a s'ecorcher. Cette 
eruption, appel^e prurigo ^ est quelquefois de courte 
duree, mais tres souvent opiniatre. Elle pent se re- 
nouveler a intervalles rapproches. 

Une eruption analogue, mais ne causant pas de 
demangeaisons bien vives, se volt f?*^quemment chez 
les nourrissons a la periode dentaire ; on lui donne 
le nom de lichen. Ghaque pouss6e de boutons dure 
de deux a dix jours. 

Des bains Emollients d^amidon ou de son, des 



308 LE LIVRE DES JEUNES MERES 

bains rendus alcalins par I'addition de carbonate de 
sonde, des applications sur les parties malades de 
poudre d'amidon pour calmer les demangeaisons 
donneront de bons resultats dans ces cas. 

Gale. — La gale est une maladie due a la pr^ 
sence sous Tepiderme d'un insecte parasite qu'oa 
appelle \macarus; elle se d^veloppe toujours par 
jontagion, et sera certainement transmise a Tenfant, 
si la femme a qui le nourrisson a 6te confi6 en est 
elle-m^me atteinte. La gale debute chez le nouveau- 
ne par les pieds et les jambes, qui sont le plus en 
contact avec les bras de la nourrice ; elle cause a 
Tenfant des demangeaisons insupportables ; ellese 
reconnait, comme chez Tadulte, a la presence sur la 
peau des sillons dans lesquels viTent les acarus. 

La gale c'tait autrefois tres commune. Les re- 
medes dont on disposait alors ^tant longs et ineffi- 
caces, et d'autre part la contagion se propageant 
avec une prodigieuse facilit6, une seule brebis ga- 
leuse ravageait tout le troupeau 1 Aujourd'hui que 
la m^decine dispose contre la gale de remedes tres 
simples, tres rapides et tres efficaces, toute per- 
sonne atteinte est aussitdt gu6rie, la contagion n^a 
plus le temps de se faire, et la maladie tend d 
disparaitre de plus en plus. 

Pemphigus. — II se diveloppe parfois chez les 
nouveau-nes au cou, sur la face, sur le ventre et 
les cuisses, une Eruption de buUes isol6es plus ou 
moins larges (quelquefois comme une piece de 
ciaq francs), remplies d'un liquide limpido ou 16ge- 
rement gris&tre qui souleve Tdpiderme. Co sont des 



MALADIES DE L'ENPANT 309 

bulles de pemphigus. EUes crevent assez prompte- 
ment, et r^piderme dess6ch6 tombe en laissant xine 
tache violac^e. 

Le pemphigus aigu des enfants, en Tabsence de 
tout signe de maladie g6n6rale, est b6nin et exige 
simplement Temploi de la poudre d'amidon, et d'un 
pansement au c6rat simple, ou au cold-cream si les 
bulles sont suivies d'excoriations. 

Ecthyma. — Chez les enfants mal soign6s et mal 
nourris se forme une Eruption de boutons de dimen- 
sions variables, arrondis, entour^s d'un cercle 
rouge inflammatoire et contenant du pus. Ces pus- 
tules i'ecihyma se dessechent et sont remplacees par 
des croutes noires, ou bien s'ouvrent et deviennent 
de v6ritables ulcerations laissant des cicatrices apres 
leur gu^rison. Ces pustules, pen nombreuses, se 
Yoient surtout aux membres inf^rieurs. EUes n'ont 
pas de gravity par elles-mSmes, mais sont un signe 
facheux de FStat general de Tenfant. 

On traitera Tecthyma par des applications 6mol- 
lientes. Les ulcerations seront pans^es avec du vin 
aromatique. Le petit malade sera place dans les 
conditions d'hygiene les meilleures et nourri conve- 
nablement. 

Nous n'avons pas la pretention d'avoir appris aux 
meres a distinguer par elles-memes tons les genres 
divers de maladies de la peau ; il leur faudrait pour 
cela une experience qu'elles n'auront jamais Toe- 
casion d'acqu^rir, nous Tesperons bien. Nous avons 
voulu seulement que le jour ou elles auraient k 



310 LE UVRE DES JEUNES MERES 

soigner Tune de ces maladies, elles pussent trouTer 
dans leur livre quelques indications generates sur 
sa nature et son caractere, en mSme temps qu*un 
r6sum6 des principales regies hygi^niques qu'il leur 
importe de ne pas oublier. 

Enfin nous avons tenu aussi, comme nous le di- 
sions plus haut, a appeler leur attention sur ces 
maladies qu'on a quelquefois le tort de ndgliger par 
cette raison que le plus souvent elles ne sent pas 
graves. 

Maladies des orellles 

Otite. — OroRRH^E. — L'inflammation du conduit 
auditif ou oUle etTecoulementdu pus par Toreilleou 
otorr/ide sent, ainsi que nous Tavons dit, des mani- 
festations fr6quentes du lymphatisme et de la scro- 
fulose chez les enfants. Mais ces affections peuvent 
aussi 6tre produites, ind^pendamment de toute pre- 
disposition g6n6rale, par Timpression du froid et 
rintroduction de corps 6trangers dans Toreille ; elles 
peuvent aussi succ6der a une fi^vre Eruptive. 

Le mal debute par une douleur aigue, avec de la 
fievre ; bientot il se fait au dehors un suintement 
sereux ou sanguinolent, puis jaunHtre et purulent, 
qui cesse au bout de quelques jours, ou persiste pen- 
dant des semaines et des mois. 

Les corps strangers (petits cailloux ou coquillages^ 
petit plomb, graines, noyaux de cerises, boulettes de 
pain ou de papier, perles de verre) que les enfants 
introduisent en jouant dans leurs oreilles doivent 



MALADIES DE L'ENFANT 31 i 

tre extraits promptement. Pour cela on ne se ser- 
>ir a jamais ni depinceni de cwrette, avec lesquelles 
n risqtieraU de blesser I'en/anl et d'en/oncer plus- 
irofondiment le corps etranger; on poussera vive- 
aent avec une seringue, oumieux en se servant de 
'irrigateur, un jet d'eau simple dans I'oreille. Ce 
^rocedS n'ofifre pas de danger et rSussit habituel- 
ement. 

Maladies des yeux. 

A propos de la scrofulose, nous kvons signals 
jomme 6tant une des manifestations de cette afifec- 
tion g^nerale Tophthalmie scrofuleuse, qui atteint 
k la fois le bord des paupieres {blepharite), leur sur- 
face interne ainsi que la conjonctive qui tapisse le 
globe de Toeil [conjonctiviie)^ et le segment ante- 
rieur transparent de cet organe oucorn^e (keratite), 
Les inflammations de la corn^e produisent des 
taches opalines et des opacites completes plus ou 
moins 6tendues, taies qui toujours g^nent la vision, 
et trop souvent I'abolissent tout a fait. 

Les enfantslymphatiques sent sujets aux orgcletSy 
petits furoncles de la grosseur d'un grain de millet a. 
celle d'un grain d'orge qui siegent aux bords libres 
des paupieres, se succ6dant a des intervalles irr6gu- 
Hers et se terminant, apres cinq ou six jours de dou- 
leur et de gonflement, par la sortie d'un pen de pus^ 
et d'un petit bourbillon solide. On leur opposera des 
lotions ^moUientes et des cataplasmes de fecule. 

Nous avons dit ailleurs que pendant la rougeole- 



312 LE LIVRE DES JEUNES MERES 

les yeux ^taient souvent malades. Mais en dehors 
des causes g^n^rales d'inflamniations oculaires, les 
enfants sont sp6cialement sujets a la conjonctivite 
on ophthalmie catarrhale et a Tophthalmie purulente. 
Conjonctivite catarrhale. — Due a certains 6tats 
de ratmosph^re, an refroidissement, a Thumidite, 
la conjonctivite catarrhale est epid^mique et conta- 
gieuse. Elle frappe souvent plusieurs enfants d'une 
mfime famille, se transmet de Tun a Tautre et aux 
grandes personnes. Les yeux deviennent rouges et 
douloureux, les paupieres se tum^flent, la lumiere 
est difficilement support^e ; rinflaramation s'accom- 
pagne de larmoiement et d'uno s6cr6tion muqueuse. 
Cette maladie dure de quatre a huit jours et n'est 
pas grave a la condition d'etre soignee. Si elle ne 
cede pas rapidement a des lotions friquentes que 
fera la mere sur les yeux de I'enfant, de faQon a 
enlever chaque fois les mucosites, avec la decoction 
de guimauve on Tinfusion tiede de camomille, il 
ne faut pas li6siter a faire venir le m^decin"; on 
tiendra Tenfant a Tabri du froid, du jour ou des 

lumieres. 

Ophthalmie purulente. — Affection essentielle- 
ment contagieuse et grave, Yophthalmie purulente 
debute chez les nouveau-n6s d'ordinaire du quatrieme 
au sixieme jour, parfois huit, quinze et vingt jours 
apres la naissance, par du gonflement des paupieres 
et de la rongeur sur leurs bords. Tres vite, un liquide 
jaune-verdatre, m61ange a des filaments muqueux, 
remplit les yeux et s'ecoule chaque fois que Ton 
6carte les paupieres. Celles-ci se tumefient, leur 



MALADIES DE L'ENPANT 3(3 

surface interne est rouge, boursoufl^e, granuleuse ; 
la conjonctive oculaire est enflamm^e, la cornice 
pent perdre sa transparence, se ramollir et se per- 
forer, ToBil court de grands dangers. Le nourrisson ne 
cesse pas de prendre le sein et n^a pas de fievre, a 
moins d'ent^rite avec muguet ou de broncho-pneu- 
monie venant compliquer Tophthalniie purulente. 

Cette maladie est rapide dans sa marche et doit 
Stre promptement et energiquement combattue. 
Uodil malade sera lavS incessamment, nuit et jour, 
avec de Teau tiede, pour emp^cher le s6jour du pus 
sur la cornee. L'avis du m6decin sera r6clam6 de 
bonne heure ; on n'oubliera pas que Tophthalmie pu- 
rulente est transmissible par contact direct et que, 
mal soignee, elle entraine la perte de la vue. 



VL — Accidents 

Les enfants ignorent le danger, aiment le mouve- 
ment et ont la curiosity de toutcs choses. lis courent 
sans prendre garde aux obstacles et culbutent, ils 
grimpent sur les meubles et tombent, ils touchent a 
tout et se blessent. On ne doit pas contrarier leur 
activity, mais il convient de les surveiller de pres, 
de ne pas les laisser seuls, et de songer, pour les 
leur ^pargner, aux nombreux accidents qui peuvent 
les atteindre : contusions, plaies, br&lures, entorses 
et fractures. 

18 



8U LE LIVllE DES JEUXES M£:UK 



Contusions. 

j?roduite par un coup, une chute ou une pressioi? 
violente, la conliision est plus oumoins 6tendue, plus 
ou moins forte. Elle est caract6risee par Tapparition 
immediate d'une tache ou d*une bosse sanguine. Le 
sang extra vas6 sous la peau donne a celle-ci une 
teinte rouge ou ardois6e qui progressivenaent passe 
du bleu fonc6 au bleu clair, puis jaunit et finit par 
disparaitre. II y a du gonflement, dela douleur, qui, 
en general, est bientdt reniplac6e par de Tengour- 
dissement. 

On cherchera tout d'abord a calmer la douleur, 
a determiner une prompte disparition du sang 
6panche et a 6viter Finflammation, la suppuration, 
la formation d'abces qui sont parfois la consequence 
des contusions violentes. Le repos de la partie con- 
tuse, les applications de compresses imbib6es d'eau 
froide, d'eau froide additionnee d'extrait de saturne 
(eau blanche), de teinture d'amica ou d'eau-de-vie 
camphr6e, d'eau salee ou vinaigr6e, sont les meilleurs 
moyens a employer d'abord. Si la douleur est vive 
on se trouvera bien d'associer a I'eau blanche un 
pen de laudanum. 

Centre les bosses sanguines on exercera une com- 
pression par dessus la comnresse appliqu6e sur le 
siege du mal. La compres^e imbib^e du liquide etant 
posee, on la maintiendra a Taide de tours de bande 
convenablement serr^s. 



MALADIES DE L'ENPAl^T 315 

Des qu'il se manifeste des signes d'inflamniatLon 
(chaleur, tension, douleur vive au toucher) il faut 
cesser Femploi des refrigerants et des r^solutifs, et 
employer les cataplasmes Emollients et laudanis6s. 

Si un abces menagait de se former, le chiinirgien 
Jevrait Stre consults. 

Flaies. 

Les plaies faites par des corps contondants, on 
plaies contuses, pr^sentent un grand nombre de de- 
gr6s, depuis la simple excoriation de la peau jusqu'a 
r^crasement complet de toutes les parties f rappees. 
Les excoriations serontsoign6es commeune contusion 
par I'application, pendant quelques heures, de com- 
presses mouillees d'eau froide; puis on fera un pan- 
sement au cErat, ou on coUera un morceau de taf- 
fetas gomm6, de baudruche, Epiderme artificiel qui 
moderera la douleur et favorisera la cicatrisation, 

Les plaies contuses comprenant toute Tepais- 
seur de la peau et souvent au dela ont des bords 
irreguliers, meurtris, une surface inegale, noir&tre 
et peu saignante ; elles ne se cicatrisent pas facile- 
men t sans suppuration. 

Ces plaies seront d'abord bien lav6es et Ton 
pourra tenter leur guerison immediate en rappro- 
chant leursbord 3, sans etablir de compression, a Taide 
de bandelettes de sparadrap ou de taffetas gomm6. 

Les plaies faites par des instruments tranchants, 
ou coiipureSy ont des bords rectilignes etunis, don- 
cent lieu a un 6coulement de sang parfois tres abon- 



316 LE LIVRE DES JEUNE8 HfiRBS 

Haiit et, chez les enfants, se gu6rissent d' ordinaire 
tres vite sans suppurer. Les coupures doivent 6tre 
bien lav^es avec de Teau froide et debarrassees du 
sang coagul^ ; apres quoi, leurs bords seront rap- 
proches le mieux possible et maintenus en contact 
au moyen de bandelettes pr^par^es pour adherer a 
la peau (taflfetas, toile, baudruche). Si les bande- 
lettes ^taient insufSsantes, par suite de la situation 
ou de la profondeur de la plaie, le secours du 
m^decin serait alors indispensable. C'est de ce pre- 
mier pansement que d6pendra la gu^rison prompte 
et sans cicatrice apparente de la coupure. 

Les plaies faites par des objets pointus, piqure$f 
sont 6troites, plus oumoinsprofondes, douloureuses, 
et saignent a peine. Elles sont sujettes a s'enflammer. 
11 faut d'abord s'assurcr qu'il n'est pas reste dans la 
piqfire la moindre parcelle du corps quiTaproduite, 
Textraire s'il y a lieu, puis soigner la plaie et la sur- 
veiller comme pour une plaie contuse. 

Les piqflres desangsues donnent lieu quelquefois 
a une Wmorrhagie difficile a arrfiter et par suite 
dangereuse. Dans ce cas on commence par main- 
tenir sur lapiqftre, en comprimant avec le doigt, un 
petit morceau d'amadou, puis on fait la cauterisa- 
tion de la plaie avec un brin de charpie imbib6e 
(le perchlorure defer, ouavec une aiguille atricoter 
rougie a blanc ; si I'hemorrhagie persistait, il fau- 
drait au plus vite faire venir le medecin *. 

1. Ces COS d'h^morrhagie, assez rares d'ailleurs, poarraient ce- 
pendant se presenter. Si on se irouvait eloign^ du m^ecini 
comme il y aurnit an veritable danger k laisser l'h6iiiori hagie pe^ 



MALADIES DE L'ENFANT 317 

Bri^lures. 

L'action intense de la chaleur capable de produire 
la, bru lure ipeMt s'exercer a distance par rayonnement 
(coup desoleil), mais surtout par le contact mSme 
du corps brfdant, et dans les circonstances les plus 
varices. 

Les brulures sont ordinairement class6es en 
degres^ selon leur intensite. 

La brftlure la plus l^gere (1®' degr6) est caractfe- 
ris6e par une sensation de cuisson qui persiste apres 
la cessation de la cause, par une rongeur inflarama- 
toire qui, apres quelques heures ou peu de jours, se 
dissipe en mSme temps que T^piderme se fendille et 
se d^tachepar 6cai]ies. 

Une cause plus energique ou plus prolong6e, la 
flamme d'un gaz, le contact dereaubouillante, d'un 
corps metallique fort chaud mais non rougi, deter- 
mine le 2® degr^ de labrftlure, c'est-a-dire le souleve- 
raent imm6diat ou rapide de I'epiderme par de la s^ro- 
slt6 jaunatre et limpide. La douleur est vive. Les 
ampoules d6chir6es ou perches, la s^rosit6 s'6couIe; 
bientot Tepiderme se desseche et tombe, un nouvel 
epiderme se forme et Tinflammation se guerit sans 
suppuration. 

Dans le 3® degr6, il y a d6sorganisation du derme 
et suppuration. 

sister, il f .udrait trouver une personne quelque peu hibile pour 
ligaturer la piqUre, Voici comment on procede: on traverse la 
pcau, sous la piqClre, avec une fine aiguille, et on entortille un 
fil sous cette aiguille, en serrant un peu, de fa^n' k falre une 
lignlure h la peau, sous la piqCire. 

la. 



3tS LC LIVRE DE3 JEUNSS MfiRES 

Dans lo 4° degre, toutc Tepaisseur de la peau 
est d6truite ct lapartie morte tombe avec suppu- 
ration du quinzieme au vingtieme jour. 

Peu 6ten{luc, quel que soit son degr6, la brulure 
peut 6tre consider^c coraine sans gravity. Etendue, 
elle est toujours grave; mais,pour le premier degre, 
pendant les premieres 48 lieurcsseuleraent en raison 
de la douleur qu'elle cause. 

Dans le cas de brulure simple, peu etendue, au 
jer degr6 et au 2° degr6, le froid produit de bons 
cffets : on plonge la partie malade dans Teau froide 
qu'on renouvelle a mesure qu'elle s'^chauffe, ou on 
applique dcs compresses imbibees d'eau froide que 
Ton arrose ensuite souvent avec de Teau blanche. 

Quand on aura a d6shabiller I'enfant, on le fera 
avec beaucoup de precautions, sans precipitation, 
en ^vitant d'enleverT^piderme des amjioules. 

Les parties brfilees ^tant raises a nu, on percera 
les ampoules avec une aiguille en 6vitant de les de- 
chirer. Puis on devra soustraire les parties bruises 
au contact de Tair qui exaspere la douleur. Dans ce 
but, on 6talera sur la surface atteinte de la farine ou 
de Tamidon, un melange de parties 6gales d'huUe 
d'amandes douces et d'eau de chaux recente (qu'on 
appelle liniment oleo-calcaire), ou une solution si- 
rupeuse de gomme arabique ; ensuite on appliquera 
une couche de ouate de T^paisseur d'un doigt en- 
viron, en isolant bien Tune de Fautre les surfaces 
brftl^.es qui se toucheraient ; on soutiendra la ouate 
avec une compresse de toile, et on maintiendra le 
tout avec une bande roulee. La ouate peut 6tre 



MALADIES DE LENF\NT 3r) 

Templac6e par de la baudrucho en feuillets, qui 
s' applique facilement et adhere a la peau. Le pan- 
sement ne sera renouvel^ que tous les deux ou trois 
jours, a moins qu'une abondante suppuration ne le 
rende plus souvent necessaire. 

Dans les brulures profondes, rinflammation ne- 
cessite Temploi des cataplasmes de f6cule, des pan- 
sements avec le linge c6rat6 etla charpie; d'ailleurs 
lessoinsdu medecin seront alors plus longtemps 
n^cessaires, puisqu'il devra diriger la cicatrisation 
des plaies, et surveiller les complications qui peu- 
vent survenir dans les brftlures graves. 

Engelures. 

Uaction dufroid, et surtout Texposition d'une 
partie engourdie par le froid a une forte chaleur, 
peat amener, principalement aux mains et auxpieds, 
une tumefaction circonscrite, d'un rouge violac6, 
avec ou sans soulevement de T^piderme par de la 
s^rosite rouss&tre, quelquefois avec ulcerations. 
Ces engelures causent des d6mangeaisons incom- 
modes et des douleurs cuisantes, quand la partie 
malade subit Timpression de la chaleur. 

On pr^viendra rapparition des engelures en for- 
tiflant les surfaces, qui en deviennent facilement le 
siege, par des frictions stimulantes d' eau-de-vie, 
d'eau-de-vie camphr6e, ou une solution de 30 gram- 
mes d'alun dans un liti*e d'eau, et en 6vitant les 
lavages a Teau tiede. 

Quand Tengelure existe et que T^piderme est 



320 LE UVRS DES JEONES MfiRES 

intact, on continuera les frictions alcooliques. Les 
engelures ulcer^es seront pans^es avec de la charpie 
imbib^e dc vin aromatiqne. Quand il y a un engor- 
gement notable de la peau autour des ulcerations, 
une compression bien faite avec des bandelettes de 
sparadrap, renouvel6e aussi souvent qu'il sera n6- 
cessaire,produirale meilleur r^sultat 

En torses. 

La distension, ie tiraillement des articulations 
avec ou sans arrachement des ligaments, Veniorse 
ou foulure est souvent , chez les jeunes enfants 
qui commencent a marcher et que Ton tient par 
la main, la consequence de faux mouvements ou 
de mouvements exager^s. C^est le plus commun^- 
ment au poignet, au coude, a T^paule, puis au pied 
que I'entorse s'observe. Cost presque toujours en 
tirant le bras de Tenfant pour le soutenir quand il 
va tomber, ou pour Taider amontef les marches d'un 
escalier, a franchir un ruisseau, que cet accident 
arrive. 

Aussit&t une vive douleur se fait sentir dans Tar- 
ticulation distendue. L' enfant pleure, cesse de mou- 
voir la jointure bless^e; les parties molles autour 
de celle-ci augmentent de volume sans changer de 
couleur. La pression et les mouvements provoqu^s 
exasperent la douleur. 

L'entorse doit 6tre traitfee par Timmobilisation de 
Tarticulation l&6e, au moyen de bandes etde ouate, 
et ensuite par des frictions d'eau-de-vie camphree. 



MALADIES DE L'ENFANT %t 

Jrdinairement, a moins de complications sp^ciales, 
e mal disparatt graduellement au bout de quelques 
lours ; il est toujours prudent, en cas d*entorse, de 
prendre I'avis du mddecin. 

Fractures. 

La rupture complete ou partielle des os est assez 
rare chez les enfants a la mamelle ; mais plus tard 
eet accident est fr6quent. Chez les enfants, les frac- 
lures sont ordinairement simples et souvent incom- 
pletes, c'est-a-dire qu'une partie de I'^paisseur de 
I'os se rompt tandis que le reste ploie et so courbe. 
Les coups directs, les chutes, une grande distension 
artieulaire chez un enfant qu'on souleve brusque- 
ment par le bras, etc., peuvent les determiner. Les 
mouvements imprimis au membre fracture sont tr^s 
douloureux. 

Ordinairement, a moins de complications sp6ciales, 
les fractures des enfants se consolident avec ra- 
pidite et beaucoup plus vite que celles des adultes. 

En cas de fracture il faudra, en attendant Tarriv^e 
du m^decin, placer la partie malade dans une posi- 
tion convenable et dans une immobility parfaite. On 
se servira de petits morceaux de bois ou de carton 
^t de bandes roul^es. Par-dessus cet appareil provi- 
soire, on placera des compresses imbib^es d'eau 
froide. 



SB LE LhUE DES iEUNES MfiRES 

Nous ne voulons pas terminer ce chapitre des 
ttecidenlSj sans r^p^ter que le mieux est de les pr6- 
vcaiir par une surveillance de tons les instants. Nous 
n'avons certainement pas besoin d'appeler Tatten- 
tion des meres sur ces ^pouvantables accidents, 
de toutcs sortes, dont sontremplis chaque jour les 
Faifs divers ies journaux, mais elles feront bien de 
tenir a ce sujet constamment en 6veil Tattention 
des personnes auxquelles leurs enfants seront 
confi6s. 

Nous n'en finirions pas s'il s'agissait d'enum6rer 
toutes les precautions qu'il faut prendre vis-a-vis 
des enfants ; mais sans parlor ni du danger des 
allumettes ou des couteaux, ni du soin qu'il faut 
apporter au choix des jouets, etc., nous voulons 
dire un mot de la defense absolue qu'il faut faire a 
la nourrice ou a la bonne de se pencher a une fe- 
n^tre ou a un balcon, de s'appuyer a la balustrade 
d'un pent ou au mur d'un quai en tenant T enfant 
dans ses bras : un mouvement brusque de Tenfant, 
ouune distraction subite de la nourrice peuvent avoir 
une consequence fatale. De plus, Venfant habitue 
de bonne heure a regarder par les fenfitres sera 
iiien fortement tent6, des qu'il pourra se tenir sur 
ses jambes, d'approcher lui-m^me sa chaise de la 
fenetre ouverte. Ces sortes d'accidents nous inspi- 
rent une telle crainte que nous voudrions voir com- 
pletement grillagees les fen^tres de la chambre des 
enfants. 

Souvenez-vous aussi que les enfants se font tr<^s 
souvent meurtrir les doigts dans les portes dcs 



MVLADIES DE L'EXFANT 3J1 

chambres et les portieres des voitures, et vous ap- 
porterez toute votre attention a les pr6server d'un 
pareil accident. 

Pour eviter les fractures des membres, ne sou- 
levcz jamais un enfant par les bras ; quand vous 
lui donnez la main dans la rue, ne le tirez jamais 
par le bras pour Taider a traverser un ruisseau ; 
quand vous voyagez avec lui, prenezles plus grandes 
precautions pour le faire monter en voiture ou en 
chemin de fer, ou pour Ten faire descendre ; ne 
vous encombrez pas de paquets qui vous emp^che- 
raient de lui donner aisement la main ; en chemin 
dc fer, des que Tenfant sera mont6 en wagon, as- 
surez-vous que la portiere d'en face est bien fcrmie : 
assez souvent ces portieres, moins surveillees que 
celles qui se trouvent le long du quai de la gare, 
sont seulement pouss6es sans 6tre v6ritablement 
ferin6es ; tant que la portiere ne sera pas ferm6e, 
ne laissez pas votre enfant s'en approcher. 

En resum^ les enfants doivent Stre soumis a une 
surveillance continue et sans reliche, depuis le mo- 
ment ou ils commencent a marcher jusqu'a I'&ge ou 
il faudra bien qu'on leur laisse la responsabilitd de 
leurg mouvements 



CHAPITRE XI 



Education morale de l'enfant 

Nous avons assure de notre mieux le bien-^t 
physique de Tenfant et, par une hygiene raisonn^ 
pr^venu autant que possible tous les dangers 
maladies; si,malgre nos soins, dos sympt6mes ala 
mants se sont produits, nous avons vouiu les co 
naitre, afin de pouvoir faire au plus vite le necessai 
et savoir dans quels cas nous devious tout de sui 
appeler le m^decin.Ii y a encore pour la jeune mere 
devoirnon moins imp^rieux a remplir: commenc 
r^ducation morale de l'enfant, d6velopper peu ap 
ses aptitudes et ses facult^s intellectuelles, corrig 
ses d^fauts et le disposer, en un mot, a bi 
profiter plus tard de Tinstruction qui lui sera donn6 

Cost a la mere qu'il appartient de commenc 
cette Education des leberceau, car elle sait mieu 
que personne parlor au coeur de ce petit 6tre, e 
mieux que personne, elle saura y d^velopper 
germe des bons sentiments. La tache est belie 
remplir et les r^sultats seront considerables ; de 
premieres impressions rogues, souvent ineffagables 
peut dependre Tavenir de Tenfant. 



£DUCATI0N morale DE I ENFANT 329 

Gomxnenoexnent de r^duoation. 

Dans les premiers jours, un enfant n'a absolu- 
ment besoin que de t6ter, de dormir, d'etre change 
at lav6. Ordinairement il ferme les yeux aussitot 
qu'il a Testomac plein, et ne les ouvre que pour 
t6ter de nouveau. Des cette epoque, il faut le mettre 
dans son berceau, aussitot que sos bosoins sont sa* 
tisfaits, et m^me ne pas trop craindre de Vy laisser 
crier, a moins que la violence et la dur^e de ses 
cris ne fassent penser qu'il est souflFrant ou qu'U 
6prouve quelque nouveau besoin. 

On ne saurait commencer trop t6t a faire con- 
tractor de bonnes habitudes aux enfants. 

Si vous c^dez aux premieres volont6s de I'enfant 
et a ses moindres caprices, vous en ferez bien vite 
un petit tyran qui vous rendra malheureuse, sans 
que cela lui profite. Un enfant qui cesse de crier 
presque aussitot qu'on I e prend dans son berceau, 
ne criait pas parce qu'il souffrait ; il n'aurait pas 
ainsi cesse de souffrir instantan^ment. S'il criait, 
c'etait done uniquement pour se faire prendre dans 
les bras; c'est sa volonte qu'il cberche deja a 
imposer aux autres. 

Ayez done quelque fermet^, m^me dis les pre- 
miers jours de Texistence de vos enfants, pour leui 
bonheur, croyez-le bien, comme pour le v6tre, et 
ne craignez pas en cela de paraitre manquer de 
tendresse. 

Nous entendons deja nos mamans s'Scrier : De la 

19 



32G KE LIVRE DES JEUNES &IEIIES 

fermete avec un enfant si jeune ! Supporter des cris 
donton ne connait souvent pas la cause, sans cher- 
cher a les calmer I.. — Oui, si vous Thabituez aStre 
pris dans vos bras dcs qu'il crie, il criera chaque 
fois qu'il s'6veillera, parce qu'il aime beaucoup mieux 
6tre sur vos genoux ou dans vos bras que dans son 
berceau. — Et pourquoi, dira-t-on aussi, ne pas lui 
donner une jouissance qu'on pent lui procurer a si 
peu de frais? — Parce que cette jouissance n*estne- 
cessaire ni a son bien-etre ni surtout a sa sant6, et 
qu'elle perdrait promptement sa valeur par la satiety ; 
vous en auriez bientot fait pour Fenfant une cspece 
de besoin; la fatigue qu'elle causerait s'opposerait 
ensuite a sa continuation et alors vous seriez forc^e 
de lui imposer une privation. Loin d'avoir ajout6 a 
son bonheur, vous irriteriez ainsi son caractere par la 
violence qu'ilmettrait a vouloir se faire ob6ir. Tandis 
que si vous Fhabituez a rester couche, m^me eveille, 
il s'en trouvera bien; vous vous ^pargnerez une 
perte de temps considerable, une gSne continuelle, 
une fatigue que vous ne pourriez peut-6tre pas 
supporter toujours, et vous ^viterez de la sorte, 
pour I'enfant lui-m^me, une cause frequente de 
chagrins. 

Plus tard, a mesure qu'il grandira^ vous lui don- 
nerez de petits moyens de distraction ; mais il faut 
tacher de Thabituer de bonne heure a ne pas avoir 
besoin qu'on s'occupe toujours de lui. 

Sans doute, il faut compter avec I'^tat physique 
de Tenfant qui parfois est indispose, triste, grognon; 
mais alors si, pour 6viter des pleurs et des cris qui 



fiDUCATION MORALE DE L ENFANT 327 

pourraient aggraver le mal, on cede a toutes ses 
volontes, a toutes ses exigences, elles deviendront 
souvent telles qu'il n'y aura plus moyen de les satis- 
faire, et Ton aura augments rembarras qu'on re- 
doutait. H faudraitdonc pr^voir, autant que possible, 
ce qu'on sera oblige d'accorder, pour ne pas pa- 
raitre c6der a une exigence ou a un caprice. 

Oh! nous savons bien qu'il n'est pas toujours 
facile, ni m^me possible, de mettre ces pr6ceptes 
en action, et qu'on a beau jeu a donnerdesconseils 
qu'on serait souvent embarrasse de mettre soi-m6me 
en pratique. Et nous n'ignorons pas non plus que 
la conduite a tenir vis-a-vis des enfants doit d6- 
pendre avant tout de leur caractere, de leur nature 
et de leur santi. Nous avons trop vecu avec les 
enfants, nous les avons trop aim^s, pour ne pas 
savoir qu'il serait absurde de s'en tenir avec eux a 
des regies inflexibles et absolues, et nous ne con- 
naissons rien de plus insipide que ces beaux th^o- 
riciens de I'^ducation, qui montrent souvent moins 
de sagesse et plus d'entStement que les pauvres 
petits fitres qu'ils martyrisent. Nous savons qu'avec 
les enfants on fait plus souvent comme onpeut, qu'on 
ne fait comine on veut. Tout ici est une question de 
mesure et de tact. Mais, ces reserves faites, nous 
croyons qu'il faut commencer des le berceau 1 'edu- 
cation de Tenfant. 

II ne faut pas oublier toutefois qu'un ^tat maladif 
faitnaitre chez Tenfant millefantaisiesauxquellos il 
ne songerait pas en bonne sant6. II faut chercher 
tons les moyens de le distraire del'objet de ses desirs, 



329 LE LIYRE DZ3 JEUNES M&RES 

et le lui fairo oublier en fixant son attention sur 
quelque autre chose qu'on pent lui accorder sans 
inconvenient; ne point t6moigner trop d'impatience 
de ses grogneries, et le caresser lorsqu'il reprend 
sa bonne humeur. 

Presque tons les d^fauts qui se montrent chez 
les cnfants ont leur source dans une seule de leurs 
facult^s : la volonte, et c'est Texces de son emploi 
qu'il faut tendre a moderer et a contenir. 

C'est pour faire pr^valoir sa volenti que Tenfant 
est colore, boudeur, flatteur, qu'il contracte la mau- 
vaise habitude de frapper, etc. Ces d6fauts, communs 
a toutes les natures, sent plus prononc^s chez les 
iiufants g&t^s, et chez ceux qui ont ^te maladifs. 
II convient de reformer peu a peu ces petits tra- 
vers, qui degenereraient en habitudes s'ils 6taient 
toler^s longtemps. En uji mot, il faut diriger cette 
volont6, amener I'enfant, sans qu'il s'en aper<}oivc, 
a ne d^sirer que des choses raisonnables ; et, nous 
le repetons, il vaut souvent mieux prevenir ses 
desirs, si on a lieu de craindre d'irriter sa frele 
organisation, que de parattre c6der a ses caprices. 



Habitudes et xnanies. 



Beaucoup d'enfants contractent des le berceau des 
habitudes qui sent souvent fort difficiles a ditruire: 
celles de t^ter un doigt, par exemple, le poucesur- 
tout, de sucer un morceau de linge ou leur langue 
de mordre leurs levres, etc. 



Education morale de l'exfant 3» 

On doit apporter un tr^s grand soin a emp^cher 
ces habitudes de s*enraciner; chaque fois qu'on 
verra Tenfant s'y laisser aller, on essaiera de d^- 
tourner son attention sur un autre point. II faut 
que cette surveillance se fasse avec une constante 
sollicitude ; que toutes les personnes qui approchent 
de I'enfant y concourent et y mettent beaucoup de 
pers6v6rance ; lass6 d'etre g^ne dans sa tendance a 
contractor cette habitude, Tenfant flnira tdt ou tard 
par J renoncer. 

H faut aussi remarquer que ces habitudes sont 
souvent le signe d'une alteration dans la sant^, et 
disparaissent quand celle-ci est rStablie. II faut 
alors agir avec prudence. Quand les habitudes, les 
lid d'un enfant tiennent a son ^tat maladif, il ne 
faut pas lutter ouvertement centre eux ; on n'arri- 
verait de la sorte qu'a surexciter Tenfant et on 
s'61oignerait du but a atteindre. 

L'habitude de sucer du linge, un doigt, ou la 
langue est une des plus tenaces et des plus difficiles 
a corriger. 

Les enfants ont souvent la manie de mordre, ct 
ils commencent m^me a Texercer sur le sein de 
leur nourrice. Aussit6t qu'on sent que Tenfant veut 
mordre, il faut lui frapper sur les mains et le gron- 
der ; il 14che le sein et se met a pleurer. Quelques 
instants apres, on le lui pr6sente de nouveau, on 
revient a la correction s'il le faut, et il comprendra 
bientot pourquoi on le frappe. Toutefois, il pent 
arriver qu'une rage de dents porte I'enfant a mordre ; 
alors il faut user de moderation et chercher a le 



330 LE LIVRE DES JEUNES MfiRES 

distraire ; une correction dans ce cas ne serait 
vraimentpas m6rit6e. 

Nous appelons I'attention des m^ressur lamanie 
ie frapper a laquelle les enfants se laissent souvent 
aller. On en rit d'abord, et volontiers on trouve- 
rait aimable un enfant de quelques mois qui se met 
a frapper sa bonne ou sa mere ; bienl6t, enhardi par 
cette tolerance, le petit marmot se fait iin jeu de 
frapper tout le monde, et 11 manifesto sa Yolont6 
par des coups. 

Si vous laissez un enfant se faire ob6ir ainsi, vous 
preparez pour I'avenir un despote insupportable. 
L'iiistinct de la domination se d6veloppe ets'en- 
racine fortement, et pent mfime aller jusqu'a la me- 
chancete. L'enfant qui frappe doit fitre aussitot r6- 
primand^, et il est absolument nicessaire de briser 
des le d^but cette habitude. 



Colore. 



La colore se manifesto, chez les plus jeunes en- 
fants, parfois avec tant de violence, qu'elle peut 
causer des congestions au cerveau et des convulsions. 
Quand on s'apergoit que la colore va 6clater chez un 
enfant, il faut conserver un calme parfait. S'il me- 
nace et veut frapper, on Ten emp^che en lui saisis-| 
sant les mams ; Tenfant ne marche pas encore seul, 
on peut I'asseoir tout simplement par terre sur un| 
tapis et le laisser se rouler comme il voudra; enfin, 
* la colere ne c^de pas, on peut jeter a la figure 
Venfant quelques gouttes d'eau froide. Ce proc6dfi 



Education morale de l'enfant 331 

ramfene presque toujours du calme, et rend Tenfant 
honleux de T^tat dans lequel il s'est mis ; il pleura; 
vous le consolerez alors, lout en easayant de lui faire 
regrctter son oniporteracnt. 

Si on a affaire a un enfant violent, ce n'cst pas 
en lui donnant soi-meme 1 exemple de rcmportement, 
qu'on le corrigera; il faut an contraire conserver le 
plus grand calrae, no pas se laisser aller a des cor- 
rections corporelles qui no feraient le plus sou vent 
qu'augmenter son irritation, et ne pas oubliep que 

Patience et longaeur de tein}:8 
Pont plas que force ni que rage. 

Mais, ici encore, aucune regie gen6rale ne sau- 
rait etre donn^e. Cost la mere qui doit 6tudier le 
caractere de son enfant, et essayer avec patience 
tous les moyens de le corriger, en ne s'obstinant 
pas dans Temploi de ceux qui n ont pas reussi. 

Enfin faisons remarquer qu'on ^vitera tres sou- 
vent ces acces de colore, si on a soin de ne jamais 
taquiner les enfants inutilement. 

Bouderie. 

Certains enfants boudent, et refusent mSme ce 
qui leur serait le plus agr^able plutot que de cesser 
leur bouderie. Le seul parti a prendre est de les 
abandouner purement et simplement a leur bou- 
derie, et de nepass'en occuper; ils comprendront, 
en general bicn vite, qu'on pent tres bien se passer 
d'eux, et qu'euxseulssouffrirontdeleurentetement. 

Qu'on se garde de faire la moindre avance directe 



3 2 LE LIVRE DES JEUNES MfiRE9 

ou indirecte pour les sortir de Tisolement oft ils se 
tiennent et les ramencr a la bonne humeur; ce 
qu'ils veulent surtout, c'est qu'on leur cede et qu'on 
s'occupe d'eux. 

Mais lorsqu'ils reviennent vers vous, U faut les 
accueillir avec simplicity et bont6, sans leur faire 
sentir qu'ils ont 6t^ obliges de cap ituler; car, pour 
revenir, ils font un grand sacrifice d'amour-propre 
et de fiert^, et on doit 6viter d'abaisser chez eux 
ces puissants mobiles, qui bien dirig^s donncnt do 
bons r^sultats. Mais Tamour-propre devient un 
grave defaut quand il degenere en vanit6. 

II nous a paru toujours bien inutile de forcer les 
enfants a demander pardon; il suffit de leur faire 
remarquer qu'ils ont mal agi, et do leur donnerle 
regret de leur faute. C'est d'ailleurs le sentiment 
naturel de leur faute qui doit leur inspirer ce regret; 
si ce sentiment manque, le pardon qu'on les aura 
obliges a implorer, ne sera pour eux qu'un men- 
songe et une hypocrisie. 

Flatteri*. 

D'autres enfants encore emploient les caresses, 
ou une sorte de cajolerie qui n'est que de la flat- 
terie, pour obtenir ce qu'ils veulent; les parents se 
laissent prendre a cela facilement. II est si dur de 
refuser quelque chose a un enfant qui vous embrasse! 
Nous croyons cependant qu'il faut savoir resister, 
sans toutefois lui faire sentir qu'on a p6n^tr6 sa 
petite ruse. li ne faut pas qu'il puisse penser qu'on 



EDUCATION MORALE DE L*ENFANT 333 

66 m^fie de la sincerity de ses caresses, mais il faut 

qnUl comprenne que ses caresses doivent etre i 

desinWressees, et qu'elles n'auront jamais pour ! 

resultat de lui faire obtenir une chose qu'on lui 

avait d'abord refusee. 

La premiere quality a inculquer a Tenfant est la 
franchise, et tout ce quipourrait Thabituer a la plus 
petite hypocrisie doH etre impitoyablcment rejet^. 

Pear. 

On doit ^yiter avec le plus grand soin tout ce qui 
pourrait faire naitre I'idee de la peur chez les enfants. 

lis redoutent en g6n6ral beaucoup Tobscuritfi, 
soit parce qu'on ne les j a pas habitues de bonne 
heure, soit parce qu'on leur en a fait peur. Et cepen- 
dant, si, d^s les premiers jours, la mere prenait la 
bonne habitude d'eteindre toute lumiere au moment 
dendormir I'enfant, cette crainte de I'obscurit^ 
n'aurait jamais pris naissance. Plus tard, Tid^e 
d'en 6tre effray6 ne luiviendrait m^mepas; on pour- 
rait le conduire dans une chambre non Sclairee sans 
crainte ni hesitation de sa part, on lui apprendrait 
seulement i y marcher avec precaution. 

Lorsqu'un objet quelconque semble eflFrayer Ten- 
fant, on s'en approche, on le touche soi-mSme, on 
am^ne doucement Tenfant a le toucher aussi. Si c'est 
un animal, on le caresse. Si, au lieu d'un objet, c'est 
un bruit violent, le tonnerre par exemple, on lui 
montre qu'on n'est point 6mu, et on en parle comme 
d'une chose toute naturelle. 

n faut surtout se garder de jamais faire peur aux 

10. 



S34 LR LIYRE DES JEUNES MfiRES 

enfants ; les bonnes et les nourrices sont souvent 
les premieres coupables. U faut bannir absolument 
toutes les histoires de Loup garou et de Croqvemi- 
taine, et ne jamais les menacer d'apparitions surna- 
turelles. Que la mere y prenne garde, et qu'elle 
exerce a ce sujet la surveillance la plus active : si 
son enfant apeur^ nous pourrions presque a coupsur 
lui assurer que sa bonne a Thabitude de lui faire eur. 

Langage des enlauts. 

Sans attacher a la chose plus d^importance qu*ell6 
n'en a r^ellement, nous n'aimons pas qu'on se 
serve, quand on parle aux enfants, de ce petit Ian- 
gage particulier qui consiste a estropiei les mots 
sous pr^texte que les enfants y mettent a leur tour 
de la grUce et de la gentillesse. On arrivera ainsi 
a leur faire contractor des vices de prononciation 
qui seront quelquefois difficiles a corriger par la 
suite: onretardera beaucoup le moment ou ilsdoivent 
parler nettement, et ce qui, au premier abord, 
semblait une gentillesse dans leur bouche, deviant 
bien vite niais et desagr^able lorsqu'ils sont plus 
grands. 

II faut done, a notre avis, toujours parler correc- 
tement et nettement aux petits enfants ; et non 
seulement ne pas estropier les mots pour parler 
comme eux, mais reformer tout de suite les d^fauts 
de prononciation qu'on remarque. L'un des plus 
habituels est le zezaiemmt. Si on n'y prend garda 
de bonne he ure, et si on n'essaie pas des le com* 



Education morale de lenfam 335 

moncement de reformer ce defaut, on a souvent 
bcaucoup do peine a le corriger plus tard. 

Divers conseils pour l*dducation des enfants. 

Les principes qui font Tobjet de ce chapitre, bien 
q-i'ils ne puissent eire absolument precis, pourront 
CO pendant servir de guide pour T^ducation de Ten- 
fiiiit. S'ils offrent des difficult6s dans Fapplication, 
la t&che n'estpas au-dessus de la tendresse d'une 
mere. Avant de conclure, nous croyons devoir 
encore donner quelques conseils qui ont leur utilite. 

Vous habituerez de bonne heure Tenfant a donner, 
et a donner serieusement^ afin qu'il ne soit pas 
^goiste. Quand, par exemple, il partageraavec un 
petit camarade ou m6me avec vous, un fruit, un 
gateau, il faudra accepter comme s'il faisait une 
chose toute simple et toute naturelle, et vous vous 
garderez bien de Ten r6compenser en lui rendant 
ensuite le double de ce qu'il aura donn6. 

La chose a plus d'importance qu'elle n'en a Tair 
au premier abord. Combiende fois n'avons-nous pas 
vu demander a un petit enfant, sous pr^texte de lui 
apprendre a donner , un bonbon ou un joujou, qu'on 
s'empresse ensuite de lui rendre, en Tembrassant, en 
le felicitant de sa g^n^rosite, et memo en lui faisant 
a cette occasion un nouveau cadeau! Croyez-vous 
que I'enfant ainsi 61eve ait donnepour de bon? Faites 
done mine, une bonne fois, de manger le bonbon, 
ou de garder le joujou, et vous verrez le pauvre 
petit vous le redemander en pleurant 1 Laissons 



336 LE LIVRE DES JEUNES M!:RES 

de c6t^ ces jeux inutiles, ne demandons a Tenfant 
que ce qu*il peat donner, sans que le sacrifice lui 
coftte trop, mais habituons-le a donner sans arriere- 
pensee ni calcul intercsse. 

A table (pour peu que vous ayez un convive 
etranger) vous ne vous occuperez des enfants que 
pour les servir et les surveiller, vous n'admettrez 
pas qu'ils demandent, vous les servirez les derniers, 
ct vous ne leur permettrez de se mfiler a la con- 
versation qu'autant qu'on les interrogera. Mais si 
nous trouvons qu'on doit habituer de bonne heure 
les enfants a se bien tenir a table, dds qu*il y a an 
convive etranger, nous n'avons pas besoin de dire 
que la mSme rigueur en se comprendrait plus, quand 
les enfants sent seuls a table avec leurs parents. 
Les moments des repas sent souvent les seuls que 
les parents (le pere surtout) puissent passer avec 
les enfants: ne permettre aux enfants de se meler 
a la conversation qu'apres avoir ^16 interrog6s 
serai t dans ce cas bien dur et de plus, a notre avis, 
tout a fait mauvais. Les enfants ne sont-ils pas la 
plus constante preoccupation des parents ? et com- 
ment voudrait-on qu*ils ne tinssent pas, a table, 
une grande place ? N'est-ce pas, au contraire, Toc- 
casion la meilleure de causer avec eux, d'eveiller 
leur intelligence, de developper leurs boE.j senti- 
ments? Et qu'on ne croie pas que des enfants, 
habitues ainsi a ce qu'on s'occupe d'eux, seront 
par cela seul insupportables le jour ou ils se trou- 
veront en presence de convives Strangers. II est 
tres facile de leur faire comprendre qu'ils doivent 



Education morale de l'enfant 337 

se tenir, quand il y a du monde, autrement que 
lorsqu'ils sont seuls avec leurs parents. 

Les repas devront 6tre pris toujours a la m^me 
heure. Apres celui du soir, Tenfant sera couch6 de 
bonne heure. Un bon moyen d'arriver a le faire 
coucher volontiers c'est de lui lire une histoire gaie, 
interessante. D'ailieurs Tenfant qu'on aura lout de 
suite habitu6 a se coucher tot, — et cela tous les 
jours sans exception — ne fera jamais la moindre 
difficulte pour se mettre au lit. 

Et si nous insistons sur la n^cessitS de coucher 
les enfants de bonne heure, est-il n^cessaire de dire 
qu'il est absolumeut indispensable, pendant toute 
leur premiere enfance, de ne pas les faire sortir le 
soir. Evitez le the&tre. Evitez les diners en ville ; les 
enfants y mangent sou vent plus que d'ordinaire, 
s'endorment ensuite sur leur chaise, g^nent tout le 
monde et sont eux-m^mes gen^s, pleurent quand il 
faut se r^veiller pour partir, prennent facilement 
froid en sortant, et leur sante ne saurait se bien 
trouver de ce derangement. 

Yous ne tol^rerez pas non plus les grimaces, ni 
la manie de contrefaire certaines personnes; le 
mobile de ces gamineries est detestable. 

Vous ne leverez pas, en general, les punitions in- 
flig^es, m^me sous la promesse que Tenfant vous fait 
d'etre sage une autre fois ; il faut qu'il sente au- 
dessus de lui une volonte plus forte que la sienne, 
et qu'il sache bien que ni les. caresses ni les cajo- 
leries ne le dispenseront de la peine cncourue. 

Enfin, onne frappera jamais les enfants ; cemode 



338 LE UVRK DES JEUNES M£RES 

do repression n'a d'autre eflfet que de les rendre 
craintifs, m6chants, mefiants et vindicatifs. Laseule 
punition a infliger, et elle nous a le plus souvent 
r^ussi, consiste a les priver provisoirement d'un 
joujouou d'un dessert. Lesmettre aupain et a I'eaUj 
les enfermer dans le cabinet noir, sent des moyens 
d6plorables, et nous insistons beaucoup pour qu'on 
ne se serve jamais de ces sortes de punition. 

L'enfant, ^lev^ comme nous le conseillons, s'ha- 
bitue bien vite au regime qu'on lui impose ; toutes 
les habitudes qu'on lui donne, quand il les a con- 
tractees dis le jeune Age, lui semblent naturelles, 
ot il ne soup^onne m6me pas que leschoses puissent 
se passer autrement. 

Nous rdsumerons d'une maniere g6nerale les 
conseils que nous venons de donner en disant que 
cette Education morale de I'enfant exige de la part 
des parents une grande fermet6 unie a beaucoup de 
patience et de bonte. II faut avoir pour lui la 
raison qui lui manque encore, menager sa grande 
impressionnabilite et comprendre son incessante 
mobility. II faut t&cher de redevenir jeune avec sa 
jeunesse, le traitor avec douceur pour se faire aimer 
de lui, et en m^me temps savoir lui inspirer le sen- 
timent du respect qu'il vous doit, pour qu'il vous 
obeisse sans contrainte. 

II ne nous reste plus qu'a donner quelques ren- 
seignements d'un interet g6n6ral, sur tout ce qui 
regarde la protection de Tenfance : ce sera Tobjet 
de notre dernier chapitre. 



CHAPITRE XII 



LA PROTECTION DE L'ENFANCB 

I. — Les cr&ghbs 
But et utility des ordohes. 

A c6t^ des meres assez heureuses pour pouvoir 
se consacrer tout entieres a leurs enfants, il existe 
encore un trop grand nombre de manages pauvres 
ou la mere, oblig6e de travailler au dehors pour 
suffire aux besoins de la famille, doit confier la garde 
de ses enfants a des personnes 6trangeres, moyen- 
nant un salaire fix6. Ces enfants, jusqu'a Vkge de 
deux ans, sont plac6s sous la protection de la loi dtt 
23 d^cembre 1874, dont nous reproduisons ci-dessQus 

les articles les plus importants* ; pour les enfatnts 

. — ? " '■ 

1. La loi du 23 d^cembre 1874 est si importante, elle merite ^ tant 
d*6gards d'etre connue partout, que nous n'hesitons pas k mettre 
sous les yeux de nos lectrices, malgr^ I'aridit^ apparente de ce 
teite, ses dispositions principales, amsi que les articles principaux 
du reglement d'administration publique relatif k son execution. 

Loi da 23 d6oembre 1874. 

Art. i**. Tont enfant, igd de moins de denz ans, qai est plac6, moytn- 
Bant salaire, en noarrice, en sevrage on en garde, hers da domicile de set 
parents, devient, par ce fait, Tobjet d*ane surveillance de Taatoriti publiqne, 
tyant pour b&t de protSger sa Tie et sa santS. 

Art. 6. — Sont soumis & la surTelUance institute par la prisente loi : 
toate personne ayant an nourrisson. ou un ou plasieors enfants en sevrafi 




340 LE UVRE DES JEUNES MfiRES 

&ges de plus de deux ans, les gardeuses doivent 
avoir obtenu de radministration pr^fectorale, apres 
enqu^te, une autorisation speciale et sont Tobjet de 
la surveillance d'employ6s de cette administration. 
Mais il arrive que souvent le menage est mSme 
trop pauvre pour pouvoir payer la gardeuse, et 
ors la mere laisse son nourrisson ^ la garde 
_ autre enfant un peu plus Sg6. Cf '^® ""'*' v^.^^;. 
gravSs^conv6nients, et les accident?^ '^ nouvelle. 
de Tinex^^gj^ce do ces petits gardt "'!^m"nial- 
heureusemenfrls^p frequents. 



ou fu garde, places cl^z elle moyennant salaire; les bureaux de placement 
et tous les intermtfiaires qni s'emploieDt aa placement des enfants en 
uonrrice, en sevrage^ en garde. 

Le refus de rece.vo^u visite da m6decin inspectenr, da maire de U 
-^mmnni^, on de toutet aatres personnes del^guees en Tertn de U pr^ent« 
INOUw* d'une amrnle de cinq i quiiize fr.incs. 

'1 ;ffment dsmin i cinq jours pent &tre prononci si le refus 
COnseilS qUu ^^^^^^ d'injures ou de violences. 

cette Education mOiJl''' P»*« ""^ ^^o'*"** •i* nonrrice. en sevra^ 
^v/vvv/ v/v. ^^^ ^g^ tenne, sons les peines portees par 

^ deS parents une gr amende de tA i SOO francs et emprisonnemen t 

^ . , -t v.- faire la declaration i la nuiirie de la com- 

''^patience et de^^iratioa de nalssance de renfant, on & la mairie 

W^'o r^ ntii Ini rw^eclarant, en indiquant, dans ce cas, le lien de 

"lljSOn qui lUl uiiK.^Q remettre i la nourrice on & la. gardeuse on 

^eSSionnabiliTC^ ^^ ^'^^^ ^^ naissance de I'enfant qni Ini est 

\a i^Hj.^. II fautune qni yeut se procurer nn nonrrisson, on nn on 

bn^^^\ 1. x.«evrage ou en garde, est tenne dese mnnir pr&ilable- 

^^^ ^^>SU,,^Xieiig^s par les riglements pour indiquer son itat ciTil 

'^ J son aptitnde & nonrrir ou i receyoir des enfants en soTrage 

. '^urde. 

'..^ute personne qui vent se placer comme nonrrice snr lieu, est tenne de 

munir d'un certiflcat du maire de sa residence, indiquant si son dernier 

enfant est viyant, et constatant qu'il est igi de sept mois r^volus, on s'il 

n'a pas attaint cet ige qu'il est allaiti par une autre femme remplissant Ics 

conditions qni seront determinies par le r&glement d'admioistration publi- 

^ le prescrit par I'article ii de la pr^sente loi; 

Toute declaration ou inonciation reconnne fausse dans lesdits certificats, 
:ntraine rappUcatioa au certificatcur des peines portees an paragraphe \*' 
de Tanide 455 du Code penal. 
AaT. 9. — Toute v^rsonne qui a re^n cbei elle, moyennant salaire, on 



LA PROTECTION DE L'ENFANXE U\ 

En 1845, M. Marbeau songea le premier a ras- 
sembler, dans une creche, les enfants d'ouvriers du 
quartier de Chaillot, pour les faire garder pendant 
que leurs parents etaient au travail, en leur procu- 
rant, moyennant une retribution minirae, tous les 
soins indispensables a leur jeune fige. On verra plus 
loin comment ces 6tablissemeitts utiles se sont d6- 

et on pent S^'^ pas seulement pour but de surveiller 
les eiirfi*/^ '^^ ' ant les heures de travail des meres, 
elle a aussi pour effet de faciliter Tallaitement 



Qonrrisson on tin enfant en sevrage oo en garde, est tenne, sous les peines 
port^s k Tarticle 346 da Code p6nal (amende de 16 i 300 francs et empri- 
sonnement de 6 jours i 6 mois) : 

1* D'en faire la declaration k la maftie de la commune de son domicile, 
dans les trois jours de TarrivSe de I'enfant, et de remettre le bulletin. men-'- 
tionn6 a Tarticie 7. x'S pour 

2* De faire, en eas de cliangement de r^idenee. It m&me-^ , . 

mairie de sa nouvelle residence. ...-cTOlllier la garde 

3« De declarer dans le meme d61ai, le retrain rl_,^ movpn- 

ou la remise de cet enfant k nne autre persoL^*'^**"©^^^^? mujreu- 
eette remise ait lieu ^ JUSQU'SL YkSB de 

*• En cas de decfts de Tenfant, de declarer ceu! •'.. ^ , , Y . - 

keures. '^lou de la loi d' 

R^Iement d'administratlon p^^isonS ci-deSSO 

Aet. V — La surveillance Institu6e par la If^^^'* ^^^ Oni?^ ^^ 

faTenr des enfants an-dessous de deux ans places;"!-^ en 

nonrrice, en sevrage on en garde, liors da domicile u^-^-^lLgMm^rxte i cs^ 
exercee, sous I'autorite du Pr^fet, assists du Gomiti departiS* >. j! des 
'ommissioBs locales, par les maires, par des m6decins inspectii par 

I inspecteur des enfants assistes du d^partement. 

Aht. 7. — Si la commission juge que la vie on la santi d'un enfant bi 
compromise, elle peul. rpr^s avoir mis en demeure les parents et pris Tavis 
da medecin inspecteur, retirer Teufant k la nonrrice, sevreuse on gardeuse, 
et le placer proviso! rement chez une autre personne. Elle doit, dans les 
vingt-gnatre heures, rendre compte de sa decision au Prefet et pr^venir de ^ 
Douveau les parents. ^ 

En cas de peril imminent, le president de la commission prend d'nrgence 
et provis.^irement les mesures n^cessaires: 11 dolt, dans les vingt-quatre"^ 
btores. infurmer de sa decision la commission locale, le medecin inspecteur 
et le Prefet, et avertir le« parents. 



342 LE LIVRE DES JEUNES M£RES 

maternel, en pennettant aux meres de conserver 
leur enfant au lieu de Tenvoyer au loin en nourrice. 

Sans la creche, la mere trop pauvre pour payer 
une gardeuse a la journ^e serait forcee de se 
s6parer tout a fait de son enfant, pendant un an au 
moins, pour le confier a une nourrice, et nous avons 
deja dit combien 6tait encore eflfrayante la mortalite 
des enfants en nourrice, bien que ce^ mortalite 
ait diminue depuis Tapplication de la lainouvelle. 

L'6tablissement des creches rend done des ser- 



Dans les commnnes *^ti il n'a pas kiA institud de eommission locale, le 
uaire exerce les pouvoirs conferes i ces commissions par le present article- 

Art. 8. — La commission signale an Prifet, dans nn rapport annael, les 
noorrices qui meritcraient nne mention sp6ciale, & raison des bons soins 
qa'e'les donnentaux enfanls qui leur sunt coufies 

Art. 10. — Le m6decin inspecteur*doit se transporter an domicile de la 
nourrice, seyreuse on gardense, poor y voir Tenfint, dans la hoitaine dn 
jour ou il est pr^venu par le maire de I'arriySe de I'cnfant dans la com- 
mune. 

It <ioit ensnite yisiter I'enfant an moins une fois par mois et i toate 
requisition da maire. 

Art. It. — Aprte chaqae fisite, le m^decin inspecteur vise le caroet 
delJTre a la noorrice, sevrense on gardense, en execution de Tarticle 30 ci- 
apr^s, et il j inserit ses obseryatioas; il transmet an maire un bulletin 
indiqnant la date et les resultats de sa yisite. Ge bulletin est commnuique 
i la commission locale. 

En cas de decis de I'enfant, il mentionne sur le bulteliu la dale et les 
causes du d6c&s. 

Art. t3. — Si le mcdecin reconnait, soit chcz la nonrrice, soit cbez I'ea- 
fant, les sympt6mes d*uae maladie contagieuse, il constate F^tat de I'eiifant 
et celui de ia nourrice, et il peut faire cesser Tallaitement nature!. 

Dans ce cas, ainsi que lorsqu'il constate une grosses>e, il ioforme le 
mairo, qui doitaviser les parents, sans prejudice, s*il y a lien, des mesures 
autorisees par I'arlicle 7. 

Art. 14. — D5s que le maire apprend qn'un enfant placS en nourrice ou en 
garde dans la commune est malade et manque de soins mSdicanz, il prSvient 
le mcdecin inr.pecteur de la circotiscription, et si celni-ci est emp&che, il 
reqiiiert le mcdecin le moins £loign6 de la residence de I'enfant. Ce dernier 
doit, si I'enfant succombe, mentionner les causes du d6cte dans un bulletin 
special, ainsi qu'il est prescrit i Tarticle 11 pour le m6decin inspecteur. 

Akt. 25. — II est intcrdit h tonte nourrice d'allaiter un autre enfant que 
son nourrisson, k moins d'uoe antorisation sp^ciale et icrite donnee par le 
mHecin inspecteur, ou, s'il n'existe par de mcdecin inspecteur dans le 
cantoii, par un docteur en m6i](^cine ou un ofQcier d« s?nle. 



LA PROTECTION DE L'ENFANCE 343 

vices tres pr^cieux, en sauvegardant la vie des 
enfants, leur bonne Education premiere, Tamour 
de la famille, tout en facilitant aux meres la possibilit6 
de continuer leur travail. II serait desirable de voir 
des creches 6tablies dans tons les centres industriels 
et manufacturiers. L'oBuvre, d'ailleurs, est en voie 
de progres : il existe actuellement 160 creches en 
France, d^pensant annuellement 600,000 francs, 
et on pent 6valuer a plus d'un million chaque ann^e 
le nombre de joum^es de presence des enfants dans 
les creches. 



Art. 26. — Nalle sevrense ou gardeuse ne peut se charger de plus de 
deox enfants i la fois, & moins d'nne autorisation sp6ciale et ^crite donn6e 
par la commission locale, et k d^faat de commission locale, par le maire. 

Art. 27. — Toate femme qai yeut prendre chez elle un enfant en nour- 
nce doit prSalabiement obtenir an certiflcat du maire de sa commune et un 
certiflcat m6dical. Elle doit, en outre, se monir du carnet speclfle k 
reticle 30. 

Art. t9- — Le certiflcat medical estdeliyr^ par le mMecin inspecteur, ou, i 
defaut de midecin inspeetear habitant la commune oii reside la nourrice, 
pv an docteur en m6de:ine oa par an officier de santi; il peut ^galement 
itre delivrd dans la commune oti la noarrice vient prendre I'enfaut ; il est 
dOment Ugalisi et visS par le maire ; il doit attestor r 

1* Que la noarrice remplit les conditions desirables poor Clever un 
Qoarrisson ; 

t* Qu'elle n*a ni infirmity, ni maladie contagieuse; qa'elle est Taccin^e. 

Art. 30. — Le carnet est d61ivr6 gratuitement i Paris, par le Prdfct de 
police; i Lyon, par le PrSfet da Rh6ae; dans les autres communes, par 
ie maire. 

La noorrice peut I'obtenir soit dans la commane oii elle reside, soit dans 
telle oi!i elle yieut chercher an enfant; dans ce dernier cas, elle doit pro- 
daire le certiflcat do maire de sa commune. 

Elle doit se pouryoir d'an carnet noaveaa chaque fois qu'elle prend an 
nouveaa noorrisson. 

Art. 32. ~ Si I'enfant n*a pas M yaccin^, la noarrice doit le faire 
vacciner dans les trois mois di\ jour oCi il lui a iU confi6. 

Art. 33. — La noarrice, seyrease ou gardeuse ne pent, sous ancun pr^ 
texte, se dicharger, mime temporairement, du soin d'^lover I'enfant qui lui 
I ite confie. eu le remettant i une autre nourrice, sevreuse ou gardeuse, i 
moins d'nne autorisation icrite donnie par les parents ou par le maire, 
aprfes ay is du medecin inspeetear. 

Abt. 3i. — La noarrice, seyrease ou gardeuse, qui yeut rendre I'enfant 
coofii i ses soins ayant qu'M lui ait i\A riclau6, doit en privenir le maire. 



IA\ LE LIVRE D S JEUNES MOIRES 

En dehors de ces fondations, il existe encore nn 
certain nombre de creches institutes par des chefs 
d'mdustrie, a Limoges, a Guise (Aisne), au Cateau 
(Nord), a Noisiel (Seine-et-Marae), a Choisy-le-Roi, 
etc., qui regoivent gratuitement les enfants des 
ouvriers employes dans les usines ou manufactures 
de leurs fondateurs. 

Enfin, la Socitfi des creches, 27, rue de Londres, 
a Paris, est une oeuvre de charity qui vient en aide 
aux creches d6ja ouvertes ; elle leur donne des 
secours en argent et, depuis sa fondation, qui date 
de 1846, elle a distribue plus de 280,000 francs. 

La creation d'une creche n'exige pas, d'ailleurs, 
une depense bien considerable ; son utility pent Stre 
sigrande, que nous croyons devoir donner tous les 
rcnseignements necessaires sur la fondation et le 
fonctionnement des creches. 



Coxnxnent on fonde une or^ohe. 

Toute personne peut fonder une creche, mais ces 
fondations se font le plus souvent par association, 
et c'est aux femmes qu'il appartient de prendre 
cette initiative. Des que Tid^e est arr^t^e, il faut 
s'assurer de Tassentiment de la municipality, sans 
lequel on ne peut agir. Cela fait, on examine quelles 
sont les ressources dont on pourra disposer, on ela- 
bore des statuts qu'on discute ensuite dans une 
reunion preparatoire, et on proce'^*^ a la nomination 
d'un conseil d'administration. 



LA PROTECTION DE L'ENFANCE 345 

Les statuts doivent fixer : 

lo La composition de la Soci^t^ et la cotisatlon; 

2° La composition et les attributions du conseil d'administration, 
le mode de nomination et de succession aux diverses fonctions; 

30 Lc mode de nomination du personnel de T^tabiissement ; 

40 Les conditions auxquelles les enfants seront admis; 

50 Le chilTre de la retribution des m^res; 

6° Les conditions dans lesquelles les statuts et le rdglement 
inlerieur pourront Hre modifi^^; 

70 Les jours de reunion du conseil d'administration, les epoques 
des assembles g^n^rales et la forme des rapports annucis. 

On soumet ensuite projet de statuts et proces- 
verbal de cette premiere reunion a Tapprobation du 
pr^fet. Cette approbation obtenue, la Society est au- 
lorisee a fonctionner. 

Les ressources d'une creche consistent en : 

Cotisations annaelles; — Subventions de la commune; — Sub- 
ventions du departement; — Subventions de I'Ctat; — Dons en 
argent; — Legs divers; — Rente des legs; — Retribution des 
meres; — Dons en nature. 

Dans la fixation du budget de chaque annee, 11 va 
sans dire que les ressources seront toujours Svalu^es 
au minimum. 



Emplaoement et local d*ane ordohe. 

Le choix de Femplacement a une grande importance, 
n faut que la creche soit ^tablie dans un lieu bien 
sain, a proximit6 du centre de la population et du tra- 
vail des parents, afin que ceux-ci ne per dent pas trop 
de temps pour y conduire et aller j chercher les 
enfants. 

Si le local est donn^ par la cammune, 11 faudra 



346 LE LIYRE DES JEUNES M£RES 

demander au conseil municipal rautorisation d'y 
faire tous les am^nagements utiles ; si on est force 
de louer, il faudra tenir grand compte dans le choix 
du local des conditions de salubrite et de proximity ; 
si on fait batir, c'est a Tarchitecte de distribuer 
Thabitation de la maniere la dIus convenable. 

Une creche doit comprendre : une entree servant 
de vestiaire : une salle desberceaux, s6par6e par une 
balustrade ou une cloison d'une seconde salle des- 
tin^e aux enfants qui commencent a marcher ; un 
promenoir ou galerie couverte, une lingerie, une 
cuisine, un logementpour la surveillante de la creche, 
une salle pour les femmes de service, un cabinet 
d'aisances, un cabinet de toilette pour les enfants, 
un sechoir pour le linge, et enfin, si c'est possiblOj 
un pr^au ou jardin. 

Mais d'abord, il ne faut pas perdre de vue que la 
creche devant 6tre accessible a tous il est neces- 
saire, avant de faire choix du local, de s'assurer 
du nombre d'enfants que r6tablissement pourra 6tre 
appel6 a recevoir, afin de ne pas fitre oblig^ de re- 
fuser des enfants faute de place. 

Le reglement du 30 juin 1862 exige une capacity 
de huit metres cubes d'air par enfant. 

Le mobilier d'une creche comprend un nombre 
determine de berceaux avec leur double garniture, 
quelques chaises, plusieurs petits bancs a trois 
ou cinq staUes, pour les enfants de 1 d 3 ans, un 
calorifere ou pofele entoure d'une grille, un ther- 
mometre, une pendule ou un coucou, une promenade 
circulaire, espece de plancher avec balustrades 



LA PROTECTION DE L'ENFANCE 347 

et mains courantes entre lesquelles les enfants 
essaient leurs premiers pas, ctouils viennents'asseoir, 
jouer et manger. Quelques tableaux repr6sentant 
des aiiimaux et tous objets qui attirent rattention 
des enfants orneront la salle. Les personnes chari- 
tables offriront les joujoux : ici Timtiative de chacun 
ale champ libre pour rendre plus attrayant le 
sejour de la creche. 

An vestiaire , il suffit d'installer quelques 
porte-manteaux num^rot^s, pour accrocher les 
vetements des enfants, et en-dessous le easier au 
linge et aux provisions de chacun d'eux. 

La lingerie s'organisera peu a peu, selon les res- 
sources, les meres 6tant tenues d'apporter chaque 
jourle linge n^cessaire pour changer les enfants. On 

y mettra un coffre au linge sale et des armoires pour 

lo linge blanc. 
Un fourn^au, une table, quelques ustensiles de 

manage sont n6cessaires dans la cuisine ; il faudra 

aussi quelques cruchons en gres qui serviront Thiver 

a rechauffer les lits des enfants. 
Dans le logement de la directrice ou dans la salle 

de service seront d^pos^s les livres de presence, les 

livres de comptes, le camet de visites du m6decin; 

les medicaments qu'on aurait a conserver seront 

mis dans une armoire ferm6e a clef. 
Dans le cabinet de toilette, on placera un bassin 

en zinc, une petite baignoire, les cuvettes, les 

Sponges de toilette. 
La creche 6tant etablie et pr^te a recevoir les 

enfants, on avisera le pr^fet, qui fera constater si 



848 LE LIVRE DES iEUNES MERES 

elle r^unit les conditions de salubrite prcscrites, 
puis Touverture en sera auloris^e par arrets. Cat 
arr^t^ d^terminera le nombred^enfants qui pourront 
y 4tre r^unis. 

PvrsonneL 

Le personnel d'une criche comprend la gouver- 
nante et un certain nombre de femmes de service 
sous ses ordres. La gouvernante doit avoir au moins 
vingt et un ans accomplis, et justifier d'un certificat 
d'aptitude sign6 par deux dames notables de la com- 
mune et vis6 par le maire. 

Une personne ne pent donner de soins assidus qu'a 
six enfants au-dessous de dix-huit mois, ou a douze 
enfants de dix-huit mois a trois ans. La gouvernante 
veille a Tobservation du r^glement, donne ses ordres, 
fait executerles prescriptions du m6decin, regoit les 
visites et les reclamations des parents. 

Le salaire du personnel est fix6 d'avance, et il 
n'est rien dd par les parents aux femmes de ser- 
vice. 

!■• in6deoin. 

Le r^glement administratif dit que la creche sera 
visit6e chaque jour par un m^decin, qui visera les 
admissions autorisees par Tune dcs dames du con- 
seil d'administration, consignera sur un carnet spe- 
cial toutes ses observations, et le traitement qu'il 
y aurait lieu de prescrire dans les cas d'indisposition 
l^g^re. Les enfants malades, ne pouvant 6tre sol- 



LA PROTECTION Dh L EXFANCE 3^9 

gnes a la creche, seront rendus a leurs parents, et 
on ne les admettra de nouveau que sur Tavis du 
m^decin. 

La gouvernante et les femmes de service ex6cu- 
teront strictement les instructions du m^decin. 

Service de la creche et r^glexnent intdrieur. 

Le regleraent int^rieur fixe les heures d'ouver- 
ture et de fermeture de la creche ; le personnel de- 
vra y 6tre rendu une demi-heure au moins avant 
Tarrivee des enfants pour nettoyer partout, a6rer la 
salle, allumer le calorifere en hiver. L'a6ration, dans 
la journee, se fera au moyen de ventilateurs places 
presque a hauteur du plafond. 

La temperature ordinaire sera de 13 a 14 degr^s 
centigrades ; on la diminuera un peu au moment de 
la sortie, afin que Thiver la transition nesoit pas trop 
brusque pour les enfants. 

Les parquets seront lav6s souvent; les murs, 
blanchis a la chaux ou points a Thuile, seront epous- 
set6s chaque jour. 

Les crois^es, qui doivent 6tre grandes et larges, 
afin que Fair et la lumiere p^netrent bien, seront 
ouvertes, ainsi que les portes, en Fabsence des en- 
fants, et ferm^es avant la rentr^e ; on evitera les cou- 
rants d'air. Des stores ou des persiennes seront 
utiles r6t6. On exposera a Fair et au soleil tons les 
objets de literie, toutes les fois que le temps le per- 
mcttra ; les linges salis seront enlev^s aussitot ; le 
linge mouilie ira au s^choir; il n'y aura pas de fleurs 

90 



350 LE UVRE DES JEUNES &f£RES 

d rint^rieur; on ne fermera pas entierement les 
rideaux desberceaux; les biberons seront nettoyes 
completement a la brosse, chaqae fois qu'on en aura 
fait usage; on les laissera, entre temps, dans Teaa 
fraiche, toutes pieces d^mont^es. Les enfants seront 
lav6s plusieurs fois par jour at peign^s una fois. 
On habituera les enfants a donnir sans Stre berets; 
on ne laissera rien de nuisible a leur port6e; on 
^vitera de les effrayer ; on ne les frappera jamais. 
En cas d'indisposition de Tun d'eux, le m^decin sera 
aussit6t pr^venu. 

Le regime alimentaire de chacun des enfants sera 
r^.gl^ par le m^decin; il suffira, d'ailleurs, de se 
conformer aux pr6ceptes que nous avons donnas. 

Les conditions d'admission sont : que la mSre ait 
besoin pour vivre de travailler hors de son domi- 
cile, et qu'elle se conduise bien ; que Tenfant ait au 
moins quinze jours et moins de trois ans ; qu'il ait 
616 vaccina ou qu'il le soit dans le plus bref d6lai ; 
qu'ilne soit pas malade. 

La mere devra apporter, chaque jour, son 
<3nfant en parfait etat de proprete; elle fournira 
le linge n6cessaire pour la journ6e, viendra Tal- 
laiter au moins deux fois par jour ; quand il sera 
plus grand, elle mettra sa nourriture quotidienne 
dans son petit panier ; enfin, elle paiera la retri- 
bution fix^e pour chaque joum6e de presence. 

L'acte de naissance de Fenfant, le certiflcat de 
vaccine et Ls bulletin d'admission sont d6pos6s a la 
creche. 



LA PROTECTION DE LENFANCE 351 

Le s^jour k la or^che. 

Toutes les qualites, tous les sentiments d'une 
mere sent indispensables a la gouvernante d'une 
creche : il faut qu'elle soit bonne, douce et patiente 
avec les enfants pour s'en faire aimer, intelligente 
afin de donner a chacun les soins nScessaires, et 
fenne afln qu'elle sache se faire ob^ir. II est bon 
que la gouvernante ait un caract^re gai, qu'elle 
s'ing^nie a amuser les enfants et a tenir toujours 
en 6veil leurs petites imaginations. 

Les jeunes nourrissons non sevrSs n'ont besoin 
que de t^ter, de boire, de dormir, d'etre tonus pro- 
pres, et d'etre promen6s quand le temps le permet. 

Ceux qui commencent a marcher doivent 6tre 
surveilles tr^s attentivement, pour 6viter les acci- 
dents; pour eux, la petite promenade circulaire sera 
d'un grand secours. C'est la qu'on leur distribue la 
soupe et les tartines. Entre temps, ils ^content 
les petits oiseaux qui chantent, le coq qui se 
montre quand Theure sonne au coucou; ils regar- 
dent accroch^s aux murs les tableaux de chieas, 
chats, oiseaux, dont la creche aura pu ^tre omee, 
et nos beb6s apprendront d^ja a les connaitre et a 
dire leurs noms. 

Aux plus grands qui marchent seuls, on reserve 
I'espace libre autour de la promenade. Cost pour 
eux que sont faites les petites stalles a plu^ieurs 
places dans lesquelles ils viendront s'asseoir pour 
attendre la distribution de la soupe et des tar- 



351 LE LIVRE DES JELiNEb AlElth^ 

tinea , ou entendre raconter, lorsque le temps 
est mauvms et la promenade au dehois impos- 




"ible I lii-itoire de Coinpoe le loup et Commere 
la agogneon tout autre conte Enfin, -si la creche 



LA PROTECTION DE L'ENFANCB 35S 

pouvait avoir un petit ihiAtre Guignol ou une 
lanterne magique ^l^mentaire (et il ne faut pas de 
grands frais d'imagination pour s'en servir), on 
aurait la une pr^cieuse ressource pour amuser las 
enfants. 

On apprendra aux enfants a ^tre propres, a 
demander a satisfaire leurs petits besoins; c'est 
one habitude que les enfants prennent bien vite. 
On veillera aussi k ce qu'ils mangent proprement, 
a ce qu'ils ne frappent pas leurs petits cama- 
rades, a ce qu'ils ne prennent par les joujoux des 
autres. Aux plus sages, on donnera la botte de 
soldats, le lapin qui bat le tambour; et les heures 
passeront agr^ables pour ces pauvres petits, qui 
trouveront au moins, a la creche, quelques-unes des 
distractions que leurs parents n^ont pas le bonheur 
de pouvoir leur donner eux-mSmes. 

CSomptabiUtd. 

La comptabilit^ d'une crdche est des plus simples 
a tenir, elle comprend seulement rinscription des 
recettes et des d^penses. 

II faut i la directrice de la crdche : 

to xjo petit carnet poor rinscription des menues d^penses qu>Ilo 
sera autoris^e k faire, carnet qui sera reley6 toutes les semaincs 
par la tr^sori^re et r^gl^ par elle; 

20 Un registre d'admission, diTis6 par colonnes, et donnant les 
renieignements suiyants : nam^ d'ordre, nom et pr^noms de 
Tenfant, date de sa naissance, son ^tat sanltaire k Tarriv^e, s il 
est Taccin^ ou non, professions et domicile du p^re et de la m^re, 
dates de Tadmission et de la sortie, causes de la sortie; 

30 Un registre de presence, atec one colonne poor chaque jour 
da moif. II est tr&i important que la pr^sidente et la tr^soricr* 

20. 



351 LB LIVRE DBS JEUNES MBRES 

veillent k oe que ce li\rre de presence soit exactement tena, parce 
qu'il 8er?ira dans les comptes rendus defin d'ann^ k fixer leprix 
de la jonro6e de s^jour, k comparer ce prix avec celui des ann^es 
pr^c^eotes, k chercher les causes d'aagmentation de d^penses, k 
fixer les provisions pour le budget de I'ann^ soiTante, etc., etc. 
II sert aossi k faire le compte des jonrn^ k payer par la m^ 
toates les semaines ou toutes les quinzaines 

40 Le carnet dn mOdecin ; 

5« Le llvre dlnspection, sur lequel les dames patronnesses consi- 
gneront leurs observations ; 

60 l^e livre d'observations des m^res de famille et des nsi- 
icurs ; 

?o Le livre d'inyentaire do mcbilier, da materiel et de la lio. 
gerle. 

La tr^soridre doit avoir : 

1° Un carnet k souche, pour la d41ivrnnce des bona d'achats; 

%^ Un liyre de caisse ; 

3° Un livre d'inscription des recettes et dOpenses, diWsd par 
colonneSi et pr6sentant, par mois, d'un cdtO toutes les recettes, 
de I'autre toutes les dOpenses. II sera dispose comme rindique le 
module ci-apr^, afin que les recettes et les dOpenses soient aassitoi 
appliquOes aox comptes spOciaox qui les concement. 

A la fin de TannSe, on r^capitulera sur une m^me 
feuilles en conservant le classement par comptes 
spiciaux^ les recettes et les d^penses de chaquemois, 
et on aura ainsi sous, les yeux le compte bien 
d^taill^ de toutes les operations de Texercice, en 
mfime temps qu'on trouvera dans ce compte les ele- 
ments du rapport annuel a adresser au ministre de 
rint6rieur. Dans ces conditions, la mise k jour des 
ecritures d'une creche ne demandera que quelques 
instants chaque semaine, mais il est important de 
; faire r6gulierement ce petit travail et de verifier 
la situation de la caisse de temps en temps. 



J 



LA PROTECTION DE L'ENFANCE 



355 





a 





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8 

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XQTlObL :^ 




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IJUHIIITHX 




saouvjnss^ 
'saoiinqiJiuoo ;^ 




_ u 

1 




1 = 





366 LE LIVRE DES JEUNES UERES 



Les oraches approuv^es. 

n est utile qu*une creche qui fonctionne depuls 
plusieurs ann6es sollicite rapprobationminist^rielle, 
puisqu'un chapitre du budget met chaque ann^e a 
la disposition du ministre de Tint^rieur une certaine 
somme destinee a venir en aide a ces associations 
charitables, lorsqu^elles ont 6t^ approuvSes.. 

Pour obtenir cette approbation, ilfaut adresserau 
ministre de rint6rieur, par Tinterm^diaire du pr^fet, 
une demande accompagn^e des pieces suivantes : 

1^ Uo aris dnoonseil municipal; 

29 Deux copies du rdglement de la creche; 

30 Les comptes rendus des deux derniers exercices ; 
4«> Le budget de Tann^e courante; 

50 Une notice Indiquant les dimensions des salles, le nombre 
d'enfants qui fr^queoteot habitueliement la cr^he, etc. 

Les creches approuv6es adressent au pr^fet, 
chaque ann^e, et le 31 mars au plus tard: 

fo Le compte des recettes et d^penses de Texercice pr^^ent, 
20 Le compte moral de I'oeun^ pour la mtoe p^riocle de temps. 

L'6tatdes recettes et d^penses doit 6tre 6tabli 
par comptes spectaux^ comme nous Tavons dit plus 
haut. II suffira d'ailleurs de demander au ministere 
de Vinterieur un module pour T^tablissement de 
ce compte, ainsi que T^nonc^ des renseignements 
a fournir dans le compte moral. 

L'examen de ces comptes permet au ministere de 
rint^rieur de statuer sur les demandes de subvea- 
tion qui pourraient lui Hve adress^es. 



LA PROTECTION DE L'ENFANCE 



357 



tTAT G£n£RAL DES CR&GHES EXISTANT EN FRANCE 



DBPARTBMBNTB 



▼ILLS 






Seine 






Allier 

Alpes-Marilimes . 

Ardeche 

Ardennes .... 

Aude 

Bouches-du-Rh^ae] 



Calvados. 



Charenle .... 
ClMreBte-lDMri|in . . 
C6les-du-Nord. . 

Doiibs 

Eure 

Finistere 

Garonne (Haale-). 

Gironde 

Il6raulL 

Jnd re-el-Loire • .| 



Paris 

Boulogne-sur-Seine. 
Bourg-la-lleine. . . 

Cachan 

Clamart 

Clichy 

Colombes 

Courbevoie . . . . 
Levaliois-Perret . . 
Nanlerre .... 

Neuilly 

Vanves 

Vincennes 

Montlu^on 

Nice 

Largenli^re > . . 
Bourg-Saint -And^ol 

Givet 

Narbonne 

Carcassonne. . . . 
Peyriac-Minervois . 

Marseille 

Aix 

Aries ....... 

Tarascon 

Caen 

Lisieux 

Pont-ri^v6que . . . 
Angoul6me .... 

Kochefort 

Sainl-Brieuc. . 

Besan^on 

Louviers 

Brest 

Morlaix 

Toulouse 

Bordeaux 

Ar6s 

Begles 

MonlpelUer .... 

Beziers 

Clermont-rH^rault. 

Lod6ve 

Tours 

Amboise 



M 

CO 



IS 



DBPBN8B 

en 
1880 



3 

i 



us. 980' 98 

» 

1.622 60 
4.567 10 

1 895 > 
3.302 60 
2.071 60 
4.194 36 
4.033 20 
1.892 15 
6. 412 40 
2.046 40 
6.271 95 
1.500 > 

» 

1*566 60 

4.198 > 
8.300 > 
1.355 » 
14.304 70 
4.245 > 

2 383 45 
2 120 » 
3.168 07 
2.419 80 

2 502 85 

19. 940 35 

2.777 82 
> 

3 889 30 
4.339 05 
4.540 00 

» 

26.541 

1 577 

2.361 

1.885 

2.500 

1.010 

1.670 
11.227 79 

1 606 > 



45 

80 

» 

» 
» 



N0MBR8 

de 
journ^es 

de 
presence 

des 
enfanls 



188 120 

> 

3 626 
3-082 
2 557 
7.235 
1.680 
8. 763 
5-754 
2.463 
7-348 
3-756 
6 408 
5-520 

• 

5.760 

V 
9 

14.882 
9 210 

4 -855 

» 

15.407 
12.400 
12.665 

4 093 
7.540 
4.008 

» 

5-135 



6.73i 
9-714 

9 

34-807 

4.270 

6 080 

11-200 

21.000 

15000 

6.000 

9.135 

12.491 



I , 



358 



LE LITRE DES JEUNES MfiRES 



DiPARTtSnilTi 



Loire-Iaf6rieare . 

Loiret 

Maine-et-Loire . . 

Manche 

Marne 

Hayenne 

Heurthe^-Moselle 

Morbihan .... 

Nord 

Oist 

Orne 

Pas-dd-Galais . . 

Puy-de-D6me. . . 

Rhone 

Sarlhe 

Seine-et-Marne. . 



TILUI 



Scine-et-Oiso. . . 



Seine-Inf^rieure . 

Tarn 

Var 

Vauduse 

Yienne (Haute-) . 
vosges 



Nantes 

OrUans 

Angers 

Saint-James . . . . 
Sainte-Henehould. . 
Ch&leau-<>ontier . . 

Nancy. 

Toul 

Lorienl ...... 

LiUe 

Roubaix. . . . . . 

Arroentiftres, . . . 

Cambrai 

Dunkerjiue . . . . 

Beauvais 

Ghanlilly 

Senlis. ...... 

Alen^on 

Calais'. ...... 

Boulogne . . . . . 

Clermont-Ferrand . 

Lyon 

Le Mans 

Melun 

Nemours 

Provins 

La Ferl6-80Ut- 

Jouarre . . . . . 

Pontoise 

Rueil 

Le Pecq 

Le V6sinet . . . . 
Sain I - Germain - en- 

Laye ...... 

Gonesse. . . . . . 

Jouy-en-Josas . . . 

Rouen 

Elbeuf 

Dieppe 

Le Havre 

Mazamet. .... 

Toulon 

Avignon 

Limoges. . . . . . 

Epinal 



■a • 



3 
i 
3 



DKPBHSBS 

en 
1880 



10. 780' 79 
3.665 > 

12.113 50 
1.207 » 

2.817 21 
2.206 51 
4.732 55 
3.466 35 
3. 665 > 

36.238 50 
12.777 29 
8.806 85 
8.556 83 
5.799 52 
8.784 70 
3.378 30 
2.190 25 

9 

4.333 35 

9 

1.818 > 

20.924 50 
3 024 52 
4.389 10 
3.623 95 
2.641 96 

3.350 00 
2.867 80 
8.1S8 80 
6.673 » 



3.026 40 



25.527 13 

10.193 71 

7.170 30 

7.983 03 

9 

3.833 35 

t.861 50 

30.400 01 

9 



NOMBRB 

de 
journ^es 

de 
presence 

des 
enfants 



15.407 
26 580 
19.005 

1.850 
1t.844 

7.050 

9 
9 

26. 580 
13.647 
15.363 

4 020 
7.245 

17.400 

10.129 

6-873 

3.544 

9 
9 
9 

4.027 

20 137 

4.597 

9.920 

» 
0.114 

4.664 

9 

9.471 

5 307 

9 

12.041 

9 
9 

46.488 
4.952 
4.020 

10.000 

9 

23.915 

4.597 

22.050 

9 



LA PROTECTION DE LENFANCE 359 

11 . — LeS SOGI£t£S DE PROTECTION DE l'eNFANGE. 

Les creches regoivent les enfants dont les meres 
sont obligees de travailler au dehors pour vivre. 
Les Sociiies pro tec trices de I'enfance viennent en 
aide aux meres pauvres qui gardent leurs enfants^ 
et font surveiller ceux qui sont places en nourrice. 

II y a encore tant de miseres a soulager, que nous 
regardons comme un devoir de faire connaitre les 
priacipales Soci6t6s qui se d6vouent a cette oeuvre 
de bienfaisance, et de donner quelques renseigne- 
ments sur lour organisation et les services qu'elles 
rendent. 

La Sooldtd protootiioo de Tenfanoo do Paris* 

Cette Soci6t6 a 6t6fond6e en 1865. Son but prin- 
cipal est de propager I'allaitement matemel ; a cet 
effet, elle ne distribue pas moins de 35,000 francs 
environ par an aux meres-nourrices. 

Dans les departements, le service de surveillance 
des nourrissons est fait par 700 m^decins - ins- 
pecteurs qui visitent les enfants, les soignent, les 
vaccinent donnent des conseUs aux nourrices, et 
envoient chaque mois au president de la Soci6te un 
bulletin de renseignements sur I'^tat de sant6 de 
chaquo nourrisson, sur son d6veloppement, son 
poids, la marche de la dentition, la nourriture qu'il 
regoit, etc., en un motsurto^tes choses qui int6- 
lossent les families. Le d^vouement et 1« desinte- 



960 LE LIVRC DR3 JEUNES M£R£S 

ressement do ces medecins-inspecteuFS m^ritent 
surtout d'etre signal6s, et si la mortality des enfants 
en nourrice tend a diminuer, c'est en partie a leurs 
soins ^claires que ce r^sultat est du. La Soci^te 
de Paris diceme chaque annce a un certain nombie 
d'entreeux, a titrehonorifique, des medaiiles d'or, 
de vermeil, d'argent et de bronze. 

LdL Sacieti protectrice de Venfance est aujourd'hui 
en pleineprosp6rit6 et le bien qu'elle a fait est con- 
siderable. 

Le but de la Society, bien d^flni par ses statuts, 
peut se r^sumer ainsi : 

to Mettre en honneur et propager rallaitement; 

20 Preserver les enfants, d^ leor naissance, des dangers de 
tous genres qui les menacent, lorsqu'ils sont abandonn^s k des 
Dourrices qui les emportent an loin, sans que leurs parents pais- 
sent excrcer sur eux une surveillance snffisante 

30 Prot^ger les enfants de toutes conditions contre rabandon, 
I'incurie, les mauvais ti'aitements et les exemples immoranx aux- 
quels ils sont exposes; 

40 Vulgariser dans les families les pr^ceptes les plus utiles de 
I'hygi^ne, et en favoriser I'application, afin de preparer poor 
I'avenir, des generations saines de corps et d'esprit. 

Pour arriver a ce but, la Sociit6 a organis6 une 
surveillance aussi complete que possible sur les 
nourrices et sur les enfants qui leur sont confi6s. 

Elle signale a la reconnaissance publique les nour- 
rices qui ont le mieux accompli leur mission, en 
instituant des prix en leur favour, et elle d6fere a la 
justice celles qui ont manque a leurs devoirs, ou qui 
se sont rendues coupables de mauvais traitements 
envers les enfants; enfin, elle provoque, par des 
encouragements et des prix, Tetude de toutes le» 
questions relatives aTenfance. 






LA PROTECTION DE L'ENFANCE 361 

La Soci^td se compose de membres honoraires, 
de membres titulaires et de membres correspon- 
giants. 

L'honorariat s'acquiert par des services rendus a 
OBuvre ; ies membres titulaires sent agr66s par le 
bureau ; Ies membres correspondants sont ceux qui 
habitent hors du d6partement de la Seine. 

La Societ6 est administr6e par un conseil de qua- 
rante-cinq membres ^lus ; ce conseil se renouvelle 
par tiers chaque ano^e; 11 se reunit au moins une 
fois par trimestre. 

Le bureau pourvoit a I'ex^cution des statuts et 
administre la Society dans Tintervalle des reunions. 

A la fin de chaque ann^e, une commission sp^ 
ciale examine Ies comptes du tr^sorier et fait son 
rapport au conseil. 

Les fonctions sont gratuites. 

Chaque annee, en stance publique, le conseil rend 
compte de ses operations et de la situation. C'est 
dans cette stance que sont distribu^s les prix et 
recompenses. 

Nous n'avons voulu donner ici qu*un apergu de 
Torganisation et du fonctionnement de la Sociiie 
protectrice de Venfance de Paris, Si quelques per- 
sonnes charitables desiraient fonder une Societ4 
analogue, ellestrouveraient au ministere de TintS- 
rieur tons les renseignements n6cessaires. 

Des Societes protectrices de Tenfance, 6tablies 
dans les mSmes conditions que celle de Paris, exis- 
tent a Lyon, au Havre, a Tours, Rouen, Marseille^ 
Pontoise, Es^onnes, Bordeaux et Reims. 

91 



M LE LIVRE DES JEUNES M£:RES 

8ooi6t6 pour la propagation de I'allaitexnent xnatemel 

Cette Sociit6 fondle en 1876 a ^t6, en 4880, 
reconnue comme itablissement d'uHlite publique, en 
raison de sa prosp6rit^ rapide et de I'heureuse acti- 
vity qu'elle apportait an soulagement de grandes 
miseres. Elle a son siege 4S, rue de Sevres, a Paris 
Son but est d^flni par son titre : elle vient en aide 
directement atoutes lesm^resn^cessiteuses, quelle 
que soit leur situation de femme marine ou de fille- 
mere, ind^pendamment de toute preoccupation reli- 
gieuse, et a la seule condition que ses protegees 
s'engagent a 61ever elles-mfimes leurs enfants. 

Des dames patronnesses intelligentes et d^vou^es, 
dans de fr^quentes visites, s'enquiSrent des soins 
donnas aux nourrissons et ont i leur disposition, en 
cas de maladie, un service medical ^tabli dans tous 
les quartiers de Paris. Elles distribuent aux meres- 
nourrices des secours en argent et en nature : 
pain, viande, lait, vin, charbon, objets de lajetto, 
de literie, v^tements, etc. La valeur de ces secours 
s'6leve chaquemois actuellement apres de 2,S00fr. 

La Societi pour la propagation de rallaitement 
matemel secourt ses prot6g6es a partir du dernier 
mois de la grossesse et leur continue sa protection 
jiisqu*a la fin de rallaitement. Elle est administr^e 
par un conseil de 40 membres, parmi lesquels 20 
femmes char i tables. 

Ce conseil est choisi chaque ann^e en assembl^e 
g^n^rale des soci6taires; il d^signe son bureau. 



LA PROTECTION DE L'ENFANCE 353 

Un comite de dames patronnesses constitue la 
partie la plus militante de la Soci6t6. II est charge 
de la distribution des secours, regoit les dons en 
argent et en nature qu'on lui adresse pour 6tre dis- 
tribues, et dirige un ouvroir ou Ton fait confection- 
ner des pieces de layette, des v^tements et de la 
literie, qui sont ensuite distribues. 

D'apres Tarticle 3 des statuts de cette Soci6t6 11 
faut, pour endevenirmembre titulaire, 6trepr6sent6 
par un de ses membres, s'engager a payer une 
cotisation annuelle de 12 francs et Hre agr^6 
par le conseil d'administration. 

III. — Les sogi^t^s maternelles 
Association des m^res de famille. 

Cette fondation date de 1836 ; elle a pour but de 
^enir en aide aux femmes en couches, domiciliees a 
Paris, et qui ne sont pas dans les conditions exigees 
pour pouvoir obtenir les secours des bureaux de 
bienfaisance, ou des Soci6t6s de charit6 matemelle. 
Quinze cents femmes, en moyenne, sont secourues 
haque ann6e par cette association. 



I ( 



Sooi6td8 de charity maternelle approuv^es. 

Ces Soci^t^s,qui tendent heureusement a se d^ve- 
lopper dans lesd6partement%pourvoientauxbesoins 
meres pauvres aui allaitent elles-mSmes leurs 



8M 



LE LIVRE DES JEUNES MERES 



LISTR DES YILLB8 
00 BXISTENT DBS BOCI^T^ DE CHARIT^ KATERNELU 



 



Ain Bourg. 

Allier Moulins. 

BasseS'Alpes . . . Manosque. 

i Rethel. 
Ardennes j gedan. 

Aube Troyes. 

SC«reas»aM. 
Narbonne. 
CaiteiiMdan. 

^ „.^ (Marseille. 
Bouc^es-d%hRMne.\ ^j-j^g^ 

( Caen. 
Calvados J Trouville. 

Charente Angoul^me 

Char&nte-Inferieure LaRochelle 

Cher Bourges. 

Cdie-^'Or .... Dijon. 
COles-du-Nord. . Sl-Brieuc. 

Doubs Besangon. 

Eure Evreux. 

Eure-et'Loir, . . Chartres. 

Finistere Brest. 

Haute -Garonne . Toulouse. 

Gironde Bordemix. 

HerauU Montpellier 

( Rennes. 

Ille^t-Vilaine . .KaGnerche. 

( Vitr6. 

i Chlleaaroaz. 

Indre ,•....< Issoudun. 

( La Chdtre. 
Indre-el-Loire . . Tours. 

Isere Bourgoin. 

r ^' • -^ i Nantes. 
Loxre-lnferxeure .JAncenis. 

Loiret Orleans. 

Maine-el-Loire, . Angers. 
Manche ..... Saint-L6. 



CMlMi-i.-lane 

Reims. 

St-Dizier . 

Mayenne. 
I Bar-le-Duc 
I Vei*dun. 

Yannes. 
I Nevers. 
' Cosne. 

Lille. 

Douai. 

TalencteiiM. 

Le Gateau 

Arras, 

St-Omer. 

St-Pierie-lei-Cal. 

Pau. 
Lyon. 
Le Mans. 
Paris. 

CkuwUn-1e-P • 

Versailles. 
Niort. 
Amiens. 
Ibi. 

Castres. 
Lavaurs. 
Mazamet. 
Tam-etr-Garonne . Montauban 

Var ....... Brafiifian. 

( Avignon. 
Vaucluse < Apt. 

( L'Ule-i.-I«rfM 
Vendee u Eoeke-8.-Tai. 

Vienm Poitiers. 

^ . rr. i Limoges. 

Eaule-VxeniM, . -jst.Yrieix. 

Vosges Epinal. 

Yonne Auxerre. 

iasssssaasasaBs^sB 



Mame 

Haute-Marne . . 
Mayenne .... 

Meuse. 

Morbihan. . . . 

Nievre 

Nord 

Pas-de-Calais » . . 

Basses-Pyr6n6es . . 

RhdM 

Sarthe 

Seine 

Seine-et-Oise . . . 
Deux- Sevres . . • 
SofnrM ....•• 



Tarn, 



LA PROTECTION DE L'ENFANCE 365 

enfants. La plus ancienne de ces oeuvres est celle 
de Paris; elle a 6t6 fondee en 1788, ses ressources 
sont importantes, et le bien qu'elle fait est conside- 
rable ; ainsi, dans une seule ann6e, elle a distribu^ a 
2,751 meres de famille unesommede 143, 103 francs 
soit 52 francs environ par personne. 

L' ensemble des secours distribues par les quatre- 
Yingt-deux Soci^t6s de charite maternelle exis- 
tant en France atteint annuellement plus de 
760,000 francs; le nombre des femmes en couches 
secoTirues d6passe 15,000, qui regoivent environ 
50 francs chacune. 

Nous donnons ci-contre la liste des villes dans 
lesquelles existent ces Soci^t6s de charity mater- 
nelle. Leurs presidents se feraient assurement un 
plaisir de communiquer tous les renseignements 
utiles aux personnes bienfaisantes des villes voisines 
desireuses de fonder, dans leur localit6, une ceuvre 
aaalogue. 



Toutes ces excellentes institutions m6ritent a 
tous 6gards d'etre connues et propag6es, et il nous 
a semble que nous ne devious pas terminer notre 
ouvrage sans adresser a nos lectnces, en leur 
faveur, un pressant appel. 

Que la mere qui a bien voulu nous lire jusqvi'au 
bout, et qui est assez heureuse pour pouvoir donner 
elle-mfime ou faire donner sous ses yeux a ses en- 
fants les soins les plus assidus, veuille bien songer 



344 LE LITRE DES JEUNES SlERES 

on instant a tons ces pauvres petits d^ah^rit^s dont 
la naissance , au lieu d'etre salute comme nn bon- 
heur de famille, n'est qu'une charge nouvelle qui 
vient encore ajouter a la misere des parents! 

Maintenant que votre enfant a grandi, et qu'il 
fait votre joie, voulez-vous que nous jetions en- 
semble un rapide regard sur le pass6? Vous rap- 
pelez-vous toutes les precautions que nous vous 
avons demands de prendre pour vous-mSme des les 
premiers jours de votre grossesse; vous rappelez- 
vous avec quel plaisir nous avons pr6par6 ensemble 
longtemps a Tavance la layette et le berceau de 
celui que nous attendions? Ah! rien n'a manqu6 
pour le recevoir, ni les soins du m^decin, ni les 
caresses des parents. Et apres sa naissance, vous 
rappelez-vous les f6Ucitations de vos amies, les 
compliments que vous 6tiez si heureuse et si fiere 
de recevoir sur la beauts et la sant6 de votre 
nourrisson? Et le jour ou vous avez craint pour 
lui la plus 16gere indisposition, vous rappelez- 
vous quels soins vous lui avez prodigu^s, vous et 
tons ceux qui vous eDto\iraient? Laissons de 
c6t^ les joujoux dont vous Tavez combl6 et les 
caresses dont vous I'avez entour6. Vous rappelez- 
vous tout le temps que vous avez pass6 a lui de- 
mander et a attendre son premier sourire? Et sa 
premiere dent, vous rappelez-vous que ce fut un 
6v6nement dans la famille? On a couru le dire a la 
grand'm^re; et n'a-t-on pas fait, ce jour-la, un 
cadeau a la nourrice ! 

Eh bien,si tout cela est vrai, si vous 6tes, comme 



LA PROTECTION DE L'ENFANCK 367 

nous le souhaitons, la plus heureuse des meres, etsi 
vous avez pu go<iter ainsi votre bonheur jusque dans 
ses moindres details, vous ne voudrez pas oublier 
qu'il y a de pauvres femmes qui n'ont pas un lange 
pour recevoir I'enfant qu'elles vont mettre au 
monde, et qui se levent pour travailler trois ou 
quatre jours apres leurs couches. Si votre enfant 
est le plus heureux des enfants, vous ne voudrez 
pas oublier qu'il y a de pauvres petits 6tres, mal 
soign6s, mal surveill6s, mal vStus, mal nourris, et 
vous chercherez avenir au secours de ces infor- 
tunes, parce que vous ne trouverez pas juste qu'U y 
ait tant de bonheur d'un c&t^, et tant de misere de 
lautre I Les diverses Soci6t6s protectrices de Ten- 
fance vous en foumiront les moyens, et c'est pour 
cela que nous avons voulu donner a la fin de notre 
livre quelques renseignements sur ces utiles insti- 
tutions. 



FIN 






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indique 
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I ruban d 



^ge. 



^ 



)iquds de 



TABLE ALPHABfiTIQUE DES MATIERES 



beds an sdn 110 

carus de la gale 808 

ccidents h craiodre pour les 

enfants 313 

— de deotiiion 180 

iCCOuch6e. La chambre . . 71> 102 

— Changement de lit. . . 83 

— Repos n^essaire ... 86 

— Alimeotaiion 86, 100 

— Toilette 73,101,102 

— Soins jusqa'ao ritablis- 

sement 100 

Iccoachement 66 it 104 

( Voir pour lea details la 
table des chapitrea). 

Accoucher k genoux 70 

Accoucheur (Choix de T). . . 64 
Agrafes. Contre leur usage . 25 
AibuminoTdes (Aliments). . . 130 
Alcool. Son influence sur la 
quality du lait. ..... 140 

Alimeutalion de la femme en- 
ceinte 58 

— de raccouch6e. . . . 86, 100 

— des nourrices 140 

Alimenls (Divisioa des) ... 136 

— albuminoYdes 136 

— plastiqiies 136 

— respiratoires 136 

— nouveaux pour sevrer 

reofant 172 

Allaitement. Les impossibilit^s 117 

— Conditions n^cessaires . 117 
artificiel 120, 152 

— Cas oil il faut I'accepter 1 52 

— Divers modes 157 

— Inconv^ntenis 153 

— R^lement 162 

— au biberon 158 

— direct par les animaoz 157 
maternel. Son imporiance 2, 116 

— Resjlement 123 

mercenalre 118, 143 

— Inconv^nients, dangers. 153 

— Surveillance 148 

mixte 118,167 

— Cas dans lesquels il est 
! n^cessaire 167 

— Difficult^ 169 






Amidon pour les bains. . 61,189 

Amuser les petits enfants . . 184 

Analyse chimique du lait. . 138 

Anasarque 266 

Anemie pendant la grossesse 61 

Angines. 235 

— scarlatineuse 265 

Apbthes 21S 

Apoplexie des nouveau-nes. . 77 
App^tit pendant la grossesse 54, 61 

iscarides lombricoides. . . . 248 

Athropsie 233 

Auscultation pendant la gros- 
sesse 55 

Avant-coureurs de la d61i^ 

vrance 67 

B 

Baignoires 48,188 

Bains pourle nouveaa-n6 .78, 94, 95 

— pour Tenfant 187 

— pour la m6re pendant la 

grossesse 61 

— pour la nourrice ... 141 
>- a ramidon 61,180 

— de son 188 

Balles d'avoine (paillassons). 18 
Bande. Mise eo place, . • . OS 
Bandes en flanelie 22, 39 

— en toile SI, 89 

Basd'enfants 19 

Basin pour brassieres. ... S4 

— pour langes 82 

Bassin en zinc 48 

— en ^tain 49 

Battements du coaur . . . 55, 207 

Bavettes • . . 29, 39 

B6guins ' ... 30, 39 

Ber^age 181. 182 

Borceau '. . . . 7 

— d'osier 7 

— en fer 7, 10 

— Rideau 9, 12 

— Tour de berceau. ... io 

— Couverture, drops pi- 

ques, etc It 

— Garniture n^cessaire. . 89 

— L'enfant dans son ber- 

ceau 98, 181^188 

Bercelonnettes • . 10 



370 



TABLE ALPHABETIQUE 



Bercelounettes ivec parachute 10, 11 

BiberoDS 15S 

~ Avantages et iiiconv6- 

nients iso 

— Contenance , emboat , 

forme, mamelons. . . 159 

— Nettoyage 164 

Bi&re. Son influence snr la 

produclion du lait 140 

Blaochissage 44 

— A la vapeur hk 

B16pharite 311 

Boissons pour la m6re. .63, 80t 85 

Bonnets 30, Si, 39 

Bosse sanguine 314 

Boltines 43 

Boache. Inflammation .... 23S 

Bouchon du biberon iso 

Bouderie 331 

Bouffitsure is2 

— dans la scarlatine . . . 266 
Bouillies aprds le sevrage . . 172 

— Danger dea bouillies 

6pai8ses 113 

— indigestes pour Ten raot. 122 
Bonilllr (ne pas faire) le lait. 157 
Bout de sein. D^faut de confor- 
mation 02 

— Formation anticip^e . . 93 

— artifidel 113, 114 

Bouteiile plate pour recevoir 

le lait 142 

Boutonni&res de tales d'oreiller 15 

Boutons. Centre leur usage . 25 

Brassieres 24 

" Nombre necessaire. . . 39 

— Manifere de les passer . 05 

BroDchites 255 

Broncho-Pneumonie 257 

Broste pour la tSte de Ten- 

fant 47 

•— pour les lainages ... 46 

— pourle biberon .... 164 
Brosser la t^te de Tenfant. . I86 

BrAIures 317 

Bruy^re pour paillassons. . . 13 

Bubon scarlatineux 266 



Bureaux de placement. 



146 



Cadeaux pour la nourrice . . 150 

Cadre-hamac pour enfants. . 194 

Calots 80. 31 

Caoutchouc. Chapeau pour le 

mamelon 113 

— Tablier 47 

Capeline 38 

upotc avec voile 36 

yuchon 38 

net de la nourrice .... 147 

reau 289 



Cas^ine 131 

~ dans les diff^rents laits I06 
Cataplasme. Preparation . lOT, 108 

— Pose 109 

— Renouvellement .... 109 

— sur les seins. . . . 106» 111 

Cerveau de i*enfant 215 

Chaise longue pour Taccou- 

ch6e los 

Chaleur artificielle n6cesaire 

& i*enfant 205 

— du bain 187 

— du lait 163 

Chambre de raccouchte . . 71, 102 

— de I'enfanl 98 

— de la nourrice 148 

Changement de lit 83 

Changer i'enfaot. . . . 96» 07 184 
Chapeau en caoutchouc pour 

le mamelon 113 

Chariots. Centre leur usage. . 19$ 
Cbauf^sons longs -19 

— tricot6s 38 

Chemises ^ .... 18, 22 

'— Nombre necessaire. . . 39 
Chevelure de Taccoachee. • 73,103 

Cholera infantile * . 241 

Chute du cordon. • 98 

— du rectum 24S 

Cicatrisation du nombril ... 207 
Circulation chez Tenfant. . . 206 

— (maladies des organes 

de la) 263 

defs en euise de bochets . . 201 

Coiffure de I'enfant 30 

Coldre des enfants 330 

Coliques k la suite de Taccou- 

chement 79, 86 

Collier d'enfant 47 

Colostrum 139 

Compresse 72, 95 

Conjonctivile 269,211,312 

Constipation pendant la gros- 

sesse 61,63 

— Apr6s I'aocouchement. . 190 

— de i'enfaDt 34s 

Contractions des muscles . . si 6 

Contusions 314 

Convalescence de I'accoucbee 10s 
Convulsions 294 

— externes, internes. . . 295 

— passag&res 893 

— dans la coquelache . . 261 

Goqueluche S59 

Cordon ombilical 65 

— ligature 77 

— (tractions sur le) ... 79 

— chute 98 

Cordons de brassieres .... Si 

— de langes SS & 3i 

Corset 41 

— en pique. .•••••. 18 



TABLE ALPHABfiTIQUE 



371 



^ ains bnleines 60 

Coryza. . 247 

Coacher des enfants . . . 181» 337 
Couches 26, 30 

— culottes 27, 28 

Coup de soleil {V. BrulureJ . 

Coups 314 

Coapures 315 

Coutures, iesfaireft I'endroit. 23 
Couvertures de coton, de laine 16 

iCow-pox 275 

Coxalgie 287 

Crampes 64 

Crasso et S^boiTh<?e . . . 186,305 

Creches 339 

— But, utility, statuts . . 344 
' — EmplacemeDt local. . . 345 
I — M6decin 348 

— Mobilier 346 

— Personnel 348 

— R6gleraenl inUrieur . . 349 
• S^jour des eofonts. . . 351 

— approuvees 356 

— exlsiant en Fraace. . . 357 

trevasses aux seins Ill 

Cris de I'enfant 132, 216 

— du nouveau-n6. .... 220 

— pendant le sommeil . . 298 
Croup 250 

— (faux) 252 

Crofite de pain en guise de 

hoclict 201 

Creates de lait 304 

Cuill6re poor faire boire Teii- 

fant 158 

Culotte (Couehe-) 27,28 

— anglaise 27 



Dartres SOI 

D6claratioa de naissance. . • 100 

fi^gorgement des seins. ... 116 
Dugout de certains aliments 

Chez la femme enceinte. . . 54 

D^llvrance 79 

— Les avant-coureurs. . . 67 

— (Soins a donner apris la) 85 

— Fin de la crise 116 

41ivre. Expulsion 79 

Dentition 178 

— Accidents 180 

— EUe r&gle T^poque da 

sevrage 175 

Dents de lait 179 

Developpement physique de 

I'enfant 224 

Devoir maternel . i 

Diarrhea 238 

— choleriforme 241 

Desquamation 205 

Digestion de Venfant. . . .210,212 



Digestion (Blaladics des organes 

de la) 232 

— Irregularil^s et troubles 

pendant la grossesse 5't,61 

— (Ne pas donner i tdter 

pendant la) 141 

Diphth^ne fV. Croup) .... 231 
Douleurs (Premieres) et dou- 

ie irs fortes 75 

— de tgle 61 

Draps d'enfant 15,80 



E 



Eau de fleurs d'oranger (inutile 

pour le nouveau-nd .... 124 
Eau froide. Son emploi pour 

I'enf int 78, 94 

Eau sucr^e tiMe pour le nou- 

veau-n6 124, 125 

Ebullition du lait 163 

Eclam[)sie 292 

Ecrouelies 287 

Ecthyma 809 

Eczdma 308 

Educjition morale 124 

Embuut du biberon , . . . . 159 

Einmailloter I'enfant 95 

Enfance. Education morale .4,324 

" Les Soci^t^ de protection 359 

Engelures S19 

Engorgements des seins . .101, lis 

Entente % . . 238 

Entorses 320 

Envies 59 

Epingles 83 

— Centre leur usage ... 25 

Eponges 47 

Eruptions, leurs causes ... 97 

Erysipdle SOS 

Erytheme soi 

Etoffes pour bavettes 29 

— pour couches-culottes . 28 
~ pourlanges 31* 3S 

— poar pelisse 36 

Excoriations 97,315 

Exercices pendant la grossesse 56 
Expiration (Houvements d') . 264 



Faim. Comment on le recon- 

nait chez le nourrlsson 1 3S 

— (Sensation de la). . . . 215 
Farine d'avoine, de froment 173 

— de lin 106 

Fansse vaccine , . 276 

Faux croup • . S52 

Feutres en guise de piqute . 14 

Fi^vre c616brale 297 

— intermitlente 878 

— muqueuse. •••••• 879 



I 



372 



TABLE ALPHAB£TIQUE 



Vi^rre pendant la dentition . 170 

— quarte S78 

— rhumatismale S81 

— scariatine 263 

— tierce 878 

— typhoTde 879 

^ de lait 101| 188 

— par suite de maux de 

seia 409 

Fil cir4 78 

Finettes pour brassieres ... 84 

~ pour langes 81 

— pour piqu^ U 

Flanellcs pour brassi&ret. . . 84 

— Neltoyage 46 

Flatterie 838 

Foetus. Sea mouvements . . 55 

FontaaeUes 283 

Fouffdre poor paUlassons. . . 18 

Foulure 380 

Fourneaux ponr le chauffage 

du linge 50 

Fractures 381 

FrsDChise des enfants .... 333 

Flapper les enfants (ne pas) 837 
Froid. Precautions a prendre 78«108 

— Sensibility des eoCants . 04 



Gale 808 

Gamineries ^es enfants. ... 837 

Ganglions iymphatiqaes. ... 810 

•— Engorgement 887 

— Inflammation 889 

— Tum61i68 851 

Garde-malade 65 

Ger^nres S08 

— des seins 89, 111 

Olaires du nouvean-n<. ... 08 

Olotte (Spasme de la) . . . . 895 

Condoles en fer io 

Gonflement des seins .... io9 

Gorge. Inflammation 831 

( V. Croup, faux eroup 
iaryngilej. 

Gourmes 886, 301, 803 

GoAt de l*en£ant 818 

Grimaces 337 

Grincements de dents. ... 298 

Grippe 256 

Grossesse 53 

-~ Alimentation pendant 

celte p^riode 58 

— Durto 58 

— HyKi&ne 56 

— Impressionnabilite de la 

femme . 57 

— Precautions k prendre . 56 

— Signes 54 

•^ Troubles de la sant6. . 61 

— yetementa. 60 



H 



Habillement de I'enfant. Sa 

composition si 

Habiller Ten rant OS 

Habitudes des enfants .... 328 

— de proprete <'»9 

H6morrhagies ctiez Tenfant . 2l>9 

— dans la coqueluche. . • 260 

— par suite de piqCires de 

sangsues 31< 

Hemorrhoides pendant la gros- 
sesse 63 

Hepatite 245 

Hernies: inguinale, ombilicale 146 

llochetsetleurs inconvenients 204 

Uoquet 237 

Housses de berceaux . . . . 8, 19 

Hameurs froides 281 

Hygiene de la femme enceinte 56 

— de la nourrice iU 

— du nourrisson 181 

IJ K 

Ict^re des noaveaa-nes . • • 24S 

impetigo 887,803 

Impressions premieres de Teo- 

fant 216 

Indigestion 286 

InflammatioQ des yenx. ... 260 

— du foie 245 

— de la gorge 23S 

— de la Douche S3S 

— des intestins.. 238 

— des reins 266 

— des seins lOt 

Inspiration (Mouvements d*). . 204 

Intertrigo 301 

Intestins. Inflammation. ... 258 

Jaconas pour brassieres ... 24 

— pour langes 81 

Jambes. Ne pas forcer Ten- 
fan t a les allonger 21 

Jaonisse 24S 

Jus de viande (Pain tremp6 

dans le). . . . , US 

Keralite tU 



Lactine 137 

Lainages 46 

Lait, seule nonrriture da noo- 

vean-n6 121,138 

- type de Tallment com- 

plet m 

— Composition, analyse, 136, 188 

— Fermentation. ..... 187 

— Formation de la crdme . 181 

— Qnantite necessaire i 

i'enfant 180,161 



TABLE ALPHABfiTIQUE 



373 



Lait (Digestion du) 212 

dans les seios da nour*« 

risson 99 

maternel. -135 

— Composition 136 

— Analyse 138 

— Premier lait 88, 139 

— ModiGcations . . . . 138, 139 

— Mont^e du lait 123 

— repandu, pr6jug4s ... m 

— ComparaisoQ avec les 

autres laiis 1S5 

Divers laits employes ... isA 

d*ftnesse 155 

de brebis 154,155 

de chfevre 134, 155 

de vache 154 

— Composition 155 

— Importance de sa puret^ 162 

— 6tendu d'eau, suivaatl'a- 

ge de I'enfant. . 156,163 

— Ncpaslefaire bouillir. . 157 

— Degr6 de chaleur ... i63 

— CoQservation 164 

Lampe A esprit-de-vin. . 52, 107 

Langage des enfants 334 

Langes 31 

— Nombre n^cessaire. . , 39 

— Leur arrangement ... 96 

— a ceiniare avec agrafes 

et (Billets 34,35 

— a preparer pour la nuit 190 

Laryngite 249 

(Voir aussi croup, faux-croupj 

Lavage du lingo a la vapeiir 44, 45 
Lavement. Maniere dele faire 

prendre £l I'enfant 214 

Layette. Composition. . . . 38,39 

— Description 20- 

— Entretien 44 

— Grandeurs diverses . . 21 

Lichen 397 

Ligature du cordon 7S, 77 

Linge. Blanchissage 44 

— Savonnage 45 

— pour raccouche6, . . 74,83 

— pour cataplasme 108 

— pour entourer le cordon 

ombilical 75 

Llsi^res. Centre leur usage. . 198 

Lilspourraccouchement ... 67 

— Changeraent de lit. . . 83 

— Pour faire le lit de Tac- 

couchSe 101 

— Pour faire le lit de I'en- 

fant 13 

Lochies. Ecoulement 84 

Loi sur la protection de I'en- 

fance 339 

Lombrics 245 

Lymphatique (Temperament) . 210 

Lymphe. Circulation 210 



M 



BioiUot. Enfant emmaillott^. . 33 

— M^thode anglaise. ... 17 

— (Robes de) 85,37 

Maillots serres, inconvenients 16 

Maladies de I'enfant ..... 229 

(Voirjpour les details 
la Table des Chapir 
tres, ou pour chaque 
maladieparticuliere 
au nom mime de 
cette maladie). 

Mamelon. Chapoau pour le re- 

couvrir 113 

— Defimt de saillie. . . 92,113 

— Duuleur 113 

— Effeis des premieres t6- 

tees 125 

— Lotions 113, 143 

Mamelons des biberons. ... I6O 

Manches de chemises .... 22 

Manger (Quand I'enfant pent) . 174 

Manies 328 

— de frapper 330 

— de mordre 329 

Masque de la femme enceinte 54 

Maux d'e^tomac des nourrices 141 

— de gorge 249, 252 

(Voir croup, faux- 
croup, laryngite] 

— de sein 102,105 

Meconium 88, 213 

M^decins-inspecteurs. . .147, 339 

M^ningite 297 

Menstruation. Interruption pen- 
dant la grossesse 54 

Mobile ^pini^re, syst^me ner- 

veux 215 

Molletou pour langes .... 31 

Mont^e du lait <|23 

Mordre (Empecher le nour- 

ri&sun de). . . . . 129 

— (Manie de) 329 

Mortality des enfants en nour- 

rice 3 

— des enfants non vacci- 

nas 274 

Mouches. premieres douleuis. 67 

Mousseline pour les seins . . -141 

— (Rideau de) centre les 

mouches 19 

Mouvementsde I'enfant 53, 215, 222 

— du cceur, des poumons, 

de I'estomac. .... 215 

— Leur progression suivant 

l'§ge 223 

Muguet 233 

Muscles (D^veloppement de»). 223 



374 



TABLE ALPHAB£TIQUE 



Naissance (D^claraiion de) . . -fOO 
Naissances pr6matur6e8, ou 

tardives 53 

Naus6e* 61, 62 

Nephrite albumineuse .... 266 

Nerfs 24 5 

Kerveux (Systfeme) 2i5 

Nettoyage de la flanelle ... 46 

Nez (Saignemeat de] 248 

Nombril. Formation 95 

— Cicatrisation 207 

— Erysipfele diins le voi- 

siaage 303 

— Ligature 72 

-- Rougeurs 99 

Nou^s (Bnfants) 284 

Noarrices. Qualitds n^cessaires i 4 5 

— D*ou elles viennent . . I4fi 

— Garnet i'»7 

— Alimentation et iiygi^- 

D6. ...«•• . UO, 149 

— Cliarabre us 

— Pr6cau lions au moment 

du sevrage 177 

— Promenades us 

— Les cadeauz 150 

— (Rapports de la mhve 

avec la) 149 

— sur lieu 149, 143 

— de campagne. . . .419,148 
Nouveau-ne. Apoplezie ... 71 

— Mani&re de le recevoir. 7 

— Position dans lebercaau. 98 
~ Premief repas 124 

— Premiers soins. ... 77. 94 

(Y. Accouchemetit) 
Nutrition. Son activity dans le 

premier Ige 213 



Obscurity. Habituer Tenfant . 833 

Odorat chez l*enfant 217 

Ophlbalmie purulente Si 2 

— scrofuleuse 287 

Oreillers 15 

Oreilles. inflammation. ... 269 

— Maladies 810 

Oreillons 277 

Organes digestifs du nourrisson 21 

— Leur perfectionnement 203 

Orgelets 3ii 

08. Fractures 321 

Otite 269 310 

Otorrhde 287, 310 

Ouate en couverture de cato- 

plasmas . . 108 

— dans les piques 14 

Ouie de I'enfant 218 

oxyures Termicolaires. ... 245 



Paillassons grands et petits .13,97 
Paleur des femmes enceioies f,' 
Palpitations de ccBur .... 6t 
Panades apres le seyrage . . ITJ 

— Preparation ^73 

Paniers i cbauffer le linge. 49,51 
Parachute de bercelonnette . io 

Paralysie spinale 299 

Paroles (Les premieres) . 21 6, 220 

Pfis (Premiers) 19S 

I eau. Coloration 2"6 

— Gergures. ....... 302 

— Maladies 3oo 

Pelisse 36 

Pemphigus . - 308 

Peri ton ite tuberculeuse ... 2S9 
Pcrie de connaissance .... 263 

Pes^e des enfants 225 

Petit lait 1J7 

Petit pot (aUaitement artiflciel) 120 
Petite verole ou variole ... 272 

— — Yolante 274 

Peur, 3S} 

Pthisie 289 

Physiologie de Tenfant. ... 202 
Physionomie de Tcnfant ... 219 

Picotements au sein 106 

Piqu6 pour brassieres .... 24 

— langes de dessus ... 32 

Piqu6s 14,39 

Piqures 316 

Placement (Bureaux de) . . . 146 
Placenta. — Expulsion. ... 79 
Plaies, plaies contuses. ... 315 

Plastiques (Aliments) 136 

PUthore chez la femme en- 
ceinte 62 

Plumes. — inconv6nients . . 14 

Poche des eaux 76 

Poids de Penfant 225 

PoiL Traitement 110 

Point de chausson 23 

Pommes de terre. — Leur in- 
fluence dans rallmentaiion 

de la nourrice 141 

Pompes en verre pour d^gor- 
ger lei seins ....... 116 

Pot (Petit) dans rallaitement 

artiflciel 158 

Potages (Premiers). . . . 173, 175 

Poudre d'amidon 47, 185 

Pouls dnnauveau-n^ 208 

i>r6cautions k prendre avec 

les enfants . 320 

Promenades de la nourrico. . 148 

— des enfants 192 

— k quatre pattes. ... 196 i 
Proprete de la layette .... 44 

— Habitudes de propret6& 

donner & I'enfant. . . 16t 



TABLE ALPHABfiTIQDE 



375 



ropretd. Soins pour Venfaot. 184 

rotection de Tenfance. ... 339 

— Legislation, soci^t^s . . 340 

rari^o 307 

jnitiODB 337 338 

argatifs aprds le tevrage . . 177 

urpura 360 



R 



achitisme 122,188 

acine de guimauve en guise 

de hochct 20Q 

ectum (chute du) 244 

regards (Premiers) de Ten- 

iant 183 

leins. — Inflammation. ... 266 

lenfle .' ' - \^\ • ^^^ 

t6pression. M&uvais procedes. 838 

lespiration, son activit6, . 204, 217 

— pulmonaire 204 

-~ suppl^mentaire 205 

G6ne pendant lea pre- 
mieres tStees .... 126 

-. (Maladies des organes 

de la) 247 

ftospiratoires (Aliments). . . 136 

Revaccinations , . 277 

Rhumatisme 281 

Rhume 258 

— de cerveau 247 

Rideau de mousseline . . 9,10,12 
Rideaux pour le berceau. . . 30 

Rire de I'enfant 216 

Robes pour Tenfant . . . . 18, 41 

— longues 19 

— de maillot 35,37 

Ros6ole 271 

Roogeole 263 

Rougeurs autour da nombril. 97, 99 

R6lie au vin 87 

Rupture de la pocbe des 

eaux 76 



S 



Sig&-femme 64 

Saignement de nez 948 

Salaires des nourrices. ... 148 

Sang. Circulation 206 

— Quantity Chez Tenfant . 209 

Sanglots de I'enfant 291 

Sangsues, H6morrhagie par 

toite de piqures SI 6 

SaQt6 peadant la grossesse. . 61 

-- (L'enfant en 6tat de) . . 202 

Sarrau 49 

Sayonnage du linge 45 

Scarlatlne 263 

— Contagion 967 

Scrofulosd 986 

Kborrbie 6 305 



S^hoir & linge 49>50 

Sein. Vice de conformation . 92 
(F. MameUm). 

— Mani^ra de ledonner. 91, 128 

— Quandilfautledonneri94,13l 

(V, AllaitemerU), 

— (Parte de I'usage d'un). 116 

— (Maux de). ..... . 105 

— Engorgement. ... 101, 115 

— D6gorgement H6 

— artiQciei (Bouts de). . . iu 
Seins du oourrisson (Lait 

dans les) 99 

Selles de I'enfant 913 

{V. Diarrhee). 

Sels mineraux du lait .... 138 
Sens, (Maladies des organes 

Qesj. .........a. 3v0 

Sensations (premieres) de I'en- 
fant 915, 216 

Sensibility du nouvcau-n6 . 917 

Serum 137 

Sevrage 171 

— Nouveaux aliments de 

I'enfant 172,174 

— Precautions pour la 

nourrice 171 

— d^finitif >75 

— pr6matur6 176 

Soci^tes de protection de I'en- 

fance 359 

Soins k I'accouch^e jusqu'& 

sonr^tablissement . . . . 190 

— au nouveau-n6 94 

— de propret6. .44,60,184,189 

Soif Chez Tenfant 215 

Sommeil de Tenfant 134 

— (Bruit pendant le). . . 189 

Son pour les bains. 61 

Sorties des enfants 199 

— du soir 387 

— (Premiere) de I'accou- 

ch^e 103 

Souliers 43 

Soupes indigestes pour let 

nouveau-n6s 121 

Soupirs de Tenfant 991 

Spasme de la glotte 995 

Stomatile 989 

Sucre de lait 187 

Suif contre le coryza 248 

Suppositoire 943 

Syncope 963 

— pendant le bain .... 61 
Syst^me nerveux 918 

— (Maladies du) 9MI 



Tablier en caoutchouc. . • • 47 

Tabliers d'enfant • • 49 

Tacb^s de rousseur • • • • • U 



376 



TABLE ALPHABfiTIQUE 



Taffetas drA, poar berc«au. . 14 

— pour caiaplasmes. ... 108 
Taies de TcBil 311 

— d'orciller 15 

Taille dc8 enfaDts 224 

Tapis (L'enfaDt aar an) et k 

quaire pattea 194 

Teignos 307 

Temperament lymphatlque. . 210 

Temperature du bain 187 

— du lait 163 

T6t« (OssifBcation de la). . . 223 

~ (Soriie do la) 76 

T6tee. [comment eliese fait. . 311 

— Premiere 88t 89 

T^tees. Leur frequence . . . 

127, 130, 131. 132 

— Temps de repos, in- 

tervalles 127,134 

— trop fr^queDtes et inu- 

tiles 1S2 

— DiminulioQ de leur 

Dombre 175 

T^ter (Mani^re de donner a) . 28 

— (Premier besoin de) . . 125 

— (Ne pas donner &) apr&s 

la bouillie 175 

— (Ne pas donner a) pen- 

dant la digestion. . . 141 
fVoir atusi A UaitementJ , 

— un doigt , du linge , 

etc.. mauvaises habi- 
tudes 328 

Themom^tre pour bains. . . 187 

Tics des cnfants 329 

Toilede Bretngne 29 

— k osils anglais 27 

•— fine pour begoins ... 31 

— imperm^ables, emploi 

et inconvenients . . 14 

Toilette de raccouchee. ... 83 

— de Tenfant 184 

Torticolis 382 

Toucher (Sens du) 217 

Tour de berceau 10, 39 

Toux pendant les tet6es ... 126 

— dans la coqneluche. le 

croup, etc. {.Voir ces 

mots). 

Trach6otomie 252 

Trepied en ler 107 

Triangles. De leur emploi . 18, 10 

Tube da biberon 164 



Tuberculose • • • . t 

Tumeurs blanches • • • • • 

U. T. Z. T. S 



SSI 

38 



Urine de Tenfant m 

Urincr (Habituer Tenfant h) . 19( 

Vaccioatiun 197, 27J 

Vaccine 197, 27 

— (Pausse) 27 

Ta^ssements 23 

Vaisseaux lymphatiques ... 21 
Varech pour paillassons ... 1 

Yaricelie 27 

Varices 

Variole 27 

Varioloide 27 

Vases pour I'allaiiement art!- 

ficiel 151 

— en 6tain pour la toilette 

de raccouch6e .... 4! 

— & la polonaise pour 

enfants 19 

Veilleuse 50, 519,0 

Ventre, son volume chez ie 

nouveau-n6 21 

Ventj pendant I'indigestion . 23 

Vermifuges 2* 

V6role (Petite) 27 

— volante 27 

Yerre pour Taire boire Tenfant IS 

— gradu6 pour le me 



surage du lait 



Id 



Vers intestinaux 24 

Vertiges 6 

Yetements d'enfant 40,4 

— N^cessite des vetements 

chauds 20 

— de couleur. Lavage. . . 4 

— preparation pour le noa- 

veau-ne ....... 7 

— pour raccouchee. ... 7 

— pendant la grossesse . . 6 

Voitures d'eofanl 1* 

Vomissempnts 61, 6 

— pendant la grossesse 5 

— dans la coqueluche. . . 

— dans rindigcstton . . . 

Vue de renfint 

Yeux. (inflammalioxx catar- 

— rhale des) ....... 2 

— (Maladies des) 

Zdzaiemeat . 



KN VKNTB CHEZ TOUS LES L.IBRA1RES 



MAISON RUSTIQUE 

DES DAMES 

PAR 

M" MILLET-ROBINET 

Membre eorrespondant de la Soci^t^ ceatrale d'agriculture de France 

de TAcad^mie royale d'agriculture de TUrin 

de la Soci6l6 d'aj^ricullure d'llle -et-yilaine 

Et membre honoraire 

de la Soci6U d'agricuilure, sciences et arts de Poitiers. 



QUATOBZI£M£ £DITIOli 



2 vol. in-18 de plus de 1400 pages et 230 figures. 

Prix des 2 vol.: Broch^s, 7 fr. 75. — Relics, 11 francs. 

(Les a volumes ne se vendent pas s^pardment.) 



La LIBRATRIE AGRICOLE DE LA MATSON RUSTIQUE 
j vient de publier la quatorzi^me Edition de la Maison Rusliqtie 

[ ies Dames, rouvrage aujourd'hui classique de M™« Millkt- 
RoBiNBT, deux beaux volumes de plus de 1,400 pages sur 
beau papier, imprimis avec soin, texte serr^, avec de 
nombreuses gravures. Toute T^conomie politique d'une 
maitresse de maison est la, clairement expliqu6e, accom- 
pagn^e de conseils que Ton est stir de pouvoir suivre 
sans crainte. 

L'ouvrage est divis^ en cinq parties : dans la pre- 
miere, Tenue du nUnage^ Tauteur passe en revue les de- 

' voirs et les travaux d'une maitresse de maison, ^tudie 
dans tons ses details la maison proprement dite et son 
mobilier, de la cave au grenier ; les proc6d6s de chauffage 
et d'^lairage ; le blanchissage du linge, Tentretiea des 



— 2 — 

^toffes; les precedes de conservation des viandes, des 
legumes; les confitures; enfin, tout ce qu'on d^signe 
ordinairement sous le nom de provisions de menage. 

La deuxi^me partie est un manuel complet de cuisine 
bourgeoise : pas de mets extravagants^ pas de sauces 
compliqu^es, le plus souvent inex^cutables dans les me- 
naces, inais une cuisine bonne, saine, peu coMeuse et 
facile i faire. Une iiste de tous les mets classes par cate- 
gories et 60 menus de ddjeuners et de diners completent 
ce manuel de cuisine. 

La troisi^me partie est un cours complet de Medecine 
domestique, c'est-a-dire de tout ce qu'il faut faire avant 
Tarriv^e du m6decin, que Tauteur se garde bien de vouloir 
remplacer; les excellents conseils qu'on y trouve sur 
rhygi^ne et les maladies des enfants, sur les precautions a 
prendre, toujours avant Varrivee du medecin, en cas d'em- 
poisonnement ou d'asphyxie, montrent que M°« Millet- 
Robinet connait bien la mati^re. 

La quatrieme partie, le Jardin, est exclusiveraent r6ser- 
v6e aux fruits, aux l^umes et aux fleurs; enfin, dans la 
cinquifeme partie, la Ferme, Tauteur passe en revue tout 
ce qui est surtout du domaine de la fermi^re ; il va sans 
dire que la basse-cour et la laiterie y tiennent la plus 
lar^e part. 

Ce qui distingue Touvrage de M™« Millet-Robinet, c'est 
que Tauteur, de la premiere a la dernifere ligne, est domi- 
nie par une pensee constante, et tend vers un but unique : 
r^ducation de la femme au point de vue des devoirs qae 
lui impose son rdle de maitresse de maison. « Cest a la 
femme, dit M"»® Millet-Robinet dans sa preface, qu'il 
appartient de donner une Education virile a ses gso'gons, 
fortifiante pour leur corps et leur intelligence, une educa- 
tion qui en fasse plus tard des hommes instruits et des 
citoyens d^vou^s ; c'est a elle qu'il appartient de faire 
germer dans Tesprit de ses iilles le got]lt des choses se- 
rieuses, de d6velopper chez elles Thabitude d'une vie 
simple et laborleuse, de dinger leurs aptitudes vers les 
devoirs domestiques et la vie de famille, pour les disposer 
de bonne heure a devenir les dignes et utiles compagnes 
de nos agriculteurs ^clair^s. 

.» J'ai voulu, aioute M°»o Millet-Robinet, faire connaitre 
ies devoirs de la maitresse de maison et le boDheur 
gu'elle trouve k les accomplir, et je me suis efforcee de 
faire comprendre le charme et Fint^rfit que j'ai trouv^s 
k la vie aes champs. Je dirai quelles sont mes occupa- 
tions, quels sont mes plaisirs, quels sont les devoirs que 
je me suis traces, et j'exposerai les moyens que j'emploie 



— 3- 

pour gouvemer et approvisionner le petit royaome auquel 
je me suis consacr^e. » 

11 est impossible de mieux d^finir le but que se pro- 
pose M°^ Mlllet-Robinet ; cgoutons que, par la Maison 
Rtistique des Dames, elle I'a conipl^tement atteint : onze 
Editions ^puis^es sont la meilleure preuve de Taccueil 
bienveillant que les dames ont fait a son ouvrage, en 
m^me temps que la plus fiatteuse recompense de ses 
efforts constants pour ram61iorer. L*61oge de son livre 
n^est done plus a faire et son succ^s va croissant. Cest 

?[u'en effet M™® Millet-Robinet a pris le vrai moyen de le 
aire durer en tenant chaque edition nouvelle au couraat 
des progr^s r^alis^s dans T^conomie domestique et en 
agricalture; la douzi^me Edition, dont nous venons de 
parler, a et6, comme les prec^dentes, compl^tement revue 
et Ir^s sensiblement modifi6e. 

Le resume de la table des mati^res, que nous donnons 
ci-dessous, montrera d'ailleurs mieux que tout ce que 
nous pourrions dire ce qu'est Touvrage de M"« Millet^ 
Robinet. 



Tmw du minage. 

Devoirs et travauz de la maltresse 

de la maison. 
Des domestiqaes. — De Tordre & 

6tablir dans la maison. 
Comptabilit^. — Recettes et d6pen- 

ses du manage. 
La maison et son mobilier. 
Chauffage. — - ^clairage. 
Gave et vins.— Boulangerie et pain. 
Provisions du manage. —Conserves. 

Manuel de cuisine. 

Mani&re d'ordonner an repas. 

Potages. — Jus, sauces, garnitures. 

viandes. Gibier. — Poisson. 

Legumes. — Purees. — Pfttes. 

Botremets. — P&tisserie. — - Bon- 
bons. — Dessert et Soirees. 

Liste des mets classes par catego- 
ries. 

Menus de dejeuners et diners. 



Jiiddectne domestique. 

Pbarmacie. — Preparation et admi* 
nistration des medicaments. 

Hygiene et maladies des enfants. 

Medeciae et chirurgie. 

Empoisonnements. — Morsures dV 
Dimaux enrages on venimeux et 
piqiires d'insectes. — Asphyxie. 

Jardin. ^Ferme. 

Disposition ^6n6rale du jardin. — 

Amelioration du sol. -~ Travaux 

et outils de jardinage. 
Jardin fruitier, potager, fleuriste. 
Calendrier horticole^ 
La ferme et son mobilier. 
Nourriture. — :£claira^e. 
Basse-cour : Poules, dindons. oies, 

canards, pigeons, lapias, faisans 

et pintades. 
Yacherie. — Laiterie et fromagerie. 
Bergerie. — Porcherie. 
Abeilles et vers & sole. 



On trouve la Maison Rusticme des Dames chez tous les 
libraires, au prix de 7 fr. 7S les deux volumes. — La 
Ubrairie agricole de la Maison Rustique, 26^ rue Jacob, k 
Paris, les envoie franco par la poste, au prix de 8 fr. 85. 



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HORTIGOLE 

JOURNAL D'HORTICULTURE PRATIQUE 

Vond^ en f 8t9 par les Auteurs da IIOIV JARMMMKIK 

Paraitsant U 4** et U IS de chaque moii 

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ET DB NOMBRBUSES GRAYURES 

R^OAGTBUR BN GHBF : M. £0. AII0R£ 



La Revue horticole fondle en 1820 par les auteurs du Bon Jardinieri 
et dont les soizante-buit ann^es d'existence su£fisent k affirmer 2e 
sncofts, est aujourd'hui le journal indispensable pour la bonne tenue dot 
jardins, des pares et des serres. Soins a donner au iardin potager, 
culture et conservation des i^gumes; taille des arbres fruitiers, cnoix des 
meilleures varidt^s ; jardin fleuriste ; jardin paysager ; marcottes, Jsoatures, 
greffes; outils et appareilsde jardinage; culture forc6e, serres, orangeries; 
toutes les questions y sent trait^es par les auteurs les plus eomo^tents et 
les praticiens les plus habiles. 

des gravures de fleurs, fruits, outils, etc., contribuenl a la clart6 des des- 
eribUoDs, et des planohes oolori^es d'une exteuUon remarqnable donnent 
la Ogure des plantes nouTelles et des fruits nouveaux les plus int^essaati^ 
des inseptes nuisibles, etc 

Une chronique irto complMe tiout le lectear au conraat de tous les bits 
qui peuvent inl^resser rhorticulture. 

A rExposition universelle de Paris en 1889, le iury a reconns 
rimporiance des services rend us par la Revue horticole, en lui decernant una 
m^daille d'or. D6j& pr^cMemment, en 1885, & TExposition internationals 
d'horticulture, la Revue avait obtenu la grande medaille dbonneur, 
fond^ par le mar^cbal Vaillant, ancien prteident de la Socl6t6 d'borticuUare. 

La Revue horticole continue done son ceuvre, dans des conditions qui sont 
de nature 4 en ^tendre la l^itime influence. La plus grande partie deoe 
r^suiiat est due d'ailleurs k la fiddlit6 bienveillante de ses abound, fortifi^ 
dans cette opinion que tuus les efforts de la Revue ont pour but le pxogite 
constant de 1 horticulture frauQaise. 



Prix de rabonnement pour la Franee : 
UN AN : 20 FR. — SIX MOIS : 10 PR. 50 



Un numdro spteimen ayeo planohe oolori^e sera adressd I 
toule personne qui en fera la demande, accompagn^e de 30 cen- 
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BUREAUX DU JOURNAL : 26, RUE JACOB, A PARIS 



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Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, Paris 



Le Bon Jardinler. Almanach horticole pour 1897 (139»Mition), 
par Poiteau, Vilmorin, Decaisne, Naudin, Neumann, Pepin, Car- 
riere, Heuzi, etc. — Ouvrage couronni par la Soci4te nationals 
(^horticulture de France, 

4r* Partie. — Calendrier du jardinier, ou indication moia par mois des 
iravaux k faire dans les jardins. Aide-memoire et vocabulaire des principaux 
tcrmes de iardinage et de botanique. — Principes g^n^raux de cullure : 
nolixnsde boladique et de phy^siologie v^g^tale, chimie et physique horti- 
coles, climats; abris pour la conservation des plantes, oulils, fagons du sol; 
lutiliiplication des plantes, semis, marcoltes, bouiures, greffes; taiile det 
arbres, maladies des plantes et insectes nuisibles. — Arbres fruitiers : des 
jardins fruitiers et du verger; description et culture des meilleures sortes 
de fruits. — Plantes potag^res, description et culture. — Propri^t^s et cuUuio 
des p incipales plantes mddicinales. — Grande culture : plantes k fourrage, 
ciT^ales et plantes ^conomiques. 

2« Partie : Plantes et arbres d'omemerU. — Caract^res des families nata- 
relles. — Description et culture des plantes et arbres d'ornement de \>\e\m 
terre et de serre, classes par ordre alphabdtique. — Les listes des variety 
recommand6es ont 6l6 revues avec le plus grand soin; vari^t^s anciennes les 
plus m^ritantes et vari^t^s neuvelles. — Classement des v6g6taux de pleine 
terre suivant leur emploi dans les jardins. — Creation etentretien desgazona. 

(La 1" ^ition du Bon Jardinier remopte k 1754 : une Edition nouvelle a 
^t^ publi^e r^guli6rementchaqueann6e depuis 1755» k trois exceptions pr^: 
1815, 1871, 1888. — L'^ition de 1889 (la 133«) a 6t6 enti^rement revue). 

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mobiliste : reines, ouvri^res, m&les, pondeuses; ma- 
ladies des abeilles; essaimage, rdcolte du miel; ani- 
maux nuisibles, outillage de Tapiculteur; ruches et 
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Dblcsievalerie. — Les Orchid^es. Culture, propagation, no- 
menclature (Bibl. du Jard.). In-18 de 134 pages et 
32 gravures 1 25 

— Plantes de serre chaude et temp^rde. Con- 
struction des serres, culture, multiplication, etc* 
(BiU. du Jard.), In-18 de 156 p. et 9 grav. . 1 25 

DupuB. — Arbrisseaux et Arbustes d'ornement de 
pleine terre (Bibl. du Jard.). In-18 de 122 pages 
et 25 gravures 1 25 

•» Arbres d'ornement de pleine terre (Bibl, du 
Jard,). In-18 de 162 pages et 40 gravures . . 1 25 



Dupuis. — Gonif 6res de pleine terre (BibL du Jard,). In-18 
de 156 pages et 47 gravures .^ 1 25 

DuviLLERS. — Pares et Jardins. Ouvrage recompense de 

21 m^ailles ou dipldmes, 2 yol. grand in-folio, sur 

beau papier, ensemble de 160 pages de texte ayec 

80 planches imprim6es avec luxe repr^ntant les 

plans de squares et jardins publics, de pares parti- 

cullers, jardins paysagers, frui tiers, potagers, ^coles 

pratiques, etc. 

Prix des 2 vol. ayec planches en noir. . . 200 > 

— — en couleor . 260 » 

Ghaque partie, comprenant 80 p. de texte et 40 pi. se 

Tend s^parement : ayec planches en noir . 100 > 

ayec planches en coulear . 130 s 

Gayot. — Mouches et Vers. La mouche domestique, la mouche 
bleue et la mouche dor^; les moucherons et les 
terribles, les parasites ; les yers ; ascarides, trichines, 
tsenias et cysticerques. In-18 de 248 pages et 33 gra- 
yures 3 50 

«* Le Ldporide et le Lapin Saint-Pierre. Broch. 
gr. in-8» de 72 pages 2 50 

— Poules et CEufs (Bihl. du Cult,). In-18 de 216 pages 

et 40 gray 1 25 

— Lapins, Li^vres et Ldporides' /"Biftl. du Cult.). 

In-18 de 180 pages et 15 grayures 12^ 

Gkoffroy Saint-Hilaire. — Acclixnatatiozi et domestica- 
tion des aninxaux utiles. 4* 6d., 1 beau yol. 
in-S"* de 534 pages et 47 gray 9 > 

George (D' H.). — Traits d'Hygidne rurale. Suiyi des pre- 
miers secours en cas d^accidents, comprenant : 

L'alimentation : preparation des aliments ; cuisson des aliments; ustensiles; 
assaisonnemeats. — Du choix des aliments : aliments d'origine animale  
yiande de boucherie, de pore, de cheyal; gibter, yolaille, poissons; osufs, 
lait, fromage, beurre. >- Aliments d'origine y^g^tale : aliments farineux, 
l^umes verts, fruits. — Les boissons : Teau potable ; ses caract&res, eaux 
de source, de puits, de pluie, de rivieres ou de fleuyes; maladies produites 
par I'usage d'eaux impures; purification des eaux alt^r^es. — - Les boissons 
ferment^ : piquette, cidre, oi^re, yin. — Les boissons alcooliques et aro- 
roatiques. — Le regime alimcntaire : les repas, les fonctions du ventre; 
fobei^ite. 

L'air: sa pnret^; la chaleur atmosph^rique; reiectricit^ atmosph^rique; 
la s^cheresse et I'humiditd; le froid ; la lumi^re et r^clairage. 

Le travail: I'exercice musculaire; les fonctions c6r6brales; rbygi&ne det 
sens. 

Let maladiet contagietuet : peste, fi^vre jaune, chol^ra^ fi^vre typholdc, 
dysenterie, etc., etc. 

Les accidenU : eropoisonnement, as[)hyxie8, suffocation par des objets 
avails, blessures venimeuses et non venimeuses, congestion, apoplexie, syn- 
cope, morts subites. 

Un yoL in-18 de 432 pages et 12 figures. . . 3 50 



^ 



Sardt. — Traits de la taille des arbres fruitiers, 

10« 6d., 1 vol. gr. in-8« de 436 p. et 140 fig. . 5 50 

Notions 8ur le ddveloppement des arbres; la plantation. — But, ^poque de 
la taille, formes k donner aux arbres, pyramide, vase, buisson, espalier, etc 
— Taille du poirier, pommier, pdcher, cerisier, abricotier, prunier. — Cul- 
ture de la vigne dans les jardins, treille k la Thomery. — Du verger. — Cul- 
ture du figuier, groseiller, framboisier, cognassier, noisetier. — De la greffe : 
principes g^n^raux; greffes en fente, par scion et en couronne; greffes en 
approche; greffes en 6casson; du maropttage et de la bouture. — R6colt6, 
conservation et emballage des fruits. — Blaladies des arbres fruitiers et an!- 
maux nuisibles. — Engrais, labour, chaulage, arrosements. — Nomenclature 
des principales vari^t^s de fruits. 

Jagqub (Gh.). — Le Poulailler. Monographie des poules indl* 
g^nes et exotiques, 6* 6d.j texte et dessins par Jacqnk 
In -18 de 360 pages et 117 gravures 3 50 

ioiG?<EAUx. — Gonfdrenoes sur le jardlnage et la cul- 
ture des, arbres fruitiers. L^umes, semis et 
travaux d'entretieD; arbres fruitiers, taille et soins 
d'entretien; r^olteet conservation des produits. (BibL 
du Jard.). In-18 de 144 pages i % 

: Iaghauhe. — Le Rosier. Gullureet multiplication; considerations 
g^n^rales sur la ouUure; semis^ boutures, marcottes, 
greffes; taille et en trefien du rosier; yari^ks; insectea 
nuisibles. (Bibl. du Jard.). In-18 de 180 pages et 
8^ S-"^^"'^- 1 25 

*• Le Champignon de oouohe. Sa culture bourgeoisc 
et commerciale, r^collt et conservation (Bibl. du 
Jard.). In-18 de 108 j^es et 8 gravures. . . 1 25 

Lemaire. — Les Gactdes. Hiitinre, patrie, organes de v^g^tation, 
culture, etc. (MS^. du Jwd,), In-18 de 140 pages et 
11 gravures. 1 25 

— Plantes f^tfsses autres que Gaotdes (Bibl. du 
Jard.). Ui-18 de 136 pages et 13 gravures . . 1 25 

Le Maout et CfiriAiSNE. — Flore dldnxentaire des jardins 
•t des champs, avec les cle£s analytiques condui- 
sant promptement k la determination des families et 
des genres. Des herborisations et de llierbier; de 
Femploi des clefs analytiques; series des families; 
synopsis de la clef analytique des families; description 
des families, genres et espdces; vocabulairedestermes 
techniques. 1 vol. gr. in-18 de 940 pages. . . 9 » 

LoiSEL. — Asperge. Culture naturelle et artificielle (Bibl. du 
Jard.), In-18 de 108 pages et 8 gravures. . . 1 25 

— ' Melon. Nouvelle m^thode de le cultiver sous cloches, 
Bur buttes et sur couches (Bibl. du Jard>), In-18 de 
108 pages et 7 gravures 1 25 



&lALiziBUX. — Manuel de la fllle de basse-cour, contenani 

des instructions pour Clever, nourrir et engraisser 
tous les animaux de la basse-cour, poules, dindons, 
pintades, faisans, perdrix, cailles, paons, cygnes, oies, 
canards, pigeons, lapins, vaches et cochons, pour ea 
tirer le plus grand produit, gu6rirleurs maladies, etc. 
1 vol. in-18 de 331 pages, avec 39 figures. . 3 > 

HiLLR-RoBiNET (M"*). — Malson rustique des exLfants. 
In-4» imprim6 avec luxe, de 320 pages, 120 gravures 
dans le texte, dessins de Bayard, 0. de Penne, Lam- 
bert, etc., et 20 planches hors texte 8 b 

Richement reli^ 13 > 

Nacdih. — Le Potager. ^tablissement du potager; terrains, tra- 
Tail des terres. Instruments; principes g^n6raux de 
culture; cultures naturelles, de primeurs et forc^; 
culture des divers l^umes (BibL du JardJ. ln-18 de 
180 pages et 34 gravures 1 25 

Pellktan. — Pigeons, Dlndons, Oies et Canards (Bild. du 

CvU.), 1 vol. in-18 de 180 pages et 20 gravures. 1 25 

Ponce (J.). — La Culture znaraichdre pratique des 
environs de Paris. Composition d*un jardin 
maraicher ; engrais, travaux pr^paratoires ; soins g^n^- 
raux; soins sp^ciaux k donner aux divers l^umes; 
cultures sp^iales des ananas, champignons et frai- 
siers ; calendrier du maraicher, tableau des semis et 
plantations. 1 vol in-18 de 320 p. et 15 pi. . 2 50 

Roullibr-Arnoult. — Instructions pratiques sur llncu- 
bation etl'^levage artiflciels des volailles. 

Poules, dindons, oies et canards (Bihl, du CitU.), 
1 vol. in-18 de 172 pages et 49 figures. ... 1 25 

Saint-Briag (J. de). — L'Arbre fruitier des jardins. Varbre 
inctUte : la terre v^g^tale, d^veloppement de Tarbre 
inculte, fructification. — Uarhre cultivi : preparation 
du sol, plantation des arbres, formes k leur donner, 
multiplication des arbres, greflfe, soins k donner aux 
arbres et aux fruits; maladies; animaux nuisibles. 
1 vol. in-18 de 172 pages et 20 figures, ... 2 » 

VuLON (P.). — Le Maraicher bourgeois. Outillage, qualites 
des terres, culture des divers l^umes (DihL duJard.}. 
In-i8 de 128 pages 1 25 



Paris. — L. Marbtbeux. imprimeur, 1, ruo Cassette. 



I 



4 

i 



EXTilAIT Dll TiTALOGilE DE Li LIBBAIRIB AGBIGOLE 



Maison rustique des Dames, par M""* Millet -Robinet, 14« ^ditioQ, r'?v 
ct augnicnt(!^c. 

Tenve de manage : Dovolri et traraaz dt 1* MMecifte domestiqve : ^fcamiacie- — M • 
maitresse dc maiaoii. — Des domesiiques. — ] camenta. — M^ecine et chinirgie. — ^' 
Lft maison et hon niobilicr. — Chauffagc. — ] poisonncments. — A^phjxic- 
E- lairage. — Cave ct Tins. — Boulangerie ct ' Jardin^ Fermt : Disposition ?^n«nle 1 1 
pain. — Provi«ion», — Connor res. | din^— Jiirdia fruitier, potag-er, flour:-: 

Manuel dc cnUinc : Mani<^re d'ordonner an La fcrme ct eon mobiller. — N«urriti--. 



rejns. — Potage. — Jiis, sauces, garni- 
tures. — Viandes, — Gibi^^r. — Toisson. — 
Ltguuies, — Parses. — PAtce. — P&tlsserie. 



Kclafragfe. — Baaae-cour. — Abeilles e' 
a soie. — Vacherie. — Laiterie et fr->ui«, 
tie. — Bergerie — Porclierie. 



•2 volumesjn-18 de 1400 pages et 225 gravures 7 fr. 75 

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Maison rustique des Enfants, par M''« Millet-Robxnrt. Un beau volv.:. 
in-'i"> imprim^ avec luxe, de 3iO pages, 120 gravures dans le texte, dessiu- 
Bayard, O. de Penne, Lambert, etc., et *20 planches hors texte ... 8 tv. 

Tralt6 d*Hygi6ne rurale, suivi des premiers secours en cas d'accid -l'^ 
par le 1)' H. Gkorge : 

L' alimentation 
aliments. — 



; Pr^'parution et cuisB6n dc« L'air : Sa purete, la clialenr «tino«p}nTi . 
t)a choix dea aliments : Viaade r61cctricit<S atmosphorique ; la se:'!; '■ -. 



do boucherie, de Pore, do Ch»ral ; Oibier, 
Yoliiille, PoiR30u3 ; (Eufs, Lait, Fromage, 
Beurro. — Aliments farineux, Legumes rerta, 
rruit**. — LcB boissons : I'eau potable ; se* 
caract^rcH. Mahidica produites par I'uaage 
d'eiun impure* ; Puriiicttion des eaui alte- 
rt'os. — Leb Vioissona fermcnt6e.s : Piquet te, 
Cidre, Bitro, Vin. — Les boissons alcooliquert 
ot aromatiquee. — Le regime alimcntaire : 
les repah, les fonctions du ventre : I'obe- 
siti!;. 



et Phuooiditdj 1© f roid, la luou^re ot I'ocit 
rage. 
Le Uavait: L'exercice miucalaire ; les foai- 
cdr6bralea -, Phygi^ne des seus. 

Le« nmladies contagievaes : Cholera, R- vra 
phoide, dynenterte, et<?., etc. 

Le» acciden is : Em poiaonnemen tn, as p • . • . 
suflEocation par dos objots avnle*, t]>:>- 
▼euimou8c« et non veninicusea, con?"' 
apopleiic, syncope. 



Un vol. in-18 de 432 pages et V2 figures :; ir. 

Le Bon Jardinier, Almauach horticole, par MM. Poitbau, Vilm-vr 
Baili.y, Naudin, Neuman, Pepim, 130« 6d. 1 vol. in-fide HO^J pag:es . T . 

Le Maraicher bourgeois, par I*. Vialon. 128 pages 1 ir 

Le Rosier, par L.vchaume. 180 pages et 34 gravures 1 u-. 

Le Poulailler, par Ch. Jacque. 360 pag-es ct 117 gravures 3 «> 

Poules et (Eufs, par E. Gayot. "-216 pages et 40 gravures i fv 

Pigeons, Dindons, Canards, par Pelletan. 180 pages et 20 grav . i t r 

Lapins, Li6vres et L^porides, par E. Gayot. 180 pages et 15 grav. l r 

Les Abeilles, par I'Abb^ Delepine. ISO pages et 15 gravures i :■•. , 

Revue horticole. Rcdacteur en chef, M. Ed. Andrb. — Uii numnro 
32 pages in-B', avec gravures colorizes et gravures noires, paraissant les 1 
10 de chaque mois, — Un an -2*' 



Paris. — L. Markthkux, impriiuour, 1, rue Cassette. — 105G0. 



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